Robert Borden, avocat et homme d’état.

Sir Robert Laird Borden (né le 26 juin 1854 et mort le 10 juin 1937) est un avocat et un homme d’État canadien-anglais. Il est le 8e Premier ministre du Canada, de 1911 à 1920, et est principalement connu pour avoir dirigé le pays durant la Première Guerre mondiale. Il est également le dernier premier ministre né avant la Confédération.

Borden est né à Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse. Il travaille comme enseignant pendant un certain temps, puis il effectue ses stages dans un cabinet d’avocats d’Halifax. Il est appelé à la barre en 1878, et il devient rapidement l’un des plus éminents barristers de la Nouvelle-Écosse. Il est élu à la Chambre des communes du Canada, en 1896, sous la bannière du Parti conservateur. Il remplace Charles Tupper à la tête du parti en 1901, puis il devient premier ministre après la victoire du parti aux élections fédérales de 1911.

En tant que premier ministre, Borden dirige principalement le Canada pendant la Première Guerre mondiale. Son gouvernement adopte la Loi sur les mesures de guerre, créer le Corps expéditionnaire canadien et il introduit finalement le service militaire obligatoire, ce qui déclenche une crise de la conscription en 1917. Sur le front interne, il s’occupe des conséquences de l’explosion de Halifax, introduit le droit de vote des femmes pour les élections fédérales, et il recourt à la Police montée du Nord-Ouest pour briser la grève générale de Winnipeg, en 1919.

Lors des élections fédérales de 1917, il créer le Parti unioniste, qui rassemble des conservateurs et des libéraux favorables à la conscription. Son gouvernement est réélu à une écrasante majorité. Borden démissionne de son poste et se retire de la vie politique en 1920. Quelques années auparavant, il avait accepté le titre de chevalier en 1915, faisant de lui le dernier premier ministre canadien à avoir été anobli.


Borden fut élu député d’une circonscription de Halifax lors de l’élection fédérale de 1896, la même dans laquelle Wilfrid Laurier devint premier ministre. Borden prit la direction du Parti conservateur et devint chef de l’opposition en 1901. Il rebâtit tranquillement le parti, qui avait perdu le pouvoir et l’influence avec la défaite 1896 et son chef, Tupper. Aux élections de 1911, il fut porté au pouvoir en faisant campagne contre le plan de Laurier d’instaurer le libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Borden et les conservateurs prônaient plutôt la « préférence impériale », l’utilisation de tarifs douaniers pour diminuer les importations provenant de l’extérieur de l’Empire britannique.

En tant que premier ministre du Canada pendant la Première Guerre mondiale, Borden transforma son gouvernement en une administration de temps de guerre, adoptant la Loi sur les mesures de guerre en 1914. Borden engagea le Canada à fournir 500 000 soldats pour l’effort de guerre. Toutefois, les volontaires se firent rares lorsque les Canadiens se rendirent compte qu’il n’y aurait pas de fin rapide et facile à la guerre. Borden était pourtant déterminé à respecter ses engagements : il fit adopter la Loi concernant le service militaire, ce qui mena à la crise de la conscription de 1917, qui divisa le pays sur des lignes linguistiques. La question impopulaire de la conscription aurait surement sonné le glas de son gouvernement à l’élection de 1917, mais Borden recruta des membres du Parti libéral pour la création d’un gouvernement unioniste sans l’accord de Laurier.

À l’élection de 1917, les candidats du « gouvernement » (incluant les libéraux-unionistes) écrasèrent les «libéraux de Laurier» de l’opposition au Canada anglais, ce qui donna une très grande majorité parlementaire à Borden. Les « libéraux de Laurier » représentaient presque uniquement des circonscriptions francophones. Très peu de conscrits furent enfin envoyés au front, l’armée canadienne ne disposant pas des moyens logistiques pour entraîner, encadrer et mener 500 000 hommes rapidement en Europe. Néanmoins, pour ce premier ministre connu pour son aversion pour les francophones, la polarisation que devait immanquablement susciter cette mesure n’était pas un inconvénient et la division du parti libéral lui bénéficia certainement.

La guerre permit au Canada de s’affirmer comme pouvoir indépendant. Borden voulait créer une armée canadienne unique, plutôt que d’avoir des soldats séparés et assignés à des divisions britanniques. Sam Hughes, le ministre de la milice, s’assura que les Canadiens étaient bien entraînés et préparés à se battre au sein de leurs propres divisions et le général Arthur Currie fut un chef sensé pour les divisions canadiennes en Europe bien qu’ils fussent toujours sous commandement britannique. Néanmoins, les troupes canadiennes montrèrent qu’elles étaient parmi les meilleures au monde, comme dans la Somme, à Ypres, à Passchendaele et surtout à la Vimy.

Hughes fut toutefois critiqué pour son insistance à équiper les soldats canadiens d’un fusil canadien mal adapté aux conditions des tranchées. De plus, il fut critiqué au Québec parce que c’était un francophobe notoire qui réagissait par l’immobilisme aux initiatives visant à permettre plus facilement aux francophones d’occuper des postes d’officiers et de servir dans des unités au commandement francophone.

En matière d’affaires internationales, Borden joua un rôle crucial dans la transformation de l’Empire britannique en un partenariat d’États mis sur le même pied d’égalité : le Commonwealth, un terme qui fut discuté pour la première fois lors d’une conférence impériale à Londres, pendant le conflit mondial. Borden introduisit également les premiers impôts sur le revenu, qui devaient à l’époque être une mesure temporaire mais qui sont devenus permanents.

Convaincu que le Canada avait acquis le statut de nation sur les champs de bataille en Europe, Borden exigea que le pays ait un siège à la conférence de paix de Paris. Le Royaume-Uni s’y opposa initialement mais aussi les États-Unis d’Amérique, qui considéraient qu’une telle délégation ne serait qu’une voix supplémentaire pour les Britanniques. Borden répliqua que puisque le Canada avait une plus grande proportion d’hommes que les États-Unis dans la guerre (bien que le nombre absolu fût similaire pour les deux pays), il avait au moins mérité la représentation d’un pouvoir mineur. Le premier ministre britannique, David Lloyd George, finit par céder et convainquit les Américains réticents d’accepter la présence de délégations canadiennes, australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines séparées. La persévérance de Borden permit au premier ministre de représenter le Canada à Paris en tant que nation et de faire en sorte que chaque dominion pouvait signer le traité de Versailles, individuellement, et avoir ainsi le statut de membre à la Société des Nations.

Sur l’insistance de Borden, le traité fut ratifié par le Parlement du Canada. Borden fut le dernier premier ministre à être fait chevalier : la Chambre des communes vota pour que cesse cette pratique qui consistait à décerner des titres à des Canadiens en 1919, avec l’adoption de la résolution Nickle.

Cette même année, Borden autorisa l’usage de la force militaire pour mettre fin à la grève générale de Winnipeg. Entre 1914 et 1917, en réponse à la xénophobie dirigée contre les citoyens de l’Autriche-Hongrie, résultant de la Première Guerre mondiale, 8 579 Européens de l’Est furent internés. Cela incluait à peu près 5 000 ukrainiens, dont certains étaient nés au Canada. De plus, 80 000 personnes supplémentaires furent enregistrés et leurs droits civils fondamentaux, comme le droit de vote, supprimés.

Le gouvernement Borden nationalisa les compagnies de chemin de fer Canadian Northern et Grand Trunk pour créer ce qui allait devenir le Canadian National (Canadien National).

Sir Robert Borden démissionna du poste de premier ministre en 1920. Il fut chancelier de l’Université McGill de 1918 à 19202 et de la Queen’s University de 1924 à 1930, et fut président de deux institutions financières.

Borden mourut à Ottawa le 10 juin 1937 à l’âge de 83 ans. Il est enterré au cimetière Beechwood, à Ottawa.

Source : Wikipédia.

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