L’expédition de Lewis & Clark (1804-06).

L’expédition Lewis et Clark (de 1804 à 1806) ou expédition de Lewis et Clark est la première expédition terrestre américaine à traverser le futur territoire des États-Unis jusqu’à la côte pacifique. Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis de 1801 à 1809, avait convaincu le Congrès d’attribuer 2 500 dollars de l’époque au projet.

Meriwether Lewis et William Clark sont les chefs de l’expédition et donneront leur nom à celle-ci. Clark et 30 membres partent de Camp Dubois1, dans l’actuel Illinois, le 14 mai 1804 et rencontrent Lewis et dix autres membres du groupe à Saint-Louis dans le Missouri. L’expédition atteint l’océan Pacifique en 1805. Le voyage de retour commence le 23 mars 1806 et s’achève le 23 septembre de la même année.

Le succès de l’expédition est dû en grande partie à la présence de Sacagawea, une guide et interprète shoshone et Toussaint Charbonneau, un trappeur canadien-français qui l’épouse à l’âge de 15 ans. Malgré les dangers encourus durant le voyage (rapides du Missouri, faim, froid, attaques d’ours, hostilité des Amérindiens), il n’y eut qu’un seul mort, le sergent Charles Floyd. Il succomba à une maladie dès le début de l’expédition en août 1804.


La traversée vers l’ouest des États-Unis a été au départ rêvée par Thomas Jefferson. En effet, c’est en 1802 qu’il a pris les premiers contacts avec l’ambassadeur d’Espagne pour connaître la réaction du gouvernement espagnol si une expédition scientifique pour découvrir le cours du Missouri était organisée. L’ambassadeur d’Espagne, Carlos Martínez de Irujo, 1er marquis de Casa Irujo, qui était encore responsable de la Louisiane en attendant le transfert effectif de souveraineté à la France (à la suite du traité de San Ildefonso) répondit que l’Espagne n’accepterait pas cela.

La vente de la Louisiane par la France aux États-Unis en 1803 survient dans un contexte d’intérêt grandissant pour l’exploration vers l’ouest. Quelques semaines auparavant, le président en exercice, Jefferson, obtenait du Congrès une subvention de 2 500 dollars afin d’envoyer des officiers explorer l’Ouest « sauvage ». Ce dernier imaginait qu’on trouverait des mammouths, des volcans et des montagnes de sel. Il recherchait également un « passage vers l’Ouest » : une interconnexion des fleuves permettant d’ouvrir une route commerciale vers le Pacifique.

L’expédition devait permettre l’étude des tribus amérindiennes, de la flore, de la faune et de la géologie de ces contrées. L’objectif était également d’évaluer la présence des trappeurs et des chasseurs britanniques et canadiens dans ce secteur. La mission assignée à Lewis par Jefferson consistait à trouver des fleuves navigables, en vue de développer le commerce vers l’océan Pacifique. Des témoignages de trappeurs avaient déjà indiqué que le Missouri prenait sa source dans les montagnes  Rocheuses, et qu’il existait un autre fleuve plus à l’ouest qui se jetait dans le Pacifique. En 1792, Robert Gray, un marchand américain, avait reconnu l’estuaire d’un fleuve qu’il baptisa « Columbia ».

Alexander MacKenzie avait déjà exploré l’Amérique du Nord en 1793 et atteint le Pacifique en traversant les montagnes Rocheuses canadiennes.

Jefferson choisit le capitaine Meriwether Lewis pour mener l’expédition. Lewis choisit quant à lui William Clark comme partenaire dans cette aventure. Ce dernier avait des compétences en navigation fluviale et en géographie. Bien que Clark n’ait été, au regard de l’armée américaine, que lieutenant en second, Lewis le considéra toujours comme son égal et partagea avec lui le commandement de l’expédition.

Dès 1803, Lewis étudia à Philadelphie les informations consignées dans les journaux des trappeurs et des marchands qui avaient visité l’Ouest, notamment le Journal de voyage sur le Haut Missouri, rédigé par  l’explorateur et trappeur Jean-Baptiste Truteau. Le 5 juillet 1803, il quitte Washington D.C., rassemble des armes, construit un grand bateau puis descend l’Ohio. Clark le rejoint à Clarksville dans l’Indiana. En décembre 1803, 45 hommes sont rassemblés à Saint-Louis : neuf viennent du Kentucky, 21 hommes appartiennent à l’armée, il y a aussi deux Français (Cruzatte et Labiche) et neuf bateliers. On apporte quelques cadeaux pour les Amérindiens (des hameçons, des miroirs de poche, des rouleaux de toile, de la pacotille, du tabac, des couteaux, des boutons de cuivre, de l’alcool et du matériel d’artisanat). Lewis achète et embarque un fusil Girandoni à air comprimé à répétition qui peut tirer 30 coups à 100 m en 30 secondes. Il en fera la démonstration à chaque rencontre avec de nouveaux groupes Amérindiens et ce fusil est crédité comme ayant grandement participé à ce que l’expédition ne soit jamais attaquée sérieusement par les Amériendiens. Trois embarcations partent de Saint-Louis : la principale mesure environ 16 m. Les deux autres sont de petits canots.

Le corps expéditionnaire comptait 33 membres au départ de Camp Dubois, situé aujourd’hui à côté de Hartford, dans l’Illinois. Il se mit en route le 14 mai 1804, sans publicité, et rejoint Lewis à Saint-Charles dans le Missouri le 20 mai. L’expédition continua son chemin en passant par les sites des futures Kansas City et Omaha, traversa les montagnes Rocheuses et descendit la Clearwater, la Snake et la Columbia. Elle passa par les chutes de Celilo et l’emplacement de Portland. Elle atteint l’océan Pacifique en décembre 1805. Lewis put observer le mont Hood. Clark grava sur un tronc de pin les mots suivants : William Clark December 3rd 1805. By land from the U.States in 1804 & 1805 c’est-à-dire « William Clark, 3 décembre 1805, arrivé des États-Unis par le continent en 1804-1805 ». L’expédition décida de passer l’hiver sur la rive sud de la Columbia et construisit le fort Clatsop près de l’actuelle Astoria dans l’Oregon.

Les explorateurs se mirent en route le 23 mars 1806 pour le voyage retour : l’expédition remonta la Columbia au prix d’efforts importants. Elle fut harcelée par les Chinookans. Un mois après leur départ, les hommes décidèrent d’abandonner l’idée de remonter le fleuve à l’aide de canots et préférèrent aller à cheval. Ils passèrent le mois de mai chez les Nez-Percés à Camp Choppunish. Incapables de traverser les monts Bitterroot enneigés, ils retournèrent chercher l’aide d’un guide chez les Nez-Percés. Le 30 juin, l’expédition se scinda en deux groupes : Lewis accompagné de neuf hommes explorèrent la Marias River vers le nord, alors que Clark et les autres se dirigèrent vers le sud en suivant la rivière Yellowstone. Le 26 juillet, Lewis rencontra les indiens Blackfeet. Le 11 août, lors d’une partie de chasse, Lewis fut blessé à la cuisse. Les deux groupes se retrouvèrent pour descendre le Missouri. Le 17 août, l’expédition retourne au confluent de la Knife River et du Missouri sur l’actuel site historique national de Knife River Indian Villages. Ils arrivèrent le 23 septembre 1806 à Saint-Louis où ils furent accueillis par des centaines de personnes.

L’expédition a considérablement fait progresser la connaissance de la géographie de l’Ouest nord-américain (établissement de cartes comportant les rivières et les montagnes les plus importantes).

  • Quelque 178 plantes et 122 espèces et sous-espèces d’animaux ont été observées et décrites.
  • Une cinquantaine de tribus amérindiennes ont été rencontrées et identifiées.
  • L’expédition a favorisé le commerce euro-américain de peaux dans l’Ouest, elle a ouvert des relations diplomatiques avec les Amérindiens et établi un précédent pour l’exploration de l’armée dans l’Ouest.
  • L’expédition a renforcé la revendication fédérale sur le territoire de l’Oregon, elle a attiré l’attention des médias sur l’Ouest.
  • Elle a permis le processus de colonisation par des populations  essentiellement d’origine européenne et le gouvernement des États-Unis, au XIXe siècle, de l’immense territoire qui s’étend en Amérique du Nord entre le Mississippi et l’océan Pacifique, habité jusqu’alors par les peuples amérindiens. L’idée d’une « terre promise » à l’ouest grandit parmi la population de l’Est. Dans les années 1840, la croyance en un droit quasi‑divin du peuple américain de s’approprier les terres de l’Ouest, malgré les Amérindiens ou les autres nations, prend le nom de « Destinée manifeste ».

Source : Wikipédia.

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