Pierre Soulages, peintre et graveur.

Pierre Soulages, né le 24 décembre 1919 à Rodez dans l’Aveyron, est un peintre et graveur français associé depuis la fin des années 1940 à l’art abstrait.

Il est particulièrement connu pour son usage des reflets de la couleur noire, qu’il appelle « noir-lumière » ou « outrenoir ». Il a réalisé plus de 1 700 toiles dont les titres sont pour la plupart composés du mot « peinture » suivi de la mention du format. Il est l’un des principaux représentants de la peinture informelle.

Pierre Soulages commence à peindre dans l’Aveyron, son pays natal avant de « monter à Paris » à dix-huit ans pour préparer le professorat de dessin et le concours d’entrée à l’école des beaux-arts. Il y est admis en 1938 mais il est vite découragé par la médiocrité et le conformisme de l’enseignement qu’on y reçoit et retourne à Rodez. Pendant ce bref séjour à Paris, il fréquente le musée du Louvre et voit des expositions de Cézanne et Picasso qui sont pour lui des révélations, l’incitant à rentrer chez lui, à Rodez, pour se consacrer uniquement à la peinture.

Il est mobilisé en 1940, mais démobilisé dès l’année suivante. Le 13 février 1941, il s’installe en zone libre, à Montpellier, et fréquente assidûment le musée Fabre. En 1942, il prépare le professorat de dessin à l’École des beaux-arts de Montpellier où il rencontre Colette Llaurens, qu’il épousera le 24 octobre de la même année à l’église Saint-Louis de Sète. Réfractaire au STO, il passe le reste de la guerre auprès de vignerons de la région qui le cachent.

En 1946, Pierre Soulages s’installe dans la banlieue parisienne et se consacre désormais entièrement à la peinture. Il commence à peindre des toiles abstraites où, utilisant le brou de noix, le noir domine, toiles refusées au Salon d’automne de 1946. Il les expose au Salon des Surindépendants en 1947, où ses toiles sombres détonnent au milieu des autres, très colorées : Avec cela, vous allez vous faire beaucoup d’ennemis, le prévient alors Picabia. Il trouve un atelier à Paris, rue Victor-Schœlcher, près de Montparnasse ; il occupera dès lors plusieurs ateliers dans la capitale ainsi qu’à Sète.

À partir de 1948, il participe à des expositions à Paris et en Europe, notamment à « Französische abstrakte Malerei », dans plusieurs musées allemands, aux côtés des premiers maîtres de l’art abstrait comme Kupka, Domela, Herbin, etc.

Oeuvre de Pierre Soulages, carte maximum, Paris 20/12/1986.

En mai 1949, il obtient sa première exposition personnelle à la galerie Lydia Conti à Paris ; il expose également à la galerie Otto Stangl de Munich, à l’occasion de la fondation du groupe Zen 49, ainsi qu’à la galerie Betty Parsons de New York, en compagnie de Hans Hartung et Gérard Schneider, pour l’exposition intitulée Painted in 1949, European and American Painters. De 1949 à 1952, Soulages réalise aussi trois décors de théâtre et ballets et ses premières gravures à l’eau-forte à l’atelier Lacourière.

En 1950, il figure dans des expositions collectives à New York (galerie Sidney Janis pour l’exposition France-Amérique14), Londres, São Paulo, Copenhague. D’autres expositions de groupe présentées à New York voyagent ensuite dans plusieurs musées américains, comme « Advancing French Art » (1951), « Younger European Painters » (Musée Guggenheim, 1953), « The New Decade » (Museum of Modern Art de New York, 1955). Il expose régulièrement à la galerie Samuel M. Kootz (en) de New York et à la galerie de France à Paris. Dès le début des années 1950, ses toiles commencent à entrer dans les plus grands musées du monde comme la Phillips Memorial Gallery à Washington, le Musée Guggenheim et le Museum of Modern Art de New York, la Tate Gallery de Londres, le Musée national d’Art moderne de Paris, le Musée d’Art moderne de Rio de Janeiro, etc.

En 1960 ont lieu ses premières expositions rétrospectives dans la galerie de Hanovre (la Kestnergesellschaft), le musée de Essen (Musée Folkwang), en 1961 au Kunsthaus de Zurich et au Musée municipal de La Haye. De nombreuses autres suivent, notamment en 1966 au Musée des Beaux-Arts de Houston, en 1968 au Musée d’art contemporain de Montréal ou comme l’exposition itinérante en France Trente créateurs qu’organise André Parinaud en 1975-1976 avec Pierre Alechinsky, Olivier Debré, Hans Hartung, François Heaulmé, Roberto Matta, Zoran Mušič, Édouard Pignon, et donc Pierre Soulages.

En février 1978, il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l’Europe des libertés.

En février 1978, il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l’Europe des libertés.

En janvier 1979, lors d’un travail sur un tableau, Soulages ajoute et retire du noir pendant des heures. Ne sachant plus quoi faire, il quitte l’atelier, désemparé. Lorsqu’il y revient deux heures plus tard : « Le noir avait tout envahi, à tel point que c’était comme s’il n’existait plus ». Cette expérience marque un tournant dans son travail. La même année, il expose au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou ses premières peintures monopigmentaires, fondées sur la réflexion de la lumière sur les états de surface du noir, appelé plus tard « outre-noir ».

Soulages a choisi l’abstraction, car il dit ne pas voir l’intérêt de passer « par le détour de la représentation […] Je ne représente pas, dit-il, je présente. Je ne dépeins pas, je peins ». Son approche picturale n’est pas celle de choix prédéfinis mais s’élabore dans la peinture en train d’être « faite » et dans les interactions entre le peintre et sa réalisation lors du processus de création, dans les rapports aux formes, proportions, dimensions, couleurs, etc.

Jusqu’en 1979, la peinture de Soulages est proche du style abstrait d’Hans Hartung avec une palette restreinte dont les effets de clair-obscur sont perceptibles, y compris en transparence. Après 1979, ses tableaux font beaucoup appel à des reliefs, des entailles, des sillons dans la matière noire qui créent à la fois des jeux de lumière et de couleurs. Car ce n’est pas la valeur noire elle-même qui est le sujet de son travail, mais bien la lumière qu’elle révèle et organise : il s’agit donc d’atteindre un au-delà du noir, d’où le terme d’outre-noir utilisé pour qualifier ses tableaux depuis la fin des années 1970 ; d’où aussi l’utilisation du qualificatif « mono-pigmentaire » de préférence à celui de « monochrome » pour qualifier la peinture de Soulages.

L’outre-noir présente une variété d’effets : utilisation de couleurs comme le brun ou le bleu, mêlées au noir ; utilisation du blanc en contraste violent avec le noir et du blanc sur l’entière surface de la toile ; utilisation, après 2004, de l’acrylique, qui permet des effets de matière beaucoup plus importants et donne la possibilité de contrastes mat/brillant…

En 1986, Soulages se voit confier par le Ministère de la Culture, mené par Jack Lang, une commande exceptionnelle. Entre 1987 et 1994, en collaboration avec l’atelier du maître-verrier Jean-Dominique Fleury à Toulouse, il réalise pour l’abbatiale Sainte-Foy de Conques 104 vitraux pour les 95 fenêtres et neuf meurtrières du monument. De nombreuses recherches sur la matière ont lieu et aboutissent à la création d’un verre unique, blanc et translucide, composé de grains de verre aggloméré et de verre cristallisé, diffusant ainsi la lumière à l’intérieur de l’édifice, tout en occultant ce qui se passe à l’extérieur.

L’œuvre imprimé de Soulages est rare, limité à 43 gravures, 49 lithographies, 26 sérigraphies, avec des tirages allant de 65 à 300 exemplaires. Si les premières œuvres sont directement liées à des peintures sur toile ou sur papier, les suivantes sont sans lien avec ses peintures antérieures ou à venir. Soulages utilise alors la gravure comme un moyen d’expression à part entière, créant des œuvres qui tirent parti des spécificités de chaque technique de gravure.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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