Louis Faidherbe, militaire et administrateur colonial.

Louis Léon César Faidherbe, régulièrement appelé Léon Faidherbe, né le 3 juin 1818 à Lille et mort le 28 septembre 1889 à Paris, est un militaire, un administrateur colonial, principalement du Sénégal et un homme politique français. Il commanda l’Armée du Nord pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871 et fut élu député puis sénateur du Nord à partir de 1871.


Louis Faidherbe est issu d’un milieu modeste. Il naquit rue Saint-André dans une maison du Vieux-Lille. Son père, qui avait été volontaire en 1794 et blessé au combat, était alors fabricant de bonneterie. Il commença ses études au collège de Lille. Ses aptitudes en mathématiques lui permirent d’obtenir une bourse pour entrer au collège royal de Douai.

En 1838, il entra à l’École polytechnique puis en 1840 à l’École d’application de l’artillerie et du génie de Metz dont il sortit officier en 1842. Sous-lieutenant au 1er régiment du génie en 1842, il servit lors de la conquête de l’Algérie de 1842 à 1847, notamment lors de l’expédition du Chélif. Il participa également à la fortification de Bou Saada.

Il fut envoyé à la Guadeloupe de 1848 à 1849, et de nouveau en Algérie de 1849 à 1852 où en tant que capitaine, il participa à l’expédition dans le Djurjura sous les ordres du général Camou, à celle de Petite Kabylie sous les ordres du général de Saint-Arnaud et à celle du massif de Bougie dirigée par le général Bosquet. Ses aptitudes et son énergie le firent remarquer et il fut envoyé au Sénégal. Il y fut promu chef de bataillon à l’âge de trente-six ans. Le 16 décembre 1854, il fut nommé gouverneur de la colonie.

Faidherbe, carte maximum, Brazzaville, 1952.

Il entreprit de pacifier le pays, repoussa les Toucouleurs à l’est du Haut-Sénégal (1855-1863), et s’opposa à El Hadj Omar qui assiégeait le fort de Médine et prit la ville le 18 juillet 1857. Il repoussa les Maures au nord et annexa le pays Ouolof (traité de mai 1858).

À la bataille de Logandème (18 mai 1859), il combattit les Sérères pendant le règne de Coumba Ndoffène Famak Diouf. Sous ses ordres, Fatick fut brûlée.

Il était le premier organisateur de l’Armée noire en 1857 ; il fut nommé colonel du génie en 1860.

L’annexion du Cayor (1861-1865) permit de dégager la route reliant Saint-Louis à la presqu’île du Cap-Vert.

En 1861, malade, il sollicita son retour en métropole, alors qu’il était colonel. Promu général en 1863, on lui donna le commandement de la subdivision de Sidi-bel-Abbès en Algérie. Il repartit pour le Sénégal en tant que gouverneur en 1863 et fut promu général de brigade le 20 mai 1863. Il quitta la colonie en 1865.

Avec peu de moyens, il jeta les bases de la future Afrique-Occidentale française. Il étendit l’influence française très au-delà du Sénégal, travailla à développer l’économie locale et fut le créateur du port de Dakar. Il assuma pleinement son rôle de « colonisateur ».

Pendant la pénurie de coton causée par la guerre de Sécession américaine à partir de 1861, il favorisa des plantations qui fournirent annuellement 50 tonnes de coton brut jusqu’en 1868. Le sud du bassin du Niger est alors jugé éventuellement porteur par les Français en Afrique occidentale.

Il favorisa le développement économique de la colonie et projeta la ligne de chemin de fer de Dakar au Niger qui sera entreprise à partir de la fin du XIXème siècle. Il promut la distribution d’eau potable à Saint-Louis par le projet de l’usine des eaux de Mbakhana, qui devait être finalement inaugurée en 1885.

Il s’intéressa aux dialectes locaux, aux coutumes et rédigea plusieurs travaux d’ethnographie et de géographie sur l’Afrique occidentale, ainsi qu’un Annuaire du Sénégal en quatre langues : français, wolof, toucouleur et soninké.

Faidherbe dirigea, en 1871, une mission scientifique en Haute-Égypte.

En 1867, il était général commandant la subdivision de Bône. En 1870, la déclaration de guerre le surprit à Lille, où il effectuait un séjour de convalescence.

Léon Gambetta le nomma général de division le 23 novembre et lui confia le commandement de l’Armée du Nord en remplacement du général Bourbaki. Cette armée était forte de 45 000 hommes, le général Farre en était le chef d’état-major, le général Lecointe commandait le 22e corps d’armée et le général Paulze d’Ivoy le 23e.

Sa contre-offensive sur Amiens échoua à la bataille de Villers-Bretonneux, le 27 novembre 1870. À la bataille de l’Hallue des 23 et 25 décembre et à celle de Bapaume, le 3 janvier 1871, il ne parvint pas à exploiter l’ouverture qu’il s’était créée et finalement ne put empêcher l’irruption allemande vers Paris à la suite de la bataille de Saint-Quentin. En janvier, il battit en retraite à l’abri des places fortes de Cambrai et Lille, sans être vraiment inquiété par von Gœben, mais son action permit au Nord-Pas-de-Calais, encerclé, de résister jusqu’à la capitulation.

Dans ses Bases d’un projet de réorganisation d’une armée nationale, 1871, il critique vivement le Second Empire et la plupart des généraux de l’Empire, qu’il juge responsables de la défaite.

Après la défaite de 1871, il fut élu député du département de la Somme le 8 février mais démissionna en raison de ses fonctions militaires. Il fut réélu le 2 juillet par les départements de la Somme, du Pas-de-Calais et du Nord. Il opta pour ce dernier et siégea dans les rangs des républicains. Il démissionna une seconde fois parce qu’il pensait que l’assemblée outrepassait le mandat qu’elle avait reçu du peuple. Le 8 octobre 1871, il devint Conseiller général du Nord pour le Canton de Lille-Centre. Il fut candidat républicain, aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, dans ce département mais il échoua. Il fut plus heureux au renouvellement triennal du 5 janvier 1879 et fut élu sénateur du département du Nord et le resta jusque 1888. Républicain, il siégea toujours à gauche et s’opposa au boulangisme.

Il décéda le 28 septembre 1889 à Paris.

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Sources : Wikipédia, YouTube

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