Marlon Brando, acteur et réalisateur.

Marlon Brando, Jr. est un acteur et réalisateur américain, né le 3 avril 1924 à Omaha (Nebraska) et mort le 1er juillet 2004 à Los Angeles (Californie).

Il est considéré comme l’un des plus célèbres acteurs américains et l’un des plus influents du XXe siècle, classé par l’American Film Institute « quatrième acteur de légende du cinéma américain ». Étoile hollywoodienne et sex-symbol à l’instar de Marilyn Monroe, Greta Garbo, Louise Brooks ou James Dean, il est aussi connu pour son implication dans le combat pour les droits civiques aux États-Unis, notamment pour la reconnaissance des droits des Amérindiens et des Afro-Américains.

Star des années 1950, il connaît un long passage à vide au cours de la décennie suivante avant de renouer avec le succès international en interprétant Vito Corleone dans Le Parrain de Francis Ford Coppola ; ce rôle lui vaut l’Oscar du meilleur acteur en 1973, mais il refuse cette récompense. Il fait enfin une brève et marquante apparition en jouant le colonel Kurtz dans Apocalypse Now du même réalisateur en 1979.

Marlon Brando, acteur au comportement imprévisible, influence des acteurs de sa génération comme James Dean, Paul Newman, Steve McQueen et Robert Redford ainsi que les meilleurs acteurs de la génération suivante comme Al Pacino, Jack Nicholson, Robert De Niro, Dustin Hoffman ou encore James Caan.


Marlon Brando suit un peu par hasard le cours de formation d’acteurs de Stella Adler et la méthode de Constantin Stanislavski. Marlon Brando développe une nouvelle façon d’interpréter les rôles, fondée sur l’improvisation et l’oubli du scénario originel, pour un approfondissement psychologique du personnage jusqu’à l’excès. Il ne fait pas semblant d’être un autre, mais incarne un personnage, physiquement et mentalement. « Marlon n’a jamais réellement eu besoin d’apprendre à jouer. Il savait », a un jour déclaré Stella Adler, l’une des enseignantes de l’Actors Studio.

Sa carrière commence au théâtre à Broadway en 1944 avec la pièce I Remember Mama. Il connaît un premier succès d’estime dans Truckline Café mais sa carrière d’acteur est véritablement lancée par Elia Kazan qui lui offre, en 1951, le rôle de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir. Brando avait cherché à joindre Elia Kazan au téléphone pendant trois jours pour refuser le rôle, mais lorsque celui-ci le rappelle, il n’ose pas dire non.

Au cours d’une des représentations de cette pièce, un machiniste lui casse le nez alors qu’ils boxent entre deux scènes dans les coulisses. Il termine pourtant la pièce, le nez en sang. Il gardera de cet incident un nez légèrement « déformé ».

En 1951, Elia Kazan adapte Un tramway nommé Désir au cinéma. Le film est tiré de la pièce de Tennessee Williams et le rôle de Blanche Dubois est campé par Vivien Leigh qui recevra l’Oscar de la meilleure interprétation féminine. Marquant une nette rupture avec la tradition anglo-saxonne, ce film est un brasier malséant qui mélange dans un contexte social hyperréaliste, les névroses et les pulsions sexuelles. Le choix de Brando est un trait de génie. Le film fait exploser la popularité de Brando, qui devient une star hollywoodienne du jour au lendemain (ce n’est que son deuxième film après The Men de Fred Zinnemann en 1950). En plus de son jeu d’acteur révolutionnaire et de sa prestation époustouflante dans le rôle du vulgaire Stanley Kowalski, Marlon Brando crève l’écran et s’impose comme un sex-symbol incontestable, en redéfinissant les critères de beauté masculine pour toute la seconde moitié du XXe siècle, allant plus loin que Tyrone Power ou Montgomery Clift et étant plus jeune que les Clark Gable, John Wayne et autres Humphrey Bogart qui le précédaient. C’est d’ailleurs ce dernier qui remportera l’Oscar du meilleur acteur en 1951 (pour L’Odyssée de l’African Queen), malgré la nomination de Brando.

Comme l’écrit Truman Capote, il est alors l’image idéale de la jeunesse américaine : cheveux blond foncé, yeux gris-bleu, teint basané, démarche athlétique. La carte des États-Unis est gravée sur son visage. Son rôle dans Viva Zapata ! en 1952 lui vaut un prix d’interprétation au Festival de Cannes.

Après la pièce Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, en 1953, il enchaîne avec un film qui rendra célèbres le jeans et le blouson de cuir Perfecto : L’Équipée sauvage de László Benedek. Dans ce film, il exprime toute la révolte d’une génération en devenant Johnny, un motard rebelle sur sa propre moto Triumph Thunderbird 6T qui prend d’assaut une petite ville avec sa bande de jeunes bruyants. Encore une fois, son interprétation va avoir un grand retentissement. Cependant, la marque Triumph voit d’un très mauvais œil l’image que renvoie le film sur elle. Le film et le jeu d’acteur de Brando ne sont pas aussi extraordinaires que dans Un tramway nommé Désir mais c’est le personnage qu’il joue à l’écran (celui de Johnny) qui va lancer une mode et avoir un impact considérable sur la « culture rock », James Dean voudra la même moto que celle du film, et on se souvient de la photo d’Elvis Presley mimant à la perfection la posture de Brando sur sa Triumph. Les images de Brando posant avec sa moto deviendront légendaires et seront la base du mannequin de cire au musée de Madame Tussauds à Londres.

À cette époque, certains critiques lui reprochent sa façon de parler assez nonchalante et son manque d’articulation. Frank Sinatra le surnomme d’ailleurs à cet égard « Mister Mumbles »(« Monsieur bredouillage »). Mais Brando va les prendre à revers en jouant le rôle shakespearien dans le Jules César de Joseph Mankiewicz en 1954, où dans une scène Marc Antoine (Brando) fait un réquisitoire plus que saisissant.

Frank Sinatra devait tenir le rôle de Terry Malloy dans le film suivant d’Elia Kazan : Sur les quais (1954). Au dernier moment, Brando accepte, bien qu’il soit en désaccord avec Kazan qui avait dénoncé ses collègues communistes lors de la chasse aux sorcières de McCarthy. La délation est justement le thème central de ce film qui vaudra à Brando son premier Oscar du meilleur acteur en 1955. On y trouve plusieurs scènes fameuses dont celle dite « du taxi » où Brando fait pleurer des techniciens du plateau par son simple monologue. La même année, il incarne Napoléon Bonaparte à l’écran dans Désirée d’Henry Coster avec Jean Simmons.

Marlon Brando est alors la plus grande star masculine hollywoodienne, il n’a peur de rien et va donc s’essayer à la comédie musicale avec comme partenaire Frank Sinatra. Dans la vie, les deux acteurs se détestent. Le film s’intitule Guys And Dolls (Blanches colombes et vilains messieurs). Gene Kelly était pressenti pour le premier rôle mais la MGM n’ayant pas voulu le libérer, c’est Brando qui l’obtient et joue pour la première fois dans une comédie musicale. En 1956, il joue avec Glenn Ford dans The Teahouse of the August Moon (La Petite Maison de thé) où il interprète un Asiatique. Il poursuit dans la même veine de manière plus sérieuse avec Sayonara où il joue le rôle d’un soldat américain dont l’amour avec une Japonaise est impossible, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

En 1958, il interprète son plus grand rôle depuis Sur les quais, dans le film d’Edward Dmytryk The Young Lions (Le Bal des maudits) où il joue le rôle d’un officier allemand, aux côtés de Dean Martin et Montgomery Clift. L’année suivante, il joue dans The Fugitive Kind (L’Homme à la peau de serpent) le rôle d’un musicien solitaire à la veste en peau de serpent, avec Anna Magnani et Joanne Woodward. Le film, adapté d’une pièce de Tennessee Williams écrite spécialement pour Brando, ne connaît pas le succès mais devient un « film culte ».

Durant l’année 1960, Marlon Brando travaille sur un western avec Sam Peckinpah puis Stanley Kubrick intitulé La Vengeance aux deux visages. Après d’innombrables querelles sur le scénario et la direction, Marlon Brando finit par réaliser le film lui-même, en 1961, jouant dans celui-ci en compagnie de Karl Malden. Du fait de gros retards pris pendant le tournage et d’un fort dépassement de budget, les producteurs décident de ne pas lui confier le montage final. Méconnu, le film distille une atmosphère particulière pour un western et sera le seul film réalisé par Brando. En 1962, il refuse le rôle de Lawrence d’Arabie.

En 1962, il joue dans Les Révoltés du Bounty de Lewis Milestone, La Poursuite impitoyable d’Arthur Penn en 1966, et les Reflets dans un œil d’or de John Huston, en 1967, où il joue un officier de l’armée qui refoule son homosexualité. En 1968, il joue aussi un gourou dans la comédie graveleuse Candy de Christian Marquand. En 1969, il refuse Butch Cassidy et le Kid pour tourner dans Queimada, dont il déclarera plus tard qu’il est son film préféré malgré son échec commercial. À la fin de la décennie, sa carrière souffre de sa réputation d’être difficile sur les plateaux de tournage et des échecs commerciaux répétés de ses films.

En 1972, la prestation de Marlon Brando dans Le Parrain marque une étape et relance sa carrière alors en berne. Le réalisateur, Francis Ford Coppola, parvient à convaincre Brando de faire des tests de maquillage. Lui, qui n’avait plus passé de casting depuis près de vingt ans, se prend au jeu, se crée un nouveau visage avec boules de coton dans les joues, se donnant un air de bouledogue dur et impitoyable. Aux essais, Coppola est très emballé par sa prestation en tant que parrain d’une famille du crime organisé, la famille Corleone, au sein de Cosa Nostra. Coppola doit se battre pour l’imposer, contre l’avis des studios Paramount qui ne veulent pas de Brando au casting. Les dirigeants de la Paramount veulent donner le rôle à Danny Thomas. Thomas décline le rôle et Coppola presse les studios d’engager Brando avec l’aide des témoignages de ceux qui ont assisté à ses essais.

Pour son rôle dans Le Parrain, Marlon Brando reçoit un nouvel Oscar du meilleur acteur en 1973, qu’il refuse pour protester contre la manière dont le cinéma américain traite les natifs américains dans ses films. À la place, il envoie Sacheen Littlefeather, l’activiste pour la défense des droits civiques des natifs américains, venue en costume traditionnel Apache.

En 1974, Brando, comme Caan, sont programmés pour apparaître dans la scène finale du Parrain. Mais à la suite d’une dispute entre l’acteur et les studios au sujet de son salaire, Brando refuse de venir une seule journée pour tourner la scène, au point que les scénaristes doivent réécrire la scène finale où son personnage est juste évoqué.

En 1972 sort Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci. Marlon Brando est encore une fois sélectionné pour l’Oscar du meilleur acteur. Ce film provoque un scandale par les scènes érotiques crues entre un homme mûr et une très jeune femme, dont une scène de viol, décidée le matin même par Brando et Bertolucci. Ces derniers n’en ont pas informé l’actrice, Maria Schneider, en sachant qu’elle refuserait, et voulant, selon le réalisateur, qu’elle ressente « l’humiliation et la rage » et non pas qu’elle la joue. Cette scène de viol aurait conduit Maria Schneider à arrêter sa carrière après ce film.

Pour Apocalypse Now, Francis Ford Coppola propose à Marlon Brando d’interpréter le sombre colonel Kurtz, un héros de l’armée américaine promis aux plus hauts postes mais qui, brisé par son expérience de la guerre du Viêt Nam, s’enfuit au fond de la jungle pour fonder son propre clan avec des déserteurs et des indigènes. Un culte de sa personnalité se développe et il commet des actes d’une atroce sauvagerie envers ses ennemis. Brando, après bien des hésitations, finit par accepter le rôle en février 1976 pour une somme de 3 millions de dollars. Le tournage commence en mars 1976. Mais Coppola connaît des difficultés financières et des retards, notamment à cause de Brando qui veut un intéressement sur les entrées du film.
D’autant que la partie du colonel Kurtz est marquée par une réécriture des dialogues et de grandes difficultés scénaristiques, Coppola cherchant toujours une fin plus satisfaisante et l’acteur n’ayant pas respecté la demande du cinéaste de lire Au cœur des ténèbres, la nouvelle de Conrad qui inspire le film et son personnage. S’ajoute un autre problème, celui du physique de Brando, qui a énormément grossi et pèse plus de 110 kilos. Pour compenser sa corpulence, Coppola décide de le filmer dans la semi-obscurité et en contre-plongée. Cela a pour effet d’accroître l’aura mythique du personnage et sa folie. Sorti en 1979, le film est un succès et reçoit notamment la Palme d’or du Festival de Cannes 1979. Les critiques voient dans le rôle du colonel Kurtz un parallèle avec la carrière de Brando et ce qu’il est devenu, c’est-à-dire un personnage solitaire et perdu.

En 1977, Marlon Brando est le narrateur de la version anglaise du film Raoni, et, en 1978, il joue le rôle de Jor-El, le père de Superman dans le film du même nom. Il accepte d’apparaître à l’écran si les producteurs lui garantissent qu’il aura un petit rôle (10 minutes d’apparition) très bien payé. Pour douze jours de travail, Brando est payé 3,7 millions de dollars, plus 16,86 % du chiffre d’affaires du film. Au total, Brando gagne plus de 50 millions de dollars pour Superman (qui en rapporte 300 millions). Même pour ce petit rôle, il ne prend pas la peine d’apprendre son texte et se contente de le lire posé sur un support posé hors caméra. Brando assume n’avoir tourné ce « film plutôt stupide » que pour l’argent. Pour Superman II, Brando reprend le rôle de Jor-El mais se fâche avec les producteurs à cause de son salaire. Il refuse que ses scènes apparaissent à l’écran. Après sa mort, en 2004, ses héritiers acceptent que les scènes soient utilisées dans le film Superman Returns sorti en 2006.

De 1980 à 1989, il se désintéresse du cinéma. En 1989, il joue le rôle d’un avocat dans Une saison blanche et sèche, un film sur les discriminations en Afrique du Sud. Son salaire sera reversé à des associations luttant contre l’apartheid. Toujours attaché à défendre la cause des natifs américains, il tourne en 1997 dans The Brave, un film de Johnny Depp. La relation entre les deux hommes est plus que cordiale, Brando appréciant que Depp, en tant que réalisateur, lui fasse confiance.

En 2001, il apparaît pour la dernière fois au cinéma dans le film The Score avec Robert De Niro et Edward Norton. La même année, on le voit aussi dans le clip de la chanson You Rock My World de Michael Jackson. Il fait également une brève apparition sur scène le 7 septembre pour un concert célébrant les trente ans de carrière de Michael Jackson pour laquelle il est payé 1 million de dollars.

Marlon Brando meurt le 1er juillet 2004 à Los Angeles en Californie d’une insuffisance cardiaque ainsi que d’une insuffisance respiratoire. Ses cendres furent dispersées en partie à Tahiti et en partie dans la vallée de la Mort.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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