Pierre Alechinsky, peintre et graveur.

Pierre Alechinsky, né le 19 octobre 1927 à Saint-Gilles-lez-Bruxelles (Belgique), est un peintre et graveur belge.

Membre fondateur du groupe Cobra, son œuvre mêle l’expressionnisme au surréalisme. Il est le père du poète Ivan Alechine (né en 1952) et du sculpteur Nicolas Alquin (né en 1958).

Le père de Pierre Alechinsky est russe, avec des origines juives, et sa mère est belge, d’origine wallonne. Tous deux sont médecins. Dans les années 1930, Alechinsky étudie à l’école Decroly à Bruxelles. On oblige l’enfant gaucher à écrire de la main droite. La gauche, sa meilleure main, les éducateurs la lui laisseront pour les travaux de moindre importance : le dessin.

De 1944 à 1948, il étudie l’illustration du livre, la typographie, les techniques de l’imprimerie et la photographie à l’École nationale supérieure d’Architecture et des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. C’est pendant cette période qu’il découvre l’œuvre d’Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes. Il rencontre et se lie d’amitié avec le critique d’art Jacques Putman, qui consacrera de nombreux écrits à son œuvre. Il commence à peindre en 1947 et fait alors partie du groupe Jeune Peinture belge, qui réunit notamment Louis Van Lint, Jan Cox, et Marc Mendelson.

Oeuvre d’Aleschinsky, carte maximum, Belgique.

Pierre Alechinsky devient très rapidement l’un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l’après-guerre. Il fonde avec Olivier Strebelle et Michel Olyff dans une maison communautaire, les Ateliers du Marais. Après sa rencontre avec le poète Christian Dotremont, l’un des fondateurs du groupe Cobra, il adhère en 1949 à ce mouvement d’avant-garde artistique, rejoignant Karel Appel, Constant, Jan Nieuwenhuys et Asger Jorn. Il participe aussitôt à la première exposition internationale de Cobra au Stedelijk Museum.

Pendant la brève existence du groupe, il s’y implique très fortement, organisant des expositions, comme la deuxième exposition internationale d’art expérimental Cobra au palais des beaux-arts de Bruxelles en 1951 et contribuant à la réalisation de la revue Cobra. Le rôle capital que joue pour lui le mouvement Cobra tient autant aux personnes qu’aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l’art, d’où rejet de l’abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.

Après la dissolution du groupe Cobra, dont il perpétuera l’esprit (CoBrA, c’est mon école, a-t-il pu dire[réf. nécessaire]), Pierre Alechinsky s’installe à Paris, où il va côtoyer les surréalistes. Il va compléter sa formation de graveur et s’initier à de nouvelles techniques à l’Atelier 17, dirigé par Stanley Hayter. C’est l’époque, à partir de 1952, où il se lie d’amitié avec Alberto Giacometti, Bram van Velde, Victor Brauner et où il commence une correspondance régulière avec le calligraphe japonais Shiryu Morita de Kyōto.

En 1954, il fait la connaissance du peintre chinois Walasse Ting, qui aura une grande influence dans l’évolution de son œuvre.

Alechinsky présente, cette même année, sa première exposition personnelle à la galerie Nina Dausset, à Paris. Sa première grande exposition est organisée en 1955 au palais des beaux-arts de Bruxelles. En 1958, l’Institute of Contemporary Arts de Londres accueille ses œuvres (Alechinsky : encres). En 1960, lors de la 30e Biennale de Venise, il expose au pavillon belge.

Il abandonne progressivement l’huile pour des matériaux plus rapides et plus souples comme l’encre, qui lui permet de donner libre cours à un style fluide et sensible. Fasciné par la calligraphie orientale, dont la spontanéité l’attire, il effectue plusieurs voyages en Extrême-Orient et tourne en 1955 à Kyōto un film documentaire sur la calligraphie japonaise. Même si La Nuit (1952, Kurashiki, Ohara Museum of art) contient déjà cette inspiration de l’Extrême-Orient par la rencontre entre signe et écriture hors du champ de la couleur, le film Calligraphie japonaise, monté en 1958, témoigne de l’impact de cette découverte sur sa propre technique. Christian Dotremont en a écrit le commentaire et André Souris la musique.

Soutenu par la galerie de France, il effectue, à partir des années 1960, de fréquents séjours à New York, où il découvre en 1965 une technique qui lui conviendra bien, la peinture acrylique, à laquelle l’initie Walasse Ting. Cette même année, il crée son œuvre la plus célèbre Central Park, avec laquelle il inaugure la peinture à remarques marginales, inspirée de la bande dessinée, où l’image centrale est entourée, sur les quatre côtés, d’une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. L’interaction entre les deux zones est à la fois énigmatique et fascinante.

Oeuvres d’Aleschinsky, carnet de 10 timbres, Belgique.

Toujours en 1965, André Breton, un an avant sa mort, invite Pierre Alechinsky à participer à la 21e Exposition internationale du Surréalisme, L’Écart Absolu.

Il illustre le Traité des excitants modernes d’Honoré de Balzac en 1989. Le livre, accompagné d’une postface de Michel Butor est publié par Yves Rivière.

En 1975, le ministère de la Culture lui commande un service de table qu’il a réalisé en collaboration avec la Manufacture de Sèvres. Il sera complété l’année suivante par un service à café au chiffre de Michel Guy. Entre 2000 et 2004, il revient régulièrement dans les ateliers de la manufacture pour peindre des décors sur le service Diane, une forme de service de table issue du répertoire de Sèvres – Cité de la céramique.

Oeuvre d’Aleschinsky, entier postal, Belgique.

En 1998, la galerie nationale du Jeu de Paume lui consacre une exposition. En 2004, nouvelle exposition au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou à Paris.

En 1992, on lui confie la décoration de la rotonde d’accès de l’hôtel de Lassay à l’Assemblée nationale.

En avril 2006, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur.

En 2006, dans la revue Trou no 16, paraît le travail « Main courante » qu’il a créé spécialement pour cette revue et dont l’édition de tête contient une eau-forte intitulée Temps passé tirée sur des feuilles d’un ancien registre des douanes françaises.

De décembre 2007 à mars 2008, à l’occasion des 80 ans d’Alechinsky, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique de Bruxelles lui rendent hommage à travers une exposition rétrospective de l’ensemble de la carrière de l’artiste et c’est à cette occasion qu’il déclara que l’art actuel n’est qu’une question de relation.

La galerie Lelong à Paris représente et expose régulièrement l’œuvre de Pierre Alechinsky depuis 1979.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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