Olivier de Serres, agronome français.

Olivier de Serres, né à Villeneuve-de-Berg en 1539 et mort le 12 juillet 1619 au même endroit, est un agronome français, protestant actif et auteur d’un vaste traité, le Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs, qui connut 19 rééditions de 1600 à 1675. Il étudia de manière scientifique les techniques agricoles et en rechercha l’amélioration par l’expérimentation. De ce point de vue, il est généralement considéré comme le père de l’agronomie française, bien que les termes « agronome » et « agronomie » datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle ; on parle alors de « gestionnaire de terres agricoles » (« mesnager des champs », selon les termes de son époque).

La famille Serres est originaire du Vivarais, et fait fortune dans le commerce du drap. Jacques de Serres eut deux filles, Claude et Delphine, puis trois garçons, Olivier, Jean et Raymond. La famille est protestante, de façon militante. Jean fut pasteur puis historiographe d’Henri IV, Olivier sera diacre de l’église réformée de Villeneuve-de-Berg.

Olivier de Serres n’a que sept ans à la mort de son père. La position de sa famille lui permet de bénéficier des meilleurs enseignements et d’un précepteur privé. Il étudie le grec et le latin, peut-être à Valence. Il complète sa formation par de nombreux voyages en France, Italie, Allemagne et Suisse ce qui lui permettra de donner des exemples toujours précis et variés.

En 1557, Olivier de Serres acquiert les moulins du Pradel à un propriétaire désargenté qui lui cède pour 3 828 livres le reste de la propriété, soit une centaine d’hectares et une maison fortifiée, l’année suivante. À 19 ans, Olivier de Serres devient « seigneur du Pradel » et porte les armes suivantes « D’argent au chevron d’azur, chargé de trois étoiles d’or, accompagné de trois trèfles de sinople. Couronne de marquis. Supporté par deux aigles ». La devise Cuncta in tempore qui figure sur la 15e édition n’est pas celle d’Olivier de Serres mais c’est celle de son éditeur, Jean Berthelin à Rouen.

Le 11 juin 1559, Olivier de Serres épouse Marguerite d’Arcons (ou d’Harcours), fille d’un licencié en droit. Le couple aura sept enfants. L’aîné, Daniel fut docteur en droit et juge à Villeneuve-de-Berg, le second, Gédéon, devint avocat ; le troisième, Pierre fut aussi docteur en droit. Jacques ne fit guère d’études et servit le roi du Piémont. Bonne épousa un clavaire du Roi, Isabeau un bourgeois de Montélimar et Marie un procureur au parlement de Castres.

En 1571, Olivier de Serres achète « la juridiction du Pradel contre cinq sestiers bled froment de rente annuelle » et acquiert ainsi le droit de rendre justice sur ses terres.

Olivier de Serres, carte maximum Le Pradel, 9/07/1953.

Situé dans une zone de passage, Le Pradel n’est pas un lieu très sûr et la famille d’Olivier de Serres s’est réfugiée dans le village fortifié de Mirabel adossé au plateau basaltique du Coiron. La propriété est mal entretenue, le moulin s’est écroulé et le meunier a disparu ; seuls quatre paysans demeurent encore sur place lorsqu’en août 1578, Olivier de Serres et sa famille décident de s’installer définitivement au Pradel. Il y séjournera pendant quarante ans.

Olivier fait du Pradel une ferme modèle qui sera le théâtre de nombreuses expérimentations pratiques. Il restaure la demeure, nettoie et amende les terres, amène l’eau par un canal d’irrigation d’un kilomètre. Son but est de faire partager son savoir, tant aux paysans pour leur permettre d’obtenir de meilleures récoltes, qu’aux propriétaires pour faire fructifier leurs domaines. On lui doit l’introduction de nombreuses plantes, telles que la garance, le houblon et le maïs. Il fut le premier à travailler à l’extraction du sucre à partir de la betterave, mais sans arriver à un processus rentable.

Olivier loge son neveu orphelin au Pradel, le fait instruire par le ministre du culte, puis l’envoie à Orange pour continuer ses études au collège. Son livre de raison indique qu’il a calculé le temps de séjour de celui-ci soit 6 ans, 9 mois et 22 jours et qu’il a estimé la dépense correspondante à 8 livres le mois soit 592 livres au total. Il n’oublie pas de consigner les 40 sols qu’il a donnés à un muletier pour convoyer l’enfant jusqu’à Orange. Cela se terminera par un procès concernant le compte de tutelle dont le jugement, rendu à Orange le 19 décembre 1618, n’est pas connu. Il devra encore à plusieurs reprises répondre devant les tribunaux. Une autre action en justice est intentée par l’une de ses belles-filles, la veuve de Gédéon, qui réclame l’argent qu’Olivier avait promis à son fils et qu’il lui versait par fraction chaque année.

Vers la fin de sa vie, alors qu’il ne peut plus exploiter le domaine, il prend un fermier et rédige un contrat avec de nombreux détails comme exemple « Nourrira quinze poules et pour icelles me baillera quinze œufs chaque semaine ».

En 1612, Olivier de Serres rédige son testament dans lequel il lègue 2 000 livres à Pierre et autant à Jacques. Il rappelle qu’il a déjà doté chacune de ses filles à l’occasion de leur mariage et leur donne à chacune 20 livres en ajoutant « moyennant ce, veut et entend, qu’elles soient comptantes sans autre chose pouvoir demander ni avoir sur ses (mes) biens ». Il laisse 5 livres à chacun des trois enfants de son fils Gédéon et de même « entend qu’ils soient comptans ». Olivier de Serres laisse la moitié du Pradel à son fils Daniel et l’autre moitié à sa femme, Marguerite d’Arcons, qui disparait avant lui. Par modification testamentaire, la totalité du Pradel échoit ainsi à Daniel.

À la suite du décès le 2 juillet 1619, les créanciers d’Olivier de Serres sont appelés à se manifester. Son fils Daniel accepte l’héritage sous bénéfice d’inventaire ce qui laisse supposer une relative fragilité financière du domaine, en dépit des connaissances agronomiques du propriétaire. Finalement, le Pradel peut être conservé dans la famille et le domaine ne connaîtra pas une fin comparable à celui d’autres agronomes expérimentateurs tels Césaire Nivière ou Mathieu de Dombasle, même s’il n’aura pas permis à son propriétaire de s’enrichir notablement.

Source : Wikipédia.

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