Musée archéologique de Nicosie (Chypre).

Le Musée national de Chypre (Κυπριακό Μουσείο) est sans conteste le plus grand musée du pays. Aussi appelé musée archéologique de Chypre par beaucoup, il abrite ici les plus beaux et les plus précieux objets du département des Antiquités découverts à travers toute l’île. Une visite inoubliable.

Figurines cruciformes – salle n° 1. Sont ici présentés des objets du Néolithique des périodes précéramique et céramique jusqu’à la fin du chalcolithique, c’est‐à‐dire de 9000 à 2500 av. J.‐C : outils, silex, poteries bicolores. Les plus importantes pièces sont les figurines humaines cruciformes en picrolithe (pierre tendre), répandues au 4e millénaire av. J.-C., typiques de la culture chalcolithique de Chypre. Remarquez notamment cette statuette féminine provenant du site de Kissonegra (Paphos), aux détails très fins et portant elle-même un pendentif. Dans la même vitrine se trouve la « star » du néolithique chypriote : la « dame de Lampa » (3e millénaire av. J.-C.), découverte en 1976 sur le site de Lempa (Paphos) et une autre, trouvée à Kissonegra et unique à Chypre, représentant une femme en train d’accoucher. Ces statuettes sont les plus anciens témoignages d’une pratique religieuse dans l’île, sans doute liés à un culte de la fertilité.

Céramiques – salles nos 2 et 3. La salle n° 2 regroupe les céramiques du néolithique (5000-3900 av. J.-C.) avec toutes sortes d’objets : des récipients, une grosse louche, des objets décoratifs ou votifs. Dans la vitrine centrale, notez ces personnages réunis dans une pièce circulaire avec une figurine au long cou et les animaux offerts en sacrifice. Dans la salle n° 3, on suit l’évolution technique avec des céramiques de l’âge de bronze moyen (1500-1100 av. J.-C.) à la période romaine (à partir de 58 av. notre ère) avec des influences et des importations mycéniennes, phéniciennes et de l’Attique. On remarque au milieu de la salle ce cratère mycénien servant à préparer le vin, décoré d’un groupe de danseurs et musiciens (850-750 av. J.-C.).

Figurines du sanctuaire d’Agia Irini – salle n° 4, avec vidéo en anglais. C’est l’une des salles les plus spectaculaires du musée. Des centaines de statuettes humaines, animales et mythologiques de toutes tailles (de quelques centimètres à plus de 1 m de hauteur), en argile, sont placées en arc de cercle. Elles datent des VIIe et VIe s. av. J.-C. et ont été retrouvées intactes et sous cette forme sur le site d’Agia Irini (région de Morphou) en 1929 par une mission archéologique suédoise.

Sculptures – salle n° 5. Sont présentées les statues de la période chypro-archaïque (VIIIe-Ve av. J.-C.) à la période romaine. En l’absence de carrière de marbre à Chypre, les statues de marbre sont rares et importées (seuls 2 exemplaires sont présentés). On travaille alors surtout le calcaire et la terre cuite pour représenter des figures humaines : divinités (Aphrodite en particulier), héros de la mythologie, kouroi (jeunes hommes), korés (jeunes femmes), athlètes, satyres, etc. On dénote d’abord de fortes influences égyptiennes, puis grecques, notamment dans les visages aux traits fins. Remarquez la mode vestimentaire du VIe s. av. J.-C : les kouroi dont le bras droit (« en écharpe ») reste dissimulé sous l’étoffe. Enfin, la dernière grande acquisition du musée est le groupe de 2 sphinx et 3 lions en calcaire (VIe s. av. J.-C.), tout à fait unique, découvert en 1997 sur le site de l’antique cité de Tamassos, près de Nicosie.

Statues de la période romaine – salle n° 6. Il s’agit surtout de statues de marbre (importées) et de bronze (principale richesse de l’île). L’espace est dominé par une statue colossale en bronze de l’empereur Septime Sévère (119-211) découverte en 1928 sur le site de l’ancienne cité de Chytri (village de Kythrea, zone Nord). Remarquez également les statues de divinités égyptiennes provenant des temples de l’antique Soli, près de Morphou.

Objets de bronze, pièces de monnaie et bijoux – salle n° 7, au centre de la salle se trouve le passage donnant accès aux salles nos 8-13. La salle n° 7 est divisée en 3 sections. La 1re section est dédiée à la riche collection d’objets de bronze de différentes périodes : outils agricoles, armes, casques, sceaux utilisés pour la monnaie d’échange (petits cylindres de la taille d’un filtre de cigarette) et objets rituels, comme cette statue du XIIe s. av. J.-C. d’une divinité à cornes provenant d’Engomi (banlieue de Nicosie) représentée sur un lingot de cuivre en forme de « peau de bœuf ». La 2e section (au centre) abrite une collection numismatique complète avec des exemplaires de pièces frappées par les 10 royaumes chypriotes, ainsi que des tétradrachmes de la période de domination des Ptolémées découverts en 1978 sous les mosaïques de la villa Dionysos du parc archéologique de Paphos. La 3e section contient des bijoux en or, des vaisseaux d’argent, des objets en verre et en ivoire ainsi que des lampes datant de l’âge de bronze jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Art funéraire – salles nos 8-11, dans l’aile nord du musée, en descendant quelques marches à droite de la salle n° 7 ; la salle n° 8 constitue le hall duquel on accède aux salles nos 9 (à droite), 10, 12 (à gauche) et 11 (au-dessus de la salle n° 8) par des escaliers. Dans la salle n° 8 sont reconstituées des tombes qui montrent l’évolution des rites funéraires du IVe millénaire au IVe s. av. J.-C. La salle n° 9 abrite une collection de stèles et sarcophages du VIe s. av. J.-C. au IIe s. de notre ère. Remarquez notamment la stèle aux deux lions et celle représentant un guerrier tenant son bouclier de la main gauche. La salle n° 10 contient également des stèles funéraires. Ces dernières permettent de suivre l’évolution de l’écriture chypriote depuis le syllabaire chypriote, utilisé du XIe s. au IVe s. av. J.-C., puis abandonné au profit de l’alphabet grec sous l’impulsion du roi Évagoras de Salamine. Dans cette même salle, le seul objet non funéraire exposé ici est une pièce unique à Chypre datant du Ier s. de notre ère : les horoscopes de deux personnes gravés sur une même tablette de calcaire, l’un se référant au calendrier romain, l’autre aux calendriers juif et égyptien.

Métallurgie – salle n° 12 (aile nord). Cette salle revient principalement sur l’exploitation du cuivre qui occupa une place centrale dans la vie économique de Chypre durant toute l’Antiquité. Le nom de l’île (Κύπρος/Kypros en grec) pourrait d’ailleurs provenir du terme kuprous qui, dans la langue parlée ici à l’âge de fer (l’étéochypriote), signifiait « cuivre ». On peut voir une reconstitution d’une mine et des différentes étapes du travail du cuivre, plusieurs objets de bronze (alliage de cuivre), comme le talent (39 kg), principale unité de mesure pour les échanges commerciaux, ainsi que des moules utilisés pour la fabrication de flèches, outils et d’autres objets de bronze.

Exposition temporaire – à gauche de la salle n° 12 (aile nord).

Salamine de Chypre – salles nos 11 (aile nord) et 13 (en reprenant le sens de la visite à partir de la salle n° 7). Deux salles sont consacrées au site de l’ancienne capitale de Chypre (près de Famagouste). La salle n° 12 contient les objets découverts dans les tombes des rois de Salamine : lit en bois et trône revêtus d’ivoire, très beaux visages en argile (représentent sans doute les membres de la dynastie Nicocréon de Salamine), chaudron de bronze, unique en son genre, portant sur ses rebords des bustes de griffons et de sphinx, etc. La salle n° 13 abrite quant à elle des statues de marbre (importées) qui décoraient le gymnase de Salamine au IIe s. de notre ère, dont une magnifique statue d’Apollon Kitharodos (« jouant de la lyre »).

Figurines en forme de planche – salle n° 14. La dernière salle est consacrée aux figurines typiques de Chypre, que l’on retrouve de l’âge du cuivre (2100 av. J.-C.) à la période romaine. Réalisées généralement en terre cuite, elles se caractérisent par leur aspect simpliste et leur forme de planche ou planchette surmontée d’une tête plate. Il s’agit de représentations d’une divinité de la fertilité invoquée notamment lors de l’accouchement. La salle abrite d’autres réalisations en terre cuite de périodes différentes, dont des masques et figurines d’acteurs du théâtre antique.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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