L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, Paris, 1925.

La création artistique en France pendant les Années folles est marquée par l’organisation de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui se tient à Paris d’avril à octobre 1925. Située entre l’esplanade des Invalides et les abords des Grand et Petit Palais, l’Exposition regroupe les pavillons des régions de France et des grandes nations invitées.

Quatre mille personnes assistent à l’inauguration le 28 avril. Des milliers de visiteurs se pressent chaque jour dans les allées pendant les six mois de manifestation.


Le peintre Charles Dufresne résume l’esprit général en disant que « L’art de 1900 fut l’art du domaine de la fantaisie, celui de 1925 est du domaine de la raison ». Cette tendance générale s’exprime au travers de deux mouvements opposés : le style Art déco et l’avant-garde internationale (dite aussi modernisme ou Style international).

Le style Art déco prend son essor avant la Première Guerre mondiale contre les volutes et formes organiques de l’Art nouveau. Il consiste initialement en un retour à la rigueur classique sur le modèle de la Sécession viennoise : symétrie, ordres classiques (souvent très stylisés), pierre de taille (sans aucun effet pittoresque). Le décor, encore très présent, n’a plus la liberté des années 1900 ; il est sévèrement encadré et son dessin s’inspire de la géométrisation cubiste.

L’Exposition de 1925 marque dans ses différents pavillons l’apogée de ce premier style architectural Art déco, qui s’exprime d’abord par une  réinterprétation des modénatures ornant les volumes, auxquelles appartiennent les pavillons des grands magasins parisiens, où s’exposent surtout les dernières tendances du mobilier (Grands magasins du Louvre, Au Bon Marché, etc.). Ceux des magasins du Printemps et des Galeries Lafayette, formellement plus audacieux, ainsi que le pavillon du  collectionneur sont les pavillons français les plus remarqués, et annoncent, avec les pavillons autrichien de Josef Hoffmann, tchèque ou danois, ainsi que le pavillon du tourisme de Robert Mallet-Stevens et son campanile emblématique, le style Art déco plus géométrique qui va triompher à l’Exposition universelle de 1937. Les arbres cubistes en ciment armé signés par ce dernier architecte, avec les sculpteurs Jean et Joël Martel, défraient la chronique. D’autres attractions ponctuent l’Exposition, telles que les portes monumentales, dont celle de la Concorde, les fontaines lumineuses, comme celle en verre de Lalique, de plusieurs mètres de haut, ou les vases monumentaux du pavillon de la manufacture de Sèvres.

L’Exposition des arts décoratifs de 1925 a, entre les 16 octobre 2013 et 3 mars 2014, fait l’objet d’une exposition intitulée 1925, quand l’Art déco séduit le monde, qui s’est tenue à la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Pour ce pavillon, l’architecte Pierre Patout opte pour un style classique : avancée arrondie côté jardin, frises ornées de bas reliefs, saillie du salon ovale, colonnes simplifiées (sans base ni chapiteau). La décoration intérieure, luxueuse, élégante, de grande qualité, revient à Jacques-Émile Ruhlmann qui agrémente les pièces de meubles, d’objets raffinés et précieux, inspirés du XVIIIe siècle. Ce pavillon suscite l’admiration de tous les visiteurs. La spécificité du créateur Art déco, dont Ruhlmann est le meilleur exemple, est qu’il est considéré comme un « ensemblier » ; il doit créer la totalité de la pièce choisie, du sol au plafond en concevant harmonieusement architecture, mobilier et accessoires. À cette occasion, les décorateurs font entrer les tapis dans l’univers de la décoration et font appel à des fabricants comme Aubusson, la société Tapis France Orient, etc. Les peintures sont néanmoins confiées à Jean Dupas et Roger Reboussin, les laques à Jean Dunand, les bas-reliefs à Antoine Bourdelle et les ferronneries à Edgar Brandt.

Ce pavillon, réalisé par la Société des artistes décorateurs sous le patronage du ministère des Beaux-Arts comprenait des espaces de représentation et des espaces intimes. On y trouvait du mobilier de Ruhlmann, un hall par Mallet-Stevens, un fumoir par Francis Jourdain, une salle à manger par Georges Chevalier, une chambre par André Groult, auteur du célèbre chiffonnier, et le bureau-bibliothèque de Pierre Chareau, aujourd’hui reconstitué au musée des Arts décoratifs. Ce dernier espace, sur un plan circulaire, est coiffé d’une coupole supportée par deux poteaux et composée d’une paroi “éventail”, d’où provient la lumière. Deux pièces attenantes étaient à l’usage des secrétaires. L’espace est modulé par des parois revêtues de bois de palmier dont certaines sont équipées de rayonnages de bibliothèque. Dans l’espace libéré, au centre, un bureau à pans coupés et un fauteuil sont placés sur un tapis dont le motif a été conçu par Jean Lurçat.

Le pavillon de Bordeaux est dans une des quatre tours (construites par Charles Plumet) réservées aux vins français. La décoration intérieure de la tour bordelaise est confiée à Pierre Ferret, un architecte bordelais auteur par ailleurs de la maison Frugès. Quatre peintres bordelais, Jean Dupas, Camille de Buzon, François-Maurice Roganeau et Jean Despujols, présentent des fresques à la gloire de l’Aquitaine, notamment La Forêt landaise. Au centre, le sculpteur parisien Alfred Janniot réalise une sculpture polychrome sur la vigne, l’édifice a été détruit depuis.

Source : Wikipédia.

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