Louis-Antoine de Bougainville, officier de marine et explorateur.

Le comte Louis-Antoine de Bougainville, né le 12 novembre 1729 à Paris (paroisse Saint-Merry) et mort le 31 août 1811 à Paris (ancien 3e arrondissement), est un officier de marine, navigateur et explorateur français. Il a mené en tant que capitaine, de 1766 à 1769, le premier tour du monde officiel français. Les bougainvilliers et leurs fleurs les bougainvillées (arbustes du genre Bougainvillea, devenus de nos jours très communs en France et en Europe) ont été nommés en son honneur à la suite de spécimens collectés au Brésil par le botaniste Philibert Commerson lors de cette circumnavigation autour du monde.

Bougainville est nommé aide-de-camp de François de Chevert, puis est envoyé en 1756 au Canada où il devient aide-de-camp du brigadier-général Louis-Joseph de Montcalm qui venait d’être promu commandant des troupes du Canada12. Il part de Brest sur La Licorne le 3 avril 1756 et arrive avec le dernier contingent majeur envoyé du gouvernement de Louis XV pour maintenir la colonie. Il participe à tous

les engagements majeurs de la guerre de la Conquête, ce conflit opposant la Nouvelle-France à la Nouvelle-Angleterre, notamment les victoires françaises d’Oswego (10 aout 1756), de Fort William Henry (3 août 1757) et de Fort Carillon (8 juillet 1758) où il est blessé13. À l’automne 1758, il passe en France pour demander des renforts pour le Canada, mais il revient au printemps 1759 avec seulement quelques recrues et le grade de colonel. Durant le siège de Québec (26 juin 1759), Bougainville est assigné à la défense de la rive nord entre Québec et la Rivière Jacques-Cartier. Montcalm le met à la tête d’une force d’environ 1 000 hommes, dont une unité de 150 cavaliers qui réussira à repousser les tentatives de débarquement anglaises en amont de Québec durant le mois d’août 1759. Mais après le débarquement des troupes britanniques à l’anse au Foulon et le début de la bataille des plaines d’Abraham, il se rapproche de la zone des combats, mais

arrive après la fin de la bataille. Après la mort de Montcalm durant la bataille, il dirige le repli des troupes françaises vers le Fort Jacques-Cartier. Au printemps 1760, le chevalier de Lévis et lui sont de retour aux portes de Québec avec l’armée française où ils infligent, à la bataille de Sainte-Foy, une défaite à l’armée britannique qui se replie dans les murs de la ville. L’arrivée de la flotte anglaise dans le fleuve Saint-Laurent anéantit tout espoir de poursuivre le combat chez les Français. L’armée française se replie de nouveau vers Montréal où Bougainville, bilingue, négocie, dès le 7 septembre, la capitulation française avec le général britannique Jeffery Amherst qui aura une attitude humiliante vis-à-vis de l’armée française lors de sa reddition.

Bougainville, carte maximum, Paris, 20/02/1988.

Bougainville laissera des Mémoires détaillés sur sa campagne de Nouvelle-France. Ses Mémoires portent sur la conduite des opérations militaires, l’administration coloniale dont il critique l’inefficacité et les relations avec les peuples autochtones alliés des Français.

Accompagné du naturaliste Philibert Commerson, de l’ingénieur cartographe Charles Routier de Romainville, de l’astronome Pierre-Antoine Véron et de l’aventurier le prince Charles de Nassau, il part de Nantes, puis de Mindin le 15 novembre 1766, avant de faire escale dans la rade de Brest d’où il repart le 5 décembre pour un voyage autour du monde à bord de la frégate la Boudeuse. Un second bateau, l’Étoile, une flûte (navire de charge), parti de Rochefort le 1er février 1767, le rejoint pour le tour du monde le 13 juin 1767 à Rio de Janeiro après deux rendez-vous manqués aux Malouines et dans l’embouchure du Río de la Plata. Il a embarqué quatre musiciens pour maintenir le moral de ses hommes à bord.

Au Brésil, le botaniste Philibert Commerson embarqué sur l’Étoile découvre la fleur qu’il nommera plus tard la bougainvillée et cette fleur sera donnée à Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon.

Après avoir remis les îles Malouines aux Espagnols, sur ordre de Louis XV, il franchit le détroit de Magellan, et explore le sud de l’immense archipel des Tuamotu, qu’il baptise « archipel dangereux », du fait de la faible visibilité des atolls coraliens qui le composent, représentant autant de récifs compliquant la navigation. Le 22 février 1768, il découvre les atolls de Vahitahi et Akiaki, qu’il nomme respectivement « les Quatre Facardins » et « l’île des Lanciers », mais n’y accoste pas. Il aperçoit également Hao, découverte plus de 160 ans avant par Quiros, et la nomme « île de la Harpe » en raison de sa forme. Il aperçoit plus tard Mehetia, et arrive en vue du Boudoir (petit îlot au large de Tahiti), le 2 avril. Tahiti vient d’être découverte en juin 1767 par Samuel Wallis. Les navires de Bougainville y restent moins de dix jours, au mouillage à Hitia’a. Puis, l’expédition repart avec un jeune Tahitien volontaire, Ahutoru), qui fera le trajet jusqu’à Paris où Bougainville le présentera au roi, l’officier de marine lui offrant, comme promis au bout d’un an, son voyage de retour au cours duquel il mourra de la petite vérole, après une escale à l’Île-de-France.

Le 3 mai 1768, Bougainville navigue au sein de l’archipel des Samoa, découvert par Jakob Roggeveen en juin 1722. Il s’émerveille de la rapidité des pirogues polynésiennes à voile, et baptise ces îles « Archipel des navigateurs ». Des échanges interviennent avec les natifs, de bord à bord, mais là encore, aucun membre de l’expédition de Bougainville ne pose pied à terre.

Courant mai 1768, il découvre à bord une supercherie : le domestique Jean Baré est en fait une femme déguisée en garçon. Compagne du botaniste Philibert Commerson, elle est ainsi la première femme à faire le tour du monde. Mais l’expédition, qui avait accosté à l’est de Tahiti quatre semaines plus tôt, avait été accueillie par les autochtones. Les tahitiens en croisant pour la première fois Jean Baré répétaient vahine (vahiné), ce qui signifie « femme » en tahitien et perce immédiatement le secret de Jeanne. La première européenne a débarquer sur l’île ne peut l’explorer et doit quitter la terre ferme pendant tout le séjour pour éviter que le subterfuge soit éventé.

Il explore quelques semaines plus tard l’archipel des Grandes Cyclades ou Vanuatu, qui sont les îles Saint-Esprit de Pedro Fernández de Quirós. De là, il atteint l’archipel des Louisiades, qu’il nomme ainsi en l’honneur du roi Louis XV. Il longe ensuite les îles Salomon, et découvre le 30 juin 1768, l’île à laquelle on donnera par la suite son nom, Bougainville, actuellement située à la jonction entre les îles Salomon et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le 1er septembre 1768, il peut enfin se ravitailler aux Moluques, une partie de son équipage souffrant chroniquement de scorbut depuis son entrée dans l’océan Pacifique.

Il rentre à Saint-Malo le 16 mars 1769 et publie en deux volumes en 1771 et 1772 Le voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L’Étoile en 1766, 1767, 1768 et 1769, il publie Voyage autour du monde en 1772 où il évoque le mythe, au parfum alors sulfureux, du « paradis polynésien ». Ce journal de voyage rencontre un vif succès en Europe. Bougainville voit les apports scientifiques de son voyage éclipsés par le caractère ambigu du succès de son ouvrage. Il a néanmoins fait faire de grands progrès à la géographie de l’Océanie, découvrant des îles nouvelles, précisant la situation de beaucoup d’autres, donnant sur les mœurs des indigènes des renseignements intéressants. Denis Diderot, écrit, en réaction, son Supplément au voyage de Bougainville, en 1772.

Il forme un projet d’expédition au pôle Nord, qui lui est refusé par le ministre Loménie de Brienne. Lors de la Révolution, il reste fidèle à Louis XVI. Il est chargé en 1790 de commander l’armée navale de Brest. Promu au rang de vice-amiral le 1er janvier 1792, n’ayant pu rétablir l’ordre dans cette troupe indisciplinée, il se retire du service en février de la même année. Il quitte la marine après en avoir refusé le ministère en 1792 après la retraite de Fleurieu, pour se consacrer à l’étude des sciences et à l’éducation de ses enfants30. Il est près du roi le 20 juin 1792.

Arrêté comme suspect pendant la Terreur, il aurait probablement posé sa tête sur l’échafaud sans la chute de Robespierre à la suite de laquelle il est libéré. Associé libre de l’Académie des sciences depuis 1789, il est élu membre de l’Institut de France et membre du Bureau des longitudes en 1796 et prend une part active aux travaux de ces deux corps savants, donnant plusieurs mémoires à l’ancien recueil de l’Institut (section des sciences morales et politiques), notamment un Essai historique sur les navigations anciennes et modernes dans les hautes latitudes septentrionales et une Notice historique sur les sauvages de l’Amérique septentrionale. En 1797, le conseil des Cinq-Cents le présenta en concurrence avec Barthélemy, pour le poste de Directeur.

Il connaissait, et se passionnait pour les plantes, son jardin était remarquable. Le comte Antoine de Bougainville engagea un jeune maître jardinier, Christophe Cochet (1777-1819), âgé de 22 ans. En 1802, une pépinière voisine se mit en vente. Le comte l’offrit à Christophe pour qu’il y développe la culture des rosiers, culture dans laquelle il excellait.

Peu après, les roses de Chine arrivèrent en France, grâce à l’impératrice Joséphine. Christophe et ses fils surent en tirer profit. La collection de roses augmenta considérablement, les pépinières de Suisnes prirent une grande extension, elles atteindront bientôt 28 hectares. Trois générations et soixante-quinze ans plus tard, le petit-fils de Christophe, Scipion (1833-1896), semeur de roses et rosiériste de grande renommée, réalisa que les hybrideurs français avaient besoin de décrire et d’illustrer avec précision leurs créations. Il fonda, à Suisnes, le Journal des Roses (1877) aidé de son ami, Camille Bernardin, avocat et homme politique. Son fils Pierre, puis son neveu Charles, prendront la relève.

Atteint de dysenterie, Louis-Antoine de Bougainville, veuf de Marie-Josephe-Flore de Montende, décède le 31 août 1811 (à 81 ans), à onze-heures du soir, dans son hôtel, 5 passage des Petits-Pères (5 rue de la Banque depuis 1844) dans l’ancien 3e arrondissement de Paris (actuel 2e arrondissement de Paris).

Son cœur, enchâssé dans une urne, est placé sous une colonne votive posée sur la sépulture familiale au cimetière du Calvaire à Montmartre où reposent déjà son deuxième fils Amand, mort noyé près du château de Suisnes en 1801, à l’âge de 16 ans, et son épouse, morte en 1806.

Le 5 septembre 1811 ont lieu les funérailles solennelles en l’église Sainte-Geneviève qui n’est autre que le Panthéon auquel le vocable initialement voulu par Louis XV a été réattribué en 1806. Après l’éloge funèbre (ou discours) prononcé par le comte de Lacépède, président du Sénat, le corps de Bougainville est descendu dans le caveau III de la crypte des grands hommes de la patrie où il repose encore.

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Sources : Wikipédia, YouTube.louis-antoine

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