L’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ».

L’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » ou le Droit humain international est une obédience maçonnique mixte fondée en 1901, évolution structurelle à vocation internationale de la première obédience mixte fondée en 1893 par Georges Martin et Maria Deraismes sous le nom de « Grande Loge Symbolique Écossaise de France “Le Droit humain” ». Créée pour affirmer l’égalité de l’homme et de la femme devant l’initiation maçonnique, et permettre l’accession des femmes en franc-maçonnerie sans restriction, l’obédience est en 2016 présente dans plus de 60 pays dans le monde, et sur les cinq continents.

En 1880, douze loges maçonniques rompent avec la Grande Loge centrale du Suprême Conseil de France, regroupant les loges des trois premiers degrés rattachées au Suprême Conseil de France. Elles constituent alors une nouvelle obédience, sous le nom de Grande Loge symbolique écossaise. Certaines de ces loges approuvent le principe de l’initiation des femmes, mais ne peuvent aller plus loin.

La loge « Les Libres Penseurs » du Pecq, qui fait partie des loges fondatrices, proclame son autonomie le 9 janvier 1882, afin d’initier le 14 janvier 1882, selon les pratiques du Rite écossais ancien et accepté, Maria Deraismes, journaliste et militante féministe, remarquée par les frères pour ses talents de conférencière et son engagement militant pour la reconnaissance des droits des femmes et des enfants.

Maria Deraismes devient la première femme française admise dans une loge masculine. Les difficultés que connaît la loge après cette initiation, défrayant la chronique maçonnique, poussent quinze membres à signer une demande de réintégration à la Grande Loge symbolique écossaise (GLSE), choix qui amène à l’exclusion du frère Houbron. La réintégration de la loge « Les Libres Penseurs » est actée en 1884. Maria Deraismes reste franc-maçonne sans loge d’appartenance pendant près de douze années.

Georges Martin, porté par ses convictions humanistes et féministes, continue de réclamer et d’argumenter pour une initiation égalitaire des femmes dans la franc-maçonnerie, appuyant ses convictions, lors de conférences maçonniques, sur la place que tiennent celles-ci dans la société, la famille et l’éducation. En janvier 1890, il expose un projet de création de loge mixte qualifiée d’expérimentale sous le titre « Droit des femmes » et sollicite l’avis de la GLSE. Si quelques loges se montrent favorable à cette création, le conseil exécutif de l’obédience y oppose un refus officiel. Il élabore alors avec Maria Deraismes la mise en œuvre d’une structure indépendante pour recevoir des femmes.

Ordre maçonnique international mixte, épreuve de luxe.

Après plusieurs rencontres informelles de préparation entre 1891 et 1893, se tient le 14 mars 1893 la première réunion qui va aboutir à la création d’une nouvelle obédience en France. Dans ces réunions qui prennent la forme de tenues maçonniques, et revêtue de son cordon de maître, Maria Deraismes initie et élève successivement aux grades de compagnon puis de maître seize profanes. Toutes sont des femmes engagées dans les luttes d’émancipation et dans la défense des valeurs républicaines. Georges Martin est symboliquement affilié à cette loge féminine « sauvage ». Le 4 avril 1893, les quinze sœurs présentes et Georges Martin, tous membres fondateurs, installent au Rite écossais, la première obédience maçonnique mixte du monde. Elle prend le nom de « Grande Loge symbolique écossaise le Droit humain » (GLSE-DH). Maria Deraismes est élue première présidente de l’obédience qu’elle déclare ouverte à tous, sans distinction de races, de sexes ou de religions.

La reconnaissance nécessaire pour pérenniser et étendre la franc-maçonnerie mixte du Droit humain s’accomplit non sans difficultés dans le premier quart du XXe siècle. La création d’un « Suprême conseil universel mixte » voulu par Georges Martin se réalise avec l’aide discrète du franc-maçon féministe Joseph Décembre porteur du 33e du Rite écossais ancien et accepté9. Cette création permet au Droit humain de se structurer pour devenir une puissance maçonnique à vocation internationale et donne la possibilité aux membres de l’ordre d’accomplir leur parcours maçonnique du premier au dernier degré dans l’obédience10. Le 11 mai 1901, l’Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » (OMNI) publie ses constitutions et devient l’organisme central qui délivre les patentes constitutives aux fédérations nationales.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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