Pierre Desgraupes, journaliste et dirigeant de chaîne de télévision.

Pierre Desgraupes, né le 18 décembre 1918 à Angoulême et mort le 17 août 1993 (à 74 ans) à Paris, est un journaliste et dirigeant d’une chaîne de télévision français.


Originaire d’Angoulême, un temps élève du lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, il étudie la philosophie quand il est mobilisé en 1939. Il reprend ses études en 1943, obtient sa licence à la Sorbonne, mais renonce à passer l’agrégation pour devenir journaliste.

En 1944, il intègre le service de presse du ministère des Anciens combattants et des Prisonniers de guerre dirigé par Henri Frenay. Puis, en 1947, il entre au service littéraire de la RTF et devient rédacteur en chef du Journal parlé, poste qu’il occupe pendant neuf ans.

Pionnier de la télévision française, il lance avec son ami Pierre Dumayet en 1953 Lecture pour tous, émission littéraire qu’il coprésente jusqu’en 1968. Il a produit En votre âme et conscience dans laquelle, entre 1956 et 1969, Pierre Dumayet et Claude Barma évoquent les grandes affaires judiciaires de l’histoire et font des spectateurs le jury. En 1959, il est appelé par Pierre Lazareff pour participer avec Pierre Dumayet et Igor Barrère à l’émission d’information et de reportage, Cinq colonnes à la Une.

Il poursuit en même temps ses collaborations radiophoniques à RTF, puis comme producteur pour Radio Luxembourg et Europe no 1, et travaille aux quotidiens Paris-Presse et France-Soir.

Réclamant plus de liberté dans l’information publique lors des événements de mai 1968, il va travailler à la TSR.

En septembre 1969, le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas l’appelle à la direction de l’information de l’ORTF, à laquelle il donna un puissant souffle de liberté vis-à-vis du pouvoir politique dans l’esprit de l’après-mai 68. À la tête d’Information-première, il redynamise la rédaction en embauchant des plumes de RTL, Europe 1, du Nouvel Observateur et du Monde (Philippe Gildas, Marc Gilbert, Joseph Pasteur, François-Henri de Virieu, Étienne Mougeotte), et créé un nouveau journal télévisé en novembre 1969 avec un présentateur unique aidé d’un prompteur. L’opposition et les syndicats ont le droit à la parole.

La chute du gouvernement Chaban, et la nomination d’un nouveau président de l’ORTF, Arthur Conte, prive Desgraupes de ses appuis. Débarqué en juillet 1972, il se retire à Ville-d’Avray en demeurant producteur et éditorialiste au Point.

Il retrouve la télévision publique grâce au soutien de Pierre Mauroy, contre les réticences de François Mitterrand, en étant nommé PDG d’Antenne 2 en août 1981. Il reforme l’équipe qu’il a laissée en 1972, donne la présentation du 20 heures à une femme, Christine Ockrent, institue l’information matinale, crée des unités de programmes autonomes, encourage des programmes dynamiques, novateurs et de qualité (Champs-Élysées de Michel Drucker, Les Enfants du rock, La Chasse aux trésors, Gym Tonic et Cinéma, Cinémas), initie la confession intime à la télévision par l’intermédiaire du magazine Psyshow de Pascale Breugnot, renforce la chaîne dans la fiction française à l’image de Châteauvallon. Grâce à lui, Antenne 2 dépasse TF1 en termes d’audience dès 1982. Après la démission du Premier ministre, et l’adoption d’une loi abaissant à 65 ans l’âge plafond des présidents d’entreprises publiques, il n’est pas reconduit à ses fonctions et quitte en novembre 1984.

Pierre Desgraupes, carte maximum, Paris, 18/10/2013.

En quittant l’audiovisuel public, il laisse l’image d’un homme souvent bourru et rogue mais d’une indépendance farouche, capable de résister aux pressions politiques de toutes sortes. Il fut en opposition aussi bien avec la droite qu’avec la gauche.

À la demande de Georges Fillioud, secrétaire d’État chargé des Techniques de la communication au gouvernement Laurent Fabius, il dirige à partir du 14 novembre 1984, une mission sur le projet de constitution d’une chaîne culturelle à dimension européenne. En juin 1985, il remet son rapport sur un nouveau programme de télévision publique de dimension européenne, dit rapport « CANAL 1 », dans lequel il insiste sur la culture comme facteur d’unité et de cohérence. Ce rapport inspire en juillet 1985 la création d’une nouvelle chaîne européenne de télévision de service public, La Sept.

Il préside ensuite la Sofica création à partir de 1985.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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