Marin Držić, prosateur et dramaturge.

Marin Držić ou Marino Darsa (1508-1567) est considéré comme le plus grand prosateur et dramaturge de la République de Raguse.


Né à Dubrovnik, alors la république indépendante de Raguse dans une famille nombreuse, Marin Držić reçoit une éducation religieuse  particulièrement peu adéquate à son tempérament rabelaisien, et est ordonné prêtre en 1526. En 1528, il est envoyé à Sienne pour étudier le droit canon. Sa personnalité chaleureuse et extravertie le rend populaire au milieu des autres étudiants, mais il perd peu à peu tout intérêt pour l’étude, et rentre à Dubrovnik en 1543, âgé de 35 ans, après un bref séjour à Vienne. Il mène durant ces années une vie aventureuse, fréquente les hors-la-loi de sa ville natale, voyage à Constantinople et Venise ; il tente même de convaincre les Medicis de l’aider à renverser l’oligarchie au pouvoir dans la République. Marin Držić meurt soudainement à Venise en 1567, et est enterré dans la basilique San Zanipolo, où l’Académie croate des sciences et des arts de Zagreb fit poser en 1972 une plaque en son honneur.

Marin Držić, cadet d’une famille plébéienne de marchands originaire de Kotor, est né à Dubrovnik, vraisemblablement en 1508, dans la maison paternelle proche du Palais des Recteurs. Sa famille, dont la lignée avait perdu au xive siècle ses droits de noblesse, descendait d’un fils illégitime. Sa mère Anukla était issue de la famille bourgeoise respectée des Kotruljević. Bien que plébéiens n’ayant pas accès au pouvoir ragusain, les Držić avaient gardé un droit de protection sur l’église de Tous-les-Saints qui passa au clerc Marin, plus tard titulaire de l’église Domino et de celle de Saint-Pierre dans l’île de Koločep. Ainsi qu’au second recteur de la même église, Nikola Gozze, ceci lui apportait les revenus de terres ecclésiastique comme celles de la Dubrovačka Rijeka.

Le premier Držić largement connu, Džore, poète lyrique et promoteur des jeux de scène locaux, était frère du père de Marin, Marin l’Aîné qui succomba avec une centaine d’autres citoyens lors de l’explosion d’un entrepôt de poudre dans le Palais des Recteurs le 8 août 1463. Marin avait un frère, peintre reconnu, Vlaho.

Les premières traces écrites de 1536 concernant les problèmes financiers qui ont accompagné Marin durant toute sa vie, à côté de revenus ecclésiastiques et de la dot de sa mère, fut le procès intenté par les abbesses du couvent de St André où, accusé de dettes, il vivait alors.

Marin Držić, clerc depuis 1526, fut élu par le Sénat organiste de la cathédrale de Dubrovnik en 1538, et la même année, en août lui fut accordée une aide pécuniaire pour aller étudier à l’Université de Sienne en Toscane. En 1541, pour un mandat d’un an, Marin Držić fut élu recteur de faculté, situation qui lui donnait la place de vice- recteur de l’Université de Sienne.

Dans une enquête de 1542 concernant l’interdiction de représentations théâtrales où Marin Držić jouait en tant qu’acteur et peut-être même, comme auteur de la comédie, il fut légèrement mis à l’amende.

Étudiant n’ayant pas terminé ses études mais universellement éduqué, Držić, passant par Ancone en 1543, revient à Dubrovnik au début de 1545 où un document conservé certifie la décision du Sénat de lui confier le poste de secrétaire du Bureau de la Confrérie des Lainiers en remplacement de son frère Vlaho.

Fin de la même annèe, ayant fait la connaissance du comte autrichien Christoph von Rogendorf, il accompagne celui-ci à Vienne comme valet de chambre. Revenant à Dubrovnik en 1546, il voyage de nouveau avec le comte en tant qu’interprète, cette fois à Istanbul.

Après des conflits politiques avec le jeune Buccia, dont le père Miho avait été exilé de Dubrovnik, Marin Držić rentre d’Istanbul à Dubrovnik où, au début de 1547, il fait son rapport devant le Petit Conseil. Ayant en considération les personnes qui apparaissent au cours de ces évènements, on perçoit une tendance politique dans les voyages de Držić.

En 1548 à Dubrovnik, lorsque Držić devint diacre, a commencé l’écriture de ses pièces de théâtre, la comédie Pomet, aujourd’hui disparue, fut  représentée par la compagnie du même nom, et ce, sur la place devant le Palais des Recteurs. La même année, le 17 avril, Držić, surnommé « la Loutre » accuse Vlaho Kanjica de l’avoir attaqué et frappé de coups de bâton sur la tête. Après avoir entendu des témoins, l’accusé fut jugé. Pendant le carnaval suivant, en 1549, au même endroit « prid Dvorom », devant le palais des Recteurs, fut jouée la pastorale Tirena mais la représentation fut interrompue par le froid et le vent. Accusé de plagier l’écrivain Vetranović, Držić fut défendu par Mavro Vetranović lui-même.

La première fois en 1550, l’écrivain est mentionné comme prêtre titulaire d’un presbytère. Au mariage de Martolica Zamagna la même année, Držić réjouit la société avec une farce Novela od Stanca.

Pour le mariage de Vlaho Držić en 1551, fut représentée Tirena, remaniée en drame mythologique en vers Vénus et Adonis (récit comment la déesse Vénus brûlant d’amour pour le bel Adonis, comédie mise en vers). Cette pastorale fut imprimée à Venise en 1551 dans un livre, le seul publié de son vivant, « Lyrique amoureuse du Poète Marin Držić réunie à beaucoup d’autres jolies choses » avec Tirena et Novela od Stanca. De ce livre il n’est conservé aucun exemplaire, sauf deux éditions identiques du xviie siècle, de 1607 et 1630. Jusque-là, l’œuvre dramatique, critique soutenue par Držić, reste à l’état de manuscrit.

La compagnie Pomet durant le carnaval de 1551, devant le Conseil, représente la comédie Dundo Maroje (l’Oncle Maroje). Une reconnaissance de dettes de cette année prouve que Držić s’est endetté auprès de son ami Marin Šumičić.

Ensuite, en 1552, la compagnie Garzarija, au mariage de Djono Miškin, joue Pjerin (Pierrot) dont on ne possède que des fragments. La même compagnie pour le mariage de Rafo Gozze pendant le carnaval de 1554 représente Džuho Krpeta, année pendant laquelle, en juin, Držić accuse Ivan Dračevica de calomnies.

Vraisemblablement à l’occasion d’une noce, pour « Tripče de Utolče », aussi connue sous le nom de « Manda », ainsi que pour « Arkulin », il n’y a pas de données précises concernant les représentations, et ces œuvres ainsi que Džuho Krpeta ne sont pas conservées en entier.

Déjà en 1553, Držić avait été promu secrétaire de l’Office des Marais Salants, une situation généralement réservée à des prêtres.

La compagnie Njarnjas, selon engagement, au mariage de Sabo Gajčin en 1555 représente la comédie Skup (Rassemblement).

L’année suivante, en 1556, Držić refuse le même emploi de secrétaire. Au mariage de Vlaho Sorgo, au printemps de la même année, on représente Grižula (ou Plakir). Le gouvernement, à cause de troubles locaux possibles, s’oppose à la représentation de la tragédie Hekuba, qui cependant, sera jouée au début de l’année suivante par la compagnie Bidzaro.

En décembre 1562, Držić s’installe à Venise, et en 1563 il est mentionné comme chapelain de l’archevêque vénitien. Dans la cité sur la lagune il se lie d’amitié avec le riche marchand Pero Primović, après la mort duquel est conservé un témoignage de Držić lors d’une accusation des frères Primović contre les serviteurs de son ami Pero. Držić séjourne brièvement à  Dubrovnik cette année-là, où, selon un document concernant le montant de ses revenus, il se trouve en août 1554.

Une tentative de complot en faveur de l’Espagne pour le renversement du pouvoir ragusain, écrite par Držić en 1566 à Florence fut révélée lorsqu’il écrivit cinq lettres au souverain toscan appelé le Grand, le duc Côme Ier de Médicis et à son fils Francesco, mais le complot ne trouva pas leur soutien.

Selon la généalogie de la famille Držić établie en 1603 par un jeune cousin, fils de Vlaho le frère de Marin et son neveu, Jero Držić, Marin mourût à Venise le 2 mai 1567 où il fut enterré dans la fosse commune de la basilique de Saint Jean et Saint Paul.

Source : Wikipédia.

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