René Maran, écrivain.

René Maran, né à Fort-de-France (Martinique) le 5 novembre 1887 et mort à Paris le 9 mai 1960, est un écrivain français.

Il est lauréat du prix Goncourt en 1921 pour son roman Batouala, dont la préface dénonce la façon dont les territoires colonisés et leur population sont gérés. Le terme « anti-colonialisme » parfois utilisé à son propos est très peu usité à son époque et n’appartenait pas à son vocabulaire.

En 1953, l‘Académie française lui décerne le prix d’Aumale.


Déclaré à l’état civil de Fort-de-France le 22 novembre 1887, René Maran est en réalité né le 5 novembre 1887 sur le bateau amenant ses parents de la Guyane à la Martinique. Ses parents sont guyanais. Il est amené à vivre, dès sa jeunesse, à Bordeaux.

Il est le fils de Léon Herménégilde Maran, originaire de Guyane, de même que son épouse, Marie Corina née Lagrandeur, tous deux nés en 1865.

Ses parents l’emmènent en 1894 au Gabon, où son père doit occuper un poste dans l’administration coloniale. Lorsqu’il a 7 ans, pour lui permettre de faire de bonnes études, ils le mettent en pension en 1894 au « petit lycée » (classes primaires) de Talence (Gironde).

En classe de sixième, il devient élève au lycée de Bordeaux (devenu lycée Montaigne), où il découvre Marc Aurèle avec son professeur de latin. Il côtoie Félix Éboué, son ainé de trois ans, boursier, arrivé à Bordeaux en 1901. Les deux camarades pratiquent le rugby au B.E.C. (Bordeaux Étudiants Club).

Le 18 juillet 1905, il obtient la première partie du baccalauréat lettres-latin avec la mention passable. Il n’est pas établi qu’il ait réussi la deuxième partie ni qu’il ait pu faire des études de droit à Bordeaux où il reste jusqu’en 1909, date à laquelle il part pour les colonies, pour y occuper un emploi administratif subalterne, faute d’être passé par l’École coloniale.

Il publie déjà à cette date dans la revue lilloise de Léon Bocquet, Le Beffroi.

En 1912, il entre dans l’administration coloniale, par la « petite porte ». Il est affecté comme agent de police à Bangui en Oubangui-Chari (Afrique-Équatoriale française, AEF). Souvent en conflit avec son administration, commis de quatrième classe, puis secrétaire de troisième classe, il est de plus en plus mal noté, considéré comme susceptible et procédurier. Ainsi, en 1916-1917, alors qu’il est « agent spécial chargé de la comptabilité » à Sibut, il demande au gouverneur de l’Oubangui-Chari une mutation qui lui est refusée au motif qu’il n’a pas respecté la voie hiérarchique.

À la suite d’accusations — qu’il conteste — de violences sur des indigènes lors d’une campagne prophylactique contre la maladie du sommeil dans la circonscription de Kémo-Gribingui, il fait l’objet d’un blâme de son administration, puis d’une condamnation à la peine de 50 francs d’amende avec sursis par le tribunal de première instance de Bangui. De retour à Paris à partir de 1919, il repart pour la région du lac Tchad en 1921. C’est là qu’il apprend avoir été consacré par le prix Goncourt à la fin de l’année 1921 pour son roman Batouala dont la préface dénonce, non le fait colonial, mais ce que Maran en regarde comme les abus ou dysfonctionnements, la façon dont les territoires colonisés et leur population sont gérés. En 1923, après plusieurs demandes infructueuses de rapatriement pour cause médicale, il démissionne de l’administration et décide de vivre de sa plume.

La carrière d’administrateur colonial continue d’inspirer l’écrivain qu’est devenu Maran. Le protagoniste du roman publié en 1947 Un homme comme les autres est par exemple un Martiniquais ayant fait ses études à Bordeaux avant de devenir administrateur colonial.

En Afrique, il écrit le roman Batouala, qui décrit la vie d’un village africain du point de vue du chef éponyme9, encouragé par son ami Philéas Lebesgue qu’il vient rencontrer à Beauvais dès 1915. René Maran mit six ans à écrire son roman.

Dans la préface de ce roman, René Maran dénonce certains aspects de la colonisation, ce qui entraîne des controverses et lui vaut des inimitiés. Lorsque le prix Goncourt lui est décerné en 1921, il est le premier écrivain noir à recevoir ce prix.

Il met fin à sa carrière coloniale quelques années plus tard et continue celles d’écrivain et de journaliste littéraire et de radio à Paris où il résidera dorénavant. Durant la Seconde Guerre mondiale, il n’est pas inquiété par les autorités occupantes. Dans son œuvre romanesque inspirée par l’Afrique, il lui arrive de montrer les rapports parfois difficiles entre Noirs et Blancs, notamment le poids du racisme imposé par les institutions coloniales9. Souvent écrivain animalier, il dénonce la cruauté des hommes envers les animaux. Très attaché à la France, Français patriote en dépit de certains griefs qu’il exprime dans sa correspondance avec Philéas Lebesgue, il écrit des biographies qui retracent la vie de « grands Français », notamment de ceux qui ont découvert les terres du futur Empire français. Dans sa correspondance, il cite souvent les trois plus grands amis qu’il admire : Félix Éboué, Philéas Lebesgue et Manoel Gahisto.

En 1953, il reçoit de l’Académie française, conjointement avec Albert t’Serstevens, le prix d’Aumale.

René Maran est réputé avoir recours à une poésie relativement classique par ses thèmes et par sa facture, utilisant par exemple les alexandrins.

René Maran meurt à Paris le 9 mai 1960. Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse (11e division).

Source : Wikipédia.

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