Roald Dahl, écrivain et scénariste.

Roald Dahl, né le 13 septembre 1916 à Llandaff au pays de Galles et mort le 23 novembre 1990 à Oxford en Angleterre, est un écrivain britannique et scénariste, auteur de romans et de nouvelles, qui s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes, mais mieux connu pour ses ouvrages de littérature d’enfance et de jeunesse.

Ses œuvres les plus célèbres sont Charlie et la Chocolaterie (Charlie and the Chocolate Factory, 1964), adapté plusieurs fois au cinéma, ainsi que des recueils de nouvelles : Bizarre ! Bizarre ! (Someone Like You, 1948) qui obtint le prix Edgar-Allan-Poe en 1954, et Kiss Kiss (1959).


Né au Pays de Galles de parents norvégiens, armateurs à la grande pêche, Roald Dahl connaît une enfance et une jeunesse assez difficiles. En 1920, à l’âge de 3 ans, il perd sa sœur aînée et son père en quelques semaines. Sa mère décide de rester au pays de Galles afin de faire bénéficier ses enfants des écoles britanniques que sa famille considère comme excellentes. Il fréquente ainsi l’école paroissiale de Llandlaff au pays de Galles (qui lui fournira matière à l’une de ses nouvelles de souvenirs d’enfance dans le recueil Moi, Boy), l’internat du collège de Weston-Super-Mare, puis celui de la Public School de Repton. Sa mère s’organise pour passer les grandes vacances en famille en Norvège, laissant à ses enfants une large autonomie dont ils profitent pour « robinsonner » en bateau dans les îlots et le long des fjords. Très grand, taillé en athlète, Dahl excelle dans divers sports : squash, gymnastique, rugby… et est aussi un photographe amateur de talent.

Il s’engage dans une compagnie pétrolière à 17 ans et part en Tanzanie, en Afrique, à 20 ans, employé par la compagnie Shell. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage d’abord dans l’armée où on lui confie une compagnie de tirailleurs indigènes (African Rifles), chargée d’arrêter et d’interner les colons allemands du Kenya et de Tanzanie qui ont formé un convoi motorisé et fuient vers la colonie portugaise du Mozambique. Il se rend ensuite à Nairobi, au Kenya, pour s’engager dans la Royal Air Force (RAF) et devenir pilote de chasse. Après quelques mois d’entraînement sur biplan Tiger Moth, il est affecté à l’escadrille 80.

Cette escadrille est équipée d’avions obsolètes, les biplans Gloster Gladiator (les monoplans modernes type Hurricane ou Spitfire sont alors réservés à la défense des îles britanniques), et combat en Égypte contre des escadrilles italiennes équipées de biplans Fiat CR 42 Falco tout aussi démodés. Lors d’un vol pour rejoindre son escadrille, il échappe de peu à la mort. Suivant des instructions de vol erronées, il se retrouve à court d’essence à la nuit tombante. Contraint à un atterrissage forcé dans un no man’s land rocailleux entre les troupes anglaises et celles de Rodolfo Graziani, son appareil capote à l’atterrissage et prend feu. Souffrant de brûlures graves, d’une fracture du crâne et devenu temporairement aveugle, il sera traité pendant plusieurs mois à l’hôpital anglo-suisse d’Alexandrie (cf. nouvelle A Piece of Cake, un de ses premiers écrits).

Après s’être rétabli, il est déclaré apte à voler, et on lui confie un Hurricane flambant neuf sur lequel il ne peut effectuer que quelques heures d’entraînement avant de le convoyer vers son escadrille en Grèce où il combat héroïquement.

La situation en Grèce est alors totalement asymétrique. Venue au secours des armées mussoliniennes, la Luftwaffe aligne plusieurs centaines d’avions de chasse Messerschmitt 109 et de bombardiers Stuka contre quelques dizaines d’avions anglais et une aviation grecque équipée d’appareils totalement dépassés. L’escadrille 80, en infériorité numérique criante, se distingue durant la Bataille d’Athènes, au cours de laquelle l’as Marmaduke Pattle est abattu.

Dahl évacue la Grèce avec les restes de son escadrille, ayant plusieurs victoires aériennes à son crédit.

De retour en Égypte en mai 1941, il prend part à la campagne de Syrie, combattant l’aviation française du régime de Vichy. Il abat un Potez 630 français et un Junkers Ju 88, participe à de nombreuses missions de mitraillage au sol des aérodromes vichystes. Toutefois, il souffre de plus en plus de douleurs cérébrales et d’évanouissements lors des manœuvres rapides, une conséquence de son crash de septembre 1940. Les médecins militaires le déclarent inapte au combat aérien.

Envoyé en mission aux États-Unis, notamment pour convaincre les Américains d’intervenir dans le conflit, il fait la connaissance de l’écrivain américain C. S. Forester, qui le pousse à écrire, et de Ian Fleming, espion britannique qui deviendra l’auteur des James Bond. Il travaille à contrer l’influence du mouvement isolationniste America First, c’est à ce titre qu’il publie ses récits de guerre dans des magazines comme Harper’s, Ladies Home Journal, Saturday Evening Post.

Il travaille pour le service de renseignements MI6, sous la houlette du maître espion William Stephenson, mais tient en piètre estime le personnel diplomatique anglais, stupéfait qu’il est du décalage entre les conditions du front et la vie aux États-Unis encore neutres : « J’arrivais d’un monde en guerre, où les hommes se faisaient tuer, j’avais volé d’atrocité en atrocité et je me retrouvais dans une cocktail-party américaine d’avant-guerre. »

Il commence à écrire des livres en 1942 et rencontre Walt Disney. Il envisage de créer avec ce dernier une fiction autour des légendaires Gremlins, créatures auxquelles les pilotes de la Royal Air Force attribuent leurs problèmes mécaniques. Mais, au vu de la situation mondiale, Disney renonce à produire ce film qui nécessiterait un tournage en Angleterre.

Dahl, carnet de timbres, Grande Bretagne.

Le premier récit qu’il publie est A Piece of Cake, qui décrit son accident d’avion en Libye. Il écrit notamment des nouvelles pour adultes, à l’atmosphère souvent lourde, comme Kiss Kiss.

Certaines de ses nouvelles sont adaptées pour la télévision par Alfred Hitchcock. En 1953, il épouse l’actrice américaine Patricia Neal. Ils auront cinq enfants : Olivia, décédée en 1962 à l’âge de sept ans d’une encéphalite, Chantal-Sophia (née en 1957), mère de l’auteure et mannequin Sophie Dahl, Théo, né en 1960, Ophélia née en 1964 et Lucy Neal, née en 1965.

Le couple devra subir de dures épreuves : la mort de sa fille aînée conduira Roald Dahl à abandonner la foi religieuse. Son fils Théo, dont la poussette avait été renversée par un taxi new-yorkais, restera longtemps entre la vie et la mort, souffrant d’une hydrocéphalie traumatique.

En cette circonstance, Roald Dahl prend le taureau par les cornes : associé au neurochirurgien Kenneth Till et à l’ingénieur Stanley Wade, il fait mettre au point et breveter un dispositif médical stérilisateur, destiné à relâcher la pression intracrânienne, la valve WDT (pour Wade Dahl Till) ; Théo se rétablira avant la fin de la mise au point, mais cette invention sera utilisée sur des milliers de patients. Les trois co-inventeurs refuseront de toucher des redevances.

Alors qu’elle est enceinte de leur cinquième enfant, Patricia Neal Dahl sera frappée par un anévrisme cérébral aigu avec épisodes d’aphasie ; son mari prendra en main sa rééducation et lui permettra ainsi de reprendre sa carrière d’actrice.

Le prix Edgar-Allan-Poe de la meilleure nouvelle lui est décerné deux fois : en 1954 pour Someone Like You (Bizarre ! Bizarre !), et en 1960 pour The Landlady.

Il obtient en 1983 le prix World Fantasy Grand Maître et le Whitbread du meilleur roman jeunesse pour The Witches2 (Sacrées Sorcières).

Après son divorce, intervenu en 1983, il épousera en secondes noces Felicity Crosland.

En 1989, au moment de l’affaire des Versets sataniques, il prit position contre Salman Rushdie qu’il qualifia de « dangereux opportuniste. » Il déclara que Rushdie « devait indubitablement savoir quels sentiments profondément violents son livre susciterait auprès des musulmans. En d’autres termes il savait exactement ce qu’il était en train de faire et ne pouvait plaider le contraire. Ce type de sensationnalisme place des livres sans grand intérêt au sommet de la pile des best-sellers, mais à mon avis c’est une manière de peu de valeur d’y parvenir.

En 1982, au moment de la guerre du Liban, Dahl s’indigne de la façon dont l’État d’Israël intervient à Beyrouth, dans sa préface d’un porte-folio d’images de guerre réalisé par Tony Clifton et Catherine Leroy et intitulé God Cried (Les Larmes de Dieu). Ses prises de position tranchées lui vaudront d’être accusé d’antisémitisme mais les amis juifs de Dahl ne lui en tiendront pas rigueur, estimant qu’il avait réagi de façon émotionnelle. Un hommage est annulé par le Royal Mint pour le centenaire de sa naissance, en raison de ses multiples propos antisémites. Il a en effet déclaré en 1983 : « Il existe un trait dans le caractère juif qui provoque de l’animosité, c’est peut-être une sorte de manque de générosité envers les non-juifs. Je veux dire, il y a toujours une raison pour laquelle un anti-n’importe quoi surgit quelque part ; même une ordure comme Hitler ne s’en est pas pris à eux sans raison. ». En 1990, il répond à l’Independent : « Je suis certainement anti-israélien et je suis devenu antisémite parce que les Juifs, dans un pays comme l’Angleterre, soutiennent fortement le sionisme. Je pense qu’ils devraient voir les deux côtés. C’est toujours la même chose : nous sommes tous au courant de ce que font les juifs, etc. Il n’y a pas d’éditeurs non-juifs, ils contrôlent les médias – ce qui est particulièrement intelligent –, c’est pourquoi le président des États-Unis doit vendre tout ce matériel à Israël… ». La décision du Royal Mint est saluée par différents parlementaires et représentants de la communauté juive britannique. En décembre 2020, la famille de Roald Dahl formule des excuses pour les propos antisémites de l’écrivain.

Il meurt d’une grave maladie sanguine le 23 novembre 1990 à Oxford et est enterré dans le cimetière de Great Missenden dans le Buckinghamshire, sa résidence campagnarde où il s’était établi depuis 1954.

Ses premières nouvelles (Dahl est plutôt un nouvelliste qu’un romancier) parfois osées, souvent narquoises, ont été publiées pour un public adulte dans des revues comme The New Yorker, Collier’s Weekly, Ladies’ Home Journal, Esquire, Harper’s Magazine et Playboy.

Il a signé le scénario du cinquième film de James Bond, On ne vit que deux fois, sorti en 1967, et qui comporte d’impressionnantes séquences de combat aérien.

Ce sont pourtant ses textes destinés à un public jeune qui lui valent d’être reconnu9. Il publie en 1943 son premier livre pour enfants : Les Gremlins, qui inspirera très fortement le cinéaste Joe Dante, quarante ans plus tard, pour son film Gremlins. Dans ses livres pour enfants, les héros sont souvent des enfants malheureux, qui prennent un jour leur revanche (parfois cruelle) sur leurs tortionnaires. L’effet est jubilatoire, et permet aussi au lecteur de relativiser ses propres problèmes.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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