Nikolaï Tchernychevski, écrivain, philosophe et révolutionnaire.

Nikolaï Gavrilovitch Tchernychevski (en russe : Николай Гаврилович Чернышевский), né le 12 juillet 1828 (24 juillet 1828 dans le calendrier grégorien) à Saratov et mort le 17 octobre 1889 (29 octobre 1889 dans le calendrier grégorien) dans la même ville, est un écrivain, philosophe et révolutionnaire russe. Il fut membre des narodniki.


Le père de Nikolaï Tchernychevski était prêtre orthodoxe à Saratov. Nikolaï commence des études au séminaire de Saratov avant de poursuivre ses études à l’université de Saint-Pétersbourg en 1846. Il sort diplômé en 1850 et revient enseigner la littérature dans un lycée de sa ville natale. Il retourne à Pétersbourg en 1852 pour prendre le poste d’éditeur en chef de la revue Le Contemporain. Cette revue lui sert à publier ses premiers essais politiques et philosophiques ainsi que ses critiques littéraires.

Tchernychevski, carte maximum, Russie.

Le 7 juillet 1862, il est arrêté et enfermé à la forteresse Pierre-et-Paul de Pétersbourg. Il y écrit son roman le plus connu Que faire ? qui marquera plusieurs révolutionnaires dans l’histoire de la Russie, de Lénine à Emma Goldman. Le roman paraît dans les pages du Contemporain en 18631. Après deux ans d’emprisonnement, il est jugé, reconnu coupable et condamné au bagne à vie en mai 1864. Jusqu’en 1872, il est emprisonné en travaillant dans une mine, et, de 1872 à 1883, il est exilé à Viliouïsk, en Iakoutie, puis à Astrakhan, une ville plus clémente sur les bords de la mer Caspienne. Tchernychevski obtient le droit de revenir à Saratov en 1889 ; il y meurt le 17 octobre 1889.

Socialiste utopique, communiste, nihiliste ou encore libertaire,  Tchernychevski ne se laisse pas facilement rattacher à une école politique ou philosophique. À la croisée des chemins, trop graphomane et trop polyvalent pour se cantonner à quelques domaines précis, il a, dans ses multiples ouvrages, puisé aux sources du socialisme utopique chrétien français et de sa propre éducation religieuse, élaboré un système politique et économique qui s’en inspirait, souhaité une révolution sans y travailler aucunement, servi — peut-être à son corps défendant — d’inspiration pour les mouvements terroristes, été considéré comme le chef des nihilistes sans peut-être en être un lui-même, et fini par être intégré à la liste des auteurs officiels d’un régime soviétique qui n’était pas le modèle qu’il défendait.

Tchernychevski est un parfait représentant de la génération des « hommes des années 60 ». Les intellectuels russes radicaux de la génération qui le précède (les « hommes des années 40 »), les Alexandre Herzen, les Bakounine, les Ivan Tourgueniev, sont pour la plupart nobles, bien éduqués, élevés en français bien plus qu’en russe, et disposent d’une fortune personnelle ; leurs goûts littéraires et artistiques, mais aussi leur philosophie et parfois leur mode de vie sont ceux de la génération  romantique : leurs références se nomment Jean-Jacques Rousseau, George Sand ou Hegel. Les « hommes des années 60 », au contraire, sont roturiers (ils appartiennent à la classe des raznotchintsy, les « sans-rang », qui ne sont ni nobles, ni paysans, ni marchands), ont suivi des études dans les séminaires (beaucoup sont fils d’ecclésiastiques) puis dans les universités, doivent travailler pour vivre ; ils sont résolument matérialistes avec Ludwig Feuerbach, se réclament du positivisme d’Auguste Comte, prônent le réalisme en art. Politiquement, ils n’ont que faire des idées démocratiques réformistes, du « printemps des peuples » de 1848 et de Lamartine, mais rêvent d’une révolution socialiste assurant le bonheur des masses, la chute de la monarchie autocratique et la liberté politique, sociale, morale et sexuelle.

Pour Tchernychevski, la voie du progrès (social, économique, moral, philosophique, esthétique…) est à chercher dans la science. Celle-ci est à la fois une valeur en soi, le fondement de l’organisation économique et sociale permettant d’arriver à la prospérité économique, elle-même condition du bonheur, et un critère d’évaluation de la réalité et de jugement esthétique. Encore adolescent, il avait juré de découvrir le mouvement perpétuel, qui permettrait d’abolir toute nécessité de travail physique ; plus tard, il tente de découvrir une formule mathématique universelle qui décrive et régisse l’ensemble de la réalité. La primauté est donc donnée aux mathématiques, mais les sciences appliquées ne sont pas négligées pour autant, en particulier l’économie et la médecine (Kirsanov et Lopoukhov, deux des protagonistes de Que faire ?, sont étudiants en médecine, comme d’ailleurs Bazarov, le héros de Pères et fils, de Tourguéniev) ; on retrouve là les sources chrétiennes de Tchernychevski, dont il fut nourri dans son enfance, et qu’il retrouve plus tard chez Charles Fourier et les socialistes utopiques français : le travail physique et la maladie sont les deux fardeaux de l’homme, qu’il est nécessaire d’abolir afin de bâtir la société nouvelle, car la révolution sociale ne peut être que l’instauration d’un nouvel Éden.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.