Nikolai Frederik Severin Grundtvig, pasteur, écrivain, poète, linguiste, historien et pédagogue.

Nikolai Frederik Severin Grundtvig, né le 8 septembre 1783, mort le 2 septembre 1872, est un  pasteur luthérien, écrivain, poète, linguiste, historien, et pédagogue danois. Initiateur des écoles populaires (Højskole), il est considéré comme le père de la formation tout au long de la vie ou formation continue.


Appelé Frederik plutôt que Nikolaj par ses proches, N. F. S. Grundtvig est né à Udby, dans le foyer du pasteur luthérien de cette localité, Johan Ottosen Grundtvig (1734-1813). Il est élevé dans une atmosphère très religieuse, bien que sa mère ait également eu un grand respect pour les vieilles légendes et traditions scandinaves. Son éducation est influencée à la fois par les idées du siècle des Lumières européen, par le romantisme allemand et par les traditions et l’histoire ancienne des pays scandinaves.

En 1791, il est envoyé à Thyregod dans le Jutland du Sud pour vivre et étudier avec le pasteur Laurids Svindt Feld (1750-1803). Il a ensuite étudié à l’école de la cathédrale de Aarhus (Aarhus Katedralskole, de 1798 jusqu’à l’obtention de son diplôme. En 1800, il part à Copenhague pour étudier la théologie et entre à l’université de Copenhague en 1801. À la fin de ses études, Grundtvig a commencé à étudier la langue islandaise et les sagas islandaises.

En 1805, Grundtvig prend un poste de précepteur dans une famille de l’île de Langeland. Pendant trois ans, il utilise son temps libre pour étudier les écrivains William Shakespeare, Friedrich Schiller, et Fichte. En 1802, son cousin, le philosophe Henrich Steffens, revient à Copenhague plein de l’enseignement de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling. Ses conférences et les premiers poèmes de Adam Oehlenschläger ouvrent les yeux de Grundtvig sur la nouvelle ère de la littérature. Sa première œuvre, Sur les chants dans l’Edda, n’attire pas l’attention.

De retour à Copenhague en 1808, Grundtvig remporte un plus grand succès avec sa Mythologie nordique, et de nouveau en 1809 avec un long drame, La Chute de la vie héroïque dans le Nord. Grundtvig dénonce hardiment le clergé de la ville dès son premier sermon en 1810. Lorsqu’il publie le sermon par écrit trois semaines plus tard, les autorités ecclésiastiques exigent qu’il soit réprimandé.

En 1810, Grundtvig vit une crise religieuse et se convertit à un luthéranisme bien ancré. Il se retire dans la paroisse de campagne de son père à Udby en tant qu’aumônier. Sa nouvelle conviction a été exprimée dans sa Chronique du Premier Monde (Kort Begreb af Verdens Krønike i Sammenhæng) de 1812, une présentation de l’histoire européenne dans laquelle il a tenté d’expliquer comment la croyance en Dieu a été considérée tout au long de l’histoire humaine et dans laquelle il a critiqué l’idéologie de nombreux Danois éminents. Elle lui a valu une grande notoriété auprès de ses pairs et lui a coûté plusieurs amis, notamment l’historien Christian Molbech8. À la mort de son père en 1813, Grundtvig a demandé à être son successeur dans la paroisse, mais sa demande a été rejetée.

Dans les années suivantes, son rythme de publication est stupéfiant : outre un flot continu d’articles et de poèmes, il écrit un certain nombre de livres, dont deux autres histoires du monde (1814 et 1817), le long poème historique “Roskilde-Riim” (“Rime de Roskilde”, 1813) et un commentaire de la taille d’un livre, “Roskilde Saga”. De 1816 à 1819, il a été rédacteur en chef et presque seul collaborateur d’une revue philosophique et polémique intitulée “Danne-Virke”, qui publiait également de la poésie.

De 1813 à 1815, il tente de former un mouvement pour soutenir les Norvégiens contre la domination suédoise. Plus tard, il prêche sur la façon dont la faiblesse de la foi danoise a causé la perte de la Norvège en 1814. Ce sermon est accueilli de façon enthousiaste à Copenhague. Grundtvig arrête ensuite de prêcher parce qu’il n’a pas de paroisse à lui et que les autres églises ne veulent pas10. En 1821, il reprend brièvement la prédication lorsqu’on lui accorde le droit de vivre à Præstø, et il retourne à la capitale l’année suivante.

En 1825, Grundtvig publie un pamphlet intitulé La Réplique de l’Église (Kirkens Gienmæle), en réponse aux travaux de Henrik Nicolai Clausen sur les doctrines, les rites et les constitutions du protestantisme et du catholicisme romain. Professeur de théologie à l’université de Copenhague, Clausen fait valoir que bien que la Bible soit le principal fondement du christianisme, elle n’exprime pas suffisamment sa pleine signification. Il a décrit l’église comme une “communauté visant à faire progresser la religiosité générale”. Dans sa réponse, Grundtvig dénonce Clausen comme un professeur anti-chrétien et soutient que le christianisme n’était pas une théorie à construire par des érudits à partir de la Bible. Il remet en question le droit des théologiens à interpréter la Bible. Accusé d’avoir insulté Clausen, Grundtvig renonce à son poste pastoral en 1826. Il est condamné à une amende le 30 octobre 1826 pour diffamation, et l’Église du Danemark lui interdit de prêcher à vie, mais cette censure sera levée en 1837. Pendant cette période, il publie une série d’ouvrages théologiques, et se rend trois fois en Angleterre (1829-31) où il étudie le vieil anglais.

En 1832, Grundtvig revient au ministère actif. En 1839, il est nommé pasteur de l’église de l’hospice de Vartov à Copenhague, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Entre 1837 et 1841, il publia Sang-Værk til den Danske Kirke (Œuvre de chant pour l’Église danoise), un vaste recueil de cantiques. En 1838, il publia une sélection de vers scandinaves anciens. En 1840, il publie le poème anglo-saxon en vieil-anglais Le Phénix, avec une traduction danoise. En 1843, il se rendit en Angleterre pour la quatrième fois.

De 1844 à la fin de la première guerre de Schleswig, Grundtvig joue un rôle important dans la politique danoise, passant de conservateur à libéral. D’abord monarchiste convaincu et opposé au libéralisme de la bourgeoisie danoise favorable à l’Allemagne, il participe néanmoins à la révolution bourgeoise de 1848. En 1848, il a fait partie de l’Assemblée constituante danoise qui a rédigé et adopté la première Constitution du Danemark, introduisant ainsi la monarchie constitutionnelle. Il est membre du parlement danois de 1850 à 1858. En 1866, après la débâcle de la Guerre des Duchés, il fait un retour tardif à la politique (il a alors 83 ans) et se distingue comme chef de l’opposition de gauche. Au cours de sa carrière politique, il se fait connaître en défendant la liberté religieuse et la liberté d’enseignement, ainsi que le mouvement d’émancipation des femmes en plein essor. Son désir de liberté s’est manifesté par une attitude extrêmement libérale.

En 1861 – cinquante ans après son ordination, Grundtvig est nommé, de manière honorifique, évêque de Seeland (la principale île du Danemark) par le roi Frederik VII en reconnaissance de l’œuvre de sa vie, mais sans siège épiscopal. Il devient donc, nominalement, le Primat de l’Église du Danemark.

Il continue à écrire et à publier jusqu’à sa mort. Il prêche également depuis sa chaire de l’église de Vartov tous les dimanches jusqu’à quelques jours avant sa mort. Sa prédication y attire de grandes assemblées, et il fait des adeptes. Son recueil de cantiques apporte un grand changement dans les services religieux danois, remplaçant les lentes mélodies luthériennes traditionnelles par des hymnes nouveaux écrits par des poètes nationaux. En tout, Grundtvig a écrit ou traduit environ 1 500 hymnes, dont certains restent très connus.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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