Paul Langevin, physicien et philosophe des sciences.

Paul Langevin, né à Paris 18e le 23 janvier 1872 et mort à Paris 5e le 19 décembre 1946, est un physicien, philosophe des sciences et pédagogue français, connu notamment pour sa théorie du magnétisme, sa théorie du mouvement brownien, l’invention du sonar, l’introduction de la théorie de la relativité d’Albert Einstein en France, le plan Langevin-Wallon de réforme de l’enseignement ainsi que pour l’organisation des congrès Solvay.

Né juste après la Commune de Paris dans une famille républicaine, le jeune Paul Langevin se distingue dès l’école primaire comme un élève extraordinairement doué. Il suit des études scientifiques tout d’abord à l’École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris de 1888 à 1893. C’est sur les conseils de Pierre Curie, alors chef de travaux dans cette école, qu’il s’oriente vers la recherche et l’enseignement plutôt que

vers une carrière d’ingénieur. Il étudie ensuite de 1894 à 1897 à l’École normale supérieure, où il suit les conférences de physique de Jules Violle et Marcel Brillouin, et à la faculté des sciences de l’université de Paris, où il suit les cours d’Edmond Bouty et Gabriel Lippmann et obtient les licences ès sciences physiques et ès sciences mathématiques. Lauréat du concours d’agrégation des sciences physiques en 1897, il obtient une bourse de la Ville de Paris qui lui permet d’aller travailler un an au laboratoire Cavendish de Cambridge, prestigieux laboratoire foyer de la physique moderne dirigé par Joseph John Thomson, où il se lie d’amitié avec Ernest Rutherford.

Paul Langevin, épreuve d’artiste en bleu.

Il rentre en France en 1898 et rejoint le laboratoire d’enseignement de la physique de la faculté des sciences de l’université de Paris, dirigé par Edmond Bouty, et dont Raphaël Dongier est le sous-directeur, d’abord comme boursier de l’École normale supérieure, puis comme préparateur (à la suite du départ de Georges Sagnac). Il se lie d’amitié avec un autre préparateur du laboratoire de Gabriel Lippmann, Victor Crémieu. Langevin obtient le doctorat ès sciences physiques en 1902. Il devient alors professeur remplaçant, puis suppléant, au Collège de France pour la chaire de physique générale et expérimentale d’Éleuthère Mascart. En 1904, il participe, avec Henri Poincaré, au congrès international de Saint-Louis, où il fait un rapport sur la physique des électrons. En 1905, il se livre à des expériences sur les ions de l’atmosphère depuis la tour Eiffel et à l’observatoire du pic du Midi. Il succède à Pierre Curie au poste de professeur d’électricité générale de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI) en 1905 et devient directeur des études d’Albin Haller. Il lui succède au poste de directeur de l’ESPCI en 1925, poste qu’il conserve jusqu’à sa mort.

Paul Langevin carte maximum, 1949.

Il devient l’ami des Curie, de Jean Perrin, et d’Émile Borel. Il est lauréat de la médaille Hughes en 1915. À partir de 1920, il dirige le Journal de Physique et du Radium. Il est devenu membre étranger de la Royal Society le 21 juin 1928. Il participe en 1931 au quatrième des cours universitaires de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. Il est nommé professeur de physique générale et expérimentale au Collège de France en 1909 au décès d’Éleuthère Mascart. Ses travaux sur le magnétisme lui valent la médaille Copley en 1940. À cause de ses opinions anti-fascistes, il est incarcéré dès le 30 octobre 1940 par la Gestapo à la prison de la Santé. Il est libéré quarante jours plus tard et assigné à résidence à Troyes, qu’il quitte clandestinement en mai 1944 pour rejoindre la Suisse. Sa fille Hélène Langevin, mariée à un résistant, Jacques Solomon, est déportée à Auschwitz en 1943 (elle parvient ensuite à en revenir). Elle était dans le même convoi de prisonniers politiques que Marie-Claude Vaillant-Couturier et Charlotte Delbo. Jacques Solomon est fusillé au Mont-Valérien le 23 mai 1942. Paul Langevin apporte son adhésion au Parti communiste français le 26 septembre 1944, pour « y prendre la place de son gendre » et fait partie du comité parisien de la Libération. Il assure la direction de l’ESPCI jusqu’à son décès le 19 décembre 1946.

Paul Langevin a également été radioamateur sous l’indicatif : F3ST de 1938 à septembre 1939.

Source Wikipédia.