Rock Hudson, acteur.

Rock Hudson — nom de scène de Roy Harold Scherer Jr. — est un acteur américain né le 17 novembre 1925 à Winnetka (Illinois) et mort le 2 octobre 1985 à Beverly Hills (Californie).

En 1985, il est l’une des premières vedettes à déclarer publiquement être atteinte du sida, ce qui attire une grande attention sur ce fléau. Le grand public découvre également à cette occasion son homosexualité, en contradiction avec l’image que donnent de lui ses rôles à Hollywood.


Rock Hudson naît le 17 novembre 1925 à Winnetka en Illinois aux États-Unis.

Fils unique d’une modeste employée d’origine irlandaise et d’un père d’origine suisse alémanique qui les abandonne très tôt, Roy Harold Scherer connaît une enfance difficile, aux côtés d’une mère dominatrice et autoritaire et d’un beau-père violent. En 1943, alors qu’il vient d’avoir 18 ans, il s’engage dans la marine. Il est démobilisé en 1946 et exerce par la suite plusieurs petits métiers (ouvrier agricole, camionneur).

Il tente sa chance en 1947 à Hollywood et attire l’attention d’un chasseur de talents, Henry Willson après lui avoir envoyé une photo. Willson le transforme d’un jeune homme naïf et inconnu, en un des hommes les plus populaires d’Hollywood. Willson paie de nouvelles dents à Hudson et lui change son nom. Plus tard, Hudson avoue qu’il déteste ce pseudonyme. Son nom est une combinaison du rocher de Gibraltar (Rock of Gibraltar en anglais) et de l’Hudson. Dans un premier temps, son agent lui impose des cours de diction afin d’obtenir une voix plus grave, mais lors d’une pharyngite, son phoniatre exige du jeune acteur qu’il crie pendant 24 heures avec pour résultat une voix cassée, une tonalité plus basse. Les deux hommes font équipe professionnellement jusqu’en 1966.

Cette rencontre lui permet tout d’abord de faire de la figuration, puis d’obtenir des rôles secondaires, dans les films d’action et les westerns de Raoul Walsh, qui le prend sous contrat personnel : après une figuration non créditée dans Les Géants du ciel (1948), le metteur en scène lui donnera la vedette dans Victime du destin (1952), La Belle Espionne et Bataille sans merci (1953). Mais l’acteur débutant paraît dans une quinzaine de films avant d’accéder à ses premiers rôles, avec une nette prédilection pour le western — dont Winchester 73 et Les Affameurs d’Anthony Mann où James Stewart tient la vedette. Progressivement, son nom se rapproche du haut des affiches.

Sa rencontre en 1952 avec Douglas Sirk est décisive pour la suite de sa carrière. Elle lui permet de devenir une véritable star, avec des films comme la comédie Qui donc a vu ma belle ? ou bien le mélodrame Le Secret magnifique. Rock Hudson tourne beaucoup : dans un premier temps, il s’impose dans la comédie et surtout dans le film d’action, aventures historiques et westerns. Il interprète désormais les premiers rôles devant des acteurs confirmés (Steve Cochran dans Le Justicier impitoyable, Anthony Quinn dans L’expédition du Fort King) aux côtés de la jeune première Piper Laurie ou d’Yvonne De Carlo, autre protégée de Raoul Walsh.

Rock Hudson devient l’interprète fétiche de Sirk, qui mise beaucoup sur son allure athlétique et son physique séduisant. Il est remarqué dans le western Taza, fils de Cochise (1954), dans Tout ce que le ciel permet (1956) et Écrit sur du vent (id.), des drames mondains à l’esthétique très recherchée, devenus des classiques du mélodrame. Dans Capitaine Mystère (1955), Hudson se compose un rôle de séducteur doublé d’un révolutionnaire ; pour La Ronde de l’aube (1958), un film réalisé d’après le roman Pylône de William Faulkner, il campe un intellectuel déchiré. Outre la jeune première Barbara Rush et l’actrice confirmée Jane Wyman, Hudson côtoie dans ces films Robert Stack, Dorothy Malone et Lauren Bacall.

Ces années sont probablement les plus brillantes de la carrière de l’acteur. Si ses compositions n’impressionnent guère la critique, Hudson impose une présence sympathique, émouvante et séduisante. Il devient la coqueluche du public féminin, des producteurs et de cinéastes prestigieux. Il est  présent, aux côtés de James Dean et Elizabeth Taylor, dans Géant (1956) de George Stevens, dans Le Carnaval des dieux (1957) de Richard Brooks, avec Sidney Poitier ainsi que dans Cette terre qui est mienne d’Henry King, avec Jean Simmons. Il connaît l’échec avec L’Adieu aux armes d’après Ernest Hemingway, dans lequel Jennifer Jones et Vittorio De Sica ont ses partenaires.

Rock Hudson retrouve à partir de 1959 le registre comique en formant un duo avec Doris Day dans Confidences sur l’oreiller, premier film d’une trilogie de comédies sentimentales légères, gentiment érotiques, où il se révèle drôle et attachant. Suivront Un pyjama pour deux en 1961 et Ne m’envoyez pas de fleurs en 1964. Il s’illustre dans ce registre sous la direction de Norman Jewison ou Melvin Frank, aux côtés de Leslie Caron ou Claudia Cardinale. Il joue également la comédie dans Le Sport favori de l’homme d’Howard Hawks (1964). La star a aussi pour partenaires Gina Lollobrigida, notamment dans Le Rendez-vous de septembre, et Gena Rowlands dans L’Homme de Bornéo, deux films réalisés par Robert Mulligan.

À côté de ce cycle léger et séducteur, Rock Hudson sauve son public masculin grâce aux westerns El Perdido de Robert Aldrich (avec Kirk Douglas) et Les Géants de l’Ouest d’Andrew McLaglen (avec John Wayne), grâce aussi aux films de guerre Tobrouk d’Arthur Hiller, avec George Peppard, et Destination : Zebra, station polaire de John Sturges, dont la distribution comprend Ernest Borgnine et Patrick McGoohan. Mais le déclin cinématographique de Hudson est amorcé dès qu’il s’éloigne de la comédie romantique, tel l’échec sans appel du sombre L’Opération diabolique de John Frankenheimer.

Rock Hudson retrouve pourtant son créneau favori lorsque Blake Edwards le dirige avec Julie Andrews en 1970 dans la comédie musicale Darling Lili. Malgré cette collaboration, la carrière de l’acteur marque le pas sur grand écran pour lequel il tourne toujours régulièrement, sous la direction de Roger Vadim par exemple, s’essayant à la science-fiction (Embryo), rivalisant avec Dean Martin (dans Duel dans la poussière de George Seaton), avec dans ses bras toujours les plus charmantes actrices : Angie Dickinson, Barbara Carrera ou Mia Farrow. Mais toutes ces productions sont  secondaires. Sa célébrité durant cette décennie se maintient plutôt grâce aux séries télé McMillan (1971-1977) et, plus tard, Détroit d’après Arthur Hailey. Il joue également dans Chroniques martiennes (1980) de Michael Anderson d’après Ray Bradbury (où sa fille est interprétée par Laurie  Holden, future actrice de The Walking Dead, qui fait alors ses débuts à l’écran). Sur petit écran toujours, Hudson affronte James Coburn et continue de collectionner les partenaires féminines : Susan Saint James, Lee Remick, Gayle Hunnicutt et Deborah Shelton.

En 1980, Rock Hudson retrouve sur grand écran trois gloires des années 1950, son amie Elizabeth Taylor, son ancien concurrent Tony Curtis et Kim Novak, dans une adaptation d’un roman d’Agatha Christie, Le miroir se brisa. Au cinéma, il ne reviendra que pour L’Ambassadeur : Chantage en Israël de J. Lee Thompson, aux côtés de Robert Mitchum, en 1984. À la télévision, il demeure très actif : il joue dans des téléfilms avec Suzanne Pleshette, Melanie Griffith, Sharon Stone, incarne le président de son pays dans La Troisième Guerre mondiale, et tient la vedette avec Jack Scalia dans les treize épisodes de Devlin Connection en 1982. Son dernier rôle sera l’amant de Linda Evans dans neuf épisodes de la saga Dynastie (1984-1985), rôle écourté à cause de son état de santé.

Le 25 juillet 1985, Rock Hudson révèle qu’il est atteint du sida, et marque les esprits en révélant son visage décharné par un sarcome de Kaposi. Lors d’un séjour à Paris, Rock Hudson décide d’annoncer sa maladie. Yanou Collart, son attachée de presse et amie, est dans l’obligation de débourser 300 000 dollars pour louer un 747 afin de rentrer à Los Angeles car aucune  compagnie ne veut le transporter.

Rock Hudson meurt le 2 octobre 1985 à Beverly Hills en Californie.

Le grand public constate à cette occasion combien l’image des vedettes, telle que les studios la construisent, peut se révéler éloignée de la réalité, Rock Hudson ayant été l’archétype du jeune premier « homme à femmes » aux allures de gendre idéal. La mort de l’acteur contribue par ailleurs à attirer l’attention sur l’épidémie de sida et sur ses conséquences dramatiques.

Source : Wikipédia.

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