Margaret Thatcher, femme d’état.

Margaret Thatcher, baronne Thatcher, née Margaret Hilda  Roberts le 13 octobre 1925 à Grantham et morte le 8 avril 2013 à Londres, est une femme d’État britannique, Première ministre du Royaume-Uni du 4 mai 1979 au 28 novembre 1990.

Fille d’un épicier et d’une couturière, elle est chimiste au Somerville College (Oxford), puis avocate. Elle fait son entrée au Parlement du Royaume-Uni en 1959 et exerce la fonction de secrétaire d’État à l’Éducation et aux Sciences dans le gouvernement Heath, de 1970 à 1974.

Elle est la première femme élue pour diriger le Parti conservateur (1975), puis à accéder à la fonction de Premier ministre du Royaume-Uni (1979). Arrivée au pouvoir dans un pays en situation d’instabilité, elle en redirige l’économie en mettant en place une série de réformes radicales. Avec trois élections générales remportées de façon consécutive, elle effectue le plus long mandat ininterrompu de Premier ministre depuis Robert Jenkinson (1812-1827). Elle quitte finalement la tête du gouvernement du fait d’une fronde ayant éclaté au sein de son camp en raison de son projet de poll tax et de son euroscepticisme.

Affichant des convictions chrétiennes méthodistes, conservatrices et libérales, elle invoque la souveraineté britannique, la protection de l’intérêt de ses administrés et l’État de droit. Fortement influencée par les idées issues du libéralisme économique, elle conduit d’importantes  privatisations, réduit l’influence des syndicats, baisse les impôts directs, maîtrise l’inflation et le déficit public. Cette politique s’accompagne d’une hausse puis d’une baisse du chômage, d’une augmentation significative du produit intérieur brut, d’un accroissement des inégalités économiques et d’une augmentation des impôts indirects. En politique étrangère, elle s’oppose à l’URSS, promeut l’atlantisme, lance la guerre des Malouines et défend le libre-échange au sein de la Communauté économique européenne. L’ensemble de ses politiques, notamment ses mesures économiques libérales, est connu sous le nom de « thatchérisme ».

Margaret Thatcher est l’une des figures politiques britanniques à la fois les plus admirées et les plus détestées. Le surnom de « Dame de fer » — que le journal L’Étoile rouge, organe de l’armée soviétique, lui décerne en 1976 dans le but de stigmatiser son anticommunisme — symbolise sa fermeté face aux grévistes de la faim de l’IRA provisoire en 1981 ou aux mineurs grévistes en 1984-1985 et se répandra dans le monde entier. Associée à la « révolution conservatrice » des principaux pays occidentaux, l’influence de son passage au gouvernement du Royaume-Uni est souvent qualifiée de « révolution » sur les plans politique, idéologique et économique.

Au-delà des conservateurs, elle a influencé une partie des travaillistes, notamment Tony Blair. Elle figure dans les premières positions des classements des Premiers ministres britanniques et se voit considérée comme la plus renommée des dirigeants politiques britanniques depuis Winston Churchill.


Margaret Thatcher naît le 13 octobre 1925 à Grantham, en Angleterre, au sein de la classe moyenne. Avec sa sœur Muriel, elle est la fille d’Alfred Roberts (1892-1970) et de Beatrice Roberts, née Stephenson (1888-1960). Sa mère est couturière, un de ses grands-parents, gallois, est cordonnier, l’autre, irlandais, est cheminot Membre du Parti conservateur local, son père est à l’origine un petit épicier de quartier qui va connaître une ascension sociale grâce au travail et à l’épargne au point de devenir brièvement maire de Grantham de 1945 à 1946, perdant son mandat de conseiller municipal lorsque le Parti travailliste remporte pour la première fois les élections municipales en 1950. Sa sœur aînée, Muriel (1921-2004), est née dans l’appartement au-dessus de la boutique familiale.

Margaret Thatcher va pendant sa jeunesse aider à faire fonctionner l’épicerie, ce qui suscitera chez elle des options favorables au libre-échange et au marché. Elle reçoit une éducation rigoureuse et très imprégnée par le méthodisme et les sermons que prononce son père. La foi de Margaret Thatcher est l’un des fondements du thatchérisme : sa morale religieuse enjoint aux hommes de « travailler dur », afin d’élever leur position sociale par l’épargne et le mérite, ce qui constitue un lien évident avec L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme de Max Weber. Elle confia à ce propos : « Nous étions méthodistes, c’est-à-dire que nous aimions l’ordre, la précision et la rigueur ». Elle découvre très jeune la politique à travers l’engagement de son père.

Élève brillante, elle se révèle comme bourreau de travail, aptitude qu’elle préservera sa vie durant. Elle étudie jusqu’au lycée à Grantham, rejoignant la Kesteven and Grantham Girls’ School avec une bourse. Elle y passe la première partie de la Seconde Guerre mondiale. En 1943, elle est admise, sur concours après repêchage, au Somerville College de l’université d’Oxford, pour un cursus de chimie. Elle est alors la première de sa famille à entrer dans une « Oxbridge », qu’elle finance grâce à des bourses. Elle étudie la cristallographie sous la tutelle de Dorothy C. Hodgkin (prix Nobel de chimie en 1964), et effectue des recherches sur la gramicidine B, un antibiotique polypeptidique. Elle sort de l’université avec une licence de chimie. Elle rejoint dès son arrivée l’Oxford University Conservative Association (OUCA), l’association des étudiants conservateurs d’Oxford et, en octobre 1946, elle en devient la présidente, étant la troisième femme à accéder à ce poste. Son origine sociale et son engagement politique font d’elle une personnalité atypique, la plupart des étudiants étant progressistes et de milieu social élevé. Alors qu’elle a une aventure avec un étudiant d’un milieu  aristocratique, elle est humiliée par la famille de celui-ci pour son rang social inférieur. Malgré le snobisme ambiant, elle parvient à faire passer le nombre de membres de l’OUCA de 400 à son arrivée à plus de 1 000 durant sa présidence. En 1946, elle participe au congrès du Parti conservateur britannique à Blackpool, où pour la première fois elle rencontre la base militante du Parti conservateur.“

De 1947 à 1951, elle travaille dans le secteur de la recherche en chimie, dans l’industrie des plastiques, chez BX Plastics. En 1949, désignée candidate conservatrice dans la circonscription de Dartford dans le Kent ; elle déménage de Colchester et rejoint la compagnie J. Lyons and Co.

Elle tente à plusieurs reprises d’obtenir l’investiture du parti dans des circonscriptions conservatrices. En 1958, elle est choisie pour être la candidate conservatrice au Parlement dans la circonscription de Finchley (Nord de Londres), qui a la caractéristique d’avoir une forte communauté israélite, ce qui aura sans doute des répercussions sur sa politique étrangère future, plutôt pro-israélienne, quand la tradition conservatrice était plutôt pro-arabe. Le 8 octobre 1959, elle remporte l’élection avec 29 697 voix contre 13 437 à son adversaire travailliste, et entre pour la première fois à la Chambre des communes. Elle sera élue sans discontinuer aux Communes jusqu’en 1992, soit pendant 32 ans.

Les débuts politiques de Margaret Thatcher ne sont pas facilités par le sexisme qu’elle doit subir, en particulier dans le Parti conservateur.

La première loi qu’elle propose, le 5 février 1960, vise à permettre à la presse de relater les délibérations des conseils municipaux. À l’issue de son maiden speech (premier discours donné par un nouveau membre du Parlement britannique), sa proposition de loi est adoptée par 152 voix contre 39 et son talent d’oratrice est salué, tant par ses collègues députés que par la presse, le Daily Express titrant « une nouvelle étoile est née ». C’est à cette occasion qu’elle rencontre Keith Joseph, qui restera très proche d’elle et l’influencera fortement.

À la faveur d’un remaniement, en octobre 1961, elle devient Junior  Minister (fonction semblable à celle de sous-secrétaire d’État durant la IIIe République française) auprès du ministre des Retraites et de l’Assurance sociale au sein du gouvernement de Harold Macmillan, où sa maîtrise du complexe dossier des retraites impressionne très favorablement ses collègues. À ce poste, elle découvre la lourdeur de l’administration, critique notamment le fait qu’on « paye davantage une femme quand elle est sans-emploi que quand elle travaille », soutient l’instauration de la retraite par capitalisation afin d’augmenter la retraite de base. Elle considère, à titre privé, que son parti a abandonné ses valeurs et notamment la liberté d’entreprendre. Pour The Guardian, « elle paraissait capable de les mettre tous à la retraite et de faire leur boulot ». Elle conserve ses fonctions jusqu’à la défaite des conservateurs, à l’issue des élections de 1964, où elle est réélue à Finchley avec 8 802 voix d’avance sur le candidat du Parti libéral John Pardoe.

Margaret Thatcher soutient alors Edward Heath à la tête du parti tory contre Reginald Maudling. De 1964 à 1970, elle exerce la fonction de porte-parole de son parti à la Chambre des communes. En tant que députée, elle est l’un des seuls conservateurs à soutenir la dépénalisation de l’homosexualité masculine et la légalisation de l’avortement. Parallèlement, elle prend parti contre l’abrogation de la peine de mort et contre l’assouplissement des lois sur le divorce. Lors du congrès du Parti conservateur du 1966, elle s’oppose fortement au Parti travailliste et à sa politique fiscale, qu’elle juge être un pas en direction « non seulement du socialisme mais aussi du communisme ».

Réélue à Finchley lors des élections de 1966, elle rejoint le « Cabinet  fantôme » conservateur d’Edward Heath en octobre 1967 et se voit confier le ministère de l’Énergie, puis celui des Transports en 1968 et l’Éducation nationale quelques mois plus tard à la veille des élections de 1970.

Lors des élections générales de 1970, elle est réélue dans sa circonscription avec une majorité de plus de 11 000 voix, tandis que les conservateurs l’emportent au niveau national. Elle est nommée secrétaire d’État à l’Éducation et aux Sciences par Edward Heath le 20 juin 1970.

Sa politique est marquée par la volonté de protéger les « grammar schools » (sélectives et spécialisées), contre les « comprehensive schools » (généralistes), échouant principalement du fait des réticences du Premier ministre, alors que l’opinion publique est majoritairement en faveur des comprehensive schools et de la fin du système tripartite. Elle défend également l’Open University, système d’enseignement à distance que le chancelier de l’Échiquier, Anthony Barber, voulait supprimer pour des raisons budgétaires.

Devant couper dans les dépenses de son ministère, elle décide en 1971 de supprimer la distribution gratuite de lait pour les enfants de sept à onze ans, prolongeant la politique du Parti travailliste qui l’avait supprimée pour les classes secondaires, obtenant en contrepartie une augmentation des crédits pour l’éducation. Cette décision suscite une importante vague de protestations et lui vaut le quolibet de « Thatcher Thatcher, Milk Snatcher ». En revanche, elle s’oppose à l’augmentation des frais pour l’accès aux bibliothèques. S’étant considérablement exposée politiquement sans obtenir de gain en contrepartie, elle tirera de cette expérience une leçon politique : n’aller à l’affrontement que pour les combats d’importance majeure.

Par ailleurs, Margaret Thatcher instaure la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans, lance un grand programme de rénovation des écoles primaires, passablement délabrées, et augmente le nombre de crèches. En ce qui concerne la recherche, Thatcher, à cette époque pro-européenne, investit des sommes substantielles dans le CERN.

Après le U-Turn (la volte-face) du Premier ministre Edward Heath, qui change radicalement de politique devant la pression de la rue, elle renonce un temps à pratiquer une politique libérale et ne se montre alors pas plus économe que ses prédécesseurs, ce qui lui permet de gagner en popularité. Plus tard, elle sera très critique envers son propre bilan au gouvernement.

À la suite de la courte défaite des conservateurs aux élections de février 1974, lors desquelles elle est réélue avec une majorité de 6 000 voix, elle devient shadow ministre de l’Environnement (qui englobe à cette époque le Logement et les Transports).

Alors que de nombreux conservateurs sont favorables au keynésianisme, Margaret Thatcher se rapproche de Keith Joseph et devient vice-présidente du Centre for Policy Studies, dont elle partage les analyses sur les causes de la défaite des conservateurs : tous deux estiment que le gouvernement Heath a perdu le contrôle de la politique monétaire et s’est discrédité par ses revirements permanents (« U-turns »). Peu à peu, un nombre croissant de conservateurs perçoivent que la politique menée par ce gouvernement a conduit le pays à un déclin relatif puis complet, et recherche une alternative à Edward Heath. Margaret Thatcher estime que le déclin de ce pays qu’on qualifie alors d’« homme malade de l’Europe », n’est pas inéluctable si l’on se réfère aux conceptions libérales et si l’on cesse de plier face aux syndicats, dont les grèves massives paralysent épisodiquement le pays.

De nouvelles élections générales ont lieu en octobre 1974. Margaret Thatcher est au centre de la campagne, principalement du fait de la proposition que Heath lui a demandé de défendre : l’abolition des rates, les impôts locaux. Le 10 octobre 1974, elle est réélue avec une majorité assez étroite (3 000 voix) dans sa circonscription. Au niveau national, le Parti travailliste remporte la majorité des sièges et Harold Wilson devient Premier ministre.

Edward Heath remet son poste de chef du Parti conservateur en jeu. Initialement candidat, Keith Joseph se retire à la suite d’une « gaffe » dans un discours. Margaret Thatcher décide alors de se présenter. Le 4 février 1975, après avoir méthodiquement mené campagne auprès des députés, avec le soutien d’Airey Neave, elle obtient 130 voix et, à la surprise généraled, devance Edward Heath (119 voix), qui annonce aussitôt son retrait. Le Daily Mail écrit que « le mot « sensationnel » est à peine adéquat pour décrire l’onde de choc qui secoua Westminster après l’annonce des résultats ». Au second tour, elle recueille 146 voix contre 79 à William Whitelaw. Elle prend la tête du parti le 11 février 1975.

Héritant d’une formation politique idéologiquement déboussolée et ayant perdu deux élections consécutives, Margaret Thatcher se donne comme mission de redonner une doctrine politique claire au Parti, et de le préparer à la victoire pour les prochaines élections.

C’est dans un contexte marqué par une crise à la fois économique, sociale, politique et culturelle que Margaret Thatcher mène les conservateurs à la victoire le 3 mai 1979 (43,9 % des voix et 339 élus, contre 36,9 % et 269 élus aux travaillistes). Le lendemain, elle devient la première femme à diriger le gouvernement d’un pays européen.

La nouvelle Première ministre apparaît alors relativement novice en politique, puisqu’elle dirige le Parti conservateur depuis seulement quatre années et qu’elle n’a pas véritablement occupé de poste de premier plan auparavant. Se décrivant elle-même comme « une femme de  convictions », elle entend mettre en pratique un programme, appuyé sur quelques principes fondamentaux, pour enrayer le déclin du pays. Elle déclare le 10 octobre 1980 que « la dame ne fait pas demi-tour ! », se démarquant ainsi des revirements de l’ancien Premier ministre conservateur Edward Heath.

Margaret Thatcher s’occupe également de la question des syndicats, qui disposent d’une influence considérable sur l’économie britannique lors de son arrivée au pouvoir : des responsables syndicaux non élus peuvent en effet provoquer d’importants mouvements de grève et paralyser le pays, comme ce fut le cas à l’occasion de l’hiver du Mécontentement avant l’élection de Thatcher. Cette puissance est en partie due à leur influence au sein même du Parti travailliste, alors nettement ancré à gauche.

Le conflit le plus significatif entre le nouveau pouvoir et les syndicats est la longue grève des mineurs britanniques de 1984-1985, dont Thatcher sort victorieuse. Cette grève, qui dure un an sans s’étendre aux autres activités du pays ou en grève générale, avait pour enjeu direct la question de la fermeture des puits de charbon déficitaires, une perspective  catégoriquement rejetée par Arthur Scargill, le chef du NUM, le Syndicat national des mineurs. Les films Billy Elliot, Les Virtuoses et Pride évoquent ces grèves.

Durant son passage au pouvoir, cinq lois sur les syndicats sont votées : en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. Ces lois ont pour objectif premier de mettre fin au « closed shop », qui permet à un syndicat de n’autoriser que les recrutements de travailleurs syndiqués. Les piquets de grève sont par ailleurs davantage réglementés et les « grèves de solidarité » interdites.

Londres veut devenir une place centrale dans la gestion des mouvements de capitaux internationaux, espérant dépasser Wall Street. Margaret Thatcher prend des mesures importantes de libération des contraintes bancaires ce qui a pour conséquence de faire de Londres, la plaque tournante des excédents allemands et japonais et des déficits américains. La Cité de Londres, au centre de la ville, devient, sous l’effet de cette déréglementation massive, l’un des centres financiers les plus importants de la planète.

La situation en Irlande du Nord se dégrade au début de son mandat. Son conseiller Airey Neave est assassiné par l’INLA le 30 mars 1979, et Louis Mountbatten, oncle du prince Philip et organisateur de l’indépendance de l’Inde, est assassiné par l’IRA le 27 août 1979. En 1980, plusieurs membres de l’Armée républicaine irlandaise provisoire et de l’Irish National Liberation Army incarcérés à la prison de Maze se lancent dans une grève de la faim pour obtenir le statut de prisonniers politiques, qui avait été supprimé en 1976 par les travaillistes, mais dont certains prisonniers continuaient à bénéficier. Elle dure 53 jours, sans que les grévistes n’obtiennent rien. En 1981, une deuxième grève est organisée par Bobby Sands. Malgré la mort de dix grévistes de la faim (dont Bobby Sands, élu entre-temps membre du Parlement) au bout de 66 jours de grève et des pétitions envoyées du monde entier, Thatcher se montre inflexible, déclarant par exemple à la Chambre des communes que Bobby Sands « a choisi de se donner la mort ; c’est un choix que son organisation n’a pas laissé à beaucoup de ses victimes ».

Des attentats visent Hyde Park et Regent Street en 1982, puis Harrods en 1983, faisant respectivement 23 et 9 morts. En octobre 1984, l’explosion d’une bombe à retardement de l’IRA au Grand Hôtel de Brighton, où se tient le congrès annuel du Parti conservateur, manque de provoquer la mort de Margaret Thatcher et de plusieurs membres de son gouvernement. Le sang-froid dont elle fait preuve au cours de cet attentat à la bombe dans le Grand Hôtel de Brighton suscite le respect et l’admiration de la population britannique. L’attentat fait cinq morts et de nombreux blessés, dont la femme, restée paralysée, de Norman Tebbit, un des principaux ministres. Concernant Margaret Thatcher, sa salle de bain est détruite, mais pas son bureau, où elle travaillait encore, ni sa chambre, où dormait son mari. En 1987, un attentat de l’IRA à Enniskillen fait onze morts. Le 8 décembre 1981, elle rencontre à Dublin le Premier ministre irlandais Charles James Haughey. À la suite de ces premières discussions, la coopération entre la république d’Irlande et le Royaume-Uni est intensifiée, aboutissant aux accords d’Hillsborough Castle (en anglais, l’Anglo-Irish Agreement), signés le 15 novembre 1985, dans lesquels elle reconnaît la « dimension irlandaise » en échange d’avancées en matière de sécurité, qui ne verront pas le jour109. Ils ont cependant été considérés comme un important pas en avant dans la résolution du conflit110. À la fureur des Unionistes, l’accord donne des garanties au gouvernement irlandais et aux pacifistes et affirme la nécessité de la règle majoritaire pour toute évolution du statut de la province. Cela ne suffit néanmoins pas à mettre totalement un terme aux violences.

En 1990, l’instauration d’un nouvel impôt local remplaçant la taxe  d’habitation, la poll tax — très impopulaire, au point d’entraîner des émeutes —, sa politique monétaire (taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre à 15 % en 1989) et sa réserve face à l’intégration du Royaume-Uni dans les Communautés européennes la mettent en minorité dans son propre parti, alors très divisé sur ces sujets. Elle accepte cependant, après dix ans de débats internes, l’adhésion du Royaume-Uni au mécanisme de taux de change européen en octobre 1990.

Le 31 octobre 1990, son vice-Premier ministre Geoffrey Howe, l’un de ses plus anciens alliés, mais europhile, démissionne pour protester contre sa politique européenne. Il en appelle à quelqu’un de nouveau pour mener une nouvelle politique. Michael Heseltine, ancien ministre de la Défense, fait alors acte de candidature pour diriger le Parti conservateur, défiant Margaret Thatcher.

Le scrutin a lieu le 19 novembre 1990, alors qu’elle participe au Sommet de Paris de la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Elle obtient 204 voix contre 152 à Michael Heseltine et 16 abstentions. Toutefois, les statuts du Parti disposent qu’un candidat doit obtenir une avance de 15 % des votants pour l’emporter, faute de quoi un second tour doit avoir lieu. Il manque quatre voix seulement au Premier ministre pour atteindre ce seuil, ce qui permet à Heseltine de la mettre en ballotage. Un second tour est prévu une semaine plus tard, le 27 novembre.

Après son retour du Sommet de Paris, le 21 novembre 1990 au matin, elle reçoit un à un ses ministres pour les consulter sur la position à adopter quant au second tour. Un certain nombre d’entre eux lui renouvellent leur soutien, mais la plupart lui conseillent de démissionner, estimant que le second tour risque de lui être plus défavorable que le premier. Deux autres, enfin, l’informent que, dans l’hypothèse où elle gagnerait, ils démissionneraient de leur poste de ministres.

À l’issue de ces consultations, elle annonce son retrait du second tour et par conséquent sa démission de chef du Parti conservateur et du poste de Premier ministre. Elle invoque la nécessité de choisir quelqu’un de nouveau qui pourrait mener les conservateurs à la victoire dès l’échéance électorale suivante. Elle apporte son soutien à son ancien dauphin John Major, qui gagne la primaire conservatrice par 185 voix contre 131 pour Heseltine (au second tour, la règle des 15 % ne s’applique plus), et qui lui succède donc au poste de Premier ministre dès le 28 novembre 1990.

Elle reste à ce jour le Premier ministre à avoir tenu le plus longtemps (onze ans et six mois) les rênes du pouvoir au Royaume-Uni depuis Lord Salisbury (quatorze ans et deux mois).

Margaret Thatcher meurt le 8 avril 2013 à l’hôtel Ritz londonien, des suites d’un accident vasculaire cérébral, à l’âge de 87 ans.

Source : Wikipédia.

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