Saint-Pol-de-Léon (Finistère).

Saint-Pol-de-Léon  est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne.

Petite cité de caractère et station balnéaire en bordure de la Manche, Saint-Pol-de-Léon est une ancienne cité épiscopale, capitale historique de l’évêché de Léon. Entre l’Armor et l’Argoat, son riche patrimoine se marie avec la mer sur la côte nord du Finistère et les champs de légumes. Capitale de la Ceinture dorée, c’est la première zone légumière de Bretagne.

Le site de Saint-Pol était habité dans les temps préhistoriques comme en témoigne encore une double allée couverte assez bien conservée et des trouvailles d’outils préhistoriques (paléolithique, mésolithique, néolithique). À l’âge de bronze ce sont des tombeaux maçonnés de pierres sèches recouvertes par des dalles dolméniques qui sont le signe d’une civilisation évoluée cultivant le rituel des morts.

La cité, selon les écrits les plus anciens, était entourée de fortifications gallo-romaines. Les gaulois Osismii luttaient avec les Vénètes contre l’invasion romaine. Leur territoire était étendu de Bréhat jusqu’à la rivière de Landerneau ; ils cultivaient le sel. Les vestiges découverts attestent d’une présence militaire romaine (médailles de César de 254 à 310, de Valérien à Maximin) au IIIe siècle (légion romaine Pagus Légionensi). Le château a donc été occupé par les Osismes puis par les Legionenses. Les forts remparts en terre et en bois seront en partie remplacés par un rempart en pierre, du temps où le moine Wrmonoc relatait la vie de saint Paul-Aurélien au XIe siècle. Sur la base gallo-romaine préexistant au Ve siècle vient se superposer le breton avec l’émigration bretonne vers l’Armorique.

Au VIe siècle, le bourg monastique devient un évêché (une cité épiscopale nommée Castel Paol). Il franchit le cadre exigu de l’ancienne enceinte gallo-romaine. Selon la légende hagiographique écrite au Bas Moyen Âge à partir d’un manuscrit daté de 884, saint Pol Aurélien, missionné par l’évêque de Guicastel, débarque en 510 à Ouessant puis est accueilli par son cousin à la forteresse Castel Paol en breton. Des remparts, il a pu voir, selon les documents compilés par Albert Le Grand, le roi de Domnonée chasser en 513 les danois installés dans l’île Callot. Pol finit par s’installer à Batz alors rattachée au continent, y fonde un monastère et évangélise la région acquise au pélagianisme depuis plus d’un siècle comme en avaient attesté les missions de saint Germain et son diacre Palladius.
De petites agglomérations dépendantes de l’évêque de Saint-Pol se constituèrent principalement au bord du littoral. Autour de la cathédrale devait naître une circonscription paroissiale appelée Minihi-Paol.

  • Le minihy-Paul (territoire monastique de Paul) faisait partie de l’évêché de Léon et en était son chef-lieu. Le minihy se composait de sept paroisses ou vicariats (trois affectés à la ville et quatre à la campagne) :
  • Saint-Jean-Baptiste, dédiée à Saint-Jean-Baptiste (quartiers de Saint-Yves et de l’Hôpital) ;
  • Notre-Dame de Cahel ou le Crucifix devant le Cœur (quartiers de la Fontaine Paul et de Saint-Michel) ;
  • le Crucifix de la ville ou Le Crucifix devant le Trésor (la chapelle du Kreisker) ;
  • le Crucifix des champs ;
  • Toussaint, dédiée à la Toussaint, et sa trève Roscoff (banlieue nord-est de Saint-Pol et bourg de Roscoff) ;
  • Saint-Pierre, dédiée à Saint-Pierre et sa trève Santec (Santec avec sa chapelle Saint-Adrien et la banlieue nord-ouest de Saint Pol) ;
    Saint-Jean l’Évangéliste, appelé Trégondern (les bourgs de la Madeleine et de Penpoul) ;

Ces sept paroisses sont réunies en une seule par un décret de l’évêque du 27 mai 1687. Toutefois, il n’est réellement appliqué qu’à partir de 1720. Le minihy du Léon forme une unité administrative et religieuse entre les trois communes actuelles (Saint-Pol, Roscoff, Santec). Aux côtés de l’évêque de Léon qui exerçait la juridiction spirituelle, le comte du Léon détenait la juridiction temporelle. La commune de Roscoff est créée en 1789 mais Santec n’obtient son indépendance qu’en 1920.

Saint-Pol de Léon, carte maximum, 18/01/1975.

En 814, les chefs bretons élisent Jarnithin chef suprême. Le comte Morvan qui lui succède prend le titre de roi. Forcé de faire une guerre de partisan il est tué dans une rencontre. Son fils Guyomar’ch connait le même sort. Vers 900, le comte Even fonde la ville de Lesneven. À partir de cette époque, les comtes de Léon agissent sous les ordres des ducs de Bretagne. En 1096, Hervé, fils de Guyomarch II, part à la première croisade, sous le duc Alain Fergent. Son père est tué pendant son absence à Saint-Pol dans une sédition populaire.

La ville eut à subir les assauts des Normands en 875, mais ce serait Henri II d’Angleterre qui aurait en 1175 fait raser la place par son armée (le château Castel-Paol) après être tombée en leur pouvoir en 1166. La vicomté de Léon est démembrée, et Saint-Pol fait dès lors partie de la châtellenie de Lesneven. L’histoire démarre en 1163. Le duc Conan IV, révolté contre son beau-père et compte Eudon, se réfugie en Angleterre où il marie sa fille au fils du roi (Geoffroy). Eudon, pour se renforcer, épouse la fille du vicomte de Léon. Mais vers 1170 Henri II d’Angleterre, informé des activités d’Eudon, envahit les terres avec son armée et détruit le château et les fortifications de la villen 4. En plus de raser les châteaux (de Trebez, près de Morlaix et de Lesneven), il force le vicomte à se soumettre et à lui donner des otages. Dans le XIIe siècle, les comtes de Léon ne portent plus que le titre de vicomte et leur seigneurie est entièrement absorbée dans la famille des ducs de Bretagne. En 1172, la mer, sortant de ses limites ordinaires, inonde une partie de l’évêché. En se retirant, les eaux laissent sur les terres une grande quantité d’immondices et d’insectes qui causent une épidémie.

En 1177, le duc Geoffroy (fils du roi d’Angleterre) entre dans le pays Léon avec une armée considérable, humilie le vicomte qui restitue toutes ses places. En 1189, le roi Richard Ier d’Angleterre fait enfermer dans le château de Brest le jeune duc de Bretagne Arthur qu’il ne pouvait avoir en sa puissance et envoie les « Cotereaux », une armée de brigands, avec ordre de ravager la seigneurie de Léon et de saisir André de Vitré. Le Léon est ravagé mais le baron n’est pas capturé. Des compagnies de voleurs commettent ensuite des troubles dans le Léon mais furent punis aux supplices par le duc. En 1205, le roi de France Philippe-Auguste délivre Conan de Léon du château de Chinon. En 1250, le duc Jean Ier voulu ôter au seigneur de Léon son droit de bris et de donner des brevets à ses vassaux. Le duc pilla et brûla quelques places mais n’exigea pas davantage. Jaloux des droits de la souveraine puissance, il achète en 1275 une partie du Léon et l’autre est dépouillée au vicomte par saisies réelles pour mauvaise gestion. Depuis cette révolution, la vicomté a été possédée par les princes de la maison de Bretagne. Lorsqu’elle tombe dans la famille de Rohan, elle est érigée en principauté. En 1444, un acte est passé entre le vicomte de Rohan, seigneur de Léon, et le chapitre de sa cathédrale pour régler leurs obligations respectives.

Au XIIIe siècle, riche, florissante et prospère, la ville est le centre de la vie de toute la contrée. Un lai de cette époque, tiré de la collection du duc d’Aumale, représente la fête annuelle de l’évêque Saint-Pol comme le rendez-vous non seulement de tout le haut clergé mais encore de la plus grande noblesse, attirée par ces pompes religieuses. Plusieurs siècles après, le grand pardon de Saint-Pol et plus encore la Fête-Dieu, sont des rendez-vous importants pour la ville et les Saints-Politains. En partie brûlée pendant la guerre de Cent Ans (guerre de Succession de Bretagne), la ville est pillée en 1592 durant les guerres de la Ligue par La Fontenelle. Disputée par les Anglais et les Français dans les guerres de Bretagne, Saint-Pol-de-Léon joua un rôle plus passif qu’actif dans tous ces événements. Ses pacifiques évêques ne résistaient pas aux ducs, sauf un d’eux en 1462 qui mena un long procès à François II au sujet de la propriété d’une baleine trouvée sur la côte. Fort respectés, ils faisaient leur entrée dans la cathédrale portés sur les épaules des quatre principaux seigneurs du diocèse. La fête annuelle de saint Pol Aurélien était le rendez-vous de tout le clergé et de toute la noblesse.

Au XVe siècle, la ville est le centre spirituel et culturel de la région. Elle compte alors 2 000 habitants. L’activité maritime du port de Pempoul atteint son apogée (grand commerce maritime). Comme la plupart des villes bretonnes ou du Nord de la France, Saint-Pol est au XVIe siècle une ville de bois, la pierre s’étant imposée dans le dernier quart du siècle.

Saint-Pol de Léon, essais de couleurs.

Jusqu’en 1648, le vote universel est seulement tenu par le corps municipal. Il est obligé de convier tous les habitants sous peine d’amende par l’autorité royale de la province bretonne. Dans une ville paisiblement attachée à ses traditions, les changements qu’introduit Louis XIV en 1692 sont très impopulaires (il établit un maire, des échevins, des greffiers) et conduisent à la Révolte du papier timbré. Lors d’un séjour du duc de Chaulnes à Saint-Pol pour éviter une révolte contre l’impôt du timbre, il impose aux habitants une garnison de 900 hommes, dont la plupart étaient cavaliers. De plus, ils doivent élargir les portes de la ville (des Carmes et du Trésor) pour faire passer son carrosse. Peu après, en 1695, la capitation vint ajouter des charges publiques aux villes qui ne pouvaient suffire déjà à leurs charges privées.

En 1699, un ouragan nord-est soulève le sable de la grève et l’étend sur plus de 250 hectares, transformant une terre labourée en un désert. Des mesures seront prises pour éviter qu’un pareil danger se renouvelle : plantation en genêts d’une digue en demi-cercle (à force de la refaire elle atteint plus de 10 m en 1790), plantation sur la côte (pins maritimes…). En 1705, un incendie détruit l’hôpital.Vers 1709, la porte dite de Guénan est démolie pour employer ses matériaux à la construction de nouvel hôpital. L’hospice est fondé en 1711 par M. Hervé, chanoine, et l’abbé du Bourg-Blanc. Cette même année 1711, 35 prêtres étaient en activité dans les diverses paroisses de la ville. La porte des Carmes est démolie en 1745 et donnée au couvent de ce nom pour son cimetière. Les portes Saint-Guillaume et rue Batz sont également démolies et leurs matériaux servirent à la construction des halles.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Tregonderf (Trégondern) de fournir 15 hommes et de payer 98 livres, à celle de Saint-Pierre de fournir 15 hommes et de payer 98 livres, à celle de Toussaint de fournir 19 homme et de payer 124 livres et à celle de Crucifix-des-Champs de fournir 16 hommes et de payer 105 livres, pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ».

Au XVIIIe siècle, les évêques du Léon marquent profondément l’image architecturale de la cité (palais épiscopal, grand séminaire, collège de Léon…). Pendant la Restauration, le vicaire du dernier évêque reçoit un diocèse du Finistère. Le clergé léonard rétablit son influence géographique et temporelle. Saint-Pol-de-Léon ne cesse de participer aux luttes religieuses jusqu’au XVIIIe siècle. Des portes fortifiées la protégeront jusqu’au XVIIIe siècle, siècle de déclin culturel et économique pour la ville.

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement les noms de Mont-Frimaire et de Port-Pol. La Révolution amène la Chouannerie dans la région, une guerre civile qui oppose républicains et royalistes. Leur évêque, Mgr de La Marche, ancien officier de cavalerie, leur donne l’exemple et renvoie, sans décacheter, le décret de l’Assemblée nationale qui supprimait son évêché. Mais il est obligé d’émigrer à Londres avec l’arrivée d’un agent (M. Floch) destiné à contrôler l’agitation. Auparavant, une révolte paysanne a lieu contre la levée en masse d’hommes pour l’armée révolutionnaire française, appelée combat de Saint-Pol-de-Léon, suivie de la bataille de Kerguidu. La petite ville est un des grands centres de l’insurrection de 1793 (19 et 23 mars) mais est tenue en échec par les républicains et paye une lourde répression (commune désarmée, cloches des églises descendues, amendes, paysans et notables guillotinés, par exemple Yves Michel Hervé du Penhoat, dit Chef-du-Bois, guillotiné à Brest le 7 juillet 1794).

À la Révolution, la ville reste partagée en trois zones :

  • la cathédrale, l’évêché et les demeures de dignitaires ecclésiastiques forment le pôle épiscopal ;
  • le Grand Séminaire, la chapelle du Kreisker et le collège de Léon deviennent le centre de l’enseignement ;
  • la Grand-Rue (l’axe sud/nord de la ville) et les îlots de la vieille ville sont essentiellement réservés à l’artisanat, au commerce et à l’habitation.
    Jusqu’à la première moitié du XVIIIe siècle, des couvents s’installent à la périphérie de la ville, confirmant la très ancienne dualité de la capitale du Léon, son caractère à la fois spirituel et rural. Les grandes implantations monastiques, aujourd’hui disparues, Carmes (fondé en 1348 par le duc Jean IV et la duchesse), Ursulines (fondé en 1630), Minimes… ont laissé des traces.

De l’évêché supprimé à la Révolution, elle a conservé une architecture unique : une église cathédrale du XIIIe siècle avec des éléments plus anciens encore, le sanctuaire Notre-Dame du Kreisker qui avec ses presque 80 m de hauteur surpasse tous les autres clochers de la région. Et ici et là, des dizaines de chapelles, de maisons anciennes, de manoirs et de châteaux… Mais tirant jusque-là sa subsistance des établissements ecclésiastiques, c’est le début d’une décadence. En 1790, ses magistrats municipaux adressent à l’Assemblée une requête où ils peignaient leurs édifices prêts à tomber en ruine, leur population prête à émigrer ou à mourir de faim… La ville décline, se fige et s’autoconserve dans son cadre hérité du Moyen Âge.

Saint-Pol-de-Léon a beaucoup perdu à la suite de la Révolution française. Une pétition datée du 31 décembre 1790 adressée par les officiers municipaux aux administrateurs du département indique que la ville « avait un Bureau de commission, un Tribunal (…), un Évêché, un Chapitre, un Collège, un Séminaire, deux communautés de religieux Carmes et Minimes, une de religieuses Ursulines, une maison des Sœurs de la Charité et une grande maison de retraite pour les femmes. Une population nombreuse vivait à l’appui de cet établissement. Les artisans trouvaient par leurs moyens celui de vivre de leurs travaux, les marchands du débit de leurs marchandises, les cultivateurs de leurs blés et toutes espèces de denrées (…). Tout cela est retiré, Messieurs, il est difficile aujourd’hui de représenter l’état déplorable où se trouve réduit l’infortunée ville de Saint-Pol-de-Léon . Pour comble d’infortune, les ci-devant nobles et les habitants riches, par leur immigration [en fait émigration], abandonnent comme de concert cette cité : presque tous semblent avoir conspiré sa ruine entière ».

En 1854, le curé archiprêtre de Saint-Pol-de-Léon remercie Dieu : « Cette année, le Seigneur nous a visités. Le choléra (…) a fait en peu de temps 74 victimes. Il faut voir avec quelle ferveur on s’adressait au ciel ».

Le pourcentage de conscrits illettrés à Saint-Pol-de-Léon entre 1858 et 1867 est de 48 %.

La tradition de l’éguiganeNote 1 est attestée à Saint-Pol-de-Léon au XIXe siècle : «Tous les ans, la veille de la fête des Rois, on promène dans les rues un cheval dont la tête et les crins sont ornés de gui, de lauriers et de rubans. Il porte deux paniers, dits “mannequins” (de tels mannequins servaient aussi à transporter deux personnes installées de part et d’autre du cheval qui les portaient), recouverts d’un drap blanc. Conduit par un pauvre de l’hospice et précédé d’un tambour, il est escorté par quatre des plus notables habitants. Une foule d’enfants et d’oisifs suit en poussant de grands cris ce bizarre cortège, qui s’arrête devant chaque seuil pour recevoir les dons de la charité publique (…). La foule répète la clameur traditionnelle “inguigané”, “inguigané”. Selon M. du Penhoat, cette tradition a été supprimée vers 1886 par Pierre Drouillard, alors maire républicain de Saint-Pol-de-Léon ».

En 1887, un article de “La Dépêche de Brest” indique que des réparations importantes furent faites à l’ossuaire : « Les jours de grand vent, quand avait lieu une cérémonie funéraire, il n’était pas rare que les boîtes [à crâne] placées un peu partout [dans la cathédrale] sur les chapiteaux et sur les enfeux tombassent sur la tête des assistants. De plus la rumeur publique accusait certains pillaouers de faire volontiers main basse sur les débris humains de l’ossuaire. Le curé de Saint-Pol, avisé de ces manœuvres sacrilèges, prescrit l’enlèvement de tous les crânes, tibias, péronés, etc.. qui furent solennellement inhumés dans une grande fosse creusée au pied du beau calvaire offert par M. Le comte de Guébriand ».

Saint-Pol fabrique des toiles (textile) et en fait un grand commerce, ainsi que du chanvre, lin, cire, miel. La pêche du poisson frais occupe une partie de ses habitants. Elle a plusieurs foires importantes. Le raccordement au réseau ferroviaire en 1883 contribue à développer considérablement la culture maraîchère. Le chemin de fer entraîne une urbanisation progressive autour de la gare et le long de l’axe gare/place de la cathédrale/halles. Construites en cette fin de siècle, les halles abritèrent de nombreux commerçants. « Le marché de Saint-Pol était le plus côté du Léon. Ce marché aux légumes se tenait tous les jours sur la Place de l’Évêché, Place du Parvis (de la Cathédrale) et en cas de grande affluence sur la Place du Kreisker où devaient avoir lieu les transactions. Le marché n’était ouvert qu’aux artichauts et aux choux-fleurs. Pendant la saison, chaque jour, pas moins de 2 000 charrettes traînées par un ou deux chevaux et les camions se pressaient en rangs serrés. »

En 1890, Saint-Pol-de-Léon devient le plus important exportateur de légumes de France. La culture intensive en pays de Léon est favorisée par un sol inépuisable et un climat tiédi par la pointe extrême d’une des branches du Gulf Stream. En 1899, Saint-Pol fait partie des dix-huit seules communes du département du Finistère à déjà posséder une société d’assurance mutuelle, forte de 52 adhérents, contre la mortalité des animaux de ferme, qui assure les chevaux et les bêtes à cornes.

En 1893, le “fourneau économique” de Saint-Pol-de-Léon distribue cent soupes et cent rations de viande et de riz par jour, de la Toussaint à Pâques.

En août 1914, les hommes appelés à la guerre se présentent à la gare pour prendre la direction des frontières du Nord et de l’Est, en chantant des chants patriotiques, accompagnés de la fanfare La Saint-Politaine et des clairons37. Le docteur Henri Péjouan déclara que le dernier soldat léonard mort sur le champ de bataille avant l’armistice avait été Jean-François Alain Le Déroff, 35 ans, tué à 10 h du matin à Flize dans les Ardennes. Mais l’ultime victime sera Jean-Marie Le Saoût, disparu le 30 novembre 1918.

Saint-Pol se dote le 1er février 1918 d’une base militaire marine, près du bac de la Corde. Le centre compte alors huit officiers, 119 officiers-mariniers et matelots, plus une quantité indéterminée d’auxiliaires dont des Algériens. La base comptait une vingtaine d’hydravions de la Penzé dont il ne reste qu’un château d’eau et une piste inclinée en béton, descendant sur le côté ouest du lit de la Penzé.

L’architecte Charles Chaussepied et le sculpteur René Quillivic construisent en 1919 le premier Monument aux morts du Finistère ; c’est une version moderne des gisants médiévaux, le soldat est porté par quatre pleureuses : la grand-mère, la mère, la sœur et l’épouse. Le monument commémore les 269 soldats saint-politains morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Dans un enfeu de la chapelle du Kreisker, une plaque commémorative gravée en 1922 garde mémoire de 101 noms, anciens élèves et professeurs du collège du Léon. Au pied du monument aux morts du cimetière Saint-Pierre, une urne en granit conserve entre deux piliers un peu de la terre de Verdun où périrent plusieurs Saint-Politains et 11 tombes identiques, sauf pour une victime de confession musulmane, sont situées derrière la chapelle. Ces tombes sont celles de militaires affectés alors au Centre d’aviron marine de la Penzé.

En juin 1944, à la suite d’une dénonciation, 18 résistants (Eugène Bernard, Joseph Combot, Jean Grall, André Hamon, Alain Kerguinou, Jean L’Hostis, Paul Le Bigot, Claude Le Guen, Yves Morvan, Germain Léaustic, Georges Leclair, Jean Long, Jean Mériadec, Jean Pleyber, François Stephan, Joseph Tanguy, Charles Thébaud et Joseph Trividic) membres du réseau Centurie-OCM sont arrêtés par la Gestapo, emprisonnés à Morlaix, puis à la prison de Pontaniou à Brest. Ils disparurent sans que, pendant longtemps, l’on sache ce qu’ils étaient devenus, la thèse la plus couramment admise étant leur décès en déportation. Des travaux effectués à Brest sur le plateau du Bouguen en 1962 permirent de retrouver leurs restes, identifiés grâce à divers objets trouvés. Ils avaient été fusillés le 6 juillet 1944. Trois membres du réseau de résistance Défense de la France, arrêtés en mars 1944, avaient été antérieurement fusillés.

Le 4 août 1944, dans la matinée, le départ de la garnison allemande de la Wehrmacht est fêté par la population et des drapeaux français et américains sont hissés sur les tours de la cathédrale ; une vingtaine de soldats allemands sont faits prisonniers et leurs armes saisies. Vers 16 heures, des soldats allemands tuent deux civils à la Madeleine : Paul L’Hourre, 20 ans et Jacques Decenes, 19 ans. Vers 16 h 30 , une colonne cycliste russe traverse la ville par la rue du Pont-Neuf et blesse deux personnes ; elle poursuit son chemin vers Roscoff en pillant et incendiant les fermes se trouvant sur son passage. Vers 17 h, une camionnette et une autochenille tractant un mortier de 77, arrivent à leur tour sur la Grand Place ; les Allemands tirent avec le canon, blessant deux habitants ; un civil est tué par un soldat allemand : Henri Olier, 31 ans ; les prisonniers allemands sont libérés et 23 civils sont pris en otage : 5 sont tués immédiatement : Alexandre Mérer, 17 ans ; Alain de Guébriant ; Alexandre L’Hebrellec, maire ; Pierre Bechu ; Jean Ollivier. Un autre civil, Benjamin Danielou, 46 ans, est tué dans un champ des environs par des soldats allemands ; les 15 autres otages (2 ont été libérés) sont emmenés et leurs corps furent découverts, affreusement mutilés, dans une fosse commune, le 9 août 1944 dans un champ près du manoir de Kerdrel en Lannilis : Jean-François Tréguier, 16 ans ; Alain Tréguier ; Louis Jamet, 60 ans ; Joseph Castel, 35 ans ; Jean Lacut, 23 ans ; Marcel Saillour ; Eugène Guillou, 35 ans ; Sébastien et Germain Combot, 38 et 35 ans ; René Cueff, 20 ans ; Pierre Langlois, 15 ans ; Paul Nicolas, 39 ans ; Pierre Le Goff ; François Fichot, 28 ans ; Pierre Guilcher, 20 ans. Deux autres civils sont tués par ailleurs : Marcel Perrot et Jean Marie Ménez. La même colonne allemande, comprenant les ex-prisonniers allemands de la veille, revient le 5 août 1944, exigeant la restitution des armes prises la veille avant le lendemain 15 heures et menaçant de détruire la ville en cas de refus. Une partie des armes fut restituée aux Allemands le lendemain.

Le monument situé derrière la cathédrale porte les noms de 55 saint-politains morts pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le 31 août 1955, une importante “Fête du cheval” est organisée par la JAC à Saint-Pol-de-Léon, à laquelle participent plus de 15 000 personnes ; après une messe solennelle dans la cathédrale et un défilé en ville, la fête se déroule dans la propriété du comte Hervé Budes de Guébriant.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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