Port autonome de Strasbourg (Bas-Rhin).

Le port autonome de Strasbourg (PAS) est un port fluvial basant son activité sur le Rhin. Il est le deuxième port fluvial de France après le Port autonome de Paris et le deuxième port rhénan après Duisbourg.

Son statut est celui d’un établissement public à caractère administratif dont la tutelle de l’État est exercée par la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer du Ministère de la Transition écologique et solidaire. Il est cogéré par la ville de Strasbourg.

L’activité portuaire est très ancienne à Strasbourg puisque dès le Moyen Âge les bateliers se regroupent pour former la corporation de l’Ancre en 1331. Jusqu’au XIXe siècle le port de la ville se trouvait au bord de l’Ill près de l’ancienne douane qui est construite en 1358. Le port se déplace au sud en 1882 lors de la construction du canal de jonction (« Umleitungskanal »), permettant de relier le canal de la Marne au Rhin et le canal du Rhône au Rhin, et du port de la porte de l’Hôpital. Dix ans plus tard, en 1892, il se déplace un peu plus à l’est avec la construction du port de la porte des Bouchers (« Metzgertorhafen ») qui deviendra le port du bassin d’Austerlitz en 1918.

Le port s’installe à son emplacement actuel, au bord du Rhin à l’est de la ville, entre 1899 et 1901 après la construction de la capitainerie et des bassins du Commerce et de l’Industrie.

Le trafic du port de Strasbourg passe de 300 000 tonnes en 1896 à 635 000 tonnes en 1910 et 1,2 million de tonnes en 1914. Charbon, bois, produits métallurgiques et farines constituent l’essentiel du trafic.

Le 20 mai 1923, le maire de Strasbourg Jacques Peirotes signe une convention avec l’État qui transforme le port municipal en port autonome.

Le port autonome de Strasbourg est soumis à un régime différent de celui des autres ports autonomes (eux soumis à une loi du 29 juin 1965). Il a été créé par une loi du 26 avril 1924, appliquée en 1926, faisant suite à la convention passée entre la ville de Strasbourg et l’État. Le Conseil d’État a souligné la nature particulière de cet « établissement public à caractère administratif ». Son objectif est l’exploitation et l’entretien des installations portuaires mais aussi le développement des activités économiques et le transport multimodal.

Port se Strasbourg, carte maximum, 6/10/1956.

Le port aux pétroles est construit à la Robertsau en 1927, il est agrandi en 1963. Les avant-ports nord et sud datent de 1935. Enfin l’aménagement de la zone portuaire sud a débuté dans les années 1950. Le trafic du port a dépassé les 6 millions de tonnes pour la première fois en 1955.

En 1965, le trafic fluvial du port de Strasbourg est de 10,1 millions de tonnes. Les tonnages importés représentent 1,76 million de tonnes tandis que les tonnages exportés atteignent 8,38 millions de tonnes. Les principales marchandises qui transitent par le port sont les produits pétroliers, les produits métallurgiques, les bois et pâtes à papier, les matériaux de construction, les sables, les tourteaux pour animaux, les engrais et les céréales.

En 1967, il est le deuxième port rhénan après Duisbourg-Ruhrort et le cinquième port français après Marseille, Le Havre, Dunkerque et Rouen. Le trafic a plus que doublé entre 1962 et 1966 passant de 5 millions à 11,4 millions de tonnes.

Un terminal à conteneurs situé dans la zone portuaire sud est inauguré le 3 septembre 1969 par le ministre de l’Équipement Albin Chalandon.

Le chiffre d’affaires du port autonome de Strasbourg était de 32,7 millions d’euros en 2013.

En 2014, le trafic fluvial était de 8,025 millions de tonnes de marchandises transbordées, en hausse de 0,9 % par rapport à 2013, dont 1,13 million de tonnes de céréales, 3,148 millions de tonnes de graviers et 1,73 million de tonnes de produits pétroliers. Près de 1 000 bateaux citernes ont transité par le port aux pétroles. Le trafic conteneurs s’établit à 413 564 EVP.

En 2015, le trafic fluvial s’établit à 7,42 millions de tonnes de marchandises transbordées. Cette baisse de 8 % par rapport à l’année 2014 est, en partie, due aux basses eaux sur le Rhin qui ont limité la capacité des bateaux durant quatre mois. Le trafic conteneurs est en hausse de 2,5 % avec 423 834 EVP.

En 2016, le trafic fluvial représente 7,54 millions de tonnes de marchandises. La baisse des volumes de céréales, de bois et des produits pétroliers est compensée par l’augmentation des graviers, des minerais et des déchets métallurgiques. Pour la troisième année consécutive, le trafic touristique de Batorama est en légère baisse avec 715 496 passagers transportés. Le trafic conteneurs enregistre également un léger recul avec 417 048 EVP.

Deux filiales sont créées le 1er janvier 2016 : « Batorama », spécialisée dans les activités touristiques et « Rhine Europe Terminals » chargée de l’exploitation des terminaux conteneurs. Ces deux filiales sont des SAS détenues à 100 % par le port autonome de Strasbourg.

En 2017, le trafic fluvial atteint 7,99 millions de tonnes de marchandises. Le trafic conteneurs est en très légère hausse (+ 1 %) avec 421 155 EVP. Le trafic touristique de Batorama est également en hausse (+ 8 %) avec 772 852 passagers. Enfin le trafic des bateaux de croisière enregistre une progression de 31 % avec 186 731 passagers pour 1 834 escales.

Pour l’année 2018, le trafic fluvial s’établit à 5,9 millions de tonnes de marchandises soit le plus faible tonnage enregistré depuis un demi-siècle. Ce résultat est dû à un épisode de basses eaux du Rhin qui a notamment empêché la navigation des porte-conteneurs durant deux mois. Le trafic conteneurs est de 360 309 EVP, le trafic touristique de Batorama atteint 776 500 passagers tandis que le trafic des bateaux de croisière est de 222 000 passagers.

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Sources : Wikipédia, Youtube.

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