Samuel Hahnemann, médecin, fondateur de l’homéopathie.

Christian Friedrich Samuel Hahnemann, né le 10 avril 1755 à Meissen, en Saxe, et mort le 2 juillet 1843 à Paris, est un médecin qui, sous l’inspiration de Paracelse, a fondé l’homéopathie en 1796 et a eu une grande importance dans son développement.


Hahnemann fut baptisé le jour même de sa naissance, le 11 avril 1755, dans l’église luthérienne de Meissen. Il était le troisième enfant de Christian Gottfried Hahnemann et de sa deuxième femme, Johanna Christiane Spieß. Son père, peintre sur porcelaine dans la célèbre manufacture de porcelaine de Meissen, s’occupa de son éducation jusqu’à ce qu’il eût dix ans. Il fréquenta alors l’école municipale, où il montra un don pour les langues, le latin et le grec d’abord, puis le français, l’anglais et l’italien. Il reçut ensuite une bourse à l’école princière de Ste Afra à Meissen. Quand il en sortit, en 1775, il commença des études de médecine à Leipzig, gagnant sa vie grâce à des cours de langues et des traductions en allemand d’ouvrages de physiologie et de médecine. Un an plus tard, il alla à l’université de Vienne pour trois trimestres où, jusqu’à ce que l’argent lui fît défaut, il assista aux cours faits au chevet des malades par le baron Joseph von Quarin, professeur de médecine et directeur médical de l’hôpital des Frères de la Charité.

En octobre 1777, le baron Samuel von Brukenthal, que l’impératrice Marie-Thérèse venait de nommer gouverneur de Transylvanie, lui offrit le poste de bibliothécaire et médecin personnel. Hahnemann l’accompagna à Hermannstadt (aujourd’hui Sibiu en Roumanie) et il y resta pendant presque deux ans. Il y vit, semble-t-il, de nombreux cas de paludisme, et il serait tombé malade lui-même (ce qui est important pour ses essais avec le quinquina). Pendant son séjour à Hermannstadt, il entra dans la loge maçonnique St André des trois Lotus1. Ensuite il termina ses études de médecine à Erlangen et, en août 1779, il passa son doctorat.

Il s’établit d’abord dans une agglomération minière, Hettstedt, qu’il quitta pour Dessau au printemps de 1781. C’est là qu’il fit la connaissance de Henriette Küchler, la belle-fille de l’apothicaire Haeselen avec lequel il entra en relation de travail. Après avoir accepté un poste à Gommern, il en revint un an plus tard : c’est à Dessau qu’il épousa Henriette Küchler en 1782 ; de leur union devaient naître 11 enfants.

Au cours des années qui suivirent, il exerça avec plus ou moins de bonheur dans un grand nombre de villes d’Allemagne du Nord et d’Allemagne moyenne comme médecin, chimiste, traducteur et écrivain. Par moments, il délaissait complètement la pratique médicale, « parce qu’elle me coûtait plus qu’elle me rapportait et le plus souvent n’était payée que d’ingratitude » (lettre du 29 août 1791, cit. d’après Jütte, page 48) ou parce qu’il ne croyait pas à l’efficacité de la médecine telle qu’on la pratiquait à l’époque. Il se consacrait alors aux expériences chimiques, aux traductions et aux publications. À d’autres moments, c’est à peine s’il pouvait échapper aux patients : « J’ai failli ne pas pouvoir écrire, parce que, ces dernières semaines, la clientèle est si abondante, à Eilenburg, qu’il m’arrive souvent de ne pas avoir le temps de manger » (lettre du 18 septembre 1801, cit. d’après Jütte, page 74).

En 1788, il publia Sur les moyens de reconnaître le fer et le plomb dans le vin, où il exposait une méthode pour mettre en évidence la dénaturation du vin par l’apport de sucre de plomb toxique. Ce « test de vin Hahnemann » — qui devait devenir obligatoire pour les négociants en vin de la ville de Berlin — lui valut une certaine notoriété.

C’est en 1790, à l’occasion d’un travail de traduction de Lectures de la Matière médicale de William Cullen qu’il fut amené à expérimenter sur lui-même les propriétés du quinquina.

En 1791, Hahnemann fut élu membre de la Churfürstlich Mayntzische Academie nützlicher Wissenschaften, à Erfurt.

S’il commence à mettre en pratique ses principes d’homéopathie à partir de 1796, c’est à compter de 1800 qu’Hahnemann commença véritablement à pratiquer l’homéopathie. À partir de cette date, il garde toutes ses observations dans ses livres de cas, les journaux de malades. À partir de 1800, Hahnemann commence à prescrire des préparations infinitésimales, n’hésitant pas à qualifier les homéopathes usant de doses pondérales de demi homéopathes.

Ne rencontrant pas le succès espéré auprès de ses confrères, Hahnemann s’installa à Leipzig, ville universitaire, où il entreprit de donner des cours, après avoir passé une thèse en 1811, pour accéder au statut de lecteur : c’est effectivement à Leipzig que furent par la suite formés ses premiers disciples, tels que Stapf, Gross, Moritz et Wilhem Müller. C’est aussi en 1811 qu’il publia La Matière médicale pure.

Jugé coupable d’exercice illégal de la pharmacie par la Cour de justice de Leipzig en 1820, attaqué par ses confrères et par les pharmaciens, Hahnemann trouva asile un an plus tard à Köthen, où le duc Henri d’Anhalt-Köthen lui offrit le titre de médecin privé de la cour ducale, de conseiller aulique, assorti du droit de fabriquer lui-même ses médicaments ; il y resta quatorze années.

C’est à Köthen qu’il publia, en 1828, le second ouvrage majeur, exposant sa conception de l’homéopathie : le « Traité des maladies chroniques, leur nature spéciale et leur traitement homéopathique ». Cette œuvre entraîna une scission dans le milieu homéopathique.

En 1830, son épouse Henriette mourut. Hahnemann continua à vivre à Köthen, avec deux de ses filles.

En 1831 il publia trois textes sur le traitement du choléra. À l’époque, l’épidémie de 1831-32 envahissait l’Europe par la Russie. Hahnemann reçut une volumineuse correspondance de ses disciples auxquels il prodigua ses conseils. Il synthétisa les observations reçues de Russie, d’Autriche, de Hongrie, de Pologne et des États allemands, dans une Instruction sur les soins à donner contre le choléra, publiée à Genève 1832.

Le 18 janvier 1835, Hahnemann, à l’occasion d’une consultation, en octobre 1834, fit la connaissance de Mélanie d’Hervilly-Gohier, ils se marièrent à Köthen, qu’ils quittèrent le 7 juin 1835 pour arriver à Paris le 27 juin 1835. En août, Hahnemann obtint l’autorisation d’y exercer l’homéopathie (rue Madame, puis rue des Saints-Pères et enfin rue de Milan). Une cinquantaine de médecins pratiquaient déjà l’homéopathie à Paris. Médecin respecté et très occupé, Hahnemann passa ses huit dernières années à Paris. Déjà en 1837, un de ses malades les plus importants fut le violoniste Niccolò Paganini qui souffrait de toux, de rétention d’urine et de priapisme. Le traitement se termina à la suite du rejet de ses offres à Mme Hahnemann. Fin 1838, il guérit la fille du célèbre écrivain et académicien Ernest Legouvé, que ses médecins avaient déclarée irrémédiablement perdue. On fit venir le peintre Amaury Duval pour conserver au moins un souvenir d’elle. Son travail terminé, il dit à la famille : « Mais enfin, puisque votre médecin déclare votre enfant perdue, pourquoi ne vous adressez-vous pas à cette médecine nouvelle qui commence à faire tant de bruit dans Paris ; pourquoi n’irez-vous pas trouver Hahnemann ? » – « Cette guérison fut un événement dans Paris, presque une sorte de scandale ». Ainsi « sa réputation devenait de la gloire » dans la société parisienne et lui amenait d’autres malades bien connus, comme l’écrivain Eugène Sue ou la mère de Victor Schœlcher. Les dossiers médicaux encore existants de la période de Paris n’ont été que partiellement évalués et pourraient offrir d’autres surprises..

Hahnemann mourut dans sa 89e année (2 juillet 1843), à Paris ; Joseph Antoine Chatron, l’un de ses élèves, assista seul à ses derniers moments et lui ferma les yeux. Sa femme obtint l’autorisation de garder le corps de son mari jusqu’au 11 juillet, date de l’enterrement au cimetière de Montmartre. Ce n’est que le 24 mai 1898 que les restes d’Hahnemann furent transférés au cimetière du Père-Lachaise.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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