Ludvík Svoboda, homme d’état.

Ludvík Svoboda, né le 25 novembre 1895 à Hroznatín en margraviat de Moravie et mort le 20 septembre 1979 à Prague, est un militaire et homme d’État tchécoslovaque. Il s’est illustré au cours des deux guerres mondiales et est devenu plus tard président de la République socialiste tchécoslovaque.


Pendant la Première Guerre mondiale, Svoboda déserte de l’Armée austro-hongroise et combat en Russie dans les légions tchèques. Il travaille ensuite avec son père avant de faire carrière dans l’Armée : il étudie à l’académie militaire entre 1931 et 1934.

Après l’invasion allemande, en mars 1939, il devient membre de  l’organisation clandestine Obrana národa (Défense de la nation). On peut supposer qu’à cette époque il est en relation avec les services de renseignement soviétiques. En juin 1939, il se réfugie en Pologne, constitue une unité militaire tchécoslovaque à Cracovie, avant d’être fait prisonnier par les Soviétiques après l’invasion de la partie orientale de la Pologne par l’URSS en septembre de la même année. Il échappe à la mort en demandant à ses geôliers d’appeler un numéro de téléphone à Moscou où ils pourraient obtenir des renseignements sur sa personne.

Après l’ouverture des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS, il devient le chef d’une unité militaire tchécoslovaque qui combat les Allemands à partir de mars 1943. Il obtient la confiance de Klement Gottwald, dirigeant communiste tchécoslovaque exilé à Moscou, et monte ainsi dans la hiérarchie militaire jusqu’au grade de général d’Armée en 1945.

Ministre de la Défense dans le gouvernement d’union nationale, en 1945, il est désireux d’adhérer au Parti communiste tchécoslovaque, mais celui-ci lui demande de garder son adhésion secrète.

En février 1948, lors du coup de Prague, il refuse de faire donner l’Armée pour s’opposer aux milices armées du PC tchécoslovaque, et procède aux arrestations d’officiers jugés peu sûrs, en même temps que la police arrêtait les opposants aux communistes. Son intervention, alliée à la passivité du Président Edvard Beneš, permet aux communistes de l’emporter dans l’épreuve de force.

Il quitte l’Armée en 1950 et devient vice-premier ministre du gouvernement communiste jusqu’en 1951.

Au cours de la période des purges, Svoboda est d’abord révoqué de son poste, puis affecté à la direction d’une ferme collective, enfin emprisonné. Il est relâché après la mort de Staline. Il dirige alors l’Académie militaire. En novembre 1965, il reçoit le titre de Héros de l’Union soviétique.

Le 30 mars 1968, sur recommandation du premier secrétaire du parti Alexander Dubček, il succède à Antonín Novotný comme président de la République pour rassurer les Soviétiques à cause de son passé. Il apparaît néanmoins comme l’une des figures libérales du Printemps de Prague.

Le 26 août 1968, avec Dubček et Černik, il signe les Protocoles de Moscou qui légitiment la présence des forces du Pacte de Varsovie qui ont envahi la Tchécoslovaquie dans la nuit du 20 au 21 août précédente tout en laissant croire que la politique d’après-janvier 68 continue. Or, très rapidement, le pays est repris en main par la fraction dure du PCT.

Après la Normalisation et l’éviction de Dubček en avril 1969, il reste à son poste. Il résiste aux pressions du nouveau premier secrétaire du Parti Gustav Husák pour le faire démissionner, parce qu’il symbolise, malgré lui, le Printemps de Prague. Il finit par démissionner en 1975 alors qu’il est en très mauvaise santé. Son épouse est décédée en 1980.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.