L’ours polaire.

L’ours blanc (Ursus maritimus), aussi connu sous le nom d’ours polaire, est un grand mammifère omnivore (à prédominance carnivore) originaire des régions arctiques. C’est, avec l’ours kodiak et l’éléphant de mer, l’un des plus grands carnivores terrestres et il figure au sommet de sa pyramide alimentaire.

Parfaitement adapté à son habitat, l’ours blanc possède une épaisse couche de graisse ainsi qu’une fourrure qui l’isolent du froid. La couleur blanche de son pelage lui assure un camouflage idéal sur la banquise et sa peau noire lui permet de mieux conserver sa chaleur corporelle. Pourvu d’une courte queue et de petites oreilles1, il possède une tête relativement petite et fuselée ainsi qu’un corps allongé, caractéristiques de son adaptation à la natation. L’ours blanc est parfois considéré comme un mammifère marin semi-aquatique, dont la survie dépend essentiellement de la banquise et de la productivité marine. Il chasse aussi bien sur terre que dans l’eau. Son espérance de vie est de 15 à 30 ans.

Ours polaire, carte maximum, Russie, 25/03/1987.

Cette espèce vit uniquement sur la banquise autour du pôle Nord, au bord de l’océan Arctique. L’Union internationale pour la conservation de la nature UICN estime la population d’ours blancs à environ 26 000 individus. Elle considère l’espèce comme vulnérable (VU), principalement en raison du réchauffement climatique et du bouleversement de son habitat qui en résulte. En 2015, Morten Jørgensen conclut au contraire que la principale menace pesant sur l’ours polaire est la chasse, loin devant le changement climatique, et estime la population inférieure à 20 000 individus.

Animal charismatique, l’ours blanc a un fort impact culturel sur les peuples inuits, qui dépendent toujours de sa chasse pour survivre. Il a également marqué la culture populaire via certains de ses représentants comme Knut, ou encore l’art avec la sculpture d’ours blanc réalisée par François Pompon.

Le parc national Wapusk à Manitoba, au Canada, est connu pour être la capitale mondiale des ours polaires. C’est l’un des meilleurs endroits pour voir ces ours dans leur environnement, particulièrement à leur arrivée en automne, alors qu’ils attendent que la baie d’Hudson gèle, afin de pouvoir y chasser le phoque.


L’ours blanc possède la morphologie d’un ours typique : un corps imposant, une fourrure abondante, une grande tête rectangulaire, de petites oreilles arrondies, une courte queue et des pattes puissantes et épaisses. Ses yeux, son museau, ses lèvres, sa peau et ses coussinets sont noirs. Sa principale particularité est d’être le seul ours à manteau blanc.

Par rapport à l’ours brun, l’ours blanc a un corps plus long, tout comme son cou et son crâne, mais des oreilles plus petites. Le profil de l’ours blanc est également différent, avec un museau plus proéminent.

L’ours blanc est, avec l’ours kodiak et l’éléphant de mer, l’un des plus grands carnivores terrestres vivants. Ils ont une hauteur de 1 à 1,5 m au garrot. Les mâles adultes pèsent généralement entre 400 et 600 kg mais peuvent parfois atteindre les 800 kg pour une taille de 2 à 3 m de long. L’ours blanc présente un dimorphisme sexuel important : généralement deux fois plus petites que les mâles, les femelles pèsent de 200 à 350 kg et mesurent de 1,8 à 2 mètres. À la naissance, les oursons ne pèsent que 600 à 700 g. Le record de masse pour un ours blanc est actuellement de 1 102 kg.

L’ours blanc a des prises de poids assez spectaculaires. Par exemple, au Canada, un ours blanc femelle a pris plus de 400 kg en neuf mois. En novembre, elle pesait 92 kg, mais au mois d’août, elle a été pesée à 505 kg. Ceci s’explique par l’accumulation des graisses de phoque qui sont mangées au printemps. Des données récentes suggèrent que la masse des ours blancs décline. Ces données peuvent être prises comme une indication des pressions qui pèsent sur eux. Une étude de 2004 de la National Geographic Society a montré que la masse des ours blancs, en moyenne, était inférieure de 25 % à leur masse dans les années 1970. Pour exemple, en 2007, les femelles de la baie d’Hudson avaient une masse moyenne de seulement 230 kg, contre 300 kg dans les années 1980. Leur masse ne les empêche pas d’être très véloces sur la terre ferme. Ils peuvent sans problème être plus rapides qu’un homme à la course.

L’ours blanc est immédiatement reconnaissable à sa fourrure blanche-jaunâtre (admettant une large gamme de variations individuelles et saisonnières) qui lui permet de se camoufler dans le paysage arctique. En réalité, les poils ne sont pas pigmentés en blanc : ils sont non pigmentés, donc incolores, translucides et creux, c’est la réflexion de la lumière visible sur la surface interne de ces poils creux qui les fait apparaître blancs. À la différence d’autres mammifères arctiques (tels que le renard arctique), il ne change jamais ce pelage pour une couleur plus foncée en été. Sous son pelage, l’ours blanc a une peau complètement noire ce qui lui permet d’absorber l’énergie du spectre infrarouge, de façon optimale. Une telle coloration est mimétique, c’est-à-dire qu’il s’agit d’un camouflage pour pouvoir s’approcher plus facilement de ses proies.

Une caractéristique intéressante de sa fourrure est qu’elle absorbe les rayons violets et ultraviolets, c’est pourquoi elle a souvent des reflets jaunâtres. Certains zoologistes ont émis l’hypothèse que les poils transparents de l’ours blanc seraient des sortes de fibres optiques captant et conduisant la lumière (je signale que ce ne sont pas les photons qui sont calorifiques, mais les infrarouges) vers la peau noire de l’ours pour l’aider à rester au chaud, mais cela est contredit par des études plus récentes. En fait, les poils ne laissent passer que 1/1000e de la lumière reçue (confusion entre lumière et chaleur), ce qui serait dû aux protéines de kératine composant les poils et qui ont la propriété d’absorber les ultraviolets. L’ours blanc renouvelle sa fourrure de mai à août. La fourrure est habituellement de 5 à 15 cm sur la majeure partie du corps. Cependant, sur les pattes antérieures, les mâles ont des poils plus longs qui grandissent en longueur jusqu’à l’âge de 14 ans. On suppose que cela est une forme d’attrait pour les femelles, à la manière de la crinière du lion.

Les ratons-laveurs et les ours ont divergé il y a environ 30 Ma. L’ours à lunettes s’est séparé des autres ours il y a environ 13 Ma. Les 6 espèces distinctes d’ours sont apparues il y a environ 6 millions d’années. Les témoignages fossiles et l’analyse de leur ADN nucléaire ont permis de montrer que l’ours blanc et l’ours brun ont divergé il y a environ 600 000 ans. Les ours blancs ont cependant la possibilité de produire une descendance fertile en s’accouplant avec des ours bruns, suggérant qu’ils ont un ancêtre commun proche. Si les hybrides étaient infertiles on pourrait parler assurément d’espèces différentes mais à contrario la fertilité des hybrides ne permet pas de conclure car l’infertilité n’est pas une nécessité.

Dans un article largement cité de 1996, une comparaison de l’ADN mitochondrial de différents ours bruns de l’île Amirauté (en) et des îles Baranof et Chichagof de l’Alaska montre que ces groupes d’ours partagent un ancêtre commun plus récent avec les ours blancs qu’avec les autres populations d’ours bruns du monde. Du point de vue de l’ascendance, définir l’ensemble des ours bruns comme un groupe génétique (un taxon monophylétique) séparé des ours blancs ne semble alors plus pertinent. En 2012, l’étude du génome nucléaire montre une divergence clairement ancienne de l’ours blanc, révélant que la similarité mitochondriale avec les ours bruns des îles d’Alaska n’est que le résultat d’une introgression génétique, par des femelles ours bruns, lors des fluctuations climatiques passées.

Les ours blancs sont des animaux solitaires. Excellents nageurs grâce à leur couche de graisse, ils peuvent être vus en pleine mer à des kilomètres de toute terre. Ils nagent en utilisant leurs pattes avant pour se propulser et leurs pattes arrière comme gouvernail. Le pelage se gonfle d’air pour augmenter la flottaison. Sous l’eau, les yeux restent ouverts mais les narines se ferment, ils peuvent ainsi retenir leur respiration jusqu’à deux minutes.

Sa fourrure est si isolante qu’il lui arrive de souffrir de la chaleur. Ainsi, il se prélasse parfois sur la glace pour se refroidir ; sur terre, il peut creuser à la recherche de la couche de pergélisol, plus froide que le sol.

Le mode de vie de l’ours blanc est très différent de celui de son cousin, l’ours brun. En dépit de leur récente séparation au cours de l’évolution, ces deux espèces exploitent des sources d’énergie extrêmement différentes. L’ours brun est terrestre et l’essentiel de son régime est végétal avec un appoint de protéines animales, tandis que l’ours blanc est le plus carnivore des ursidés. Deux espèces de phoques constituent l’essentiel de son régime : Phoca hispida, qui atteint 60 kg, l’espèce la plus nombreuse en Arctique et formant sa proie principale, et Erignathus barbatus, pouvant dépasser 400 kg. Aucune de ces deux espèces de phoque ne se retrouve en l’absence de banquise, ce qui limite l’aire de chasse de l’ours blanc, mais l’ours blanc est opportuniste42. Ainsi, une autre proie commune de l’ours blanc est le morse et il est aussi capable d’attraper des bélugas. En tant que consommateur de poissons, l’ours blanc ingère de grandes quantités de vitamine A qu’il stocke dans son foie. Par le passé, des explorateurs de l’Arctique se sont souvent empoisonnés en mangeant le foie d’un ours blanc, en raison d’une hypervitaminose A.

Le pelage de l’ours blanc lui offre un excellent camouflage. Lorsqu’il chasse, il cache son museau avec ses pattes, ce qui le trahirait sinon. L’ours est également un bon pêcheur et utilise ses griffes pour harponner ses proies. La femelle peut jeûner près de huit mois avant de mettre bas ses petits, habituellement deux oursons pesant entre 600 et 700 g. Elle retourne ensuite rapidement sur la banquise pour chasser le phoque, sa nourriture favorite, ou attraper du poisson. Les bonnes années, l’ours blanc accumule une épaisse couche de graisse avant la débâcle. Une fois à terre, il entre alors en « hibernation itinérante » : bien que restant en activité, son métabolisme ralentit sensiblement, permettant ainsi d’économiser énergie et réserves.

À cause du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, l’ours blanc éprouve de plus en plus de difficultés à chasser les phoques. Sa quête de nourriture s’est rapidement portée sur les zones de nidation des oiseaux, faisant des œufs une partie importante de son alimentation. Cependant, l’équilibre alimentaire de l’ours se voit perturbé, en partie parce que les œufs sont trop riches en protéines.

Les mâles ne sont pas sexuellement matures avant l’âge de quatre ans, mais les femelles peuvent être mères dès l’âge de trois ans. Elles ont rarement plus de 2 petits, à raison d’une mise bas tous les 3 ans, qui viennent au monde lorsque la femelle hiverne dans sa tanière au mois d’octobre et se contentent du riche lait maternel pendant plusieurs semaines. Après sa sortie de tanière aux alentours de mars, la reproduction de la femelle a lieu en juin. Fécondée par le mâle, elle porte l’embryon pendant 5 mois (mise bas en décembre) alors que la gestation ne dure que 55 jours ; la femelle produit ainsi une implantation différée (en) de l’embryon. La mère n’emmène ses petits hors de la tanière que lorsqu’ils sont âgés de 3 à 4 mois ; c’est à ce moment qu’ils découvrent le monde qui les entoure. Les jeunes prennent leur indépendance tardivement, car l’ourse s’occupe de toute leur éducation, leur apprenant la chasse et le choix d’une tanière. Ils ne se séparent définitivement d’elle qu’à l’âge de 3 ans. Lors de cette période, les petits prennent beaucoup de poids grâce au lait produit par la femelle, qui contient 50 % de matières grasses.

L’ours blanc est sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Auparavant classée dans la catégorie « risque faible, dépendant des efforts de conservation » selon la liste rouge établie en 1996, l’espèce se trouve désormais dans la catégorie « vulnérable ».

On estime que l’espèce pourrait disparaitre d’ici un siècle à cause de la réduction de la superficie et de la qualité de son habitat. L’United States Geological Survey (USGS) a publié une étude sur les ours blancs : si la fonte de la banquise dans l’océan Arctique se poursuit, leur population mondiale, estimée à 22 000 individus, diminuera des deux tiers d’ici à 2050.

L’habitat des ours blancs est naturellement limité par l’étendue de la banquise et par les plaques de glace dérivantes dont ils se servent comme plate-forme pour la chasse au phoque ainsi que pour l’itinérance et l’élevage des jeunes. Ils ne visitent la terre ferme que pour creuser les tanières où les femelles mettent bas et sont donc menacés par la disparition de pans de plus en plus grands de la banquise. Son métabolisme ne lui permet pas de survivre sans glace d’une part et d’autre part les phoques peuvent de plus en plus facilement, de par le recul de la banquise, reprendre leur respiration hors d’atteinte de ce prédateur.

Le réchauffement climatique restreint donc dangereusement l’habitat vital de l’espèce. Les premiers signes de déclin ont été observés dans les zones les plus méridionales de son implantation, comme la Baie d’Hudson, et selon une étude publiée en 2016, aucun refuge de l’ours blanc n’est désormais à l’abri des effets du changement climatique. Certains modèles climatiques suggèrent même que presque tout l’océan polaire arctique pourrait être libre de glace en été dès le milieu du XXIe siècle, mais aucune solution alternative – telle que l’introduction de l’ours blanc en Antarctique – n’est sérieusement envisagée à l’heure actuelle.

Les découvertes d’ours blancs noyés et de cas de cannibalisme, l’augmentation du nombre d’ours « à problèmes » – cherchant de la nourriture près des communautés humaines arctiques – sont rapportées de plusieurs régions. Ces observations sont cohérentes avec les prédictions liées aux changements causés par le réchauffement climatique.

Les ours blancs trouvent leur nourriture la plus riche sur la banquise située à l’aplomb des plateaux continentaux, en marge des côtes. Ces derniers temps, la glace s’est retirée loin de ces zones. L’habitat estival nécessaire aux ours se réduit. Leur période de chasse sur la banquise raccourcit, d’où un jeûne plus long. Et la glace, moins épaisse, risque davantage de dériver au gré des vents et courants et d’emporter les ours loin de leurs territoires. Ces animaux doivent alors s’épuiser à nager en pleine mer pour trouver des plaques de glace hospitalières ou regagner la terre ferme, ce qui peut leur être fatal. En 2008, une femelle équipée d’une balise a ainsi nagé 687 km pour rejoindre la banquise, au large de la côte nord de l’Alaska.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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