Marco Polo, marchand.

Marco Polo (né le 15 septembre 1254 à Venise et mort aux alentours du 9 janvier 1324 à Venise) est un marchand italien, célèbre pour son voyage en Chine qu’il raconte dans un livre intitulé Devisement du monde ou Livre des merveilles ou encore Livre de Marco Polo.

À l’âge de 17 ans, Marco Polo part avec son père Niccolò et son oncle Matteo pour l’Asie où il se met, avec eux, au service de Kubilai Khan, l’empereur mongol. Après avoir exercé diverses missions officielles durant une vingtaine d’années, il entreprend son voyage de retour à l’occasion d’une mission diplomatique.

De retour en Italie en 1295, après un périple de 24 ans, il participe l’année suivante à une guerre navale entre Venise et Gênes au cours de laquelle il est fait prisonnier par les Génois. Durant son emprisonnement, il dicte à un compagnon de cellule, Rustichello de Pise, une description des États de Kubilaï et de l’Orient. Ce manuscrit ayant connu de nombreuses versions et traductions, il est pratiquement impossible d’en reconstruire l’état original. Il semble toutefois qu’il ait été d’abord rédigé en langue franco-vénitienne.

Marco Polo n’était pas le premier Européen à se rendre à la cour de l’empereur mongol, mais il est le premier à décrire des réalités chinoises, tel le papier monnaie. Il décrit aussi les lamaseries du Tibet et mentionne l’existence du Japon (Cipango), jusqu’alors inconnu. Son récit a influencé Christophe Colomb et d’autres voyageurs. L’atlas catalan et la carte de Fra Mauro sont établis en partie sur la foi de son récit.

Marié, père de trois filles, il meurt en 1324 et est enterré dans l’église de San Lorenzo à Venise.


Marco Polo est né le 15 septembre 1254 dans la République de Venise, très probablement à Venise. Il n’est pas élevé par son père Niccolò Polo, négociant vénitien spécialisé dans le grand commerce oriental et très souvent absent, mais par son grand-père Andréa Polo, lui aussi grand commerçant selon le modèle typique du capitalisme familial. Son père et son oncle Niccolò et Matteo Polo partent en effet en 1260 pour le quartier vénitien de Constantinople où ils possèdent plusieurs comptoirs. Lorsque la capitale de l’empire latin de Constantinople est reprise en 1261 par les forces de l’empire de Nicée de Michel VIII Paléologue qui chassent les Latins de la ville, Niccolò et Matteo Polo cherchent d’autres débouchés commerciaux en Asie centrale en s’installant dans le petit comptoir de Soldaïa, sur les bords de la mer Noire, qui vient de s’ouvrir aux marchands occidentaux avec la quatrième croisade.

Marco Polo a quinze ans lorsque son père et son oncle reviennent en 1269 d’un long voyage en Asie centrale où ils ont rencontré le premier empereur mongol, de la dynastie Yuan Kubilai Khan en Chine, petit-fils de Gengis Khan, qui leur propose le monopole de toutes les transactions commerciales entre la Chine et la Chrétienté et demande en échange l’envoi d’une centaine de savants et artistes pouvant illustrer l’Empire des chrétiens. Ils sont porteurs d’un message de sympathie et de cette demande pour le pape, qui voit dans ces tribus (appelées alors tartares en Occident) depuis 1250 un possible allié dans la lutte contre l’Islam. Pendant deux années, les deux frères, Niccolò et Matteo, vont attendre l’élection d’un nouveau souverain pontife, Grégoire X, le conclave s’éternisant depuis la mort de Clément IV en 1268.

En 1271, à titre de commerçants mais aussi d’ambassadeurs, ils quittent à nouveau Venise pour retourner en Chine avec le jeune Marco. Ils sont accompagnés de deux dominicains menant une mission diplomatique au nom du pape, Nicolas de Vincenza et Guillaume de Tripoli, mais ceux-ci abandonneront l’expédition à Lajazzo par peur des rumeurs de guerre4. À partir du comptoir vénitien de l’Ayas, ils empruntent la plus septentrionale des routes de la soie. Après trois ans de voyage, Marco Polo est reçu avec ses parents à la très fastueuse cour mongole, peut-être à Cambaluc. D’abord, semble-t-il, envoyé en légation avec son oncle dans la ville frontière de Ganzhou, à l’extrémité ouest de la Grande Muraille, où il fait ses classes (apprenant probablement le ouïghour), il devient ensuite un enquêteur-messager du palais impérial suzerain de la Chine, de l’Iran et de la Russie. À ce titre il accomplira diverses missions pour le grand khan, tant en Chine que dans l’océan Indien.

Vers la fin du règne de Kubilai Khan, Marco Polo et ses parents obtiennent le droit de retourner dans leur pays contre un dernier service officiel : en 1291 ils embarquent à destination de l’Iran, où ils accompagnent la princesse Kokejin, promise par Kubilai Khan à l’ilkhan Arghoun d’Iran. Beaucoup d’incertitudes subsistent sur le trajet exact qu’il a suivi. En 1292, bloqué par la mousson d’hiver, il fait escale durant cinq mois à Perlak dans le nord de l’île de Sumatra (dans l’actuelle Indonésie). Il arrive à Ormuz au printemps 1293 et séjourne en Perse durant plusieurs mois. À Trébizonde, plus ou moins sous l’influence des Génois, il est dépouillé d’une partie de sa fortune.

Rentrés à Venise en 1295, Marco et ses parents sont méconnaissables après un quart de siècle d’absence. La légende veut que, pour frapper l’imagination, ils aient offert à leurs parents et amis un grand banquet à l’issue duquel Marco se serait saisi des misérables vêtements tartares dont il était habillé et en aurait défait les coutures pour en extraire des pierres précieuses en quantité.

En 1296, la guerre ayant éclaté entre Venise et Gênes, Marco Polo fait armer une galère pourvue d’une pierrièren 4 afin de participer au combat. Il est fait prisonnier, probablement lors d’une escarmouche, en 1296, au large de la Turquie, entre Adana et le golfe d’Alexandrette. Au cours de ses trois années de prison, devant l’intérêt que suscitent ses souvenirs d’Orient, il décide de les faire mettre par écrit par son compagnon de captivité, Rustichello de Pise. À cette fin, selon Ramusio, il aurait demandé à son père de lui faire parvenir les carnets de notes qu’il avait rapportés de son voyage. Rustichello date son récit de 1298.

En 1299, avec la signature de la paix entre Gênes et Venise, Marco est libéré. Il épouse alors Donata Badoer, dont il aura trois filles. Sans doute fut-il, comme patricien, membre du Grand Conseil de Venise, mais on ignore quel rôle il joua dans la création en 1310 du Conseil des Dix (institution secrète peu ordinaire qui ressemble au Tchoû-mi-Yuan, le conseil de sécurité de Kubilai). M. Polo vit alors à Venise dans la Casa Polo (quartier de Cannaregio, maison familiale détruite par un incendie en 1598) où il vit désormais comme un commerçant prospère mais prudent, bien loin de l’image du grand explorateur.

Tombé malade, il dicte son testament le 8 janvier 1324. Le texte, qui en a été conservé, précise notamment qu’il lègue 5 lires à chacun des couvents installés sur le Rialto et 4 lires à chacune des guildes dont il est membre. Il libère aussi Pierre, son « serviteur tartare », et veut qu’il lui soit payé 100 lires. Il est enterré comme son père à l’église San Lorenzo mais sa tombe a disparu à la suite de différentes restaurations de l’édifice. Son testament permet d’estimer la fortune qu’il laisse, soit 10 000 ducats, ce qui ne le situe pas parmi les plus riches marchands de Venise.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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