Michael Schumacher, pilote automobile.

Michael Schumacher né le 3 janvier 1969 à Hürth-Hermülheim, près de Cologne en Allemagne, est un pilote automobile allemand, surnommé « Schumi » par ses fans ou parfois par les journalistes. Avec sept titres de champion du monde de Formule 1, 91 victoires en Grand Prix de Formule 1 et 68 pole positions, il possède l’un des plus beaux palmarès de ce sport. Michael Schumacher a détenu la plupart des records de la Formule 1 à l’exception des records de précocité mais Lewis Hamilton se les approprie progressivement.

Après un apprentissage en karting, dans des formules monoplaces, ainsi que dans le championnat du monde des voitures de sport, Michael Schumacher commence sa carrière en Formule 1 lors de l’année 1991, en tant que remplaçant au pied levé de Bertrand Gachot, dans la jeune écurie Jordan, peu avant le Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps. Dès le Grand Prix suivant, il est recruté par l’écurie Benetton Formula, avec laquelle il conquiert ses deux premiers titres de champion du monde en 1994 et 1995. En 1996, il rejoint la Scuderia Ferrari qu’il contribue à relancer après une longue période d’insuccès, signant au volant des F1 de Maranello 72 de ses 91 victoires, lui apportant cinq titres mondiaux des pilotes consécutifs (de 2000 à 2004) et contribuant directement à l’obtention de six titres constructeurs ; il gagne ainsi le surnom de Baron rouge. À partir de 1997, il a comme adversaire en piste son frère Ralf, de six ans son cadet. Les deux frères n’ont jamais couru au sein de la même écurie. Ils constituent l’unique cas en Formule 1 de deux frères ayant gagné des Grands Prix.

Michael Schumacher, carte maximum, Saint-Marin, 2005.

Il prend une première fois sa retraite à l’issue de la saison 2006. Son dernier Grand Prix, au Brésil le 22 octobre 2006, malgré une défaite au championnat du monde face à Fernando Alonso, est marqué par une spectaculaire remontée de la dernière à la quatrième place, ponctuée par une douzaine de dépassements, démontrant qu’il quitte la compétition en pleine possession de ses moyens. De 2007 à 2009, il officie toujours à la Scuderia comme consultant et il reprend parfois le volant dans le cadre d’essais privés. Après un retour avorté en août 2009 à la suite d’un accident de moto et des douleurs au cou, Schumacher est de retour en Formule 1 en 2010 chez Mercedes. Il y effectue trois saisons sans obtenir de nouvelle victoire. Le 4 octobre 2012, il annonce officiellement la fin de sa carrière en Formule 1 à l’âge de 43 ans.

Le 29 décembre 2013, Michael Schumacher est victime d’un grave accident de ski à Méribel, en Savoie. Il souffre d’un traumatisme crânien avec coma qui nécessite une intervention neurochirurgicale immédiate ; son pronostic vital est engagé. Il sort du coma le 16 juin 2014 et quitte l’hôpital de Grenoble pour poursuivre une phase de réadaptation au Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne jusqu’au 9 septembre où il est pris en charge à son domicile. On apprend en septembre 2016 qu’il ne peut pas marcher ni se tenir debout. Sa famille et son entourage proche tiennent à ce qu’aucune information sur son état de santé ne soit divulguée, et il en va ainsi les années suivantes.


Michael Schumacher est né le 3 janvier 1969 à Hürth-Hermülheim en Allemagne dans une modeste famille conservatrice, issue de la petite bourgeoisie. Son père, Rolf Schumacher, est maçon. Alors que Schumacher a quatre ans, il adapte le moteur d’une vieille tondeuse à gazon à son kart à pédales, avec lequel il jouait dans la maison. Désormais, il passe son temps à rouler devant chez lui, jusqu’au jour où il heurte un lampadaire. Pour sa sécurité, son père décide alors de l’amener régulièrement rouler sur la piste proche de Kerpen, où il travaille comme gardien. Michael Schumacher devient le plus jeune membre du club de karting de Kerpen-Horrem, tout en s’adonnant également au football, au tennis et à l’escalade.

Rolf Schumacher construit le premier « vrai » kart de Michael à l’aide de pièces d’occasion montées sur un châssis en bois et de pneumatiques usagées, jetées par les autres concurrents. Schumacher gagne son premier trophée à l’âge de cinq ans, alors que ses adversaires ont 13 ou 14 ans, puis son premier championnat du club à l’âge de six ans. Pour permettre à son fils de courir, Rolf Schumacher prend un deuxième emploi sur la piste, assurant la location et l’entretien des karts, tandis que son épouse Elisabeth, qui a peur pour son fils, travaille à la cafétéria du circuit. Néanmoins, lorsque Michael Schumacher a eu besoin d’un nouveau moteur de kart coûtant 800 Deutsche Mark, ses parents, ne souhaitant pas s’endetter, ont obtenu le soutien financier d’hommes d’affaires locaux : deux amis de la famille, Gerd Noack, un marchand de moquettes et Jürgen Dilk, un fabricant de machines à sous. Schumacher passe alors son temps sur le circuit avec son frère Ralf : motivé par ce soutien, il se sent redevable de leur donner le meilleur de lui-même. C’est à cet âge qu’il lui arrive son premier accident de kart, où il est victime d’une profonde plaie au genou. Son père l’incite alors à faire plus attention lors de ses manœuvres.

En 1980, il se rend avec son père à Nivelles en Belgique, pour assister au championnat du monde de karting, où il découvre Ayrton Senna qui l’impressionne par son style de conduite. Le Brésilien devient alors l’idole du jeune Schumacher. C’est également à cet âge qu’il observe les autres jeunes pratiquant le karting à l’échelon régional ou national en Allemagne et qu’il se lie d’amitié avec certains d’entre eux, allant jusqu’à se rendre en discothèque avec ses amis plus âgés, alors qu’il n’a que 12 ans.

En 1982, il obtient une licence de karting luxembourgeoise, pour contourner la législation allemande exigeant un âge minimum de 14 ans pour acquérir une licence de karting. L’année suivante, il obtient sa licence allemande. En 1984, toujours avec le soutien financier de Jürgen Dilk, il remporte le championnat d’Allemagne junior, alors qu’il dispose encore d’un matériel de moins bonne qualité que celui de ses concurrents. L’année suivante, il pilote pour le concessionnaire Eurokart Adolf Neubert et remporte à nouveau le titre de champion d’Allemagne junior. Il termine également deuxième du championnat du monde junior de karting, disputé au Mans. La mort du pilote allemand Stefan Bellof, le 1er septembre 1985, lors des 1 000 kilomètres de Spa, suscite toutefois l’inquiétude de Jürgen Dilk, qui ne souhaite pas qu’il arrive le même sort à son protégé. Tentant de le convaincre d’arrêter le karting, Schumacher, au bord des larmes, le persuade de continuer à l’emmener sur les courses, en lui promettant de faire attention et de ne pas devenir pilote de Formule 1.

En 1986, ayant désormais quitté la catégorie « junior », Schumacher se classe troisième du championnat d’Allemagne de karting et troisième du championnat d’Europe de karting. En 1987, il est sacré champion d’Allemagne de karting, mais aussi champion d’Europe de la discipline : il remporte le titre européen lors de la dernière manche, disputée à Göteborg en Suède, où il remporte la course alors que les Italiens Alessandro Zanardi et Massimiliano Orsini, qui mènent l’épreuve, se percutent au dernier virage du dernier tour de l’épreuve.

Cette même année, Schumacher termine, au lycée, une scolarité difficile : il déteste l’école et tout comme son frère Ralf, manque souvent de faire ses devoirs à cause du temps passé sur le circuit de karting. Il s’intéresse néanmoins aux cours d’anglais, qu’il juge utile pour le sport automobile. Il souffre aussi de la comparaison avec ses autres camarades de classe, issus d’un milieu social plus aisé. Il suit alors une formation de mécanicien pour parfaire son bagage technique et « mieux décrire le comportement d’une voiture ». Il valide son diplôme avec six mois d’avance, soulageant ainsi sa famille qui lui souhaite ainsi d’avoir un travail correct plus tard. Néanmoins, Schumacher ne caresse pas ce dessein car cela lui demanderait de suivre des études plus approfondies : son formateur avoue qu’il « était très bon en pratique, mais pas très sérieux en cours », et qu’il a failli sécher ses examens.

Schumacher fait ses premiers pas en Formule Ford 1600 à l’automne 1987, lorsque Jürgen Dilk lui obtient une séance d’essais au sein de l’écurie Eufra, sur le circuit d’Hockenheim. Pourtant très nerveux la veille des essais, ne sachant pas comment s’y rendre (il parvient à contacter Dilk à minuit pour lui demander de l’y emmener), il décroche un contrat de quatre courses pour disputer le championnat d’Allemagne de Formule Ford 1600 en 1988a 6. Trouvant très vite ses marques, il remporte des victoires dans toutes les catégories dans lesquels il concourt : sixième du championnat allemand où il dispute finalement six courses pour quatre podiums dont trois victoires, et une pole position, il est vice-champion d’Europe de Formule Ford 1600 derrière le Finlandais Mika Salo, avec trois podiums, dont deux victoires en quatre courses. Parallèlement, il participe au championnat d’Allemagne de Formule König qu’il remporte avec neuf victoires en dix courses, pour autant de podiums, et une pole position. En fin d’année, il participe au Formula Ford Festival à Brands Hatch, une épreuve où de nombreux jeunes talents se sont révélés, mais sa prestation se solde par un accident.

Schumacher est alors repéré par l’ancien pilote Willi Weber, conseillé par Domingos Piedade et Gerd Krämer, deux responsables chez Mercedes-AMG qui ont leur entrées en Formule 1 et qui suivent la relève allemande avec intérêt. Weber, alors patron de l’écurie WTS (pour Weber Trella Stuttgart), l’observe lors de plusieurs courses en Formule Ford et Formule König : « Ce garçon mérite une chance tellement il est bon. Tout ce qu’il fait semble être un jeu d’enfant. Il est si léger, si souverain. Il a forcément en lui quelque chose de particulier ». Weber lui offre en fin d’année 1988 une séance d’essais au volant d’une monoplace de Formule 3 au Nürburgring. si le jeune pilote détruit sa voiture au bout de cinq tours où il pilote trop brutalement, Weber, convaincu qu’il tient un talent brut qu’il pourrait mener à la Formule 1, fait réparer la monoplace pour lui permettre de poursuivre les essais, au terme desquels il se montre plus rapide d’une seconde et demie que le titulaire Joachim Winkelhock. Séduit, Weber l’engage sans lui demander le moindre apport budgétaire et devient son manager pour les dix prochaines années.

Même si les conditions de vie s’avèrent difficiles (Schumacher dort dans le van de l’équipe), il impressionne dès ses débuts en terminant sur le podium de ses trois premières courses et en s’affirmant face aux pilotes les plus expérimentés, comme Michael Bartels, et en faisant oublier Franck Schmilkler, le premier pilote de WTS. Il remporte sa première victoire au bout de cinq courses, lors d’une manche disputée sous la pluie où il lutte face à Heinz-Harald Frentzen. Avec un total de deux victoires, sept podiums, deux pole positions en douze courses, il est vice-champion d’Allemagne de Formule 3 1989, à égalité de points avec Frentzen, mais derrière l’Autrichien Karl Wendlinger. Paradoxalement, Weber est plutôt soulagé de voir son poulain échouer dans la quête du titre allemand : dans le cas contraire, il n’avait pas prévu d’évolution pour sa carrière. Pour autant, plus tôt dans l’année, Weber l’emmène assister à son tout premier Grand Prix de Formule 1, à Monaco, où la victoire se joue entre Ayrton Senna et Alain Prost. Schumacher est néanmoins déçu de cette expérience, voyant son compatriote Bernd Schneider, de cinq ans son aîné et ayant connu le succès en karting et en formules de promotion, échouer en pré-qualifications au volant de sa Zakspeed, alors qu’il le considère comme un « superbe pilote ».

Sa deuxième place en championnat d’Allemagne de Formule 3 lui permet de disputer en novembre 1989 le prestigieux Grand Prix de Macao de Formule 3, où s’affrontent les meilleurs jeunes pilotes du monde. Disputé en deux manches, Schumacher remporte la première, mais abandonne sur casse mécanique lors de la seconde, laissant la victoire finale à l’Australien David Brabham.

En 1990, la saison commence mal puisqu’au terme des trois premières manches, Schumacher accuse 42 points de retard sur le meneur du championnat, Wolfgang Kaufmann. Les observateurs émettent alors des réserves sur les capacités du jeune allemand, qui songe alors à revenir au karting. Il se reprend en remportant cinq des six courses suivantes, s’adjugeant le titre de champion d’Allemagne à une manche du terme de la saison. Pour cette dernière course, disputée à Hockenheim, il s’incline devant le Finlandais Mika Häkkinen, pilote invité et champion britannique de Formule 3 cette année-là. Il offre alors les 20 000 livres sterling de prime offerte au vainqueur à son père afin d’éponger les dettes de la famille.

En fin d’année, il tient sa revanche face à Häkkinen lors du prestigieux Grand Prix de Macao de Formule 3, mais sa victoire est controversée : deuxième à trois secondes du Finlandais à l’issue de la première manche, l’Allemand prend la tête de la deuxième manche dès le premier tour, mais Häkkinen reste à moins de trois secondes de son rival, s’assurant ainsi virtuellement la victoire finale. Sous pression, Schumacher fait une erreur dans la ligne droite principale du circuit, laissant la possibilité au Finlandais de le dépasser. Il bloque alors Häkkinen, qui percute l’Allemand et termine sa course dans les glissières de sécurité, tandis que Schumacher remporte l’épreuve. Plus tard, le Finlandais dit avoir beaucoup réfléchit à cette course, en se demandant si Schumacher a « délibérément essayé de [m]e sortir ». En 2006, Schumacher considère Häkkinen comme le rival envers lequel il a le plus de respect.

En parallèle du championnat d’Allemagne de Formule 3, Michael Schumacher, ainsi que ses rivaux Heinz-Harald Frentzen et Karl Wendlinger, sont recrutés en 1990 par l’écurie Sauber-Mercedes qui dispute le championnat du monde des voitures de sport. Le constructeur allemand, dirigé par Jochen Neerpasch, souhaite en effet développer une filière de jeunes pilotes. Le choix de carrière de Schumacher est plutôt inhabituel puisque ses contemporains tentent généralement leur chance en Formule 3000 avant de rejoindre la Formule 1, d’autant que l’endurance est alors l’apanage des pilotes en fin de carrière. Néanmoins, Willi Weber estime que piloter des voitures développant plus de 700 chevaux et s’exposer aux conférences de presse serait bénéfique pour sa carrière : en effet, le programme des jeunes pilotes comprend la maîtrise de l’anglais, des cours de rhétorique et des simulations de direct devant les caméras, ce qui permet à Schumacher, alors réservé, de gagner en assurance et en décontraction lors de ses apparitions publiques, auprès des médias. Pour autant, malgré l’opportunité d’intégrer Mercedes et d’obtenir un salaire annuel de 100 000 livres, Schumacher n’est d’abord pas intéressé par le choix de carrière de Weber, qui met cinq semaines à le convaincre de s’engager avec Mercedes.

En course, les trois jeunes allemands sont encadrés par les vétérans Jean-Louis Schlesser, Mauro Baldi et Jochen Mass, avec qui ils se relaient dans la Sauber Mercedes C11. Schumacher impressionne rapidement son nouveau patron, Peter Sauber : « Dès qu’il montait dans une voiture, il était rapide. Il n’avait pas besoin d’un long temps d’adaptation. Il a toujours aligné des chronos fantastiques du premier coup. Les autres finissaient souvent par le rattraper et à l’arrivée, les écarts étaient infimes. Mais Michael prenait toujours les devants. C’est ce qui le distinguait des autres pilotes ». En effet, en équipe avec Mass qui lui apprend les secrets de chaque circuit, Schumacher dispute quatre courses : lors de ses débuts à Silverstone, il est disqualifié dès les qualifications pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité, ce qu’il nie ouvertement. Malgré ce temps d’adaptation, il finit deuxième à Dijon et au Nürburgring, puis remporte en fin d’année à Mexico le Trofeo Hermanos Rodriguez grâce à la disqualification de la Sauber Mercedes C11 de Schlesser et Baldi, ce qui lui permet de terminer à la cinquième place finale du championnat des pilotes. Jochen Mass ne tarit pas d’éloges sur son jeune équipier : « Il me semblait évident dès le départ combien il était fort et combien son potentiel était important. Il n’a cessé de progresser. Il a surtout appris la discipline ». Effectivement, Schumacher, désormais au contact d’une équipe professionnelle de haut niveau, est initié à la mise au point électronique de la voiture et à l’approche informatique du moteur et de la mécanique. Ces facultés lui permettent, entre autres, de piloter vite en économisant le carburant, un domaine dans lequel excelle Frentzen, devenu son rival. Celui-ci est perçu par les observateurs comme étant plus talentueux, ce que ne supporte pas Schumacher, plus assidu au travail et se considérant comme plus méritant que lui, qui ne consacre pas toute sa vie à la course.

En fin d’année 1990, Schumacher est invité par Mercedes-AMG pour disputer à Hockenheim la dernière manche du DTM, le très relevé championnat allemand de voitures de tourisme. Il abandonne dès le premier tour après avoir envoyé hors de la piste le pilote BMW Johnny Cecotto, prétendant au titre, permettant à Hans-Joachim Stuck de remporter le championnat. Même si l’Allemand, inhabitué à piloter ce type de machine, présente ses excuses au Vénézuélien, celui-ci est persuadé que Schumacher l’a accroché délibérément, arguant que Mercedes ne voulait pas qu’un pilote BMW gagne le titre.

L’année 1996 est l’année du changement. Il abandonne l’écurie Benetton avec laquelle il vient de conquérir deux titres mondiaux, et arrive avec son no 1 chez Ferrari, une équipe en pleine reconstruction sous l’impulsion du Français Jean Todt. Pari osé, qui mettra quelque temps avant de s’avérer gagnant. Malgré une voiture peu efficace, il parvient à atteindre la troisième place du championnat des pilotes, en remportant trois Grands Prix, une première pour Ferrari depuis la saison 1990. Il gagne ainsi en Espagne sous une pluie battante, au terme d’une domination rappelant les démonstrations des plus grands pilotes de l’histoire, mais aussi en Belgique et surtout en Italie, devant des milliers de tifosi en délire. Ces derniers ont trouvé leur nouvelle idole, et commencent à entrevoir des jours meilleurs pour la Scuderia après les années noires qu’elle vient de traverser.

En 1997, tandis que les progrès de Ferrari se confirment, Schumacher décroche cinq victoires (Monaco, Canada, France, Belgique et Japon) et aborde l’ultime course de la saison avec un point d’avance sur Jacques Villeneuve. Surpris par une attaque de son rival, Schumacher donne un coup de volant en sa direction et provoque un accrochage. Las, ce geste n’a d’autre effet que de provoquer son propre abandon, ainsi qu’une immense polémique sur le comportement anti-sportif du pilote allemand. Villeneuve est sacré et Schumacher est déclassé du championnat, pour conduite antisportive. Il se verra aussi imposer par la FIA de participer à des actions pour la sécurité routière. Schumacher conservera cependant tous ses points et ses victoires acquis lors de cette saison 1997.

En 1998, toujours sur Ferrari, il gagne six Grands Prix (Argentine, Canada, France, Grande-Bretagne, Hongrie et Italie) mais est à nouveau battu au championnat dans l’ultime course de la saison, cette fois par Mika Häkkinen, sur McLaren-Mercedes. En 1999, le duel Häkkinen-Schumacher se poursuit, mais est interrompu par la blessure de Schumacher, victime d’une fracture de la jambe au Grand Prix de Grande-Bretagne à la suite d’une violente sortie due à une rupture mécanique dans le virage de Stowe. Il revient en fin de saison pour essayer, sans succès, de faire gagner le titre pilotes à son coéquipier Eddie Irvine. Malgré une étonnante démonstration de force en Malaisie où il offre la victoire à Irvine, il est impuissant au Japon pour contrer Häkkinen. Avec deux victoires dans la saison (Saint-Marin et Monaco), il termine cinquième du classement pilotes, et contribue au titre de champion constructeurs de la Scuderia Ferrari, le neuvième et le premier depuis 1983.

L’année 2000 est celle de la consécration pour le tandem Schumacher-Ferrari. Après un début de saison impérial favorisé par les problèmes de fiabilité rencontré par les McLaren (il remporte les trois premiers Grands Prix en Australie, Brésil, Saint-Marin, puis s’impose en Europe et au Canada) et malgré un passage à vide durant l’été (trois abandons consécutifs notamment) qui permet à Häkkinen de refaire une grande partie de son retard, et même de prendre l’avantage au championnat du monde après le Grand Prix de Hongrie, il est titré après une fin de saison dominatrice puisqu’il gagne les quatre derniers Grands Prix de la saison (Italie, États-Unis, Japon, Malaisie). Michael Schumacher devient le premier pilote depuis Jody Scheckter en 1979 à être titré sur Ferrari. Ce succès est le premier d’une longue série pour l’Allemand.

En 2001, il décroche son quatrième titre après avoir remporté neuf Grands Prix (Australie, Malaisie, Espagne, Monaco, Europe, France, Hongrie, Belgique et Japon), égalant une troisième fois (après 1995 et 2000) le record de Mansell en 1992.

Le scénario se répète en 2002 avec onze victoires (Australie, Brésil, Saint-Marin, Espagne, Autriche, Canada, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Belgique et Japon) qui lui permettent d’établir un nouveau record, et un titre acquis dès le GP de France disputé au mois de juillet, grâce à une formidable voiture. Jamais dans l’histoire un pilote n’avait été sacré aussi tôt dans la saison. Cette saison quasi parfaite est cependant entachée par le Grand Prix d’Autriche, durant lequel Barrichello, dominateur durant tout le week-end, est obligé de céder la tête de la course à son coéquipier à proximité de l’arrivée.

En 2003, face à une opposition souvent mieux armée (au cœur de l’été, les Michelin de ses adversaires dominent les Bridgestone de Ferrari), il ne gagne que six courses, et doit attendre le dernier Grand Prix de la saison pour décrocher son sixième titre, le Finlandais Kimi Räikkönen étant resté menaçant jusqu’au bout. Le titre s’est joué au Grand Prix des États-Unis, où Schumi remporta une superbe victoire, sous la pluie, parti de la septième place sur la grille. Ce titre aura un goût triste pour Michael qui, lors du Grand Prix de Saint-Marin, a perdu sa mère Elisabeth, décédée d’une hémorragie. Ce jour-là, il remporta la victoire, son frère Ralf terminant quatrième.

En 2004, Schumacher et la Scuderia reprennent leur domination sur la Formule 1, pour une saison de tous les records. Schumacher s’impose à treize reprises sur dix-huit courses et est sacré champion du monde pour la septième fois. Fin 2004, il participe à la « Race of Champions » où il s’incline en finale contre Heikki Kovalainen mais remporte son duel tant attendu face au champion français de rallye Sébastien Loeb. En 2004, Schumacher est le deuxième sportif le mieux payé au monde, derrière le golfeur Tiger Woods. Ses revenus annuels sont estimés à environ 80 millions de dollars.

En 2012, Schumacher a toujours Rosberg comme coéquipier et réussit à hausser de plus en plus son niveau pour le devancer de plus en plus souvent, notamment en qualifications. Lors du Grand Prix inaugural, en Australie, il se qualifie quatrième quand Rosberg est septième. Il occupe la troisième place en course avant d’abandonner au bout de dix tours, sur un souci de boîte de vitesses. En Malaisie, il se qualifie troisième mais s’accroche avec Romain Grosjean dès le départ et termine dixième. En Chine, la première ligne est monopolisée par les Mercedes et Schumacher réalise ainsi sa meilleure qualification depuis presque six ans. Le lendemain, il occupe une solide deuxième place avant d’abandonner après son arrêt au stand au douzième tour, l’écrou de sa roue avant-droite n’étant pas encore serré au moment où il est reparti.

À Bahreïn, il se qualifie dix-huitième mais doit changer sa boîte de vitesses : il part vingt-deuxième et termine dixième à plus d’une minute du vainqueur. Au Grand Prix d’Espagne, il accède une nouvelle fois à la troisième phase de qualification mais abandonne en course après un accrochage avec Bruno Senna qui lui vaut une sanction de cinq places de pénalité sur la grille du Grand Prix de Monaco. Ainsi, bien qu’il réalise le meilleur temps de la séance qualificative, il n’obtient pas la pole position, dévolue à Mark Webber, second des qualifications, et s’élance de la sixième place sur la grille. Après un nouvel abandon au Canada après une casse d’aileron, Schumacher retrouve le podium pour la première fois depuis son retour à la compétition en terminant troisième sur le circuit urbain de Valence.

Il termine à deux reprises dans les points en Grande-Bretagne puis en Allemagne, où il se classe à deux reprises septième. Après un abandon sur panne mécanique en Hongrie, il termine une nouvelle fois septième en Belgique puis sixième à Monza, pour le Grand Prix d’Italie. Au Grand Prix de Singapour, il commet une erreur de pilotage et percute violemment Jean-Éric Vergne, contraignant les deux pilotes à l’abandon. La semaine suivante, le 28 septembre 2012, l’écurie Mercedes Grand Prix dirigée par Ross Brawn et Nick Fry, annonce que Lewis Hamilton vient de signer avec elle un contrat de trois ans et remplacera donc Schumacher à partir de la saison 2013.

Le 4 octobre 2012, à l’occasion du Grand Prix du Japon, il confirme officiellement qu’il prend sa retraite de pilote de Formule 1 dès la fin de la saison.

L’Allemand alors âgé de 43 ans, déclare ne plus se sentir aussi fort qu’en sa jeunesse et préfère donc quitter le monde de la F1 après 19 années de compétition. La « tournée asiatique » ne se déroule pas au mieux pour Schumacher qui, après l’abandon de Singapour, termine hors des points à Suzuka (onzième), à Yeongam (treizième) et en Inde (vingt-deuxième). S’il ne termine que seizième du Grand Prix des États-Unis, il termine sa carrière en Formule 1 en se classant dans les points, septième, du Grand Prix du Brésil.

Schumacher se classe treizième du championnat du monde des pilotes avec quarante-neuf points contre quatre-vingt-treize pour son coéquipier Rosberg (neuvième) qui a réussi à obtenir la première victoire de sa carrière. Il a inscrit des points à huit occasions, est monté sur un podium et a réalisé le meilleur tour en course pour son Grand Prix national.

Le dimanche 29 décembre 2013 vers 11 heures, à Méribel, en Savoie, Michael Schumacher est victime d’un grave accident de ski. Alors qu’il se trouve en compagnie de son fils Mick et de trois amis, il descend sur une vingtaine de mètres dans une zone non balisée entre les pistes Georges Mauduit et La Biche, lorsqu’il heurte un rocher émergeant au-dessus de la neige, en effectuant un virage ; il retombe violemment et frappe de plein fouet, du côté droit de la tête, l’arête d’un rocher en contrebas. Sous le choc, son casque éclate en trois parties. Schumacher, « sonné mais conscient », selon les pisteurs-secouristes qui interviennent quelques minutes après son accident, est dans un premier temps héliporté vers le centre hospitalier intercommunal Albertville-Moûtiers puis évacué vers le centre hospitalier universitaire de Grenoble où il subit une opération en début d’après-midi. En fin de soirée, le CHU de Grenoble annonce que Michael Schumacher souffre d’un « traumatisme crânien avec coma qui a nécessité une intervention neurochirurgicale immédiate » puis, une heure plus tard, qu’il est atteint d’une hémorragie cérébrale et que son pronostic vital est engagé.

Le 30 décembre 2013, les médecins du CHU de Grenoble précisent que Schumacher reste « dans une situation critique sur le plan de la réanimation cérébrale, son pronostic vital demeure engagé. » Le neurochirurgien Stéphane Chabardès évoque « l’apparition d’hématomes intracrâniens, des contusions et autres œdèmes ainsi que des apparitions de lésions cérébrales diffuses. » Jean-François Payen, chef du service anesthésie-réanimation, déclare : « Michael Schumacher est placé sous hypothermie thérapeutique. Nous contrôlons sa température corporelle, entre 34 et 35 °C. Notre objectif est d’assurer une bonne oxygénation de son cerveau. On travaille heure par heure. On va essayer de se donner un peu de temps, en attendant il est sous anesthésie générale par médicaments pour éviter au maximum toute stimulation extérieure. » Le professeur indique également que « malgré son casque, il est arrivé avec des lésions assez importantes. Le choc a dû se faire à une haute énergie cinétique ; il est tombé sur le côté, il avait des mouvements spontanés de ses quatre membres mais ne répondait pas aux questions. » Schumacher subit, plus tard dans la soirée, une opération afin d’évacuer un hématome intracrânien et de placer un dispositif pour diminuer la pression intracrânienne. Le lendemain, Jean-François Payen, chef du service de réanimation, déclare : « Le scanner de ce matin montre des signes de légères améliorations. La situation est mieux contrôlée qu’hier. On ne peut pas dire qu’il soit hors de danger mais on a gagné un peu de temps dans son évolution. »

Le 13 janvier 2014, les médecins commencent à procéder à des examens afin de déterminer quelles zones du cerveau restent fonctionnelles et celles qui sont endommagées. Le 30 janvier, l’agent et attachée de presse de Schumacher, Sabine Kehm, annonce que l’Allemand est amené progressivement vers une éventuelle sortie du coma artificiel dans lequel il est plongé : « La sédation de Michael a été réduite afin de permettre de commencer la phase de réveil, qui pourrait prendre beaucoup de temps. »

En février 2014, il est soigné pour une pneumopathie qui serait une probable conséquence de son intubation. Le 16 juin, Sabine Kehm annonce que Michael Schumacher, sorti du coma, quitte l’hôpital de Grenoble. Il poursuit sa réadaptation au Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne jusqu’au 9 septembre 2014 où il est pris en charge à son domicile. En septembre 2016, l’avocat de la famille Schumacher déclare que Michael ne peut toujours pas marcher ni se tenir debout seul. Les soins qu’il reçoit à son domicile coûtent environ 10 millions d’euros par an. Son entourage reste avare d’informations sur sa convalescence, pour éviter d’alimenter des rumeurs, si bien qu’aucun pronostic ne peut être établi.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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