Max Hymans, homme politique.

Max Hymans est un homme politique français, né le 2 mars 1900 à Paris et mort le 7 mars 1961 à Saint-Cloud. Il a été élu député et a occupé plusieurs postes ministériels avant 1940. Il fut membre de la Résistance pendant la guerre puis président d’Air France de 1948 à 1961.


Max Hymans naît à Paris le 2 mars 1900. Après son baccalauréat il obtient un diplôme d’ingénieur des Arts et Manufactures de l’École centrale de Paris en menant en parallèle des études de droit.


Il entre comme ingénieur chef aux chantiers de Clairoix près de Compiègne, Oise. Il entre en conflit avec l’administrateur délégué au sujet des salaires des ouvriers français, et de leur relève par des ouvriers étrangers encore plus mal payés.
Le 22 octobre 1925, il s’inscrit comme avocat à la Cour d’appel de Paris. Il ouvre un cabinet spécialisé dans les affaires de contrefaçon et de brevets d’invention pour utiliser sa double compétence d’ingénieur et de juriste.

Il adhère à la SFIO, et collabore au travail parlementaire de l’avocat Marcel Plaisant, député radical du Cher et délégué de la France à la Société des Nations, qui est comme lui spécialisé dans les affaires de contrefaçon et de brevets d’inventions. Il lui prépare des propositions de loi concernant les salariés agricoles, les petits commerçants ou les brevets d’invention.

Il quitte la SFIO pour le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), qui défend les idées du Néo-socialisme avec pour devise « Socialiste, Républicain, Français ».

Max Hymans, carte maximum, Paris, 3/03/1990.

Ce nouveau parti, présidé par Max Bonnafoux, compte une quarantaine de parlementaires. Comme tous les néo-socialistes, Max Hymans était partisan d’une collaboration gouvernementale avec les radicaux, ce que refusait la S.F.I.O. Il s’est prononcé de nombreuses fois en faveur de la création d’un ministère de l’économie, et en politique extérieure, en faveur d’une union militaire avec l’URSS et la Yougoslavie. Max Hymans s’est rendu deux fois en URSS, en qualité de rapporteur de la commission de l’Air. Il en est revenu chaque fois, encore plus persuadé de la puissance de l’armée Soviétique. Les Russes lui ont montré un lâché d’unités parachutistes. Il en a été très impressionné, ce corps n’existait pas encore dans l’armée française. Il sera créé en 1935 à Avignon-Pujaut, dépendant de la base d’Istres, concrétisant une initiative de Pierre Cot. Ceci, sous la direction technique d’un officier soviétique, au moment de la signature du traité d’amitié franco-soviétique de 1935.

Rapporteur du budget de l’Air à la Chambre, il vote le 31 août en faveur de la fusion des compagnies aériennes en une seule : Air France. Les compagnies de navigation aériennes françaises (comme on dit à l’époque) sont : Air Orient, Air Union, Cidna (ex Franco-Roumaine) et SGTA Farman. L’Aéropostale du banquier Marcel Bouilloux-Lafont ayant été mise en faillite, est également rachetée.

Naissance d’Air France, le 7 octobre, à 16 heures, à l’Aéroport Paris-Le Bourget. Cette réalisation d’Air France est à mettre au crédit de Pierre Cot.

Le 28 janvier 1937, il se marie avec Monique Maurey. Les témoins de sa future épouse étaient les amis de son beau-père : Tristan Bernard et Sacha Guitry. Max Maurey avait été, auparavant en 1935, témoin, lors du mariage de Sacha Guitry et Jacqueline Delubac. Les siens étaient Édouard Herriot, alors Président de la Chambre des Députés, et Joseph Paul-Boncour, le président de son groupe parlementaire.

En raison des grèves de 1936, la préparation de l’Exposition Universelle dont le nom officiel est « Art et Technique », a pris un retard important. L’ouverture est prévue symboliquement le 1er mai, date importante pour un gouvernement de Front Populaire. Tout retard ferait l’objet de moqueries de la part de la droite. Le gouvernement souhaite absolument respecter cette date. Il nomme Max Hymans Commissaire Général de l’Exposition. IL parvient à respecter les délais impartis, contribuant à construire sa réputation d’homme énergique. Certes des bâtiments n’étaient pas terminés (ex. : le Palais d’Iéna, œuvre d’Auguste Perret, qui ne sera terminé qu’en 1946), certains appelés à durer, ne le seront qu’après sa fermeture. Cela est passé inaperçu auprès du public. Il devait devenir le musée national des Travaux publics, il est aujourd’hui le siège du Conseil économique, social et environnemental, après avoir été le siège de l’Assemblée de l’Union française, puis après 1958 celui de la Communauté française.

Max Hymans, épreuve de luxe.

Le jour de l’ouverture, deux pavillons, qui se font face, sont terminés et reçoivent la médaille d’or de l’exposition : celui de l’Allemagne nazie et celui de l’URSS. Le 10 octobre, Max Hymans est réélu conseiller général de l’Indre pour le canton de Valençay.

En mars 1942, il est hébergé à Lyon par Lucie et Raymond Aubrac. Il devait quitter la France grâce à Virginia Hall, l’agent du SOE en poste à Lyon, dont la couverture était maintenant d’être la correspondante, en France non occupée, du quotidien New-Yorkais le New York Post. Elle organise un départ en sous-marin à partir d’Antibes. L’agent du SOE à Antibes était le Dr Elie Levy, médecin, voisin, et ami de Max Maurey. C’est par son gendre Max Hymans, qu’il est entré au SOE. Sa villa, 31 boulevard du Maréchal-Foch, servait de point de passage pour les cadres de la résistance comme Jean Moulin, d’Astier de La Vigerie, etc. quand ils quittaient la France pour Londres via Gilbraltar. Il est mort en déportation, non pas en raison de son appartenance au SOE, mais parce qu’il appartenait à de nombreux réseaux. Le nom du Dr Levy se trouve sur le monument du SOE maritime dans un square qui porte son nom, à côté de la plage de l’Ilette, à Antibes. Londres veut le plus rapidement possible un rapport de Max Hymans sur l’activité du SOE dans l’Indre, dans le midi où il y a eu des arrestations, sur le réseau CARTE, et enfin dans toute la France. Malheureusement un contrôle, en gare à Lyon, va lui faire manquer son train. Il prendra le suivant manquant son rendez-vous. Après l’avoir attendu vainement, le sous-marin qui se trouvait plage de la Garoupe a fini par repartir sans lui. La plage de la Garoupe, une anse située à la pointe du cap d’Antibes, protégée par des rochers de chaque côté et terminée par une plage de sable fin était idéale pour des débarquements clandestins, elle a n’a jamais été repérée par les Allemands. Preuve en est que ces derniers ont placé des tripodes en béton devant toutes les plages du sud, sauf devant celle-ci. Aucun débarquement ou embarquement réalisé par le SOE, que ce soit en Bretagne ou dans le Midi n’a jamais été intercepté par les Allemands.

Le SOE utilise largement la voie maritime depuis Gibraltar, avec des bateaux de pêche à équipages polonais, des felouques et des sous-marins Il va quitter la France grâce à un réseau d’évasion SOE plus classique en traversant l’Espagne. Il était accompagné de Félix Gouin, et de deux jeunes résistants gaullistes. Il traverse l’Espagne sous le nom Frédéric Glen. Lors de l’inauguration du monument consacré à la mémoire des agents du SOE britanniques morts pour la France, à Valençay. L’un d’entre eux, Jean-Louis Thomas a envoyé une lettre à Mme Hymans, dans laquelle il lui raconte ce voyage. Âgé de 20 ans, il avait reçu comme consigne de protéger dans la mesure du possible, les deux hommes politiques qui l’accompagnaient, et dont il ignorait la véritable identité. Le rendez-vous fut fixé à Collioure, ils ont traversé les Pyrénées sans guide, Max Hymans, Félix Gouin, et Jean-Louis Thomas sont arrêtés à la gare de Figueras par la Garde Civile, en essayant de prendre un train de fret roulant au ralenti. Ils ont été emprisonnés à Gérone, Barcelone, Saragosse, et enfin au camp de Miranda. Il se déclare Canadien, ce qui lui permettait d’expliquer son mauvais anglais.

En juillet 1942, l’Espagne, comme de nombreux pays, calquait sa politique étrangère sur l’évolution de la situation militaire. En 1942, après l’attaque allemande contre la Russie et l’entrée en guerre des États-Unis, la victoire de l’Allemagne n’était plus aussi certaine qu’en 1940. Elle collaborait donc en sous-main avec les Anglais. C’est pourquoi à la suite d’une demande du consulat britannique de Barcelone, ils sont libérés et peuvent quitter l’Espagne, par Gibraltar, et rejoindre l’Angleterre. À Gibraltar il rencontre pour la première fois le général de Gaulle et s’entretient avec lui. Ce dernier revenait d’Haïfa, les Anglais lui ayant refusé l’entrée en Syrie, après la signature de l’armistice de Saint-Jean-d’Acre le 14 juillet 1941.

En août 1942, il devient l’un des intervenants réguliers de la BBC dans l’émission Les Français parlent aux Français que dirige Maurice Schumann. Il intervient sous les noms de Granpré et Fromuzeau, Fromuzeau vient de “from Muzeau”, du nom du lieu où se trouvait sa première habitation à Valençay. Il souhaitait, par des pseudonymes faciles à déchiffrer, que ses électeurs le reconnaissent. Il incite les agriculteurs à résister aux demandes de livraisons de produits agricoles aux Allemands, par l’intermédiaire de Vichy, et à les vendre directement aux habitants des villes. Ses discours ont déclenché des incendies de récolte et de matériel agricole, en particulier dans le Berry.

Le 12 octobre 1942, il est radié du barreau de Paris.

Le général de Gaulle lui confie plusieurs missions : il est nommé Secrétaire Général du “Comité Central d’Aide aux Prisonniers”. Pour cela il met en place l’envoi, aux soldats français prisonniers en Allemagne, de colis provenant des États-Unis (le Free French Relief Committee à New York), du Canada, d’Afrique du Nord (l’œuvre du colis d’Algérie et du Maroc), et d’Amérique latine, les uns sont offerts, les autres achetés grâce à l’or de la Banque de France déposé aux États-Unis. Il arrive à faire livrer, inégalement en raison des destructions partielles des ports d’arrivées, c’est-à-dire Naples et Marseille, ainsi que des chemins de fer allemand, jusqu’à 800 000 colis par mois. Ils sont distribués, dans les camps allemands aux prisonniers de guerre, par la Croix-Rouge. 1 600 000 soldats français ont été transférés en Allemagne en 1940. En janvier 1942, il en restait 1 400 000, compte tenu des retours anticipés et de la relève, et 900 000 à la Libération.

Il participe aux délibérations du « Groupe des Parlementaires Français adhérents à la France Combattante », dont le président est Félix Gouin. Il partage un petit appartement au 18 Hyde Park avec ce dernier, en raison de la pénurie de logements dans la capitale anglaise. Les membres de ce groupe sont : Paul Antier, député indépendant de la Haute-Loire, qui fut le premier parlementaire à rejoindre le général de Gaulle, Jean Pierre-Bloch, Lucien Gallimand, Fernand Grenier, Louis Jacquinot, André Maroselli, Pierre Mendès France, Jules Moch, Henri Queuille, Pierre Viennot, et André Philipp.

Le 9 novembre, Max Hymans écrit au président Roosevelt, avec Félix Gouin, Jean Pierre-Bloch, Pierre Mendès France et Paul Antier pour lui faire savoir qu’« au cours de ces deux dernières années, le peuple français a considéré le général de Gaulle comme le symbole de la Résistance ». La situation du Général est à ce moment particulièrement critique. En effet, il n’a été informé par les alliés du débarquement en Afrique du Nord que le 9 novembre à 2h du matin, soit exactement quatre heures avant le déclenchement des combats. Les Américains trouvant sur place l’amiral Darlan, ont pensé qu’il ferait un excellent gouverneur. Quant aux Anglais, ils ont exfiltré en sous-marin, grâce au SOE, le général Henri Giraud, pour prendre cette place. Il s’agit d’une manœuvre de l’entourage du général de Gaulle, destinée à faire comprendre au Président des États-Unis que le général de Gaulle n’était pas un officier d’extrême-droite fascisant, dont il voulait débarrasser l’Europe d’après-guerre. En effet, le Président Roosevelt était franc-maçon et tous les auteurs de cette lettre, sauf Antier, dont on ne pouvait pas omettre la signature en raison de son ancienneté dans la France libre, le sont.

En 1960, sa santé se détériore de plus en plus vite. Joseph Roos, qui lui succèdera l’année suivante à la Présidence d’Air France, déclare avoir été épouvanté au mois de juillet par son aspect physique, puis avoir été sondé dès ce moment par le ministre des Transports, pour succéder à Max Hymans.
L’arrivée des avions à réaction provoque au quatrième trimestre une longue grève des pilotes, qui demandent l’établissement d’une réglementation nationale sur les règles du travail du personnel navigant.

EnJanvier 1961. le nouveau régime mis en place par le général de Gaulle, ne voulant pas montrer de faiblesse, réquisitionne le personnel navigant technique. Certains pilotes quittent leur uniforme pour éviter cette réquisition. Max Hymans ne se rend que trois fois à Air France, au cours du début du mois. Aphone, il rencontre les représentants syndicaux des pilotes pour les adjurer de ne pas porter un coup dur à la Compagnie. Le 17, il préside son dernier conseil d’administration, et présente son successeur Joseph Roos. Enfin, le 19, il vient démissionner de la présidence d’Air France, dont il devient président d’honneur. Il fait ses adieux à ses collaborateurs. Le 21, le général de Gaulle lui fait porter une lettre amicale l’élevant au grade de Grand Officier de la Légion d’honneur tout en l’encourageant à surmonter sa maladie.
Le dimanche 5 mars, René Brouillet, chef de cabinet du général de Gaulle, qu’il connaissait depuis 1944, vient le voir. René Brouillet a fait le récit complet de cette visite, dans Icare no 58, un des plus beaux textes jamais écrit sur Max Hymans. Sa mission officieuse était de voir l’état de Max Hymans, le général de Gaulle souhaitant venir lui remettre sa plaque de Grand Officier, à son domicile. Le lundi 6, il manifeste le désir de revoir son ancien secrétaire particulier, Paul Babet, qu’il avait connu au SOE. Le mardi 7, il demande, par geste, au professeur Maurice Mayer, qu’il avait connu dans la résistance, de l’euthanasier. Il décède à 17h10, à Saint-Cloud, (Hauts-de-Seine). Il est enterré le vendredi 10 au cimetière du Montparnasse. Son éloge funèbre est prononcée par : Edgar Faure au nom des parlementaires qui affirma : « C’est une grande chance pour un homme de faire coïncider sa vie avec sa mission », Jules Moch au nom des anciens du parti socialiste qui déclara : « Peu d’hommes ont eu la joie, comme lui, de vivre plusieurs vies en une seule », Vincent Rotinat, au nom du département de l’Indre, enfin Robert Buron, ministre des Transports, au nom du gouvernement.

Source : Wikipédia.

 

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