Pierre-Paul Prud’hon, peintre et dessinateur préromantique.

Pierre Prudon, dit Pierre-Paul Prud’hon, né le 4 avril 1758 à Cluny, et mort à Paris le 16 février 1823, est un peintre et dessinateur préromantique français.

Pierre-Paul Prud’hon nait à Cluny, le 4 avril 1758, septième et dernier enfant de Christophe Prudon, maître tailleur de pierre et de Françoise Piremol. Remarqué par le curé le curé de Saint-Marcel, l’abbé Besson, il fait ses études chez les moines de Cluny.

Une bourse lui est accordée, lorsqu’il a seize ans, pour aller à l’école de peinture de Dijon. En 1776, il échoue au Prix de Rome organisé par la province de Bourgogne, mais obtient le premier prix de peinture au concours annuel de l’Ecole. Jusqu’en 1778, il étudie avec François Devosge, directeur de l’école dont le travail inspiré par Bouchardon et Greuze influence ses premières oeuvres. Il travaille pour un mécène local, le baron de Joursanvault, admirateur de Rousseau et des idées sur la vertu, la nature et la liberté.

À dix-neuf ans, il épouse le 17 février 1778, Jeanne Pennet, la fille d’un notaire. Ce mariage ne sera pas très heureux mais il en a un premier fils, Jean, né le 26 février 1778, qui deviendra aussi peintre et graveur.

Oeuvre de Prud’hon, carte maximum, Paris.

Il poursuit ses études, et vient, en 1780, à Paris où il est adressé au graveur Wille par le baron de Joursanvault, qui est aussi son bienfaiteur, et pour lequel il illustre une Méthode de basse et une Méthode de blason. À Paris, il se lie avec une famille, les Fauconnier, dont la fille, Marie, s’éprend de lui. Mais apprenant qu’il est marié, elle s’éloigne de lui. Il tisse des liens d’amitié avec Maximilien de Robespierre. Selon les frères Goncourt, en 1781, il orthographie son nom « Prud’hon » et adopte « Paul » comme second prénom, en référence à Rubens. Élève de l’Académie royale de peinture, il n’y obtient qu’une médaille de quartier (trimestrielle).

En 1783, revenu à Dijon, il y concourt à nouveau pour le Prix de Rome régional des états de Bourgogne, l’obtient et part pour Rome où il arrive le 3 janvier 1783 avec son camarade Pierre Petitot. Cependant, malgré la sollicitude du cardinal de Bernis, et de ses amis Canova et Quatremère de Quincy, il y vit dans la solitude, dans la mélancolie, et parfois dans la gêne. En hommage à la famille de Condé qui gouvernait alors la Bourgogne, il réalise pour le palais des Etats à Dijon sa première grande composition une Gloire de la Bourgogne, interprétation du plafond du Palazzo Barberini par Pietro da Cortona. Il voyage en Italie de 1784 à 1788 et fait de nombreuses études d’après les antiques, auxquelles il se référera tout au long de sa carrière.

Pierre-Paul Prud’hon, épreuve de luxe.

Malade, il renonce à la prolongation de sa pension et rentre début 1788. Pour rembourser une dette de famille, il travaille quelques mois à Lyon, comme aide du peintre de fleurs Gonichon. En décembre 1788, il est à Paris où sa femme le rejoint et où naissent deux de ses fils en 1791 et 1793. Ce sont des années difficiles pour la famille. Il n’expose qu’un dessin au Salon en 1791, Le Génie de la Liberté (Cambridge, Fogg Art Museum). Il y présentera sa première huile sur toile deux ans plus tard, L’Union de l’Amour et de l’Amitié (Minneapolis Institute of Art). Il acquiert une certaine renommée avec quelques tableaux allégoriques repris dans des gravures par Copia. Il adopte très vite les idées révolutionnaires et peint les portraits de Cadet de Gassicourt (1791, Musée Jacquemart-André) et celui de Saint Just (1793, Musée de Lyon). Comme la plupart des artistes du temps, il participe en 1794 au concours de l’An II, organisé par Quatremère de Quincy et David pour procurer des commandes aux artistes. Comme eux, il se réfugie dans l’allégorie pour éviter les évènements révolutionnaires d’une actualité trop brûlante.

Son amitié avec Robespierre l’oblige à quitter Paris avec sa famille et il part vivre à Rigny, près de Gray, en Franche-Comté de 1794 à 1796. Il vit alors de portraits et d’illustrations pour l’éditeur et imprimeur Pierre Didot dont La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau ou le roman de Longus Daphnis et Chloé.

Élu membre associé de l’Institut en 1796, il revient alors à Paris où sa carrière prend un nouvel essor. Le Louvre met à sa disposition un atelier pour réaliser La Sagesse et la Vérité descendant sur la terre de 1798 à 1799. Il décore entre 1798 et 1801 l’hôtel particulier acquis en 1797 par un fournisseur des armées Marc-Antoine de Lannoy, dans le nouveau quartier de la Chaussée d’Antin. Cet hôtel qui vit naître le futur Napoléon III fut détruit à la fin du XIXe siècle, mais plusieurs panneaux sont conservés au Louvre et à Chantilly.

En 1802, comme tous les artistes logés au Louvre, il déménage à la Sorbonne où il demeurera vingt ans. Il rompt définitivement avec son épouse et peint un plafond pour les salles antiques du Louvre intitulé Diane prie Jupiter de ne pas l’assujetir à l’hymen. L’artiste-peintre Constance Mayer, née en 1775, élève de Suvée et de Greuze, devient sa compagne et élève ses fils. Elle collabore avec lui sur plusieurs projets et exécute des œuvres d’après des études et des esquisses de Prud’hon, qu’elle expose au Salon de 1804 à 1819.

Devenu le peintre favori de la maison impériale du 1er Empire, en 1808 il peint La Justice et la Vengeance Divine poursuivant le Crime et est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 22 octobre 18088. En 1811, il est nommé professeur de dessin de la souveraine et fait le portrait du petit Roi de Rome, présenté au Salon de 1812.

La chute de l’empire marque la fin des années heureuses. En 1816 il est enfin élu membre de l’Académie des beaux-arts, au fauteuil no 3 de la section Peinture, succédant à François-André Vincent, et reçoit quelques commandes pour le Sénat et la Madeleine. Sous la Restauration il ne s’adonne plus guère qu’au portrait et à la peinture religieuse.

Le 26 mai 1821, Constance Mayer, dépressive, se tue, la douleur de Prud’hon est profonde. Il termine le tableau qu’elle a laissé inachevé, Une famille malheureuse, et l’expose au Salon de 1822. Son dernier travail important L’Âme brisant les chaînes qui la lient à la Terre, reste inachevé. Il meurt en 1823 et est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

Voir aussi cette vidéo : (en anglais)

Sources : Wikipédia, YouTube.

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