Mikhaïl Lermontov, poète, peintre, romancier et dramaturge.

Mikhaïl Iourievitch Lermontov (en russe : Михаил Юрьевич Лермонтов), né le 3 octobre 1814 (15 octobre 1814 dans le calendrier grégorien) à Moscou et mort le 15 juillet 1841 (27 juillet 1841 dans le calendrier grégorien) à Piatigorsk, est  un poète, peintre, romancier et dramaturge russe, souvent appelé le « poète du Caucase ».


Les actes de bravoure y ont alterné avec les farces de potache. Les  impressions de ceux qui l’ont rencontré sont tout autant contrastées. Un héros de notre temps et Le Démon, les héros de ses deux chefs-d’œuvre, sont sans doute ceux qui dévoilent le mieux qui était Lermontov : un « enfant du siècle », aussi profondément romantique que russe.

Lermontov, carte maximum, Serbie.

Lermontov naît à Moscou dans une famille noble du gouvernement de Toula, tirant fierté de son origine écossaise (Lermont, Learmount ou Learmonths). Il perd sa mère alors qu’il n’a que trois ans, et son père à dix-sept ans. C’est sa grand-mère Elisabeth Alexeïevna Arsénieff (1773-1845), née Stolypine, qui l’élève, le tenant éloigné de son père, sous la menace de le déshériter. Son enfance se déroule dans le village de Tarkhany  (gouvernement de Penza).

Lermontov s’installe à Moscou en 1827. Sa grand-mère l’y élève selon les règles de la grande aristocratie russe. L’atmosphère que l’adolescent respire diffère peu de celle dans laquelle Alexandre Pouchkine avait grandi, quinze ans auparavant. Lermontov fréquente la Pension noble (comme, avant lui, Alexandre Griboïedov), jusqu’à ce que celle-ci, jugée trop libérale, soit fermée par les autorités. Il s’inscrit ensuite à l’Université de Moscou, en 1831 et 1832. Ses études s’y terminent abruptement, peut-être en raison du rôle joué dans certains actes d’insubordination vis-à-vis d’un enseignant  autoritaire.

En 1832 sa grand-mère s’installe à Saint-Pétersbourg. Lermontov la suit et rejoint l’école des Cadets, d’où il sort cornette du régiment des hussards de la Garde.

C’est pendant cette période de sa vie qu’il compose ses premiers poèmes inspirés par Pouchkine et Byron. Le style poétique de Lermontov ne tarde cependant pas à s’affranchir. Ceci se traduit notamment par un changement de thèmes, comme dans La Voile, où est évoqué le bonheur atteint dans la lutte. Lermontov entame aussi un roman, Vadim (1832-34), où il prend position pour les paysans opprimés et traite de l’insurrection de Pougatchev. Mais ces années sont surtout celles des grandes lectures : Pouchkine, maître incontesté des lettres russes, mais aussi Friedrich von Schiller, Byron et Victor Hugo.

Lermontov est aussi fortement marqué par l’atmosphère étouffante qui règne dans l’Empire russe depuis l’insurrection décabriste de 1825 : le pays est paralysé politiquement, socialement et moralement ; la noblesse est condamnée à une vie frivole et oisive6.[réf. souhaitée] Les pensées et sentiments de Lermontov sont un reflet parfait de ceux des étudiants de son temps : indignation contre le servage, haine du despotisme et aspiration passionnée à la liberté.

Jeune officier des hussards installé à Tsarskoïe Selo, Lermontov mène une vie mondaine grâce à l’argent que lui verse sa grand-mère. Elle lui inspire un drame en vers, Mascarade ou le Bal masqué (1835-1836), puis un roman, qui reste inachevé, La Princesse Ligovskoï, dans lequel apparaît déjà Pietchorine, le héros de son chef-d’œuvre en prose, Un héros de notre  temps.

Un tournant intervient dans la vie de Lermontov lorsqu’il exprime, en 1837, son désarroi à l’annonce de la mort tragique de Pouchkine, dans un poème passionné adressé à Nicolas Ier. La Mort du poète dénonce les courtisans qui ont, selon Lermontov, provoqué le duel au cours duquel Pouchkine avait perdu la vie. Ces vers proclament aussi que si la Russie ne punit pas les coupables, un second poète ne lui sera pas donné… La Mort du poète vaut à Lermontov une célébrité immédiate, ainsi que la sympathie des nombreux amis de Pouchkine, comme le poète Vassili Joukovski ou Alexandra  Smirnov, dame d’honneur de l’impératrice.

Nicolas Ier, cependant, trouve plus d’impertinence que d’inspiration dans cette adresse, puisque Lermontov est aussitôt envoyé dans le Caucase comme officier des dragons. Il avait déjà passé quelque temps pendant son enfance dans cette région, dont le décor montagneux et les habitants l’enchantent. Son chef-d’œuvre poétique, Le Démon, prend forme durant cet exil. Il écrit aussi Le Chant du tsar Ivan Vassilievitch et du hardi marchand Kalachnikov, ainsi que le Boïar Orcha, inspirés de contes traditionnels russes. Finalement, il entame son grand roman en prose, Un héros de notre temps.

Grâce à l’intervention de sa grand-mère, Lermontov obtient de revenir à Saint-Pétersbourg après six mois d’exil. En 1838 et 1839, il y savoure sa gloire littéraire, tout en écrivant Méditation qui décrit l’oppression de toute sa génération. Une fois de plus, il s’en prend aux “mondains grand monde”, dans Nouvel An 1840. Finalement, après un duel contre Ernest de Barante, fils de l’ambassadeur de France, il est renvoyé dans le Caucase, où il combat avec bravoure. Lermontov avait achevé entre-temps Un héros de notre temps. Le roman, publié au printemps 1840, connaît un succès immédiat. L’écrivain y dépeint la tragédie de la jeunesse de son époque ; libérale et instruite, insatisfaite de la stagnation de la société, consciente de  l’impossibilité de toute révolte, et considérant, dès lors, la vie comme futile. Cet ouvrage romantique, le premier roman psychologique russe, vaut à Lermontov d’être considéré en Russie comme un des fondateurs du réalisme.

En 1841, Lermontov obtient encore une permission de deux mois à Pétersbourg, avant de repartir pour le Caucase, où il trouve bientôt la mort, lors d’un duel, à l’âge de 26 ans. Il aurait été à l’origine du combat fatal qui l’opposa à Nikolaï Martynov en juillet 1841, dans les environs de la ville

Lermontov, entier postal, Russie.

d’eau de Piatigorsk, dans le Caucase. Il semble aussi que les duellistes se placèrent au bord d’un précipice, afin que la moindre blessure entraîne une chute mortelle, ainsi que dans le combat singulier décrit dans Un héros de notre temps. Comme dans le cas de Pouchkine, les circonstances de la mort de Lermontov ne sont pas claires, ce qui a donné naissance à diverses théories, notamment celle de l’assassinat. Lermontov est enterré dans le village de Tarkhany, où il avait passé son enfance.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.