Pegasus Bridge.

Pegasus Bridge (pont Pégasus) est le nom qu’a reçu, après les opérations du 6 juin 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale, le pont de Bénouville en l’honneur des parachutistes britanniques dont le cheval ailé Pégase était l’emblème. Le pont est inauguré, avec son nom de guerre, le 11 mars 1945. Il était situé sur le canal de Caen à la mer, en Normandie. Lors de l’opération Deadstick, élément de l’opération Tonga, le nom de code de la prise du pont était Euston.

Sa prise de contrôle par un coup de main des commandos britanniques, arrivés de nuit par planeurs, est un des hauts-faits du débarquement de Normandie le Jour J.

L’original a été remplacé par un nouveau pont similaire mais plus long en 1994.


En 1857, le canal de Caen à la mer est ouvert à la navigation et un premier pont tournant est alors mis en service. Ce pont, qui porte alors la route nationale 814 (actuelle route départementale 514), remplace un ancien bac sur l’Orne (l’ancien lit de l’Orne ayant été réutilisé entre Bénouville et le déversoir du Maresquier).

À partir de 1892, il est parcouru par les tramways des Chemins de fer du Calvados. Sur la rive gauche du canal, se trouve la bifurcation entre la ligne Dives-Luc, qui longe le littoral, et la ligne de Caen à Bénouville4. La ligne entre Bénouville et Dives passant par le pont ferme en 1932.

En 1890 et 1905, le pont est agrandi pour faire face au trafic naval. L’infrastructure s’avère encore trop petite et en 1932 le conseil général décide de le remplacer. En 1935, est inauguré un nouveau pont basculant du type Scherzer de 28,40 m de portée.

Il doit ce surnom à un commando de la 6th Airborne Division (6e division aéroportée britannique) qui portait le nom et l’emblème du Pégase et qui était chargé de sa prise sous les ordres du major John Howard dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, dans la mesure où il représentait un objectif stratégique : détruit, il aurait isolé et privé de ravitaillement la division aéroportée britannique parachutée à l’est des plages du Débarquement ; resté aux mains des Allemands, il leur aurait permis de lancer une contre-attaque de chars d’assaut vers les plages. Avant l’opération, John Howard a entraîné ses hommes sur un terrain anglais à échelle réelle, avec des bandes blanches pour figurer l’Orne, le canal et plusieurs ponts.

Les soldats sont transportés par trois planeurs Horsa (ce qui permet d’être silencieux et de gagner du temps lors de l’atterrissage, a contrario des parachutistes qui doivent se rassembler une fois au sol) et décollent d’Angleterre à 23 h le 5 juin 1944. Jim Wallwork, pilote du premier planeur embarquant le major John Howard, réussit à se poser le 6 juin 1944 à 0 h 16 à 47 mètres du pont et sans se faire remarquer par les soldats allemands gardant le pont. Les deux autres planeurs suivent et se posent à proximité du premier respectivement à 0 h 17 et 0 h 18. Trois autres planeurs portaient un autre commando qui devait prendre le deuxième pont sur l’Orne, le pont de Ranville. Chaque planeur transportait environ trente hommes. Pendant cette opération, Herbert Denham Brotheridge, fut le premier soldat allié mort au combat le jour J et quatorze furent blessés.

Il s’agit des premiers soldats alliés du débarquement de Normandie à fouler le sol français.

Le piper Bill Millin a participé à la prise du pont, armé de sa seule cornemuse écossaise, parmi les renforts débarqués à Sword Beach. Des soldats alliés auraient traversé le pont au son de son instrument peu après 12 h, le feu entre les soldats britanniques et allemands cessant, puis reprenant à son passage au son de Blue bonnets over the border. Cet épisode, ainsi immortalisé par le film Le Jour le plus long, n’est pas réellement confirmé par Bill Millin qui aurait à peine eu le temps de commencer à jouer à la fin de la traversée. C’est le pont de Ranville, chevauchant l’Orne, deux cents mètres plus loin, qui aurait été franchi au son de sa cornemuse.

Le café Gondrée, situé à 20 m du Pegasus Bridge où se trouvaient Thérèse et Georges Gondrée, est la première maison de France continentale à avoir été libérée. Ce café est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1987 (puis 1993). La plaque commémorant l’authenticité de cet événement a été inaugurée en juin 1954. Cependant, l’historien Norbert Hugedé, affirme dans son ouvrage consacré à l’opération Deadstick que c’est la maison située en face et appartenant à Louis Picot qui a été contrôlée la première lors des combats. La maison Gondrée n’aurait ouvert ses portes aux soldats alliés qu’au petit matin du Jour J.

L’ensemble du site Pegasus Bridge (pont et ses abords), à cheval sur les communes de Bénouville et Ranville a été inscrit en 1972 puis classé en 2010 en tant que site naturel classé. En 2006, 11 parcelles pour un total de 10,5 ha ont été affectées au conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres.

Le pont original de 1935 a été remplacé par un nouveau pont similaire mais plus long en 1994 (afin d’accroitre la largeur praticable du canal et de pallier l’usure de l’original). Il est inauguré lors du cinquantième anniversaire du débarquement de Normandie). La longueur de la travée basculante est désormais de 45,70 m.

L’ancien pont, qui avait déjà été rallongé et dont le plancher avait été retiré, reste visible au musée de l’Aspeg Pegasus Bridge & Batterie de Merville situé entre le canal et l’Orne.

Peu avant la mise en place du nouveau pont à bascule en 1994, des travaux ont été nécessaires pour l’entretien des berges du Canal de l’Orne. Un canon antichar, situé à proximité du pont et appartenant à l’ancien point d’appui allemand codé Widerstandsnest 13 (abrégé en Wn 13), a été déplacé d’une dizaine de mètres pour l’éloigner de la berge. Il n’est plus aujourd’hui à son emplacement initial.

Source : Wikipédia.

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