Nauru (Océanie).

Nauru, en forme longue la république de Nauru (en nauruan : Naoero et Ripublik Naoero ; en anglais : Republic of Nauru) est un État insulaire d’Océanie situé en Micronésie, dont la population est estimée à 9 811 habitants en 2022 et l’un des plus petits États du monde.

Située à 42 km au sud de l’équateur, l’île a une superficie de 21,3 km2 et est formée d’un plateau central peu élevé culminant à 71 m au Command Ridge, ceinturé par une étroite plaine côtière. Sur cette plaine se concentrent les logements et les infrastructures industrielles, agricoles, publiques et de transport, l’intérieur des terres étant majoritairement dévolu à l’extraction du minerai de phosphate qui constitue la seule richesse naturelle de Nauru. L’île est distante de 705 kilomètres de Tarawa-Sud, capitale des Kiribati, dans les îles Gilbert, à l’est-nord-est. Le pays n’a pas de capitale officielle1, toutefois Yaren est désigné de facto comme capitale car le district abrite le Parlement1. Par sa superficie, l’île est considérée comme la plus petite république du monde1. Sa densité est la plus élevée d’Océanie (9e rang mondial).

L’île, alors peuplée de quelques centaines de Nauruans aux origines micronésiennes et mélanésiennes, est approchée par le navigateur  britannique John Fearn en 1798. Elle accède à l’indépendance le 31 janvier 1968. Entre ces deux dates, elle est successivement colonie allemande de 1888 à 1914 puis australienne de 1914 à 1968 avec une période d’occupation japonaise entre 1942 et 1945. Mais ce qui marque le plus profondément la société nauruane, c’est son histoire économique centrée sur le phosphate. Son extraction et son exportation débutent en 1906. Cette ressource, d’abord exploitée au bénéfice des nations colonisatrices de l’île, permet à la population de Nauru d’accéder à un très haut niveau de vie, à partir de l’indépendance en 1968. Cependant, dès les années 1990, l’épuisement des réserves minières, une mauvaise gestion des finances publiques et la dégradation de la santé publique caractérisée par l’apparition de maladies liées à une mauvaise hygiène de vie entraînent une paupérisation de la population et de l’État, aboutissant à une faillite générale.

La population de Nauru est très fortement marquée dans sa structure et sa culture par la colonisation : majoritairement de religion protestante, elle est principalement composée de Nauruans mais comporte une minorité chinoise et quelques Européens et Océaniens. Le nauruan, bien que seule langue officielle de l’île, est supplanté par l’anglais dans les relations formelles, il est largement employé dans le commerce, l’administration et les études supérieures. Le dollar australien est resté la monnaie du pays à son indépendance, et le sport national est le football australien.


Les événements antérieurs à la colonisation de Nauru à la fin du XIXe siècle sont peu connus faute de sources scripturales et en la quasi-absence de données archéologiques.

Vraisemblablement peuplée à l’origine de Mélanésiens et de Micronésiens, elle connaît l’arrivée d’une seconde vague de migration venant des  littoraux chinois via les Philippines, aux alentours de -1200. La société nauruane s’organise alors en douze tribus, parlant chacune un dialecte différent du nauruan, la langue originaire de l’île, et vit de la culture des cocotiers, bananiers, pandanus et takamakas, et de la pisciculture des poissons-lait dans deux lagunes de l’île.

Nauru est approchée par les Européens le 8 novembre 1798 par le capitaine britannique John Fearn. L’île sert alors de refuge à des déserteurs et des contrebandiers. À partir de 1872, des commerçants allemands, ainsi que des missionnaires protestants de Brême s’installent à Nauru. Des missionnaires catholiques de Hambourg arrivent en 1875. En 1878, une guerre civile tribale se déclenche chez les Nauruans au cours de laquelle un tiers de la population disparaît. Le conflit prend fin le 16 avril 1888 lorsque l’Empire allemand annexe Nauru sous prétexte de rétablir la paix.

Les Allemands développent tout d’abord la culture du cocotier dont ils exportent le coprah mais la véritable mise en valeur de l’île prend ses sources en 1900 lorsque d’énormes gisements de phophate sont  découverts. L’extraction commence en 1906 ; différentes compagnies minières se succèdent au fil du temps sur l’île. Elles y font venir de nombreux ouvriers étrangers, chinois et océaniens. Dans le même temps, des missionnaires s’installent sur l’île, évangélisent, instruisent et occidentalisent la population.

En 1914, Nauru est confisqué par les Alliés, comme le reste des colonies allemandes, lorsque l’Australie prend possession de l’île le 6 novembre 1914.

Le statut de Nauru sera un point d’achoppement entre négociateurs de l’Empire britannique. Nauru est revendiquée avec véhémence tant par le gouvernement australien que par celui de Nouvelle-Zélande, au point que l’on sera forcé en mai 1919 de trouver une solution de compromis, faisant du mandat sur cette petite île le seul directement attribué à l’Empire britannique dans le Pacifique par le traité de Versailles. Dans les faits, seule l’Australie administre la colonie. L’extraction du phosphate se poursuit tout au long de la Première Guerre mondiale mais c’est durant l’entre-deux-guerres que la production décolle, la demande des agriculteurs australiens et néo-zélandais s’accroissant.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1940, Nauru subit des attaques de la marine allemande. Les infrastructures servant à l’exportation du phosphate sont bombardées et cinq minéraliers sont coulés. À partir d’août 1942, l’île, partiellement évacuée par les Occidentaux, est occupée par les Japonais après le succès de l’opération RY. Ils la fortifient et font construire par des travailleurs forcés une piste d’atterrissage qui sera la base de l’actuel aéroport international de Nauru. Courant 1943, les Américains bombardent l’île dans le cadre de leur reconquête des îles du Pacifique, mais n’y débarquent pas. Les habitants et occupants de Nauru, coupés des lignes d’approvisionnement japonaises, commencent alors à manquer de ravitaillement. Les Japonais décident en conséquence de déporter 1 200 Nauruans dans les îles Truk où ils sont astreints à des travaux forcés. Ceux qui restent sur l’île survivent dans des conditions très précaires. Le 13 septembre 1945, onze jours après la signature des actes de capitulation du Japon, la garnison de Nauru signe sa reddition. L’île repasse alors dans le giron australien. Les derniers déportés des Îles Truk, qui ne sont plus que 737, sont rapatriés sur Nauru le 31 janvier 1946.

Les Nations unies réattribuent en 1947 Nauru à l’Empire britannique et son administration à l’Australie. Les exportations de phosphate reprennent mais les Nauruans ne profitent que très peu des retombées économiques. Hammer DeRoburt à la tête d’un groupe de jeunes gens éduqués en Australie devient le porte-parole des revendications des Nauruans, qui consistent à demander plus d’autonomie et une meilleure répartition des bénéfices du phosphate. Un Conseil de gouvernement local est créé fin 1951 avec à sa tête Hammer DeRoburt, futur premier président de Nauru. En 1964, un projet australien de déplacement de la population nauruane sur l’île Fraser puis sur l’île Curtis est abandonné car les Nauruans désirent à terme  l’indépendance, ce que leur refuse l’Australie.

Nauru devient indépendante sous la forme d’une république le 31 janvier 1968 au terme d’une période de transition durant laquelle les organismes économiques et politiques sont peu à peu transférés aux Nauruans. Aux commandes de l’île et de son économie alors que le cours du phosphate atteint son plus haut niveau dans les années 1970, les Nauruans s’enrichissent considérablement. La population atteint très vite un des plus hauts niveaux de vie du monde et adopte les pratiques d’une société de consommation. Soucieux de préparer l’avenir du pays une fois les réserves de phosphate épuisées, le gouvernement effectue des acquisitions immobilières et foncières à l’étranger. Le mode de vie occidental se révèlera par la suite néfaste pour la santé des Nauruans avec une hausse des cas de certaines maladies (notamment l’obésité et le diabète) et la baisse de l’espérance de vie.

En 1989, Nauru porte plainte devant la Cour internationale de justice contre l’Australie, réclamant compensation pour la destruction du centre de l’île provoquée par l’extraction de phosphate. Hors tribunal, l’Australie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande acceptent de verser plusieurs dizaines de millions de dollars australiens à l’État nauruan.

Lorsque les gisements de phosphate s’épuisent au début des années 1990, il s’avère que les investissements immobiliers se révèlent infructueux et que les caisses de l’État ont pratiquement été vidées par le détournement de fonds et la corruption. Confrontée à une grave crise économique, l’île voit les présidents se succéder, tentant de remplir les caisses de l’État tandis que les saisies se multiplient. N’ayant aucune autre ressource que celle qui est en train de s’épuiser, ils font le choix du blanchiment d’argent, de la vente de passeports, de l’accueil de réfugiés demandant l’asile en Australie et jugés indésirables dans ce pays (la « solution du Pacifique »), et vraisemblablement du monnayage des votes aux Nations unies à partir du moment où Nauru y adhère en 1999 et à la Commission baleinière internationale lors de son admission en 2005. Depuis 2004, une nouvelle majorité déclare cesser les activités qui font de Nauru un paradis fiscal et lancer des plans de restructuration de l’économie nauruane.

En mai 2016, Nauru dépénalise officiellement l’homosexualité.

Nauru souhaite réhabiliter les terres abîmées par l’exploitation minière. La Nauru Rehabilitation Corporation a été créée à cet effet. Quinze des vingt et un kilomètres carrés de Nauru ont été rendus inutilisables. En 2019, les autorités se donnent vingt ans pour restaurer un quart des terres. L’objectif est de les traiter toutes, pour une durée de cent ans et un budget d’un milliard de dollars. En 2018, seule une petite zone au niveau de la prison de Nauru a été restaurée.

Source : Wikipédia.

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