Paracelse, médecin, philosophe et thélogien.

Paracelse, né Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim en 1493 à Einsiedeln (en Suisse centrale) et mort le 24 septembre 1541 à Salzbourg, est un médecin, philosophe mais aussi théologien laïc suisse, d’expression allemande (de dialecte alémanique).

Ce fut un médecin-chirurgien innovateur en thérapeutique, un philosophe de la nature concevant les phénomènes naturels comme des processus alchimiques de transformation, un théoricien des forces surnaturelles et un rebelle s’en prenant parfois avec virulence aux institutions et aux traditions. Paracelse, philosophe, est un théoricien du Grand Tout, toujours animé par le désir de pénétrer la nature profonde des choses, attiré aussi bien par la Nature que par le royaume de Dieu. Sa pensée foisonnante, exubérante, est à l’image de l’homme rebelle, truculent, profondément croyant, se pensant sur la fin de sa vie, comme le médecin-prophète du dernier âge (Pierre Deghaye).

Paradoxalement, sa philosophie de la nature d’inspiration chrétienne et alchimiste, centrée sur Dieu, allait dans les siècles suivants, fournir un cadre intellectuel plus fructueux au développement de la médecine chimique moderne que la philosophie de la nature, rationaliste et naturaliste de la médecine galéniste, dominante à l’époque, mais qui était devenue dogmatique et sclérosée. Toutefois le paradoxe n’est qu’apparent, car le système de pensée de Paracelse n’était pas à prendre ou à laisser en totalité, seuls quelques éléments provenant de la pratique médicale pouvaient être gardés.

Dans son œuvre immense, tout imprégnée de la magie naturelle propre à la Renaissance, se trouvaient quelques idées fortes et innovantes qui semblent avoir impulsé (ou parfois seulement préfiguré) les recherches ultérieures des médecins paracelsiens sur la voie d’une analyse réductionniste des maladies, de l’extraction des principes actifs des substances, de l’usage interne des médicaments chimiques ou des remèdes psychoactifs.

En somme, Paracelse initie le tournant de la médecine galéniste vers la médecine moderne basée sur la biochimie, en déstabilisant les édifices galénique et aristotélicien et en ouvrant la voie à la physiologie expérimentale. Ce travail de sape de l’orthodoxie médicale scolastique fut aussi mené par l’autre grande figure médicale du XVIe siècle, l’anatomiste André Vésale (1514-1564) qui osa s’écarter du modèle anatomique galéniste en s’appuyant sur l’observation directe des corps disséqués. La médecine moderne s’est ainsi construite en dénigrant complètement la « médecine traditionnelle européenne » galéniste, contrairement aux médecines traditionnelles chinoise et indienne qui résistèrent beaucoup mieux à la médecine moderne, car celle-ci fut reçue en Asie comme une médecine occidentale menaçant l’identité des grandes cultures locales.

On peut aussi considérer que la pensée de Paracelse est le point de départ du long processus de séparation de la chimie de l’alchimie. Les travaux de nombreux savants sur deux siècles et demi permirent de se libérer des excès métaphysiques de Paracelse et en s’appuyant sur les expériences de laboratoire d’aboutir à la révolution chimique de Lavoisier des années 1787-1789.

Il meurt trois jours après avoir rédigé son testament, à 48 ans. « Il existe plusieurs versions des causes de son décès : chute dans un précipice en état d’ébriété, passage à tabac au cours d’une bastonnade, etc. L’examen paléopathologique de son crâne a montré l’existence d’une fracture de l’os temporal, mais aucun signe de cicatrisation. » Son corps est inhumé, conformément à ses dernières volontés, au cimetière de l’église Saint-Sébastien de Salzbourg. Sa dépouille se trouve aujourd’hui dans une tombe située sous le porche de l’église, avec ces mots : Pax vivis – requies aeterna sepultis (« Paix aux vivants – repos éternel aux défunts »). Malgré toutes ses opinions souvent hétérodoxes en faveur d’une église évangélique, très pure et sans clergé, il est resté fidèle à l’Église catholique.

Paracelse, incompris de son vivant, suscita une fois mort, un vif attrait et une forte répulsion. Le vaste mouvement éditorial qui commença une trentaine d’années après sa mort, fut accompagné d’un violent mouvement antiparacelsien. Le courant de pensée, prenant sa source dans les écrits de Paracelse, a pris le nom de paracelsisme. À l’extérieur du domaine culturel allemand, le paracelsisme repose essentiellement sur la philosophie de la nature, la médecine, l’alchimie, la magie et l’astrologie. La pensée théologique et socio-politique du médecin, extrêmement subversive, est restée presque entièrement inédite jusqu’au XXe siècle.

Paracelse écrivit beaucoup mais publia peu de son vivant : le texte le plus important est la Grande chirurgie (Grosse Wundarznei), publié en 1536. Malgré sa réputation de grand thérapeute, rares furent ceux qui consultèrent l’énorme quantité de manuscrits qu’il laissa dans les nombreuses cités où il résida.

Après plusieurs tentatives, la publication des œuvres complètes en allemand, ne fut achevée qu’à la toute fin du XXe siècle. Une part infime a été traduite en français.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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