Lucie Juliette Dodu, héroïne de la guerre de 1870.

Lucie Juliette Dodu (Saint-Denis (La Réunion), 15 juin 1848 – Clarens, 28 octobre 1909) est présentée comme une espionne française et une héroïne de la guerre de 1870.

Elle est la première femme en France à recevoir la médaille militaire et la Légion d’honneur à titre militaire.


Née à La Réunion, d’une famille originaire du département de l’Indre.
Deux ans après sa naissance, son père meurt de la fièvre jaune.
Sa mère, une créole née Desaïffre de Pellegrin, se remarie et donne naissance à deux autres enfants, dont Camille, future épouse d’Odilon Redon. En 1864, Juliette, à seize ans, quitte la Réunion pour la France avec sa famille.
Mme Dodu, veuve à nouveau, obtient, grâce au soutien de l’impératrice Eugénie, la direction d’un bureau télégraphique à Pithiviers (Loiret) où Juliette est employée auxiliaire.

C’est au cours de la guerre de 1870 que Juliette se serait illustrée : Les Prussiens investissent Pithiviers le 20 septembre 1870, le bureau du télégraphe est occupé par ces derniers, Madame Dodu et sa fille ne logent plus qu’au premier étage de la maison du télégraphe. Le fil du télégraphe passant dans sa chambre, La jeune fille de vingt-deux ans a alors l’idée de bricoler une dérivation. Ayant conservé un appareil récepteur, elle peut ainsi intercepter les dépêches des occupants.

Pendant dix-sept jours, la jeune fille fait parvenir ces dépêches aux autorités françaises sans que les Prussiens ne le remarquent, sauvant ainsi la vie des 40 000 soldats du général Aurelle de Paladines. Le montage de la dérivation découvert, les Prussiens traduisent Juliette Dodu devant la cour martiale où elle est condamnée à mort, mais l’armistice est signé avant son exécution, et Juliette Dodu est graciée puis libérée par le prince Frédéric-Charles de Prusse qui demande à lui serrer la main.

Juliette Dodu, carte maximum, Saint-Denis, 28/10/2009.

Le décret no 1942 du 8 décembre 1870 accorde à Juliette une mention honorable ainsi qu’à 20 autres employés et agents du service télégraphique : des employés des Postes furent utilisés pour aider l’armée dans l’usage du télégraphe.

En 1877, cette mention est transformée administrativement en médaille militaire pour Juliette Dodu.

En 1873, Juliette Dodu est responsable du bureau télégraphique d’Enghien-les-Bains, où elle fait la connaissance du patron du Figaro, Hippolyte de Villemessant. Le 26 mai 1877 paraît dans ce journal, la première version connue de la légende Dodu. Le Courrier du Loiret (journal de Pithiviers) a consacré un dossier à Juliette Dodu, en 1984 (on en trouve une copie à la bibliothèque de Bièvres). Selon son auteur, « l’épouse du maréchal de France (président Mac-Mahon) était une féministe convaincue. Il n’est pas impensable que le texte de la nomination de Juliette Dodu dans l’ordre de la Légion d’honneur, l’ait été sur son intervention ».

Selon Guy Breton dans son ouvrage Les Beaux mensonges de l’histoire, toute l’histoire de Juliette Dodu ne serait en fait qu’une fable montée de toutes pièces par le journaliste du Figaro qui signait Jean de Paris dans un article du 26 mai 1877, agissant pour M. de Villemessant, son directeur. Effectivement ce n’est que sept ans après les faits que l’on entend parler de Mme Dodu. Guy Breton cite en référence le général Aurelle de Paladines, commandant en chef de l’armée de la Loire, qui ne mentionne nulle part cet héroïque sauvetage de son armée. Le lieutenant-colonel Rousset, auteur d’une Histoire de la guerre Franco Allemande 1870-1871, n’y fait aucune référence, alors qu’il fourmille de détails allant jusqu’à l’épaisseur de la neige ou l’état du ciel. Pas plus que le rapport de M. Steenackens, directeur des Postes et Télégrammes de l’époque, qui décrit tous les actes de résistance de ses employés durant cette guerre.

Cependant, Guy Breton ne date pas les faits et oublie de préciser qu’à l’époque des faits, Aurelle de Paladines n’était pas encore général de l’armée de la Loire. Il le devient mi octobre. Cela pouvant expliquer l’absence de Juliette Dodu dans ses écrits. Aussi, Juliette Dodu n’est pas la seule femme absente de l’Histoire de la guerre Franco Allemande 1870-1871. Paule Minck ou Jane Dieulafoy dont la résistance aux Prussiens est vérifiable, n’y figurent pas non plus. Guy Breton affirme que Juliette Dodu n’a rien fait mais il ne peut le montrer. Il prouve simplement que le récit héroïque officiel n’est pas exactement le reflet de la vérité. Il souligne par exemple les incohérences de ce récit épique : les Prussiens avaient quitté Pithiviers trois semaines avant les faits relatés, et il était impossible de capter au son un message chiffré en langue allemande et passé en Morse puis de le retransmettre sans erreur. Ce qui supposait une grande connaissance non seulement de la langue mais aussi des codes militaires prussiens. De plus, personne ne possédait à Pithiviers les codes prussiens. Il n’y a pas non plus trace de la condamnation à mort de Juliette Dodu ni de sa grâce. Ce qui amène l’auteur à s’interroger sur une possible mystification de M. de Villemessant qui obtint la Légion d’honneur pour une fausse héroïne à une époque où, juste après la Commune et la perte de l’Alsace et de la Lorraine, la France avait besoin de héros.

Juliette devient ensuite directrice du bureau télégraphique de Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Vers 1875, elle entre en relation avec le baron Félix Hippolyte Larrey, médecin chef de l’armée, fils du célèbre Larrey et hérite de sa fortune (dont son petit château de Bièvres).

Son histoire de Pithiviers a été connue à cette époque par l’intermédiaire du Figaro du 26 mai 1877, diffusant une version selon laquelle vers la fin du mois de novembre 1870 elle aurait intercepté une dépêche télégraphique allemande grâce à un appareil télégraphique qu’elle aurait subtilisé, risquant ainsi la peine de mort et prenant par là figure d’héroïne.

Elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur par décret du 30 juillet 1878.

En 1880, elle devient inspectrice des écoles et salles d’asile et s’installe en Suisse.
Sous le pseudonyme de Lipp, elle publie, en 1891, un ouvrage consacré à George Sand, l’Éternel Roman.

Elle meurt, le 28 octobre 1909 (à 61 ans), chez le peintre Odilon Redon, son beau-frère, à Clarens dans le canton de Vaud et reçoit des funérailles nationales.

Source : Wikipédia.

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