Nikita Khrouchtchev, homme d’état.

Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev ; en russe : Никита Сергеевич Хрущёв, Nikita Sergueïevitch Khrouchtchiov,, né le 3 avril 1894 (15 avril 1894 dans le calendrier grégorien) à Kalinovka, dans l’Empire russe, et mort le 11 septembre 1971 à Moscou, est un homme d’État soviétique qui dirigea l’URSS durant une partie de la guerre froide. Il fut premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique de 1953 à 1964 et président du conseil des ministres de 1958 à 1964. Khrouchtchev joua un rôle important dans le processus de déstalinisation, dans le développement du programme spatial soviétique et dans la mise en place de réformes relativement « libérales » en politique intérieure. Sa santé déclinant2, les autres dirigeants du parti s’arrangèrent pour l’écarter du pouvoir en 1964 et il fut remplacé par Léonid Brejnev au poste de premier secrétaire et par Alexis Kossyguine à celui de président du conseil des ministres.

Fils de paysans du gouvernement de Koursk, il fut forgeron dans sa jeunesse avant de devenir commissaire politique durant la guerre civile russe et de gravir les échelons de la hiérarchie soviétique avec l’aide de Lazare  Kaganovitch. Il défendit les Grandes Purges de Joseph Staline et approuva des milliers d’arrestations. En 1939, Staline le nomma à la tête du parti communiste en Ukraine et il poursuivit les purges dans la région. Durant la Seconde Guerre mondiale, Khrouchtchev redevint commissaire et joua le rôle d’intermédiaire entre Staline et ses généraux. Il participa à la bataille de Stalingrad et après la guerre retourna en Ukraine avant d’être rappelé à Moscou, où il devint l’un des plus proches conseillers de Staline.

Khrouchtchev émergea comme le vainqueur de la lutte de pouvoir  provoquée par la mort de Staline en 1953. Le 25 février 1956, lors du XXe congrès du Parti, il prononça le « discours secret » dénonçant les politiques répressives de Staline et enclenchant un assouplissement de l’appareil coercitif en Union soviétique, initié par Lavrenti Beria. Sa politique intérieure, destinée à améliorer la vie du peuple, fut souvent inefficace, en particulier dans le domaine agricole. Espérant faire reposer la défense nationale sur les missiles balistiques, Khrouchtchev ordonna d’importantes coupes dans le budget consacré aux forces conventionnelles. Ce fut sous le pouvoir de Khrouchtchev qu’eurent lieu les années les plus tendues de la guerre froide et les tensions culminèrent lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.

Profitant des erreurs politiques de Khrouchtchev, ses rivaux gagnèrent en influence et le renversèrent en octobre 1964. Il ne connut pas le destin  tragique de certains anciens perdants des luttes de pouvoir soviétiques et fut mis à la retraite avec un appartement à Moscou et une datcha à la campagne. Ses mémoires furent exfiltrés à l’Ouest et partiellement publiés en 1970. Khrouchtchev mourut en 1971 d’une crise cardiaque. Ses réformes influencèrent celles de Mikhaïl Gorbatchev et il est aujourd’hui mieux considéré que la plupart des dirigeants de l’ère soviétique.


Grâce à l’intervention d’un ami, Khrouchtchev fut nommé en 1921 au poste de directeur adjoint des affaires politiques pour la mine de Routchenkovo où il avait auparavant travaillé. Les bolcheviques étaient encore peu nombreux dans la région. À ce moment le mouvement était divisé par la nouvelle politique économique de Lénine qui autorisait un libéralisme économique limité et était rejetée par certains bolcheviques. Même si les responsabilités de Khrouchtchev concernaient les affaires politiques, il s’impliqua pour essayer de relancer la production de la mine après le chaos des années de guerre. Il aida à remettre en état les machines et il portait son ancien uniforme de mineur lors de ses tournées d’inspection.

Les performances de Khrouchtchev dans la mine de Routchenkovo furent remarquées et au milieu de l’année 1922, on lui offrit le poste de directeur de la mine de Pastoukhov à proximité. Il refusa cependant car il cherchait à être nommé au nouvel institut de technologie (tekhnikum) de Iouzovka même si ses supérieurs étaient réticents à l’idée de le laisser partir. Comme il n’avait fait que quatre années d’études, il postula à un programme d’entraînement (rabfak) attaché au tekhnikum qui était destiné à remettre au niveau les étudiants sous-diplômés pour qu’ils puissent intégrer la direction du tekhnikum. Khrouchtchev continua son travail à la mine de Routchenkovo tout en suivant les cours du rabfak. L’un de ses professeurs le décrivit plus tard comme un étudiant médiocre. Il eut plus de succès dans son ascension au sein du parti communiste ; peu après son entrée au rabfak, en août 1922, il fut nommé secrétaire du parti pour l’ensemble du tekhnikum et il devint membre du bureau, le conseil décisionnel, du comité du parti pour la ville de Iouzovka (renommée Stalino en 1924). Il rejoignit brièvement les partisans de Léon Trotski contre ceux de Joseph Staline sur la question de la démocratisation du parti. Toutes ces activités lui laissaient peu de temps pour ses études et s’il déclara plus tard avoir terminé ses études au rabfak, il n’est pas certain que cela soit vrai.

En 1922, Khrouchtchev rencontra et épousa sa seconde femme, Maroussia, dont le nom de jeune fille est inconnu. Ils se séparèrent rapidement mais Khrouchtchev aida ultérieurement Maroussia lorsque sa fille d’une précédente union décéda des suites d’une maladie. Peu après ce mariage raté, Khrouchtchev rencontra Nina Petrovna Koukhartchouk, une militante éduquée du Parti et la fille de paysans ukrainiens aisés. Les deux vécurent ensemble jusqu’à la mort de Khrouchtchev même s’ils n’officialisèrent leur mariage qu’en 1965. Ils eurent deux enfants : un fils, Sergueï, en 1935 et une fille, Elena, en 1937.

Au milieu de l’année 1925, Khrouchtchev fut nommé secrétaire du parti du raikom ou district de Petrovo-Marinski près de Stalino. Le raikom avait une superficie d’environ 1 000 km2 et Khrouchtchev était constamment en déplacement dans son territoire dans lequel il s’intéressait même à la plus petite affaire. À la fin de l’année 1925, Khrouchtchev fut élu comme délégué non votant lors du XIVe congrès du Parti à Moscou.

Khrouchtchev rencontra Lazare Kaganovitch en 1917 et en 1925 ce dernier était devenu le chef du Parti en Ukraine. Il prit sous son aile Khrouchtchev qui fut nommé second dans la hiérarchie du Parti de Stalino à la fin de l’année 1926. Taubman avance que l’éviction de son supérieur, Konstantin Moiseyenko, moins de neuf mois plus tard était lié aux actions de Khrouchtchev. Kaganovitch transféra Khrouchtchev à Kharkov, alors la capitale de l’Ukraine, et le plaça à la tête du département organisationnel du Comité central du Parti ukrainien. En 1928, Khrouchtchev fut envoyé à Kiev où il devint le numéro 2 du Parti dans la ville.

En 1929, Khrouchtchev chercha à nouveau à approfondir son éducation et, suivant Kaganovitch devenu un proche conseiller de Staline au Kremlin, il s’inscrivit à l’académie industrielle de Moscou. Khrouchtchev ne termina jamais ses études dans cet établissement mais son ascension dans le Parti s’accéléra. Lorsque la cellule du parti de l’école élut plusieurs personnes de droite pour une conférence du Parti, celle-ci fut attaquée dans la Pravda. Khrouchtchev sortit victorieux de la lutte de pouvoir qui suivit et il devint secrétaire du Parti de l’école et purgea la cellule de ses opposants. Khrouchtchev devint ensuite chef du Parti dans le district de Bauman où se trouvait l’académie avant d’obtenir la même position dans le district de Krasnopresnensky, le plus grand et le plus important de la capitale. En 1932, Khrouchtchev était parvenu au second rang, derrière Kaganovitch, dans l’organisation du Parti à Moscou et en 1934, il devint chef du Parti de la ville et membre du Comité central. Khrouchtchev attribua sa progression rapide à son amitié avec une camarade de l’académie, Nadejda Allilouïeva, l’épouse de Staline. Dans ses mémoires, Khrouchtchev avança qu’Allilouïeva parla de lui en bons termes à son mari.

Alors qu’il était à la tête de l’organisation du Parti à Moscou, Khrouchtchev dirigea la construction du métro de Moscou, un projet très coûteux dont Kaganovitch était le responsable officiel. Faisant face à une date d’ouverture prévue le 7 novembre 1934, Khrouchtchev prit des risques considérables dans la construction et il passa beaucoup de temps dans les tunnels. Le métro n’ouvrit pas avant le 1er mai 1935 mais Khrouchtchev reçut l’ordre de Lénine pour son rôle dans la construction. Plus tard dans l’année, il fut choisi pour devenir le chef du parti de l’oblast de Moscou, une province avec une population de 11 millions d’habitants.

Les documents du secrétariat de Staline montrent que Khrouchtchev participa à des réunions avec lui dès 1932. Les deux se lièrent d’amitié : Khrouchtchev admirait le dictateur et chérissait les rencontres informelles avec lui et les invitations à la datcha de Staline et celui-ci appréciait son jeune subordonné. À partir de 1934, Staline lança une campagne de répression politique connue sous le nom de Grandes Purges au cours de laquelle des millions de personnes furent exécutées ou envoyées au goulag. Au centre de cette campagne se trouvaient les procès de Moscou, une série de procès truqués destinés à éliminer de hautes personnalités politiques et militaires. En 1936, Khrouchtchev exprima son soutien total aux procès :

« Tous ceux qui se réjouissent des succès de notre pays, des victoires de notre parti mené par le grand Staline, ne trouveront qu’un seul mot convenable pour les mercenaires, les chiens fascistes du gang zinovievo-trotskyste. Ce mot est exécution. »

Khrouchtchev participa à la purge de nombreux amis et collègues de l’oblast de Moscou. Sur les 38 officiels de premier plan du Parti à Moscou, 35 furent exécutés et les trois survivants furent envoyés dans d’autres régions de l’URSS. Sur les 146 secrétaires du Parti des villes et des districts de Moscou et de la province, seuls 10 survécurent aux purges. Dans ses mémoires, Khrouchtchev nota que presque tous ses collaborateurs furent arrêtés. Selon le protocole du Parti, Khrouchtchev devait approuver ces arrestations et il ne fit pas grand-chose pour sauver ses amis et collègues.

Les dirigeants du Parti recevaient un quota « d’ennemis » à dénoncer et à arrêter. En juin 1937, le Politburo fixa un quota de 35 000 ennemis à arrêter dans la province de Moscou et 5 000 d’entre eux devaient être exécutés. En réponse, Khrouchtchev demanda que 2 000 paysans aisés ou koulaks vivant à Moscou soient exécutés dans le cadre du quota. Deux semaines après avoir reçu l’ordre du Politburo, Khrouchtchev rapporta à Staline que 41 305 « éléments criminels et koulaks » avaient été arrêtés et que 8 500 méritaient la mort.

Khrouchtchev n’avait aucune raison de considérer qu’il était à l’abri des purges. En 1937, il avoua son rapprochement avec le trotskisme en 1923 à Kaganovitch qui, selon Khrouchtchev, « blêmit » (car les erreurs de son protégé pouvaient affecter sa position) et lui conseilla de le dire à Staline. Le dictateur accueillit la confession avec calme et après avoir conseillé Khrouchtchev de la garder secrète, il lui suggéra de raconter l’affaire lors d’une conférence du Parti à Moscou. Khrouchtchev fut ovationné et immédiatement réélu à son poste. Khrouchtchev raconta dans ses mémoires qu’il avait également été dénoncé par un collègue arrêté. Staline en personne informa Khrouchtchev de l’accusation et attendit sa réponse. Khrouchtchev supposa dans ses mémoires que si Staline n’avait pas été convaincu de sa réponse, il aurait été qualifié d’ennemi du peuple et traité en conséquence. Néanmoins, Khrouchtchev devint un membre non votant du Politburo en janvier 1938 et un membre à part entière en mars 1939.

À la fin de l’année 1937, Staline nomma Khrouchtchev à la tête du parti communiste en Ukraine et il quitta Moscou pour Kiev, redevenue la capitale ukrainienne, en janvier 1938. L’Ukraine avait été le lieu de larges purges et parmi les victimes figuraient des professeurs de Staline pour lesquels Khrouchtchev avait un grand respect. Les rangs de la hiérarchie du Parti n’avaient pas été épargnés et le Comité central d’Ukraine avait été tellement affecté qu’il n’atteignait même plus le quorum. Après l’arrivée de Khrouchtchev, le rythme des arrestations s’accéléra. Tous les membres du Politburo et du secrétariat ukrainien furent arrêtés à l’exception d’un seul. Presque tous les fonctionnaires et les commandants de l’Armée rouge furent remplacés. Durant les premiers mois qui suivirent la nomination de Khrouchtchev, tous ceux qui avaient été arrêtés furent condamnés à mort.

Le biographe de Khrouchtchev, William Taubman, suggère que dans la mesure où celui-ci avait à nouveau été accusé à tort alors qu’il se trouvait à Kiev, il devait effectivement savoir que certaines dénonciations étaient fausses et que des innocents étaient condamnés à tort. En 1939, Khrouchtchev déclara au XIVe congrès du Parti ukrainien : « Camarades, nous devons démasquer et détruire sans relâche tous les ennemis du peuple. Mais nous ne devons pas accepter qu’un seul honnête bolchevique soit blessé. Nous devons lutter contre les calomniateurs ».

Une fois au pouvoir, en juillet 1954, Khrouchtchev ordonna à Ivan Serov du KGB de collecter et de détruire, dans les archives de Staline, tous les documents dans lesquels il était personnellement impliqué —  sa signature figurant à côté de celle de Staline — concernant les purges. Alexandre Chélépine témoigna en 1988 que 261 pages listant des condamnés à mort furent brûlées par Serov.

Dans le cadre du pacte germano-soviétique, les forces soviétiques envahirent l’est de la Pologne le 17 septembre 1939 et Khrouchtchev les accompagna. Un grand nombre d’Ukrainiens vivaient dans la région envahie dont une grande partie forme la partie occidentale de l’Ukraine actuelle. L’invasion fut donc bien accueillie même si les habitants espéraient qu’ils pourraient obtenir l’indépendance. Le rôle de Khrouchtchev fut de s’assurer que les territoires occupés votent pour un rattachement à l’URSS. Grâce à une combinaison de propagande, d’imprécisions sur le sujet du vote et de fraudes avérées, les Soviétiques s’assurèrent que les nouveaux territoires élisent des assemblées demandant unanimement une union avec l’URSS. Lorsque les assemblées présentèrent leurs demandes de rattachement, leurs pétitions furent acceptées par le Soviet suprême et l’ouest de l’Ukraine devint partie intégrante de la République socialiste soviétique d’Ukraine le 1er novembre 1939. Certaines décisions soviétiques comme le recrutement d’Ukrainiens de l’Est dans des organisations composées d’Ukrainiens de l’Ouest et la collectivisation dans des terres au sein des kolkhozes aliéna rapidement le soutien des Ukrainiens de Pologne malgré les efforts de Khrouchtchev.

Lorsque l’Allemagne attaqua l’URSS en juin 1941, Khrouchtchev était toujours en poste à Kiev. Staline le nomma commissaire politique et il servit sur plusieurs fronts en tant qu’intermédiaire entre les commandants militaires locaux et les dirigeants politiques à Moscou. Staline utilisa Khrouchtchev pour garder les commandants sous surveillance tandis que les commandants cherchaient à influencer Staline par son intermédiaire. Avec l’avancée allemande, Khrouchtchev travailla avec les militaires pour défendre et sauver la ville. Entravée par les ordres de Staline interdisant l’abandon de la ville, l’Armée rouge fut rapidement encerclée. Les Allemands avancèrent après avoir fait 655 000 prisonniers mais selon les Soviétiques, 150 541 soldats sur 677 085 parvinrent à s’échapper. Les sources primaires divergent sur la responsabilité de Khrouchtchev concernant ce dénouement. Selon le maréchal Gueorgui Joukov, qui écrivit quelques années après que Khrouchtchev l’eut écarté et disgracié en 1957, Khrouchtchev persuada Staline de ne pas évacuer les troupes de Kiev. Néanmoins, Khrouchtchev nota dans ses mémoires que lui et le maréchal Semion Boudienny proposèrent de redéployer les forces soviétiques pour éviter un encerclement jusqu’à ce que le maréchal Semion Timochenko arrive de Moscou avec l’ordre de tenir les positions. L’un des premiers biographes de Khrouchtchev, Mark Frankland, suggéra que sa foi en Staline vacilla à la suite des revers de l’Armée rouge.

En 1942, Khrouchtchev se trouvait sur le front sud-ouest et avec  Timochenko, il proposa une contre-offensive massive dans la région de Kharkov. Staline n’approuva qu’une partie du plan mais 640 000 soldats soviétiques furent impliqués dans l’offensive. Les Allemands avaient néanmoins anticipé l’attaque et mirent en place un piège. L’offensive commença le 12 mai 1942 et les Soviétiques progressèrent rapidement mais cinq jours plus tard, les Allemands brisèrent les flancs de l’Armée rouge qui risquait alors de se faire encercler. Staline refusa d’annuler l’offensive et les divisions soviétiques furent rapidement isolées. Les Soviétiques perdirent 267 000 soldats dont plus de 200 000 furent faits prisonniers et Staline démit Timochenko de ses fonctions et rappela Khrouchtchev à Moscou. Si Staline laissa entendre que Khrouchtchev serait arrêté et exécuté, il l’autorisa néanmoins à retourner sur le front en l’envoyant à Stalingrad.

Khrouchtchev arriva sur le front de Stalingrad en août 1942 peu après le début de la bataille pour son contrôle. Son rôle dans la défense de la ville fut mineur et le général Vassili Tchouïkov qui commandait la défense de Stalingrad ne mentionne Khrouchtchev que brièvement dans un mémoire publié alors que Khrouchtchev était premier secrétaire ; il en resta néanmoins fier tout au long de sa vie. Même s’il se rendait parfois à Moscou, il resta à Stalingrad durant la plus grande partie de la bataille et il faillit être tué au moins une fois. Il proposa une contre-attaque mais découvrit que Joukov et les autres généraux avaient déjà planifié en secret l’opération Uranus destinée à encercler les troupes allemandes. Avant le lancement de l’offensive, Khrouchtchev passa beaucoup de temps à inspecter les préparatifs, sonder le moral des troupes, interroger les prisonniers allemands et à en recruter certains pour des opérations de propagande.

Après le retrait des troupes allemandes de Stalingrad, Khrouchtchev fut envoyé sur d’autres fronts. Il fut affecté par une tragédie personnelle lorsque son fils Leonid, qui participait au conflit comme pilote de chasse, fut apparemment abattu et tué le 11 mars 1943. Les circonstances de sa mort restent obscures et controversées car aucun des autres pilotes n’indiqua l’avoir vu être abattu et son avion ou son corps ne furent pas retrouvés. En conséquence, le destin de Leonid a fait l’objet de nombreuses spéculations. Selon une théorie, Leonid aurait survécu et collaboré avec les Allemands et lorsqu’il fut recapturé, Staline ordonna son exécution malgré les suppliques de son père. Cette élimination supposée est utilisée pour expliquer pourquoi Khrouchtchev dénonça plus tard Staline dans son discours secret. Cette théorie n’est pas soutenue par les sources soviétiques mais certains historiens avancent que le dossier de Leonid fut modifié après la guerre. Cette thèse est très controversée car semble avoir pour origine le discrédit de Khrouchtchev après son éviction même si on reconnaît qu’il avait un rapport difficile avec son fils, ce qui est compliqué pour un membre du Politburo, à l’image de Vassili Staline. À la fin de sa vie, l’ailier de Leonid avança avoir vu son appareil se désintégrer mais il ne le signala pas. Le biographe de Khrouchtchev, Taubman, suppose que cette omission était probablement destinée à ne pas le faire suspecter de complicité dans la mort du fils d’un membre du Politburo. Au milieu de l’année 1943, l’épouse de Leonid, Liuba Khrouchtcheva, fut arrêtée pour espionnage et condamnée à cinq ans de travaux forcés et son fils Tolya (issu d’une autre relation) fut placé en orphelinat. La fille de Leonid, Julia, fut élevée par Nikita et sa femme.

En juillet 1943, Khrouchtchev accompagna les troupes soviétiques lors de la bataille de Koursk qui se révéla être la dernière grande offensive allemande sur le territoire soviétique. Khrouchtchev raconta qu’il avait interrogé un déserteur SS apprenant ainsi que les Allemands préparaient une attaque mais cet épisode est rejeté par Taubman comme « presque certainement exagéré ». Khrouchtchev suivit les forces soviétiques lors de leur entrée en novembre 1943 dans la ville de Kiev largement dévastée. Avec la progression de plus en plus rapide des Soviétiques, il commença à être impliqué dans les travaux de reconstruction en Ukraine. Il fut nommé premier ministre de la république d’Ukraine en plus de son ancien poste de chef du parti communiste ukrainien, et c’est l’un des rares cas où les fonctions de dirigeant civil de l’Ukraine et de chef de son Parti furent occupées par la même personne.

Khrouchtchev attribua son rappel à Moscou à la paranoïa de Staline qui craignait des complots à Moscou du même type que ceux qui auraient eu lieu lors de l’affaire de Leningrad où de nombreux hauts dirigeants du Parti avaient à tort été accusés de trahison. Khrouchtchev redevint le chef du Parti de Moscou et de sa province. Taubman suggère que Staline avait probablement rappelé Khrouchtchev à Moscou pour faire contrepoids à l’influence de Gueorgui Malenkov et du chef de la sécurité Lavrenti Beria qui étaient largement considérés comme les héritiers de Staline.

À ce moment, le dictateur vieillissant convoquait rarement des réunions du Politburo et l’essentiel des grandes décisions était pris lors de dîners organisés par Staline. Ces sessions auxquelles participaient Beria, Malenkov, Khrouchtchev, Kaganovitch, Vorochilov, Molotov et Boulganine commençaient par la projection de westerns que Staline appréciait ; ces derniers avaient été volés à l’Ouest et n’étaient pas sous-titrés. Le dictateur faisait servir les repas à 1 h du matin et insistait pour que ses subordonnés restent et boivent avec lui jusqu’à l’aube. À une occasion, Staline demanda à Khrouchtchev, alors âgé de près de 60 ans, de réaliser une danse  traditionnelle ukrainienne. Khrouchtchev s’exécuta et indiqua plus tard : « Quand Staline dit danse, un homme sage danse ». Khrouchtchev essayait de faire la sieste après le déjeuner pour ne pas s’endormir en présence de Staline ; il nota dans ses mémoires : « Les choses se passent mal pour ceux qui somnolent à la table de Staline. »

En 1950, Khrouchtchev lança un vaste programme de construction de logements à Moscou. La plupart des immeubles d’habitation avait cinq ou six étages et ils devinrent omniprésents dans toute l’Union soviétique. Ils existent encore aujourd’hui. Khrouchtchev fit utiliser du béton armé préfabriqué pour accélérer le rythme de construction. Ces structures construites trois fois plus rapidement que la moyenne à Moscou entre 1946 et 1950 ne disposaient pas d’ascenseurs jugés trop coûteux et furent surnommées Khrushcheby par le public, un jeu de mot sur le mot russe pour taudis, trushcheby.

À son nouveau poste, Khrouchtchev continua son plan de développement des kolkhozes en réduisant le nombre de fermes collectives dans la province de Moscou de 70 %. Cela fit que les fermes étaient trop vastes pour être gérées efficacement par un seul président. Khrouchtchev chercha également à promouvoir son concept d’agro-ville mais lorsque son long discours sur le sujet fut publié dans la Pravda en mars 1951, Staline le désapprouva. Le journal publia rapidement une note indiquant que le discours de Khrouchtchev était une simple proposition et non une politique. En avril, le Politburo désavoua le concept. Khrouchtchev craignit de perdre sa place mais Staline se contenta de se moquer sans prendre de sanctions.

Le 1er mars 1953, Staline fut victime d’un grave accident vasculaire cérébral apparemment après s’être levé de son lit. Staline avait demandé à ne pas être dérangé, ce qui fit que son état ne fut pas découvert avant une douzaine d’heures. Alors que les médecins terrifiés tentaient de le soigner, Khrouchtchev et ses collègues se lancèrent dans une intense discussion en prévision de la formation d’un nouveau gouvernement. Staline mourut le 5 mars, alors que Khrouchtchev et les autres dirigeants restèrent à pleurer à côté de son lit.

La mort de Staline fut annoncée le 6 mars 1953 de même que la composition du nouveau gouvernement. Malenkov était le nouveau président du conseil des ministres (premier ministre) et Beria (qui consolida son emprise sur les services de renseignement), Kaganovitch, Boulganine et l’ancien ministre des affaires étrangères, Molotov devenaient premiers députés (vice-présidents). Les membres du Præsidium du Soviet suprême qui avaient récemment été promus par Staline furent écartés. Khrouchtchev fut relevé de ses fonctions de chef du Parti à Moscou pour qu’il puisse se concentrer sur des tâches non spécifiées au sein du Comité central. Le New York Times lista Malenkov et Beria en première et seconde place pour l’influence parmi les dix membres du Præsidium alors que Khrouchtchev était classé dernier.

Le 14 mars, Malenkov démissionna néanmoins du secrétariat du Comité central car ses collègues craignaient qu’il n’acquière trop de pouvoir. Le principal bénéficiaire fut Khrouchtchev qui fut élu premier secrétaire du Parti par le Comité central. Avant même l’enterrement de Staline, Beria avait lancé une série de réformes dont l’ampleur était comparable à celles de Khrouchtchev durant sa période au pouvoir et même à celles de Mikhaïl Gorbatchev, 30 ans plus tard. Les propositions de Beria étaient destinées à dénigrer Staline et à lui faire porter la responsabilité de ses propres crimes. Une proposition, qui fut adoptée, amnistiait plus d’un million de prisonniers. Une autre, qui fut repoussée, prévoyait de relâcher le contrôle de l’Allemagne de l’Est au sein d’une Allemagne unie et neutre en échange d’un dédommagement de la part de l’Allemagne de l’Ouest ; Khrouchtchev considérait cette idée comme anti-communiste. Khrouchtchev s’allia donc avec Malenkov pour bloquer la plupart des propositions de Beria tout en rassemblant le soutien d’autres membres du Præsidium. Leur campagne contre Beria fut aidée par les craintes d’un coup d’État militaire planifié par Beria et, selon ce qu’écrivit Khrouchtchev dans ses mémoires, par la conviction que « Beria était en train d’aiguiser ses couteaux contre nous ». Le 26 juin 1953, Beria fut arrêté lors d’une réunion du Præsidium. Il fut jugé en secret et exécuté en décembre 1953 avec cinq de ses plus proches associés. Beria fut le dernier perdant d’une lutte de pouvoir soviétique à payer de sa vie sa chute.

La lutte de pouvoir au sein du Politburo (rebaptisé Præsidium du Comité central en 1952) ne fut pas résolue par l’élimination de Beria. Le pouvoir de Malenkov se trouvait dans l’appareil politique civil, qu’il cherchait à étendre en réorganisant le gouvernement et en lui donnant plus de pouvoir aux dépens du Parti. Il tenta également d’obtenir le soutien du public en baissant le prix des produits de base et en abaissant le montant des souscriptions d’obligations d’État qui étaient depuis longtemps imposées aux citoyens. De son côté, Khrouchtchev, dont la base du pouvoir reposait sur le Parti, chercha à le renforcer. Si dans le système soviétique, le Parti devait être l’entité dominante, il avait perdu beaucoup de son influence sous Staline qui avait accaparé l’essentiel du pouvoir pour lui-même et pour le Præsidium. Khrouchtchev vit qu’avec un Præsidium divisé par les luttes d’influence, le Parti et son Comité central pouvaient retrouver leur pouvoir d’antan. Khrouchtchev rassembla le soutien des membres importants du Parti et il parvint à nommer ses sympathisants à la tête des principales instances de pouvoir qui entrèrent ensuite au sein du Comité central.

Khrouchtchev se présentait comme un activiste pragmatique prêt à vaincre tous les obstacles, à la différence de Malenkov qui semblait plus terne. Il fit ouvrir au public le Kremlin de Moscou, une décision qui fut appréciée du peuple. Si Malenkov et Khrouchtchev voulaient tous deux réformer l’agriculture, les propositions de Khrouchtchev étaient plus larges et incluaient la campagne des terres vierges destinée à implanter des centaines de milliers de jeunes volontaires dans des fermes en Sibérie occidentale et dans le nord du Kazakhstan. Malgré des succès initiaux, le projet fut à terme un désastre pour l’agriculture soviétique. De plus, Khrouchtchev disposait d’informations compromettantes sur Malenkov tirées des dossiers secrets de Beria. Alors que les procureurs soviétiques enquêtaient sur les atrocités de Staline vers la fin de son règne, dont l’affaire de Leningrad, ils découvrirent des preuves de l’implication de Malenkov. En février 1954, Khrouchtchev remplaça Malenkov sur le siège d’honneur lors des réunions du Præsidium ; en juin, Malenkov cessa d’être au sommet de la liste des membres du Præsidium, qui était à présent organisée alphabétiquement. L’influence de Khrouchtchev continua de s’accroître avec l’allégeance des principaux représentants locaux du Parti et le placement de ses candidats à la tête du KGB.

Lors d’une réunion du Comité central en janvier 1955, Malenkov fut mis en accusation pour son implication dans les atrocités et le comité vota une résolution l’accusant d’avoir participé à l’affaire de Leningrad et d’avoir facilité l’accession de Beria aux postes de responsabilité. Lors d’une réunion du Soviet suprême le mois suivant, Malenkov fut destitué en faveur de Boulganine à la surprise des observateurs occidentaux. Malenkov resta au Præsidium en tant que ministre des centrales électriques. Selon le biographe de Khrouchtchev, William Tompson, « la position dominante de Khrouchtchev au sein des membres de la direction collective ne faisait plus aucun doute ».

À partir de mars 1964, le chef du Soviet suprême, Léonid Brejnev,  commença à discuter de la destitution de Khrouchtchev avec ses collègues. Si Brejnev avait envisagé de faire arrêter Khrouchtchev à son retour d’une visite en Scandinavie en juin, il préféra rassembler le soutien des membres du Comité central en se rappelant le rôle crucial qu’avait joué le Comité lors de la défaite du groupe anti-Parti. Brejnev eut largement le temps de planifier son complot car Khrouchtchev fut absent de Moscou durant un total de cinq mois entre janvier et septembre 1964, le dernier voyage étant pour célébrer les 15 ans de la RDA.

Les conspirateurs, menés par Brejnev, Alexandre Chélépine et le président du KGB, Vladimir Semitchastny, frappèrent en octobre 1964 alors que Khrouchtchev était en vacances à Pitsounda en Abkhazie. Il semble qu’il y eut deux réunions, le 14 octobre, la première étant le præsidium du comité central, où se concentrèrent les attaques et la démission et une réunion qui entérina les décisions de la première, celle du plenum du comité central. Les transcriptions des réunions ne furent officiellement pas conservées mais des sources existent : un document officiel élaboré après la première réunion, resté top secret jusqu’en 1993, les notes de Vladimir Malin, chef du Département général du Comité central et le journal de Petro Chelest, ce manque de sources explique des incohérences chronologiques. Le 12 octobre, Brejnev appela Khrouchtchev pour l’informer qu’une réunion spéciale du Præsidium était prévue pour le lendemain soi-disant au sujet de l’agriculture. Même si Khrouchtchev soupçonnait un piège, il rejoignit Moscou où il fut attaqué par Brejnev et les autres membres du Præsidium pour ses politiques inefficaces et ce que ses collègues jugeaient être un comportement erratique, seul Mikoyan prit sa défense. Khrouchtchev opposa peu de résistance, fit un discours acceptant son état des faits, sa démission, souhaite la réussite au parti et, selon Chelest, pleurait. Durant la nuit, il appela son ami et collègue du Præsidium, Anastas Mikoyan, pour lui dire : « Je suis vieux et fatigué. Laissons-les faire face à eux-mêmes. J’ai fait le principal. Quelqu’un aurait-il pu rêver de pouvoir dire à Staline qu’il ne nous convenait plus et lui proposer de prendre sa retraite ? Pas même une tache humide ne serait restée là où nous nous serions tenus. Aujourd’hui tout est différent. La peur a disparu et nous pouvons parler d’égal à égal. C’est ma contribution. Je ne me battrai pas. »

Le 14 octobre 1964, le Præsidium et le Comité central votèrent tous deux pour accepter le départ « volontaire » de Khrouchtchev de ses fonctions. Brejnev devint premier secrétaire (par la suite secrétaire général) et Alexis Kossyguine succéda à Khrouchtchev en tant que Premier ministre. Pour plusieurs médias et politiques occidentaux, dont la nouvelle a surpris, le prétexte de la démission volontaire est suspect : la plupart d’entre eux y voient un limogeage.

Contrairement à Beria, qui fut assassiné en 1953, lors de la succession de Staline, les putschistes laissent la vie sauve à Khrouchtchev, ce qui indique un signe politique fort de la part de Brejnev, qu’ils sont ouverts au dialogue et que les crimes staliniens sont révolus. Néanmoins, il semble que l’élimination physique de Khrouchtchev fut très sérieusement envisagée par Semitchastny et Brejnev. Cette attitude conciliante en apparence cache une stratégie d’effacer quasiment le dirigeant de la mémoire en le condamnant à un oubli immédiat. C’est ce que confirme le discours de conclusion de Brejnev après la réunion du plenum : « Khrouchtchev a démystifié le culte de Staline après sa mort, et nous démystifions le culte de Khrouchtchev de son vivant. ».

Khrouchtchev reçut une pension de 500 roubles par mois et fut assuré que sa maison et sa datcha (qui avait précédemment appartenu à Molotov) resteraient sa propriété jusqu’à sa mort. À la suite de sa chute, Khrouchtchev sombra dans une profonde dépression. Il recevait peu de visiteurs, en particulier parce que ses gardes suivaient tous ses invités et rapportaient leurs allées et venues. Durant l’automne 1965, lui et sa femme reçurent l’ordre de quitter leur maison et leur datcha pour déménager dans un appartement et une datcha plus petite. Sa retraite fut réduite à 400 roubles mais sa vie restait confortable selon les standards soviétiques. Malgré les somnifères et les tranquillisants prescrits par ses médecins, sa dépression persista et lorsqu’on demanda à l’un de ses petits-fils ce que l’ancien premier ministre faisait pendant sa retraite, le garçon répondit « Grand-père pleure ». Son rôle fut par la suite passé sous silence au point que la Grande Encyclopédie soviétique en trente volumes ne mentionna même pas son nom dans la liste des commissaires politiques les plus influents de la Grande Guerre patriotique. De manière générale, ses successeurs cherchèrent à le faire oublier mais aussi à discréditer l’homme porteur de projets « subjectifs » et « excentriques ».

Quand les nouveaux dirigeants démontrèrent leur conservatisme culturel, Khrouchtchev commença à être mieux considéré par les artistes et les écrivains dont certains lui rendirent visite. Il regretta de ne pas avoir vu l’ancien vice-président Nixon, alors en pleine traversée du désert avant son élection à la présidence, qui s’était rendu à son appartement de Moscou alors que Khrouchtchev se trouvait dans sa datcha.

À partir de 1966, Khrouchtchev commença à rédiger ses mémoires. Il les dicta à un magnétophone, d’abord à l’extérieur, puis à l’intérieur à cause du bruit même s’il savait que ses paroles seraient entendues par le KGB. Cependant l’agence de sécurité n’intervint pas avant 1968 lorsque Khrouchtchev reçut l’ordre de livrer ses enregistrements, ce qu’il refusa de faire. Alors que Khrouchtchev était hospitalisé pour des problèmes cardiaques, son fils Sergueï fut approché par le KGB qui l’informa que des agents étrangers planifiaient de voler les mémoires. Comme des copies en avaient été faites, dont certaines avaient été envoyées à un éditeur occidental, et comme le KGB pouvait de toute façon en voler les originaux, Sergueï Khrouchtchev donna les enregistrements au KGB, mais demanda la publication des mémoires passés clandestinement à l’Ouest. Ils furent publiés en 1970 sous le titre Souvenirs. Nikita Khrouchtchev déclara par écrit qu’il n’avait rien envoyé à un quelconque éditeur et son fils fut muté à un poste moins intéressant. À la publication des mémoires, le journal Izvestia dénonça une fraude et lorsque la radio d’État soviétique annonça la déclaration de Khrouchtchev, il s’agissait de la première mention de son nom à la radio en six ans.

Au cours de ses derniers jours, Khrouchtchev rendit visite à son beau-fils et ancien assistant, Alexei Adzubei, et lui dit, « Ne regrette jamais d’avoir vécu dans une période troublée et d’avoir travaillé avec moi au Comité central. On se souviendra de nous ! »

Khrouchtchev mourut d’une crise cardiaque dans un hôpital de Moscou le 11 septembre 1971 et fut enterré dans le cimetière de Novodevitchi à Moscou sans funérailles nationales, sans cérémonie publique et sans inhumation dans la nécropole du mur du Kremlin. Des indiscrétions indiquent que les autorités soviétiques voulaient maintenir une image de marque sur le plan international en l’enterrant à Novodevitchi mais tout en traitant sa mort de façon confidentielle aux yeux des soviétiques. Craignant des manifestations, les autorités n’annoncèrent aux Russes son décès que le matin même des obsèques et placèrent autour du cimetière des soldats. Malgré tout, quelques artistes et écrivains rejoignirent sa famille pour l’enterrement.

La Pravda et la TASS annoncèrent la mort de l’ancien premier ministre en une seule phrase alors que les journaux occidentaux lui consacrèrent une attention considérable. Le correspondant de longue date du New York Times à Moscou, Harry Schwartz, écrivit:

« M. Khrouchtchev a ouvert les portes et les fenêtres d’une structure pétrifiée. Il laissa entrer de l’air frais et des idées fraîches qui entraînèrent des changements dont nous pouvons déjà voir les effets fondamentaux et irréversibles ».

Source : Wikipédia.

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