Roland Barthes, philosophe, critique littéraire et sémiologue.

Roland Barthes, né le 12 novembre 1915 à Cherbourg et mort le 26 mars 1980 dans le 13e arrondissement de Paris, est un philosophe, critique littéraire et sémiologue français, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur au Collège de France.

Il fut l’un des principaux animateurs du post-structuralisme et de la sémiologie linguistique et photographique en France.


Roland Gérard Barthes naît pendant la Première Guerre mondiale, à Cherbourg, de Louis Barthes, officier de la marine marchande, catholique, et d’Henriette Binger, protestante issue de la bourgeoisie intellectuelle. Son grand-père maternel était l’explorateur Louis-Gustave Binger, devenu gouverneur des colonies et sa grand-mère, Noémi, recevait place du Panthéon le Tout-Paris intellectuel. Son père est mobilisé en 1914 comme enseigne de vaisseau. Il meurt lors d’un combat naval en mer du Nord le 26 octobre 1916. Roland Barthes passe son enfance à Bayonne jusqu’en 1924, puis à Paris, où il étudie au lycée Montaigne, puis au lycée Louis-le-Grand. Il obtient le baccalauréat en 1934 et s’inscrit en lettres classiques à la faculté des lettres de l’université de Paris, où il contribue à fonder le « Groupe de théâtre antique de la Sorbonne » et obtient sa licence de lettres classiques en 1939 (certificat d’études grecques, certificat d’études latines, certificat de littérature française et d’histoire de la philosophie).

Roland Barthes, carte maximum, Cherbourg-Octeveille, 12/11/2015.

En 1934, après une hémoptysie, on lui diagnostique une lésion du poumon gauche. Jusqu’en 1949, ses études puis sa vie professionnelle sont perturbées par la maladie et les séjours en sanatorium en France et en Suisse. En 1937, il est exempté du service militaire. Professeur au lycée de Biarritz (1939-1940), puis aux lycées Voltaire et Buffon de Paris (1940-1941), il obtient également en 1941 son diplôme d’études supérieures avec un mémoire sur la tragédie grecque. Pendant ses séjours en sanatorium, il mène une vie intellectuelle riche, fait des rencontres déterminantes (dont celle, pour sa formation politique, de Georges Fournié, militant trotskyste qui l’initie au marxisme) et découvre des lectures fondamentales (Karl Marx, Jules Michelet, Jean-Paul Sartre)6. Il publie alors ses premiers textes. Il obtient en 1943 le certificat de grammaire et philologie des langues classiques, ce qui lui permet de transformer sa licence en licence d’enseignement. En 1947, il publie dans Combat les premiers des textes qui constitueront Le Degré zéro de l’écriture. Commencent aussi, en cette période, des séjours professionnels à l’étranger : Bucarest (nommé bibliothécaire à l’Institut français en 1947, il s’installe dans la capitale roumaine avec sa mère et a une liaison avec un professeur de français, Pierre Sirin), Alexandrie (où, professeur de français à l’université entre 1949 et juin 19507, il rencontre Algirdas Julien Greimas et où il s’initie à la linguistique) ; il séjourne au Maroc plusieurs fois dès 1963 (il enseigne à Rabat en 1969-1970). Il se rend pour la première fois aux États-Unis en 1958, comme « visiting professor » au Middlebury College (Vermont) puis à New York l’année suivante ; il y revient en 1967 (son amie Susan Sontag diffusera ses idées dans le monde intellectuel américain).

En 1952, de retour à Paris où il travaille au ministère des Affaires étrangères, il publie « Le monde où l’on catche » dans la revue Esprit puis poursuit ses « Petites mythologies du mois » dans Combat et dans la revue de Maurice Nadeau, Les Lettres nouvelles. Ses courts textes le font connaître et sont réunis en un seul volume en 1957. Mais son premier essai, Le Degré zéro de l’écriture, paru en 1953, est rapidement considéré comme le manifeste d’une nouvelle critique soucieuse de la logique immanente du texte. En 1954, il publie un article qui fera date sur Alain Robbe-Grillet. À cette époque, le théâtre l’intéresse particulièrement : au cours des années 1950, il écrit plus de quatre-vingts articles sur le théâtre, publiés dans diverses revues, et participe à la fondation de la revue Théâtre Populaire. Il participe également à la création de Communications, puis, dans les années 1960 et 1970, il collabore à Tel Quel.

En 1962, il entre avec Michel Foucault et Michel Deguy au premier conseil de rédaction de la revue Critique, auprès de Jean Piel qui reprend la direction de la revue après la mort de Georges Bataille.

Stagiaire de recherche du CNRS de 1953 à 1954, puis attaché de recherche de 1956 à 1960, il devient ensuite chef de travaux à la VIe section de l’École pratique des hautes études puis directeur d’études en 1962 — ses premiers séminaires portent sur le thème « Inventaire des systèmes de signification contemporains » et débouchent sur ses Éléments de sémiologie (1965) et le Système de la mode (1967). En 1971, il est professeur invité à l’université de Genève. Il occupe la chaire de sémiologie du Collège de France de 1977 à 1980.

En publiant Sur Racine en 1965, il s’attaque à la vieille critique qui analyse l’œuvre à partir de la biographie de l’auteur10. Raymond Picard, représentant de la vieille critique, répond à Roland Barthes avec son livre Nouvelle critique ou nouvelle imposture. Barthes répond par son livre Critique et vérité. C’est le point de départ de la Querelle de la nouvelle critique.

Le début des années 1970 est une période de publication intense, qui le voit s’éloigner du formalisme structuraliste et opter pour une subjectivité plus assumée, avec L’Empire des signes (1970), S/Z (1970), Sade, Fourier, Loyola (1971), Nouveaux Essais critiques (1972), suivis par son Roland Barthes par Roland Barthes (1975) et ses Fragments d’un discours amoureux (1977). C’est également l’époque de la reconnaissance : Tel Quel (1971) et L’Arc (1973) lui consacrent des numéros spéciaux et une décade est organisée sur son œuvre à Cerisy-la-Salle (1977).

En 1974, il participe à un voyage en Chine avec François Wahl, Philippe Sollers, Julia Kristeva et Marcelin Pleynet. Alors que cette visite coïncide avec une purge sanglante, « déclenchée à l’échelle du pays entier par le régime maoïste », il revient enthousiaste de ce voyage. Ses notes de voyages seront publiées en 2009 dans Carnets du voyage en Chine.

Avec la publication en 1977 de Fragments d’un discours amoureux, Barthes accède à une notoriété médiatique. C’est l’époque où il fait la connaissance d’Hervé Guibert avec qui il entretient une relation exclusivement épistolaire ; elle se rompt le jour où Barthes commande un texte à Guibert :

« Il m’a fait écrire un texte, La Mort propagande n° 0, raconte Guibert. Il devait écrire une préface. Mais il a posé comme condition que je couche avec lui. Et pour moi ce n’était pas possible. À cette époque, je n’aurais pu avoir un rapport avec un homme de cet âge. »

La mort de sa mère, avec laquelle il vivait, le 25 octobre 1977, le touche profondément.

À l’automne 1978, il commence au Collège de France le cours sur « La préparation du roman ».

Fauché par la camionnette d’une entreprise de blanchissage rue des Écoles à Paris alors qu’il se rend au Collège de France, le 25 février 1980, Barthes meurt des suites de cet accident le 26 mars suivant à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il est enterré auprès de sa mère, dans le cimetière d’Urt au Pays basque.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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