Louis Vicat, ingénieur.

Louis Joseph Vicat, né le 31 mars 1786 à Nevers et mort le 10 avril 1861 à Grenoble, est un ingénieur français, reconnu inventeur du ciment artificiel.


Orphelin de son père sous-officier (issu d’une famille protestante du Dauphiné) il est élevé par son oncle. À sa sortie de l’École centrale de Grenoble, à l’âge de dix-huit ans, en 1804, il intègre, sur les conseils du mathématicien Joseph Fourier, alors préfet de l’Isère, l’École polytechnique. Deux ans plus tard, à sa sortie, il entre à l’École des Ponts et Chaussées, en 1806.

Promu ingénieur le 1er mai 1809, il est affecté à Périgueux et doit réaliser la construction de deux ponts : le premier doit traverser la Dronne (sur la route entre Bordeaux et Angoulême), le second à Souillac, sur la Dordogne. Pour cette seconde réalisation le fait qu’une partie des piles du pont soit immergée le conduit à étudier la prise de la chaux dans l’eau et sa résistance à la dissolution. En étudiant ce mécanisme de prise des chaux naturelles il découvre leurs principes d’hydraulicité. Cela permet la fabrication de la chaux hydraulique artificielle et du ciment naturel à partir de 1817. Il découvre le clinker, élément constitutif du ciment lent, et permet la fabrication artificielle du ciment Portland (« l’or gris ») à partir de 1840.

Volontairement, il ne dépose pas de brevet pour la diffusion de cette invention le brevet sur le ciment Portland est déposé par l’Anglais Joseph Aspdin en 1824.

Par ailleurs, en contrôlant avec minutie les gâchées des ouvriers maçons, Vicat a pu montrer que le bon dosage en eau conditionnait la qualité du mortier. Il a inventé un instrument de mesure pour tester la résistance du produit qui devient l’aiguille Vicat.

Louis Vicat, carte maximum, Couvrot, 2/06/2017.

La construction du pont de Souillac commence en 1812. En 1824, le pont de Souillac est achevé et entre dans l’histoire, il est la première construction au monde réalisée avec du ciment artificiel, il mesure 180 mètres de long sur 9 mètres de large et compte 7 arches surbaissées reposant sur 6 piles.

Reconnaissance scientifique et sociale de son vivant[modifier | modifier le
L’ingénieur-chercheur Vicat a été reconnu de son vivant, tant par l’Académie des sciences que par l’État, qui lui a accordé, à titre de reconnaissance nationale, une rente. On trouve dans le rapport que François Arago a écrit pour l’Assemblée nationale à cette occasion, une description précise de la nature des travaux et découvertes de Louis Vicat, suivie d’une présentation des conséquences positives pour la nation.

Arago présente les découvertes en les situant dans le mouvement des travaux antérieurs de scientifiques et techniciens :

  • Sur les chaux hydrauliques : « Les plus anciennes études que nous connaissions sur les compositions des chaux hydrauliques datent de l’année 1756, c’est-à-dire de l’époque où Smeaton se préparait à la construction si difficile, si hardie, du phare d’Edystone… » Arago précise l’apport de Louis Vicat : « M. Vicat composa une chaux artificielle supérieure à celles de Senonches. Il obtint ce résultat capital en faisant calciner, dans des proportions convenablement choisies, de la craie ou de la chaux pure à l’argile. Par cette expérience, la lumière succédait à l’obscurité, la certitude au doute, l’art de bâtir venait de s’enrichir d’une admirable découverte ».
  • sur les ciments : « Ce ciment qui, à l’origine, s’appelait ciment aquatique, fut fabriqué, dès l’année 1796, par MM. Parker et Wyatts. Il était le résultat de la torréfaction de certains galets calcaires ovoïdes qu’on trouve, en assez grande abondance, à quelque distance de Londres. » Louis Vicat a poursuivi les travaux et découvert que « lorsque l’on force la dose d’argile jusqu’à 33 ou 40 % on obtient une chaux qui ne s’éteint pas ; elle se pulvérise facilement et donne, quand on la détrempe, une pâte qui prend corps sous l’eau très promptement ».
  • sur les pouzzolanes : François Arago cite les travaux de Chaptal et indique que Louis Vicat a repris ses recherches et qu’il montra que « l’on peut obtenir des pouzzolanes artificielles, supérieures, ou tout au moins égales aux meilleures pouzzolanes d’Italie, par une modification particulière de l’argile la plus pure possible ; en se bornant à lui enlever son eau de combinaison ; en ne portant sa température qu’entre 600 et 700 degrés centigrades »

Arago consacre plusieurs pages à chiffrer les économies qui ont pu être réalisées sur les travaux des dernières décennies grâce aux découvertes de Louis Vicat et il conclut : « une conclusion ressort avec évidence de tout ce qui précède : c’est qu’en supposant l’art des constructions tel qu’il était en 1818 avant les recherches de M. Vicat, la plupart des grandes entreprises en cours seraient entièrement paralysées par des considérations de temps et de dépenses… » Il met alors en parallèle les économies avec la rente à attribuer à L. Vicat que sont les 6 000 francs de rente viagère à côté des économies colossales dont le pays est redevable aux travaux de M. Vicat ? »

Une compensation pour n’avoir pas fait breveter ses découvertes
François Arago ajoute : « M. Vicat a libéralement livré sa découverte au public. Il est certain qu’en s’assurant, à l’aide d’un brevet d’invention, la fabrication privilégiée de la chaux hydraulique artificielle, cet ingénieur aurait fait une fortune immense. »

Sur ce rapport le projet de loi du gouvernement, attribuant la rente à L. Vicat a été adopté sans discussion, le 16 juin 1845.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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