L’horlogerie.

L’horlogerie regroupe la science, la technique, l’art, l’industrie, le commerce des instruments propres à mesurer le temps.

On peut distinguer trois catégories d’horlogeries :

  • l’horlogerie ancienne décrivant différents types d’instruments, dits horologia pouvant indiquer les heures anciennes, tels les cadrans solaires, horloges hydrauliques, sablier ;
  • l’horlogerie traditionnelle à l’origine entièrement mécanique, invention de la fin du XIIIe siècle dite simplement horlogerie ; elle concerne les horloges mécaniques, montres et pendules ;
  • l’horlogerie actuelle où les mécanismes d’horlogerie mécanique sont remplacés par des fonctions non mécaniques : systèmes électroniques, informatiques, etc.

Il se peut que des instruments soient à la croisée de catégories différentes comme les horloges électriques ayant des composants mécaniques et une motorisation électrique par exemple.


Des mécanismes horlogers de grandes dimensions sont installés dans les clochers des villes du Saint-Empire romain germanique depuis le Moyen Âge (exemples cathédrale de Strasbourg en 1354 ; Stralsund en 1394 ; Bern en 1405 ou Prague en 1410).

La fabrication des premiers mécanismes horlogers mus par des ressorts s’établit au XVIe siècle. Ces petits mécanismes comportaient souvent des indications astronomiques et se posaient sur une table. Les villes de Nuremberg, Augsbourg et Prague ont été les premiers foyers de création et de fabrication de ces mécanismes. Assez rapidement d’autres centres horlogers ont fait leur apparition dans toute l’Europe.

L’industrie horlogère a commencé très tôt en Suisse puis en Angleterre, avec de multiples inventions et astuces d’organisation du travail et de massification de la production, permettant un progrès très avancé pour l’époque, dans la technologie comme dans le raffinement des produits, sur fond d’intervention du pouvoir politique. Précision, automatisme, travail en finesse des métaux, ont permis de poser des jalons pour d’autres activités stratégiques, en particulier la marine, et d’autres futures industries mécanisées. Cette histoire s’est progressivement accélérée à partir du XVIIIe siècle avec l’apparition d’une proto-industrie massive dans les montagnes suisses, qui a précédé la révolution industrielle et lui a résisté pendant longtemps.

Plusieurs régions qui font partie de la Suisse romande ont vu débuter l’industrie horlogère : Genève, le Pays de Vaud, le village de La Sagne dans les montagnes de Neuchâtel, la vallée de Joux et ses villages, Le Chenit, Le Brassus, berceau de fameuses manufactures horlogères, comme Audemars Piguet, Jaeger-LeCoultre, Breguet, Blancpain. Ces régions ont connu un afflux de réfugiés huguenots français, après l’édit de Fontainebleau, après une première vague d’immigration arrivée un siècle plus tôt, après les massacre de la Saint-Barthélemy en France.

Dès 1541, le réformateur Jean Calvin bannit à Genève les signes de richesse, obligeant les orfèvres et autres joailliers, qui jouissent d’une grande réputation à l’étranger, à se tourner vers l’horlogerie. Le règlement des orfèvres de 1566 interdit la fabrication des croix, calices et autres objets utilisés dans le culte catholique, obligeant les artisans à se tourner vers « la boîte de montre » : les montres sont incrustées dans des boîtes, véritables bijoux à l’intérieur, que l’on cache dans ses vêtements. Jean Petitot (1607-1691) et Jean-Étienne Liotard (1702-1789) deviendront ainsi plus tard de remarquables ambassadeurs du savoir-faire genevois quant aux miniatures sur émail qui ornent boîtes à musique, miroirs et montres.

Le premier horloger français, Thomas Bayard, natif de Vézelize en Lorraine, est qualifié par le registre des habitants le 6 novembre 1554 d’orfèvre et d’« orologeur ». Il est suivi, au cours des années suivantes, des horlogers d’Autun, de Dijon, d’Avignon, en tout plus d’une quinzaine2. L’arrivée en 1587 de Charles Cusin, venu d’Autun, précède la naissance d’une corporation en 1601 sous le nom de « Maîtrise des horlogers de Genève », sur le modèle de la jurande des orfèvres de 1566. L’accès au métier est restreint (un seul apprenti par maître), mais ouvert aux étrangers, qui ont fondé cette “Maîtrise”. Les monteurs de boîtes en 1698 et les graveurs en 1716 constituent à leur tour leur propre maîtrise, échappant à la juridiction des horlogers et orfèvres.

Pendant les guerres de religion, Jean Calvin, le réformateur protestant installé à Genève en 1536, accueillait favorablement les réfugiés huguenots qui augmentaient le nombre de ses partisans. Son interdiction du port d’objets décoratifs poussa les orfèvres vers l’horlogerie, établissant l’horlogerie genevoise. Calvin interdit aux habitants, au nom de la morale protestante, de porter des bijoux, accessoires de séduction superflus. Les joailliers genevois se reconvertissent dans l’horlogerie et incrustent les montres de pierres précieuses. Ces montres échappent à la notion de bijou de Calvin et, dès lors, peut se développer l’horlogerie de luxe.

L’horlogerie suisse s’est ensuite développée dans l’arc jurassien de Genève à Schaffhouse au XVIIe siècle, par l’émigration d’un grand nombre d’artisans huguenots, à la suite de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV. Ils y trouvèrent un environnement paisible et une main-d’œuvre possédant les vertus propres à l’horlogerie : minutie, patience, persévérance, « cœur à l’ouvrage », droiture et une religion réformée prépondérante, propre à la recherche technique et au commerce.

La production de montres se fait chez des horlogers indépendants qui doivent ajuster à la main chaque pièce particulière constitutive du mouvement, généralement produite auprès d’une multitude de tout petits ateliers spécialisés.

Les navigateurs hollandais et anglais, qui ont commencé à dominer les océans à partir du milieu du XVIIe siècle, grâce à des navires plus gros, ont besoin de chronomètres de marine pour mieux calculer les distances. Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, les horloges étaient peu précises et ne comportaient bien souvent qu’une seule aiguille8. En 1657, la technique progresse par l’utilisation du balancier, grâce au mathématicien physicien et astronome hollandais Christian Huygens, qui poursuit les travaux de Galilée.

Nouveau progrès en 1670, avec l’échappement à ancre par le scientifique anglais Robert Hooke (1653–1703). En 1675, Christian Huygens confie à Isaac Thuret la première montre à ressort spiral, munie d’un balancier, une invention que lui conteste Robert Hooke. Ces progrès trouvent un écho en Europe. Daniel Jeanrichard (1665–1741), installé à La Sagne, dans le Jura suisse, a ainsi créé sa première montre en 1681, copiée sur un modèle anglais découvert en 1679. Plus tard, il formera des dizaines d’artisans. L’horlogerie anglaise se développera ensuite avec Daniel Quare (1649 – 1724), qui adapte en 1686 l’aiguille des minutes au centre du cadran. Jusque-là, seule l’aiguille des heures était utilisée. Vers 1700, toujours en Angleterre, l’utilisation de pierres percées, comme coussinet de pivotement pour les balanciers, fait faire un bond en avant à la technique.

En 1714, le parlement anglais vote le Longitude Act, offrant une récompense de 10 000 livres sterling à qui inventerait un bon chronomètre de marine, capable de mesure de longitude avec un résultat n’excédant pas un degré d’erreur. L’Angleterre était alors atterrée par les désastres dus à des erreurs de longitude, comme la perte en 1707 de l’escadre de sir Cloudesley Shovel (1650 – 1707) qui se jeta sur les îles Scilly alors qu’il croyait entrer dans la Manche. L’innovation technologique qui accompagne alors la révolution financière britannique se manifeste dès le tournant des années 1700 chez Thomas Tompion (1639–1713), le premier à répartir le travail entre les ouvriers spécialisés, pour fabriquer en série, et à numéroter ses montres12. Il assemble 650 montres dans sa carrière et transmet l’entreprise en 1713 à son neveu, le quaker Georges Graham. Le neveu améliore l’échappement (horlogerie) en « auge de cochon » (échappement à cylindre), inventé par son oncle, et refuse de breveter son invention, afin d’en faire profiter le plus grand nombre. Il aide l’astronome Edmond Halley (1656-1742) pour le développement d’instruments scientifiques, ainsi que des horlogers comme Thomas Mudge (1715-1794), qui met au point l’échappement libre à ancre et la sonnerie à répétition minutes.

Georges Graham aide aussi John Harrison (1693–1776), qui conçoit sa première montre complexe en 1713, puis invente en 1725 la « compensation à gril » pour les pendules, utilisant 2 métaux complémentaires, par leur capacité différente à se dilater en fonction de la chaleur. Ensuite, il innove en utilisant cette compensation aussi pour des montres, toujours via une lame bi-métallique, avec un dispositif permettant de maintenir sous tension l’échappement, pendant le remontage. En 1765, âgé de 72 ans et exténué par 40 ans de travaux et de nombreuses procédures judiciaires contre le parlement anglais, John Harrison finit par gagner le prix offert par ce dernier pour la mesure de longitude : la quatrième version de sa montre a effectué l’aller-retour entre Londres et la Jamaïque avec une erreur de 1 minute et 54 secondes en 6 mois de traversée avec le capitaine Cook.

Entre-temps, en France, après la mort de Louis XIV, le régent Philippe d’Orléans prit goût pour les arts mécaniques, et particulièrement l’horlogerie. Il voulut créer une pépinière d’artistes d’élite, venus de Londres, dont Henry de Sully, qui vécut longtemps en Angleterre, fonda en 1718 une manufacture d’horlogerie à Versailles et construisit une horloge marine pour laquelle il inventa un échappement à repos flottants. Sully eut pour émules et pour amis Lebon et Gaudron, tandis que Julien Le Roy imagina une pendule à équation, saluée par l’Académie des sciences. S’inspirant d’Isaac Newton, il utilisa de l’huile aux pivots des roues et du balancier des montres, pour diminuer l’usure et les frottements.

Selon les historiens Anne-Marie Piuz et Liliane Mottu-Weber, l’horlogerie genevoise a assis sa domination sur l’Europe au deuxième quart du xviiie siècle . Au cours des trente années précédentes, les innovations anglaises sont apportées par des huguenots, fuyant les persécutions en France après l’édit de Fontainebleau de 1685. Ces protestants francophones vont également contribuer à l’Histoire des indiennes de coton en Europe, en véhiculant aussi des techniques et un savoir-faire, d’une région et d’un pays à l’autre. À la fin des années 1680, Genève voit sa population tripler. La croix huguenote, pendentif imaginé en 1688 par l’orfèvre nîmois Maystre, se répand. Parmi les réfugiés, des horlogers, qui, faute de place, montent vers le nord, dans le Jura ou le Pays de Gex à la fin du xviie siècle. Le musée d’horlogerie et d’émaillerie de Genève conserve un petit morbier complet datant de 1693, signé Isaac Golay, du village de Le Chenit. Le Pays de Vaud découvre l’horlogerie dès les dernières années du XVIIe siècle. Nyon, Rolle, Morges, Lausanne, Vevey, Moudon comptent une centaine d’ateliers qui fabriquent des ébauches pour la métropole genevoise. Les premiers horlogers combiers apparaissent au début du XVIIIe siècle. Ce sont des artisans du fer – couteliers, armuriers. Par réaction, dès 1701, il fut interdit de former des apprentis dans la seigneurie de Genève, interdiction contournée. Après 1710, une quinzaine de villages du Faucigny fournissaient des « mouvements en blanc », qu’il ne restait plus qu’à assembler.

Les horlogers genevois de souche abandonnent alors le travail des mouvements bruts ou ébauches, pour se réserver le finissage. Par une série de règlements protectionnistes, ils empêchent l’implantation proche de concurrents capables de fabriquer la montre complète. Objectif, cantonner cette industrie naissante dans un travail de sous-traitance pour la « Fabrique de Genève », mais les Jurassiens organisent leurs propres comptoirs. Ainsi, en 1735, le premier étage de la maison de Jehan-Jacques Blancpain abrite déjà, depuis probablement des années, un atelier, sous la forme d’un comptoir horloger, à une vingtaine de kilomètres au nord du lac de Neuchâtel. Lors du décès en 1707 de Marie de Nemours, les Neuchâtelois se sont choisis comme suzerain, Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, installé à Berlin, souverain protestant qui protégeait leur confession, l’éloignement géographique permettant par ailleurs une relative autonomie.

horlogerie suisse, entier postal, Belgique.

Les établis de l’arc jurassien peuvent se parer du titre d’horloger à partir de 1723, date à laquelle les Bernois accordent une maîtrise à chaque ville. Dès lors, ils sortent plus facilement de l’anonymat. Moïse et Isaac Golay construisent en 1737 l’horloge du temple du Sentier. L’horlogerie se développa encore plus à Moudon vers 1735 avec l’arrivée des sieurs Joly et Joyet formés à Lausanne et à Vevey. L’année 1730 voit s’établir à Delémont, dans le Jura, un dénommé Tiegai, orfèvre et joaillier, suivi par l’horloger Vernier-Feune, tandis qu’à Séprais, Julien Queloz fabriquait déjà des montres.

La production suisse restera entre les mains d’horlogers indépendants ou de petits ateliers spécialisés, jusqu’au milieu du XIXe siècle. La coutume voulait en effet que le maître-horloger présente une pièce très soignée avant de recevoir son certificat. Chaque artisan se consacre à la fabrication d’une pièce et les apprentis se spécialisaient dans la fabrication de mouvements en blanc, selon les archives du mouvement suisse de l’horlogerie.

En 1740, un apprenti nommé Samuel-Olivier Meylan (1721-1755), fils de JeanBaptiste, a introduit l’horlogerie complexe dans la Vallée de Joux, après que Mathieu Biaudet, maître-horloger, l’eut initié à son art. Il crée la première montre de poche, équipé d’un mécanisme de boîte à musique. Pierre-Henri Golay, de Derrière-la-Côte, et Abraham-Samuel Meylan, de l’Orient, suivirent son exemple. Se développe alors l’établissage, un mode de production proto-industriel répandu dans le Montagnes neuchâteloises et concernant principalement la production horlogère. Selon l’historien David Landes, « le système de l’établissage, dans le Jura, était presque aussi ancien que l’industrie horlogère elle-même ». Ce système laissait à l’entrepreneur toute liberté dans la détermination du cahier des charges et à l’artisan la possibilité de se spécialiser dans l’opération qu’il maîtrise le mieux.

Vers le milieu du siècle, Jean Romilly conçut une montre qui pouvait marcher un an entier sans être remontée, puis laissa à Ferdinand Berthoud l’honneur de donner à son invention le degré d’exactitude nécessaire. Vers 1770, Voltaire ouvre, dans la banlieue de Genève la « Manufacture royale des montres de Ferney ». Après quelques années de prospérité, elle échoua en raison de son incapacité à écouler sa production. En 1777, l’horloger suisse Abraham Louis Perrelet crée la « montre à secousses » dite perpétuelle, souvent considérée comme la première montre automatique, tandis que l’année suivante, l’horloger liégeois Hubert Sarton dépose un document décrivant une « montre automatique à rotor », auprès de l’Académie des sciences de Paris.

Vers 1785, environ 20 000 personnes travaillaient dans l’horlogerie à Genève, produisent 85 000 montres par an, et 50 000 montres étaient produites dans le Jura neuchâtelois24 avec les horlogers Henri-Louis Jaquet-Droz, Jean-François Bautte. Des artisans réputés comme Antoine Tavan s’y installent.

En 1850 naît la 1re manufacture industrielle au monde, la Waltham Watch Company fondée par Aaron Lufkin Dennison. Dès 1876, elle obtient la consécration lors de l’Exposition universelle de 1876 à Philadelphie en exposant la 1re machine entièrement automatique à fabriquer des vis, la 1re chaîne de montage horlogère et en décrochant la 1re médaille d’Or lors d’une compétition de précision horlogère mondiale, attribuée à 4 montres prélevées au hasard de la production. Résultat immédiat : Un rapport de Jacques David, Longines, sur son voyage à Philadelphie et ses visites auprès de Waltham Watch Company et Elgin Watch Company, titré d’un éloquent « MM. les Horlogers Suisses: Réveillez-vous ! ».

Le rapport détaillé de la méthode américaine de Jacques David déclencha une vive réaction salutaire auprès de l’industrie horlogère suisse, qui adapta, petit à petit, ses nouvelles méthodes de production et devança techniquement ses concurrents américains pendant l’entre-deux-guerres.

L’établissage suisse sera malgré ces efforts concurrencé à partir de la seconde moitié du xixe siècle par une nouvelle forme de division du travail : l’industrialisation à l’américaine, avec mécanisation des opérations, machinisme, et taylorisme. Vers 1870, la part de la Suisse dans la production mondiale de montres est encore de 70 %. En 1872, la Suisse exporte des montres et des pièces de montres d’une valeur de 18,3 millions de francs suisses vers les États-Unis ; quatre ans plus tard, la valeur des exportations n’était que de 4,8 millions.

Les années 1880 ont vu le début du processus de modernisation en Suisse. Les fabricants juifs en particulier, étants moins attachés aux méthodes de production traditionnelles que l’élite horlogère chrétienne, étaient déterminants pour la transition de l’industrie à la production moderne.

L’industrie horlogère américaine a été dominée longtemps par Bulova, qui est fondée à la même époque. En 1875, Joseph Bulova, un émigré tchèque de 25 ans, quitte Tiffany pour ouvrir une boutique à New York et y vendre des montres à bon rapport qualité/prix. C’est la première firme la première à faire de la promotion à la radio, en 1926, puis en 1941 présenter le premier spot publicitaire jamais diffusé à la télévision. Après de déboires de la fin des années 1970, la société a été rachetée par le groupe américain Loews Corporation (assurances, tabac, pétrole), puis a retrouvé le seuil de deux millions de montres vendues par an, lui permettant d’ouvrir en 2003 un siège européen à Fribourg, dirigé par Robert Faessler, un ancien de Swatch Group, né de la fusion en 1983, sous la houlette de Nicolas Hayek (1928-2010), des deux grands horlogers suisses ASUAG (Longines, Rado…) (fondé en 1931) et SSIH (Omega, Tissot, Lemania) (fondé en 1930) sous le nom de Société de microélectronique et d’horlogerie (SMH).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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