Néfertiti, épouse royale d’Akhenaton.

Néfertiti (dont le nom signifie « la belle est venue » ou « la parfaite est arrivée ») est la grande épouse royale d’Akhenaton, l’un des derniers rois de la XVIIIe dynastie. Elle a vécu aux environs de 1370 à 1333 av. J.-C.

Sa beauté est légendaire et il est certain qu’elle a exercé un rôle politique et religieux important pendant la période amarnienne. En effet, lorsqu’une équipe d’archéologues américains entreprit récemment la reconstitution virtuelle des parois du temple d’Aton à Karnak à partir de talatates — un gigantesque puzzle de plus de six mille blocs en grès retirés du IXe pylône —, elle a eu la surprise de constater que les représentations de Néfertiti étaient plus nombreuses que celles d’Akhenaton, son royal époux. Ailleurs, la reine est figurée dans la pose traditionnelle de pharaon châtiant les ennemis de l’Égypte, ou officiant aux côtés du roi devant leur dieu Aton. D’autres reliefs montrent le couple royal et les petites princesses dans leur intimité familiale. Toutes ces scènes sont la preuve que la reine exerçait un pouvoir considérable, l’art officiel n’ayant jamais montré auparavant de scènes similaires.

Nefertiti, carte maximum, Allemagne 12/01/1989.

Il n’est pas établi que Néfertiti ait survécu à Akhenaton. Certains égyptologues ont conjecturé cependant qu’à la fin du règne, elle aurait été corégente d’Akhenaton sous le nom de Smenkhkarê, dont on pense en général qu’il s’agit d’un jeune frère d’Akhenaton.


L’origine de Néfertiti est incertaine. Elle pourrait être la fille d’un grand dignitaire, le futur pharaon Aÿ (frère de Tiyi Ire), ou bien une fille d’Amenhotep III mais Néfertiti ne revendique nulle part le titre de fille de pharaon (ce qu’était Amenhotep III lorsqu’elle naît vers -1370), aussi est-elle probablement une fille d’une branche parallèle au pharaon, plus précisément une nièce de Tiyi Ire, épouse d’Amenhotep III : l’hypothèse la plus couramment admise est que sa mère, épouse d’Aÿ, est morte peu de temps après sa naissance et qu’elle a été élevée à Akhmîm par une nourrice, Tiyi II, la nouvelle épouse d’Aÿ.

Une autre hypothèse veut qu’elle soit la princesse Tadukhipa que le roi de Mittani Toushratta envoya à son frère et beau-fils Amenhotep III, le nom égyptien de Néfertiti, La Belle est venue ou « la Parfaite est arrivée », semblant indiquer une origine étrangère. Cette hypothèse est peu convaincante : il a en effet été établi que Néfertiti n’est pas une princesse du Mittani. Néfertiti, contrairement à ce qu’on a pu croire est un prénom bien égyptien comme le souligne l’égyptologue Jean Yoyotte qui rappelle que c’est l’une des appellations de la déesse Hathor. Aucun document ne permet d’affirmer qu’elle venait de l’étranger. La signification de son nom a brouillé les pistes. En fait, nous savons très peu de choses sur cette reine.

La date de son mariage et de sa montée sur le trône ne sont pas connues avec certitude, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres données de cette époque.

Les dernières études semblent montrer que Toutânkhamon ne serait pas son fils comme on pouvait le croire jusqu’à présent, mais le fils d’Akhenaton et de sa propre sœur (ou cousine ?) et épouse secondaire, baptisée la Jeune Dame (younger lady en anglais) par l’égyptologues qui a répertorié la momie KV35YL. L’identité de cette dernière reste encore sujette à caution.

En l’an treize (ou quatorze) du règne d’Akhenaton (vers -1336), Mérytaton aurait remplacé sa mère comme grande épouse royale dans les cérémonies officielles, et, à partir de l’an quatorze, Néfertiti disparaît pratiquement complètement de l’iconographie amarnienne. Elle subit, comme à la mort d’Akhenaton une damnatio memoriae : son visage représenté sur les reliefs de l’empire est même systématiquement martelé et remplacé par celui de Mérytaton. Il n’est pas impossible qu’elle soit déjà décédée à cette date, d’après une hypothèse, de mort violente. Certains spécialistes comme John Pendlebury ont un moment avancé une possible disgrâce, elle aurait été évincée par une rivale, Kiya, une autre épouse du roi. On sait aujourd’hui que c’est l’inverse qui s’est produit. Les raisons véritables de cette disparition subite nous échappent encore. Pour compliquer cette énigme, des sceaux de jarre à vin avec son nom qui porteraient comme indication : « l’an I de Néfertiti » ont été retrouvés dans le palais nord d’Akhetaton (l’actuelle Tell el-Amarna), ce qui signifie peut-être qu’elle y vécut à la fin du règne de son époux voire qu’elle régna après lui. En 2012, l’archéologue Harco Willems met au jour dans une carrière près d’Amarna des inscriptions laissées par les ouvriers qui montrent qu’en l’an seize, Néfertiti occupe toujours la fonction d’épouse royale, ce qui remet en cause les théories précédentes.

La disparition de Néfertiti coïncide avec l’apparition d’un nouveau personnage nommé au titre de corégent au nom de Ânkh-Khéperourê Néfernéférouaton. Plusieurs chatons de bague inscrits, trouvés par Sir William Matthew Flinders Petrie à Amarna, montrent que ce nouveau personnage est une femme puisque la forme attestée est Ankh(t)Khéperourê. Manéthon, dans sa liste royale, évoque une « femme roi » à la fin de la XVIIIe dynastie qu’il nomme Acenchêrês (ou Akenkheres) qui serait une mauvaise transcription d’Ânkh-Khéperourê. Ici encore, nous en sommes réduits à des conjectures. C’est sur ce postulat que des spécialistes y ont vu la certitude qu’il s’agissait de Néfertiti. Cependant l’identité de cette Ânkh(t)Khéperourê a été très discutée.

Après le court règne du successeur d’Akhenaton, c’est un jeune garçon d’une dizaine d’années qui monte sur le trône, dont elle n’est pas la mère, Toutânkhaton, époux de la princesse royale Ânkhésenpaaton. Une nouvelle hypothèse, qui est toutefois du domaine de l’histoire-fiction, car aucun document ne l’étaye : Néfertiti, encore en vie, mais officiellement retirée des affaires publiques, aurait gouverné dans l’ombre, étant donné le jeune âge du nouveau roi. Cette influence — et probablement sa propre vie — se seraient alors achevées pendant la troisième année de règne de Toutânkhamon, en -1331. C’est en cette année en effet que Toutânkhaton adopte le nom de Toutânkhamon, reniant le culte monothéiste d’Akhenaton et marquant officiellement son soutien au dieu thébain Amon. En même temps, la famille royale abandonne Akhetaton, la ville d’Aton, et revient à Thèbes.

Néfertiti, entier postal, Allemagne.

Qu’on ait identifié Néfertiti à la princesse mittanienne Tadukhipa (idée abandonnée aujourd’hui), à Smenkhkarê ou même à Kiya, qu’elle soit morte pendant le règne d’Akhenaton ou qu’elle ait survécu à son royal époux, voire être la « femme roi » qui lui a succédé : aucune de ces hypothèses n’est attestée à ce jour. Seule, pour l’instant, la version proposée par Marc Gabolde, remporte un grand nombre d’approbations de la part des égyptologues. Il propose que Néfertiti meure avant Akhenaton et que ce soit Mérytaton qui succède à son père.

Un buste la représentant l’a rendue célèbre. Il est conservé au Neues Museum à Berlin. Il s’agit d’une des œuvres de l’Égypte antique les plus copiées. On l’attribue au sculpteur Thoutmôsis, et on pense que le lieu de sa découverte était l’atelier du sculpteur. Le buste donne une idée de la manière dont les anciens Égyptiens restituaient les proportions du visage humain.

En 2009, l’historien d’art suisse Henri Stierlin soutient que le buste de Berlin est une copie datant de 1912. Le conservateur du Musée égyptien de Berlin, Dietrich Wildung, ainsi que plusieurs égyptologues réfutent cette thèse et affirment l’authenticité du buste. Sous réserve d’une preuve matérielle qui fait défaut, le débat n’est pas clos.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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