Louis Antoine Léon de Saint-Just, homme politique.

Louis Antoine Léon de Saint-Just, né le 25 août 1767 à Decize (Nivernais, aujourd’hui Nièvre) et mort guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), est un homme politique français de la Révolution française. Plus jeune élu à la Convention nationale, Saint-Just était membre du groupe des Montagnards. Soutien indéfectible de Robespierre, il est emporté dans sa chute, le 9 thermidor.

D’une éloquence remarquée, il se distingue par l’intransigeance de ses principes prônant l’égalité et la vertu, ainsi que par l’efficacité de ses missions au cours desquelles il redresse la situation de l’armée du Rhin et participe à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Combattant politiquement les Girondins, les Hébertistes puis les Indulgents, il fait voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est notamment l’inspirateur de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793.

Louis Antoine de Saint-Just est le fils aîné de Louis Jean de Saint-Just de Richebourg (8 novembre 1716 – 8 septembre 1777), un capitaine de cavalerie décoré de l’ordre de Saint-Louis, et de Marie-Anne Robinot (née à Decize le 8 juin 1734, morte en 1815), elle-même fille de Léonard Robinot, conseiller, notaire royal et grenetier au grenier à sel de Decize, et de Jeanne Houdry, mariés le 10 mai 1766.

Louis Antoine est né le 25 août 1767 à Decize, dans le Nivernais, et il est baptisé le même jour dans l’église du village : son parrain est Jean Antoine Robinot, curé de Verneuil, et sa marraine est Françoise Ravard. Il est aussitôt mis en nourrice à Verneuil jusqu’à l’âge de huit ans. Après un court séjour à Morsain lors duquel naissent les deux sœurs d’Antoine, Louise-Marie-Anne et Marie-Françoise-Victoire, le 12 septembre 1768 et le 10 novembre 1769, la famille retourne à Decize, où les oncles de Louis Antoine exercent des responsabilités municipales.

Saint-Just, carte maximum, Blérancourt, 1/06/1991.

En octobre 1776, la famille déménage pour la Picardie, et s’installe dans une vaste demeure à Blérancourt, où le père meurt un an plus tard, laissant la famille dans une gêne relative puisque sa veuve conserve le privilège d’exemption de l’impôt ordinaire. Après avoir fréquenté l’école du village, Saint-Just est mis en pension de 1779 à 1785 au collège Saint-Nicolas des Oratoriens de Soissons (actuel collège Saint-Just), établissement coté où son oncle et son père avaient déjà étudié et où il côtoie les enfants de la classe aisée et dirigeante de la province. À la fin de 1785, au cours de ses vacances, il s’éprend de Louise-Thérèse Sigrade Gellé, fille de Louis-Antoine Gellé, notaire royal au bailliage de Coucy-le-Château, mais son père le dédaigne et marie, assez précipitamment, sa fille à un clerc de son étude. Celle-ci le fuira pour rejoindre Saint-Just à Paris en juillet 1793.

Après avoir fui le domicile maternel pour se rendre à Paris à la suite d’une dispute, il y est interné dans une maison de correction, rue de Picpus, de septembre 1786 à mars 1787, à la suite d’une lettre de cachet obtenue à son encontre par sa mère. L’épisode de la maison de correction a probablement eu une influence sur son poème Organt, critique de la monarchie absolue et de l’Église, au caractère parfois pornographique et dans la tradition cynique, publié au printemps 1789.

Devenu ensuite clerc auprès de maître Dubois procureur de Soissons, il s’inscrit en octobre 1787 à la faculté de droit de Reims, qu’avaient déjà fréquentée Brissot et Danton, avant de rentrer l’année suivante à Blérancourt, où il séjourne jusqu’en septembre 1792.

Il assiste aux débuts de la Révolution à Paris, puis part rejoindre sa famille à Blérancourt. C’est au contact de cette population rurale qu’il fait son apprentissage d’homme politique en s’impliquant fortement dans la vie locale. Dans cette proximité avec les plus démunis de ses concitoyens de Blérancourt, opposés à la clientèle d’un domaine administré par un régisseur qui entretient des formes désuètes de féodalité, il se forge la conviction « que les nobles ne sauraient être soumis sans contrainte aux conséquences de la Révolution ».

Révolutionnaire exalté, il participe à la Fête de la Fédération en 1790, fait partie du cortège qui escorte Louis XVI au retour de sa tentative de fuite. Il fait la connaissance de Robespierre, à qui il écrit une première lettre en août 1790, et dont il devient un des proches. Comme ce dernier, il est fasciné par la culture gréco-romaine (d’où sont issues la démocratie et la République) et se compare volontiers à Brutus.

Il tente une première fois de devenir député en 1791 à l’Assemblée législative, mais ne peut se présenter en raison de son âge11. Il est élu de l’Aisne le 5 septembre 1792, le 5e sur 12 avec 349 voix sur 600 votants, à la Convention dont il est le benjamin, et, convaincu de la nécessité d’une révolution sociale, rejoint les Montagnards. Dès son premier discours du 13 novembre 1792, il y est un des principaux orateurs, aussi bien lors du procès de Louis XVI, lors duquel il prononce ces phrases, selon une rhétorique implacable inspirée de Rousseau : « On ne peut régner innocemment », « tout roi est un rebelle ou un usurpateur », « Puisque Louis XVI, dit-il, fut l’ennemi du peuple, de sa liberté et de son bonheur, je conclus à la mort », que lors de la rédaction de la Constitution. Sa dureté et son incontestable talent rhétorique, qui feront de lui une des voix de la Montagne puis du Comité de salut public, se déchaînent contre ses adversaires girondins.

Le 9 mars 1793, il est envoyé par décret dans les Ardennes et l’Aisne avec Jean-Louis Deville, son ami dès avant la Révolution, pour la levée de 300 000 hommes. De retour dès le 31 mars à Paris, où il intervient aux Jacobins, sa mission prend officiellement fin par décret du 30 avril.

Adjoint au Comité de salut public le 31 mai 1793, puis élu le 10 juillet, lors de l’extension du comité, il est envoyé dans l’Aisne, l’Oise et la Somme par arrêté du comité du 18 juillet, mais ne remplit pas cette mission. Nommé ensuite par arrêté du comité du 17 octobre et décret du 22 octobre représentant aux armées avec son ami et conventionnel Philippe Le Bas, il rejoint l’armée du Rhin jusqu’au 25 pluviôse an II (6 janvier 1794), hormis un séjour à Paris du 14 au 20 frimaire an II (4 – 10 décembre 1793). Les deux représentants transforment le 5 brumaire an II (26 octobre 1793) le tribunal militaire en « commission spéciale et révolutionnaire » afin d’accélérer les procédures et de renforcer la sévérité contre les prévaricateurs et les « partisans de l’ennemi ». Saint-Just fait prendre Bitche et délivrer Landau.

Envoyé ensuite à l’armée du Nord avec Le Bas par arrêté du Comité de salut public du 3 pluviôse an II (22 janvier 1794), il est de retour à Paris le 25 pluviôse (13 février).

De retour à Paris, il est l’un des acteurs de la chute des Hébertistes, puis des Dantonistes.

À la suite d’un arrêté du Comité de salut public du 10 floréal (29 avril), il repart en mission dans l’armée du Nord avec Le Bas16. Partisan de l’offensive à outrance, il dirige de facto les opérations, au début de mai, et, en dépit des vives réserves de plusieurs généraux comme Kléber ou Marceau, ordonne de lancer une offensive sur Charleroi qui échoue. Son action est en revanche couronnée par les victoires de Courtrai le 23 prairial (11 juin) et de Fleurus le 8 messidor (26 juin). Se posant en spécialiste des questions militaires, du fait de ses diverses missions auprès des armées, il s’oppose à cette époque à Carnot.

Le Comité l’ayant rappelé par une lettre datée du 6 prairial (25 mai), il rentre à Paris le 12. Puis un arrêté du Comité en date du 18 prairial (6 juin) le charge d’une mission aux armées du Nord et de l’Est, « de la mer jusqu’au Rhin ». Il est de retour dans la capitale le 11 messidor (29 juin).

Lors de la crise de thermidor, il tente avec Barère de rétablir la concorde au sein des comités, organisant notamment la réunion du 5 thermidor (23 juillet). À cette occasion, il est chargé de lire un rapport devant la Convention sur les heurts qui ont secoué le gouvernement révolutionnaire.

Mais le discours de Robespierre devant l’assemblée, le 8 thermidor (26 juillet) accélère le dénouement de la crise. Pris à partie dans la nuit par Billaud-Varenne et Collot d’Herbois, il réoriente son discours dans un sens plus critique à l’égard de ces deux hommes, indiquant au cinquième paragraphe : « quelqu’un cette nuit a flétri mon cœur ». Toutefois, bien loin de chercher à abattre ses ennemis, il espère, à travers cette intervention, rétablir l’entente parmi les membres du Comité de salut public. En conclusion, il propose à la Convention un décret affirmant que les institutions républicaines, alors en préparation, « présenteront les moyens que le gouvernement, sans rien perdre de son ressort révolutionnaire, ne puisse tendre à l’arbitraire, favoriser l’ambition, et opprimer ou usurper la représentation nationale ».

Le lendemain, alors qu’il commence son discours, il est interrompu par Tallien et, plutôt que de se battre, se mure dans un énigmatique silence hautain ; il est décrété d’accusation. Libéré par l’insurrection de la Commune de Paris, il se laisse arrêter par les troupes fidèles à la Convention, le matin du 10 thermidor, et est guillotiné, à l’âge de vingt-six ans, avec les principaux partisans de Robespierre dans l’après-midi.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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