Luigi Pirandello, écrivain, poète et nouvelliste.

Luigi Pirandello est un écrivain italien, poète, nouvelliste, romancier et dramaturge, né le 28 juin 1867 à Agrigente en Sicile au lieu-dit « Caos », entre Agrigente et Porto Empedocle, durant une épidémie de choléra, et mort à Rome le 10 décembre 1936. Son œuvre a été récompensée du prix Nobel de littérature en 1934.


L’histoire de la littérature reconnaît surtout en Pirandello le dramaturge. Il n’a vraiment réussi au théâtre qu’à la cinquantaine. Il pensait que ce genre ne devait être qu’une parenthèse dans son œuvre : « Le théâtre, comme tu sais, ne me tente pas beaucoup. Je fermerai cette parenthèse théâtrale pour me remettre à mon travail de narrateur, plus naturel » écrit-il à son fils Stefano en 19171. Il publie pourtant en 1917 ses premières grandes pièces : Chacun sa vérité et La volupté de l’honneur, puis C’était pour rire (1918), Tout pour le mieux (1919), L’Homme, la bête et la vertu (1919). En 1921, après un échec cuisant en mai à Rome, Six personnages en quête d’auteur triomphe en septembre à Milan et, la même année, la pièce sera jouée à New-York. L’année suivante, Henri IV est un succès et, à Paris, Charles Dullin met en scène La Volupté de l’honneur et Georges Pitoëff, dès 1923, Six Personnages en quête d’auteur, dont la première a lieu en présence de l’auteur. En 1922, Pirandello abandonne l’enseignement.

Son œuvre théâtrale renouvelle profondément la scène de l’entre-deux-guerres en y introduisant fantaisie, poésie et liberté. Ses pièces les plus célèbres évoquent le théâtre dans le théâtre : Comme ci (ou comme ça) (1924), Ce soir on improvise (1930) semblent former à ce sujet une trilogie avec Six Personnages en quête d’auteur. Le théâtre de Pirandello, avec ses 43 pièces écrites en une vingtaine d’années, lui assura la renommée universelle.

Pirandello, carte maximum, Espagne, 2015.

En 1922, Pirandello commence à rassembler ses nouvelles sous le titre Nouvelles pour une année (Novelle per un anno en quinze volumes). Le nouvelliste rêve, dans l’avertissement de la première édition, d’un grand volume qui, selon le principe du titre du recueil, donnerait à lire au lecteur une nouvelle par jour pendant une année, soit trois cent soixante-cinq nouvelles. L’édition de 1937-1938 de Manlio Lo Vecchio-Musti compte 237 nouvelles dont 21 inédites du vivant de leur auteur. Comme pour Tchekhov, le succès de son théâtre a longtemps éclipsé l’originalité et la beauté de ses nouvelles. L’œuvre de Pirandello ne se réduit pas à sa production théâtrale. Elle pourrait être divisée en trois parties presque égales, ses nouvelles, son théâtre et enfin ses romans et essais. Ses travaux de conteur et de dramaturge sont liés. Ainsi, pas moins de vingt-sept nouvelles sont adaptées au théâtre : Madame Frola et monsieur Ponza, son gendre donnera Chacun sa vérité, de Leonora, Addio ! naîtra Ce soir on improvise, etc. Certains titres de nouvelles sont conservés pour leurs adaptations théâtrales : Cédrats de Sicile, Le Devoir du médecin, Gare à toi, Giacomio !, La Jarre, etc. Avec Pirandello. Nouvelles complètes, en 2 240 pages, les Éditions Gallimard, réalisent en 2000 le souhait de Pirandello de voir toutes ses nouvelles réunies en un seul volume. Dans l’avertissement de la première édition de Novelle per un anno, Pirandello écrivait que « [l’auteur de ces nouvelles] espère que les lecteurs voudront bien lui pardonner si, nées de la conception qu’il a eue du monde et de la vie, trop d’amertume et une joie trop rare s’offriront à eux et se donneront à voir dans cette multitude de petits miroirs qui la reflètent tout entière. » 2. Cette comédie humaine sicilienne reflète en effet la perception subjective de Pirandello, à laquelle son art de conteur donne une portée universelle. Un de ses traducteurs, le romancier et essayiste Georges Piroué, intitulera d’ailleurs son étude sur Pirandello parue en 1988 aux Éditions Denoël : Luigi Pirandello, sicilien planétaire.

En 1924, Pirandello adhère au fascisme et rencontre Mussolini. Mais il ne s’engagea jamais activement en politique. Son activité théâtrale internationale l’écartera peu à peu du régime fasciste, dont il supporte mal la suspicion et l’autoritarisme. Cependant, en 1929, il fait partie des premiers membres, nommés par décret du Président du Conseil, de la Reale Accademia d’Italia, créée trois ans plus tôt par Mussolini. D’après Philippe Foro, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Toulouse II Jean-Jaurès, Pirandello ne rompt ni avec le parti fasciste, ni avec le duce, auquel il rend visite quatre fois entre 1930 et 1934. Le 18 décembre 1935, il offre même la médaille d’or de son prix Nobel de littérature pour participer à l’effort de guerre en Éthiopie.

C’est aussi avec l’appui de Mussolini qu’il fonde en 1925, avec son fils Stefano, le Teatro d’Arte di Roma. Il y découvre la vie et le travail d’un directeur de théâtre et d’un metteur en scène. Il engage une jeune et talentueuse comédienne, Marta Abba, pour laquelle il éprouve un amour impossible. Elle devient son interprète principale et son inspiratrice. En cette année 1925 également, il publie un nouveau chef-d’œuvre, qu’il a mis quinze ans à écrire, le roman Un, personne et cent mille. Il voyage ensuite à l’étranger avec sa compagnie mais l’expérience du Teatro d’arte di Roma prend fin à l’été 1928, ainsi que sa collaboration avec Marta Abba qui crée sa propre troupe de théâtre. L’écrivain s’exile alors volontairement deux années à Berlin, puis une à Paris. L’écrivain et la jeune comédienne s’écrivent pendant toutes ces années et leur correspondance sera publiée sous le titre Lettres d’amour de Pirandello à Marta Abba. Avec Quand on est quelqu’un (1933), Pirandello met en scène son propre drame d’homme seul, prisonnier de sa célébrité.

Le 10 décembre 1934, il reçoit à Stockholm le prix Nobel de littérature « pour son renouvellement hardi et ingénieux de l’art du drame et de la scène » mais il subit de plus en plus d’incidents cardiaques. Travaillant sans relâche, il meurt en 1936 d’une pneumonie alors qu’il prépare l’adaptation cinématographique de Feu Mathias Pascal et écrit une nouvelle pièce, qui reste inachevée : Les Géants de la montagne, dont il a le sentiment qu’elle est son chef-d’œuvre. « Je crois vraiment que je suis en train de composer, avec une ferveur et une anxiété que je ne réussis pas à t’exprimer, mon chef-d’œuvre, avec ces Géants de la montagne… Mon art n’a jamais été aussi plein, aussi varié et imprévu : c’est vraiment une fête pour l’esprit et pour les yeux… » écrit-il à Marta Abba.

Pirandello, carte maximum, Italie, 1981.

Dix années après sa mort, ses cendres sont transportées à Agrigente. Comme l’écrit la critique littéraire Rosanna Delpiano : « […] son destin de personnage se clôt sur un dernier jeu entre apparence et réalité : par les rues de sa ville, les cendres de Pirandello passent, enfermées dans une caisse qui donne l’impression que la crémation n’a pas eu lieu, que le corps est dans le cercueil. Il paraît qu’en ont décidé ainsi les autorités ecclésiastiques : ainsi, sans le savoir, elles s’employaient à donner la dernière touche « pirandellienne » au séjour involontaire sur la terre de Luigi Pirandello ». Après la Seconde Guerre mondiale, ses cendres sont scellées dans un mur près de sa maison natale, classée monument national en 1949. Sa femme meurt en 1959, dans une clinique psychiatrique, à l’âge de 87 ans.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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