Rudyard Kipling, écrivain.

Rudyard Kipling, né à Bombay, en Inde britannique, le 30 décembre 1865 et mort à Londres, le 18 janvier 1936, est un écrivain britannique.

Ses ouvrages pour la jeunesse ont connu dès leur parution un succès qui ne s’est jamais démenti, notamment Le Livre de la jungle (1894), Le Second Livre de la jungle (1895), Histoires comme ça (1902), Puck, lutin de la colline (1906). Il est également l’auteur du roman Kim (1901), de poèmes (Mandalay (1890), Gunga Din (1890) et Tu seras un homme, mon fils (1910) sont parmi les plus célèbres) et de nouvelles, dont L’Homme qui voulut être roi (1888) et le recueil Simples contes des collines (1888). Il a été considéré comme un « innovateur dans l’art de la nouvelle », un précurseur de la science-fiction et l’un des plus grands auteurs de la littérature de jeunesse. Son œuvre manifeste un talent pour la narration qui s’est exprimé dans des formes variées.


La gazette civile et militaire (Civil and Military Gazette) de Lahore, que Kipling appellera plus tard « ma première maîtresse, mon premier amour » paraissait six jours par semaine de janvier à décembre, avec une interruption d’une journée à Noël et une autre à Pâques. Kipling était rudement mis à contribution par le rédacteur en chef, Stephen Wheeler, mais rien ne pouvait étancher sa soif d’écrire. En 1886, il publia son premier recueil de poésies, Departmental Ditties. Cette même année vit arriver un nouveau rédacteur en chef, Kay Robinson, qui lui laissa une plus grande liberté artistique et proposa à Kipling de composer des nouvelles pour le journal.

Kipling, carte maximum, Espagne, 2015.

Entre-temps, pendant l’été 1883, Kipling s’était rendu pour la première fois à Shimla, station de montagne célèbre qui servait de capitale d’été officielle du Raj britannique depuis 1864 : six mois par an, le vice-roi et le gouvernement s’y installaient, faisant de la ville « à la fois un centre de pouvoir et de plaisir ». Le père de Kipling y reçut la commande d’une fresque qui devait orner l’église du Christ. Rudyard et sa famille revinrent y passer leurs vacances tous les ans de 1885 à 1888, et la ville figura régulièrement dans les récits qu’il publiait dans la Gazette. Les sociabilités mondaines de la station d’altitude coloniale y sont décrites avec un regard souvent critique et ironique, notamment à l’égard du jeu amoureux perpétuel qui s’y déployait, selon lui, entre Britanniques désœuvrés.

Franc-maçon, Kipling fit partie de la loge Hope and Perseverance no 782 aux Indes, reçu le 5 avril 1886. Il reçut une dispense du Grand Maître du District du Pendjab lui permettant d’être initié avant l’âge de 21 ans et fut ensuite exalté Maître Maçon dans la loge de Marque Fidélité, puis élevé au grade de Marinier de l’Arche Royale dans la Loge d’Ark Mariner du Mont Ararat.

De retour à Lahore, Kipling publia une quarantaine de nouvelles dans la Gazette entre novembre 1886 et juin 1887. La plupart de ces récits furent rassemblés dans Simples contes des collines, son premier recueil de prose publié à Calcutta en janvier 1888, alors qu’il venait d’avoir vingt-deux ans. Mais le séjour à Lahore touchait à sa fin. En novembre 1887, il fut muté à Allâhâbâd, dans les bureaux de The Pioneer, grand frère de la Gazette. Kipling écrivait toujours au même rythme effréné, publiant six recueils de nouvelles dans l’année qui suivit : Soldiers Three (Trois soldats), The Story of the Gadsbys (Histoire des Gadsby), In Black and White (En noir et blanc), Under the Deodars (Sous les cèdres de l’Himalaya), The Phantom Rickshaw (Le Rickshaw fantôme), et Wee Willie Winkie (P’tit Willie Winky), soit un total de 41 nouvelles, dont certaines étaient presque déjà de courts romans. De plus, en tant que correspondant dans la zone ouest du Rajasthan, il rédigea de nombreux billets qui furent rassemblés plus tard sous le titre Letters of Marque et publiés dans From Sea to Sea and Other Sketches, Letters of Travel (D’une mer à l’autre, lettres de voyage).

Au début de l’année 1889, The Pioneer renonça aux contributions de Kipling à la suite d’un différend. L’écrivain, quant à lui, commençait à songer à l’avenir. Il céda les droits de ses six volumes de nouvelles pour 200 livres sterling et de dérisoires droits d’auteur, et les droits des Plain Tales from the Hills pour cinquante livres. Enfin, il reçut six mois de salaire en guise de préavis de licenciement. Il décida de consacrer cet argent pour financer son retour à Londres, capitale littéraire de l’empire britannique.

Le 8 mars 1889, Kipling quitta l’Inde, d’abord en direction de San Francisco en faisant escale à Rangoon, Singapour, Hong Kong et le Japon. Puis il traversa les États-Unis en rédigeant des articles pour The Pioneer qui devaient également paraître dans le recueil From Sea to Sea. De San Francisco, Kipling fit route vers le nord jusqu’à Portland, dans l’Oregon; puis Seattle, dans l’État de Washington. Il fit une incursion au Canada, visitant Victoria, Vancouver et la Colombie-Britannique. Il revint ensuite aux États-Unis pour explorer le parc national de Yellowstone, avant de redescendre sur Salt Lake City. Ensuite, il prit la direction de l’est, traversant les États d’Omaha, du Nebraska et s’arrêtant à Chicago, dans l’Illinois. De là, il partit pour Beaver (Pennsylvanie), sur les rives de l’Ohio pour un séjour chez les Hill. Le professeur Hill l’accompagna ensuite à Chautauqua, puis aux chutes du Niagara, Toronto, Washington D.C., New York et Boston. Il fit la connaissance de Mark Twain à Elmira (État de New York), devant lequel il se sentit fort intimidé. Puis Kipling traversa l’Atlantique pour débarquer à Liverpool en octobre 1889. Quelques mois plus tard, il faisait des débuts remarqués dans le monde littéraire londonien.

Rudyard réussit à publier plusieurs de ses nouvelles dans des revues et trouva une chambre dans Villiers Street, près du Strand, où il logea de 1889 à 1891. À l’époque où il publia son premier roman, La Lumière qui s’éteint, il commença à souffrir de dépression. Il fit alors la connaissance de Wolcott Balestier (en), écrivain américain, qui travaillait également comme agent littéraire. Ensemble ils écrivirent un roman, The Naulahka. En 1891, sur le conseil du corps médical, Kipling s’embarqua pour un nouveau voyage qui le mena d’Afrique du Sud en Australie, puis en Nouvelle-Zélande et en Inde. Mais il renonça à son projet de passer Noël en famille lorsqu’il apprit la nouvelle de la mort de Wolcott Balestier, qui venait de succomber brutalement à la fièvre typhoïde. Il décida de rentrer immédiatement à Londres et envoya un télégramme à la sœur de Wolcott, Carrie Balestier, pour lui demander sa main. La jeune fille, dont il avait fait la connaissance l’année précédente et dont il était très proche, accepta. Entre-temps, vers la fin 1891, paraissait à Londres une anthologie de nouvelles sur la présence britannique en Inde, Life’s handicap.

La production de Kipling est variée et prolifique pendant ce séjour à Torquay. Il rédige ainsi, outre des poèmes, Stalky & Co., recueil de récits basés sur ses années de pensionnat au United Services College de Westward Ho!. Ses jeunes héros font preuve d’une vision désenchantée et cynique du patriotisme et de l’autorité. Les membres de la famille de Kipling racontèrent plus tard qu’il aimait leur faire la lecture à haute voix des aventures de Stalky et compagnie, et qu’il avait souvent des fou-rires à la lecture des passages les plus comiques.

Début 1898, Kipling et les siens se rendirent en Afrique du Sud pour les vacances d’hiver, séjour qui allait devenir une tradition jusqu’en 1908. Auréolé de sa toute nouvelle gloire de poète de l’empire, Kipling fut reçu chaleureusement par certains des politiciens les plus influents du Cap, dont Cecil Rhodes, Sir Alfred Milner et Leander Starr Jameson. De son côté Kipling cultiva leur amitié et devint un fervent admirateur des hommes et de leur politique. Les années 1898–1910 furent cruciales pour l’Afrique du Sud, avec la seconde Seconde guerre des Boers (1899–1902), le traité de paix qui s’ensuivit et la naissance de l’Union Sud-Africaine en 1910. De retour en Angleterre, Kipling écrivit des poèmes de soutien à la cause anglaise dans la guerre des Boers et lors du séjour sud-africain de 1900, contribua à la création d’un journal, The Friend (L’Ami), destiné aux troupes britanniques de Bloemfontein, la nouvelle capitale de l’État libre d’Orange. Sa contribution au journal ne dura pas plus de deux semaines, mais c’était la première fois qu’il reprenait la plume du journaliste11 depuis qu’il avait quitté -plus de dix ans plus tôt- l’équipe de The Pioneer d’Allâhâbâd.

C’est à Torquay que Kipling commença à rassembler des idées pour un autre grand classique de la littérature enfantine, Les Histoires comme ça (Just So Stories for Little Children). Le livre parut en 1902, un autre de ses plus grands succès de librairie, Kim, étant paru l’année précédente. En marge de ces œuvres romanesques, Kipling participa au débat sur la réponse que devait apporter l’Angleterre au développement de la flotte de guerre allemande ; il rédigea une série d’articles dans le courant de l’année 1898, articles qui furent ensuite publiés sous le titre A Fleet in Being.

En 1899, lors d’un séjour aux États-Unis, Kipling et sa fille aînée Joséphine contractèrent une pneumonie à laquelle succomba la petite fille.

La réputation de Kipling était si étroitement liée aux idées optimistes qui caractérisent la civilisation européenne de la fin du XIXe siècle qu’elle pâtit inévitablement du discrédit dans lequel ces idées tombèrent pendant la Première Guerre mondiale et dans les années d’après-guerre. L’une de ces premières contributions à la guerre fut de participer au Bureau de la Propagande de Guerre, il circulait le long des lignes de batailles et fut frappé par les exactions contre les Belges. Kipling fut lui-même durement frappé par la guerre lorsqu’il perdit son fils, le lieutenant John Kipling, tué à la bataille de Loos en 1915.

Ce drame est une des raisons qui poussèrent Kipling à rejoindre la commission créée par Sir Fabian Ware, l’Imperial War Graves Commission (Commission impériale des sépultures militaires) aujourd’hui Commonwealth War Graves Commission, responsable des cimetières de guerre anglais qui jalonnent la ligne du front ouest et que l’on retrouve dans tous les lieux où des soldats du Commonwealth ont été inhumés. Kipling choisit notamment la phrase célèbre, « Leur nom vivra à jamais », tirée de la Bible et inscrite sur les pierres du souvenir des sépultures les plus importantes. C’est également à Kipling que l’on doit l’inscription « Connu de Dieu » sur la tombe des soldats inconnus. Kipling rédigea aussi l’histoire de la garde irlandaise, le régiment où servit son fils. Paru en 1923, l’ouvrage est considéré comme un des exemples les plus admirables de l’histoire régimentaire. Enfin il composa une nouvelle émouvante intitulée Le Jardinier qui raconte des visites dans les cimetières de guerre.

La voiture étant devenue entre-temps extrêmement populaire, Kipling devint chroniqueur automobile pour la presse écrite, rédigeant des comptes-rendus enthousiastes de ses voyages en Angleterre et à l’étranger, généralement en compagnie d’un chauffeur.

En 1922, un professeur de génie civil de l’université de Toronto demanda à Kipling, dont l’œuvre en prose et l’œuvre poétique contenaient plusieurs références aux ingénieurs, de l’aider à concevoir les détails d’une prestation de serment et d’une cérémonie de remise des diplômes pour les écoles d’ingénieur. Kipling accepta avec enthousiasme et proposa ce qui allait devenir le Rite d’Engagement de l’Ingénieur, cérémonie qui se déroule aujourd’hui sur l’ensemble du territoire canadien ; les nouveaux diplômés se voient notamment remettre un anneau de fer qui symbolise leurs devoirs vis-à-vis de la société civile.

La même année, Kipling fut élu recteur de l’université de St Andrews, en Écosse, où il succéda à J. M. Barrie. Cette fonction prit fin en 1925.

Kipling continua à écrire jusqu’au début des années 1930, mais à un rythme moins soutenu et avec un succès moindre. Il mourut au Middlesex Hospital à Londres des suites d’une hémorragie causée par un ulcère gastro-duodénal le 18 janvier 1936, deux jours avant la mort de George V, à l’âge de 70 ans. Son décès avait d’ailleurs été annoncé de façon prématurée dans les colonnes d’une revue à laquelle il écrivit :

« Je viens de lire que j’étais décédé. N’oubliez pas de me rayer de la liste des abonnés. »

Les cendres de Kipling reposent dans le Poets’ Corner de l’abbaye de Westminster, aux côtés d’autres personnalités littéraires britanniques. Son épouse est décédée en 1939 à 76 ans.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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