Les Sioux.

Les Sioux sont un important groupe ethnique et linguistique amérindien du Centre et du Sud-Est de l’Amérique du Nord, parlant originellement des langues dites « siouanes ». Le peuple sioux est souvent subdivisé en deux sous-groupes :

  • les Catobas aujourd’hui presque disparus (il existe encore une petite réserve en Caroline du Sud) ;
  • la grande famille sioux, qui comporte elle-même d’autres subdivisions (chiwere, dhegiha, winnebago, mandan, etc.).

Le même nom « sioux » est utilisé pour indiquer un groupe spécifique de tribus, culturellement et linguistiquement très proches : Lakotas, Nakotas et Dakotas, noms qui signifient tous « alliés ». Le présent article traite fondamentalement ce deuxième usage du terme.


Les Sioux sont issus d’une population qui habitait au ve siècle sur le cours moyen du Mississippi et a en partie migré au viiie siècle vers les sources de ce fleuve. Elle y adopte un mode de vie typique d’un milieu où domine le taillis10, la « civilisation sylvicole tardive », tout en développant une technique de poterie héritée de la « civilisation du Mississippi ». Ce mélange difficile à interpréter est qualifié de « civilisation Oneota », du nom du site archéologique d’Oneota, lequel se trouve à l’entrée du lac Supérieur.

Au début du XIVe siècle, durant le Petit Âge glaciaire, des descendants de cette population de type « Oneota » constituent dans ce qui est aujourd’hui l’État du Minnesota une union politique et se dotent d’une instance représentative, le Conseil des sept foyers, Očhéthi Šakówiŋ. Le cœur de leur territoire est le bassin de la « rivière de l’Esprit », Watpa waḳaŋà, à l’est du cours supérieur de la « rivière des chutes », Hahawakpa, dans la région des lacs « de l’Esprit », Mde waḳaŋ, et Sangsue. Barrée au sud par les chutes Saint Antoine, Owahmenah, c’est une zone boisée d’étangs, de lacs, de marais et de rivières qui les tient à l’abri d’une pénétration étrangère et en même temps facilite les déplacements entre habitants, par voie d’eau.

Au milieu du XVIIe siècle, époque de leurs premiers contacts directs avec les Européens, les Sioux sont nomades et habitent des tipis. Ils forment une société guerrière organisée en tribus mais ils pratiquent parfois la guerre comme un sport, se contentant souvent de toucher l’adversaire sans le blesser. Contrairement à leur voisins, ils ne cherchent pas à se procurer une main d’œuvre esclave11. Le déséquilibre démographique en faveur des femmes, environ sept pour un, est réglé par une polygamie qui favorise au sein des ménages les jalousies et l’adultère. Les femmes, et non les hommes, en sont punies par un scalp partiel à vif, en rond, et le   tranchement du cartilage du nez, traduction moins d’une inégalités hommes-femmes que d’une inégalité entre femmes.

Les Sioux se rencontrent déjà en dehors de leur zone d’origine, jusque dans les futurs Wisconsin et Iowa. Ils mènent leurs raids meurtriers contre les Illinois dans ce qui est aujourd’hui l’État du même nom. Ils se regroupent l’hiver en gros villages abrités dans les vallées et en été forment des campements de chasse. Ils alternent ainsi un peu de culture de maïs et de légumes secs, la cueillette du riz sauvage et des baies sauvages, la récolte du sirop d’érable, la pêche et la chasse, au chevreuil mais principalement aux bisons, qui sont alors présents dans les clairières du haut Mississippi.

Ces migrations saisonnières se font en travois tirés par des chiens, et à partir de la fin du xviie siècle par des « gros chiens », nom qu’ils donnent aux chevaux. Ceux-ci, introduits en 1540 par les conquistadors de Francisco Vásquez de Coronado, sont élevés et vendus par des peuples plus ou moins lointains, tels les Utes. Comme dans d’autres régions du monde où la nourriture est abondante, les autochtones ne pratiquent pas la métallurgie, les outils de pierre étant plus efficaces pour un coût de fabrication minime, mais les bijoux en cuivre sont prisés. Les échanges avec les tribus agricoles voisines restent cependant essentiels à l’équilibre alimentaire et la survie des chasseurs-cueilleurs que sont alors les Sioux.

Les Sioux ont leurs premiers contacts avec la civilisation européenne par l’intermédiaire des coureurs des bois français, qui vivent en fait au cours de leurs déplacements comme les autochtones, épousant souvent des squaws et ayant des enfants « métchifs ». Ces « Sauvages » sont mentionnés par Jean Nicolet puis en 1642 par Jérôme Lalemant sous le nom ojiboué que leur donnent péjorativement les Sauteux de Nadouessioux.

La frontière orientale de leur territoire est alors à un jour de marche du lac Supérieur, dont la baie de Chagouamigon est explorée en 1658 par Médard des Groseilliers et Pierre-Esprit Radisson. C’est à la fin de l’hiver 1659, que les deux trappeurs fument le calumet de la paix avec huit ambassadeurs de la « nation du Bœuf », c’est-à-dire du bison, venus chacun accompagné de deux épouses traiter avec les Sauteux. Invités à pénétrer en territoire nadouessious, ils participent au printemps 1660 aux cérémonies d’une grande assemblée réunissant plusieurs bandes et sont solennellement adoptés. Leurs « tonnerres » sont convoités.

Toutefois, les deux hommes, dont le retour sera espéré, s’en vont découvrir les Assiniboines avant de repartir vers Trois-Rivières, puis Québec, où leur soixante canoës remplis de peaux conduits par trois cents Algonquins créent la stupéfaction. Bientôt les autochtones voient sur les traces de leurs invités arriver ceux qu’ils appellent, tel le père Ménard, des « Robes noires ». Ces pêcheurs d’âmes ne se déplacent pas sans être encadrés par de jeunes chasseurs qui se transforment à partir de 1668 en chefs de comptoirs clandestins, organisent le troc et tentent d’échapper toujours plus loin vers le territoire giboyeux des Nadouessioux au monopole de la Compagnie française des Indes occidentales. Le fusil crée, via Anvers en rien freiné par la guerre de Hollande, un marché transcontinental basé sur la traite des fourrures, qui prospère durant les dix-sept années d’accalmie que connaît la guerre franco iroquoise et en moins de dix ans va bouleverser l’économie des Nadouessioux.

Vaincus en 1667 par le gouverneur de la Nouvelle-France Alexandre de Tracy, les Agniers, depuis longtemps fournis en armes à feu par la colonie de Nouvelle-Néerlande, s’impliquent fortement dans la guerre du Roi Philip et en 1677 c’est l’ensemble des Iroquois qui noue avec la Confédération de Nouvelle-Angleterre une alliance amenée à durer. À la recherche de castors, ils lancent toujours plus loin vers l’ouest des expéditions pour faire de la prairie située à l’ouest des Appalaches leur terrain de chasse exclusif et en expulser année après année les Ofogoulas et les Arcansas. Il n’est pas jusqu’aux Mascoutins, qui habitent entre les Nadouessioux et la rive sud-ouest du lac Dauphin, qui ne craignent d’être victimes du cannibalisme des Iroquois.

Cette année 1677, ce sont les Atchachakangouens, principale composante des Miamis, qui fuient. Ils passent sur la rive occidentale du Mississippi18. À l’été suivant, le missionnaire Claude-Jean Allouez, qui est reconnu comme un « grand homme » de moindre pouvoir et distribue le baptême par dizaines, part de la Mission Saint-François-Xavier explorer la région à l’ouest du lac des Puants. Il assiste les Sacs dans leur guerre contre leurs voisins occidentaux, les Santis, qui sont les Sioux orientaux. Plus au sud, les Atchachakangouens s’avancent à leur tour dans le territoire qu’une fraction des Santis, les Wahpetons, répartis en trois villages, partagent alors avec des Otos et des Mascoutins entre l’embouchure du Wisconsin et les sources des rivières Iowa et Des Moines, soit le nord-est de l’actuel État de l’Iowa.

En 1679, le père Allouez intervient et propose aux Miamis qu’ils se retirent du pays nadouessious, s’installent à l’est des Illinois et ainsi s’opposent à la conquête iroquoise. Des négociations sont mêmes entamées durant l’été pour faire adopter ces Miamis par les Tsonnontouans, une des nations iroquoises, et les faire ainsi entrer dans la Ligue de la longue maison21. Les pourparlers échouent mais Monso, un des chefs des Mascoutins alliés aux Miamis, y voit une trahison et se persuade que les Français, plus intéressés par une voie vers l’ouest, n’ambitionnent que de fournir des armes à feu aux Nadouessioux pour qu’ils exterminent son peuple et tous les Illinois, quand les Iroquois en feraient autant par l’est.

Le soir du 29 février 1680, le missionnaireouis Hennepin et deux soldats, Antoine Auguelle et Michel Accault, partent de Fort Crèvecœur en canoë sur ordre de Cavelier de la Salle descendre le cours aval de la rivière des Illinois, moins pour le motif scientifique affiché que dans un but commercial. Le 11 avril 1680, ils sont capturés au confluent avec le Mississippi, qu’avait franchi sept ans plus tôt Louis Jolliet, par une centaine de guerriers Santis. Les trente trois canoës nadouessioux sont à la poursuite de Miamis qui ont commis pendant l’hiver plusieurs incursions meurtrières et cherchent refuge chez les Illinois. Les trois hommes sont retenus plusieurs mois au « village de la feuillée ». Ce séjour auprès des « Issantis » est l’occasion d’apprendre leur langue et de recueillir des renseignements géographiques, sur les peuplades voisines, le réseau fluvial, l’existence des montagnes Rocheuses voire d’un fantasmatique accès maritime vers le Japon. Libérés par l’approche de l’hiver, les explorateurs sont récupérés par Daniel du Lhut venu les réclamer et s’en retournent à Fort Buade.

Le 1er mai 1682, Louis XIV, nomme Antoine Lefèbvre de La  Barre gouverneur de la Nouvelle-France. L’ « Onontio Goa » donne personnellement des instructions, réglementer le commerce des fourrures en le confiant à des « voyageurs » agréés, empêcher les facteurs de trouble que sont les incursions des coureurs des bois en territoire nadouessious et encourager les colons à se tourner vers l’agriculture. Trois ans plus tard, en 1685, l’expédition du bourguignon Nicolas Perrot, partie de La Baye et guidée par les Anichinabés du Conseil des Trois Feux, hiverne à Fort Perrot et l’année suivante la frontière de la Nouvelle-France est établie à Fort Saint-Antoine, au sud est du territoire nadouessious, chez les Mesquakies.

Au cours du XVIIIe siècle, les bandes sioux, probablement chassées par les conflits alors endémiques autour des Grands Lacs et le développement des épidémies qui déciment les tribus voisines, commencent leur migration vers l’Ouest. Ce mouvement au-delà du Mississippi est également motivé par l’abondance du bison et par l’apparition du cheval, venu des plaines du Sud, où les Amérindiens l’ont adopté lorsqu’il est apparu avec l’arrivée des Espagnols, au XVIe siècle.

Au cours du XVIIIe siècle, les tribus sioux se constituent un véritable « empire » dans l’Ouest en repoussant les Crows vers les montagnes Rocheuses, et les Pawnees sur la rivière Platte. Sous la pression des tribus ojibwés (parmi les premiers à obtenir des armes à feu), ils se déplacent plus à l’ouest, poussant devant eux les Cheyennes, les Omahas, les Crows et d’autres tribus plus petites. Ils envahissent rapidement tout l’ouest et le sud-ouest du pays après l’acquisition de chevaux et de fusils.

Vers 1750, ils traversèrent le Mississippi et envahirent les Black Hills (Paha Sapa en lakota). Les Sioux arrivent peu de temps après les Cheyennes dans la région des Black Hills. Grâce notamment à la puissance que leur confèrent les armes à feu issues du commerce avec les Blancs (Wasichus en lakota), ils s’imposent rapidement comme étant un peuple belliqueux et puissant. Vers les années 1800, ils chassent de la région les Kiowas et les Comanches qui émigrent alors vers le Sud, puis se tournent vers les Crows qui sont à leur tour chassés.

Dans cette conquête, la Confédération sioux s’est alliée aux Arapahos et aux Cheyennes. L’alliance formée par ces trois peuples, qui perdura tout au long du XIXe siècle, faisait des Sioux la puissance militaire la plus imposante des Plaines du Nord et leur assurera une suprématie dans le nord des plaines. Leurs ennemis traditionnels sont les Crows, les Pawnees, les Shoshones mais également les alliés de ces derniers, comme les Nez-Percés (bien qu’en 1877 les rescapés des Nez-Percés de chef Joseph sont accueillis par Sitting Bull au Canada), les Osages et bien d’autres.

L’expédition Lewis et Clark, au début du XIXe siècle, permit aux Américains d’approfondir leurs connaissances sur les Sioux. À l’arrivée des colons américains dans les Grandes Plaines, dans les années 1830-1840, les Sioux occupaient ainsi un vaste territoire qui s’étendait depuis le Missouri jusqu’aux monts Big Horn (les actuels États du Dakota du Nord et du Dakota du Sud), ainsi que sur une partie du Minnesota, du Wyoming et du Nebraska.

Au début des années 1840, les premiers colons blancs traversent les plaines pour s’implanter dans l’Oregon. C’est la création de la piste de l’Oregon, qui est utilisée durant des années. Les migrations s’intensifient en 1849, avec la découverte d’or en Californie et la ruée qui s’ensuivit : des milliers de migrants traversent les territoires de chasse des Amérindiens. La piste est large de plusieurs centaines de mètres. Les migrants prélèvent le bois et la nourriture dont ils ont besoin sur leur passage dans les environs, abattant et faisant fuir le gibier et rasant les arbres alentour. Très rapidement, elle est marquée par des tombes de migrants morts durant le voyage et de carcasses d’animaux. Les Sioux voient donc d’un mauvais œil cette route. Le pire se  produit quand, en 1849, les migrants transmettent aux Amérindiens le choléra. L’épidémie se répand dans les plaines comme une traînée de poudre, frappant de plein fouet les Cheyennes, les Sioux, les Kiowas, les Comanches, les Blackfeet, les Osages… Les tribus sont décimées et de plus en plus méfiantes vis-à-vis des Blancs.

En 1851, neuf tribus amérindiennes, parmi lesquelles les Sioux et les Cheyennes, signent avec le gouvernement des États-Unis le traité de Fort Laramie. En échange de 50 000 dollars d’annuité versés durant cinquante ans et de marchandises, les Amérindiens voient leurs territoires délimités sur une carte, autorisent la construction de routes et de forts dans les plaines et s’engagent à ne pas attaquer les migrants Blancs et à cesser les guerres tribales. La culture des Indiens des Plaines, la mauvaise volonté du gouvernement américain (le Congrès rectifie le versement des annuités de cinquante à dix ans au moment de la ratification du traité) feront que le traité ne sera jamais respecté.

En 1854, un détachement de 29 soldats américains attaque un camp de 4 000 Sicangus en prétextant un vol de bétail : le détachement est anéanti. Cet événement, nommé Affaire Grattan du nom du lieutenant qui dirige le détachement marque le début de la guerre des Sioux contre les États-Unis. En 1855, en répression à l’Affaire Grattan, un village lakota est attaqué par l’armée américaine, faisant une cinquantaine de morts.

En août 1862, les Sioux Dakotas du Minnesota qui avaient perdu, à la suite de traités, les neuf dixièmes de leurs terres se révoltent sous la conduite de Little Crow. Un millier de colons et de soldats sont tués et plusieurs centaines de femmes et d’enfants sont faits prisonniers. La révolte est matée. Le 26 décembre 1862, 38 guerriers sont pendus pour leur implication dans les meurtres des colons. Il s’agit, encore aujourd’hui, de la plus grande exécution de masse de l’Histoire des États-Unis. Les Santees survivants sont faits prisonniers ou s’exilent dans l’Ouest pour rejoindre les Lakotas.

Le 29 novembre 1864, sept cents volontaires du Colorado sous les ordres du colonel Chivington massacrent plus de cent cinquante Cheyennes du Sud (dont une centaine de femmes et d’enfants) à Sand Creek. Le massacre révolte les Cheyennes qui, aux côtés des Sioux et des Arapahos, entrent en guerre contre les États-Unis.

Le Bureau des affaires indiennes qui gère les réserves est miné par la corruption : les stocks de marchandises et de nourriture prévus pour les Amérindiens sont en permanence détournés et très peu, souvent de piètre qualité, sont livrés aux Amérindiens. De plus, les agents des réserves sèment la discorde parmi les Amérindiens et les divisent. Red Cloud et Spotted Tail, jaloux de la renommée de Crazy Horse répandent des rumeurs sur son compte. Le 5 septembre 1877, il est arrêté et conduit en prison. Alors qu’il entre dans le bâtiment, il s’aperçoit qu’on veut le faire prisonnier et tente de fuir. Une sentinelle lui enfonce sa baïonnette dans l’abdomen. Le chef Oglala meurt dans la nuit.

Le gouvernement se lance alors dans une politique d’acculturation : les Amérindiens doivent se sédentariser et les vieilles coutumes tribales sont interdites. Le port des cheveux longs est interdit (alors que c’est un signe de virilité pour les hommes), la Danse du Soleil rendue illégale, les enfants sont envoyés dans des écoles où ils n’ont pas le droit de parler leurs langues maternelles. Mais surtout, les deux éléments centraux de la vie des Sioux sont supprimés : les bisons, de trente millions d’individus au début du XIXe siècle ne sont plus que quelques centaines confinés dans le parc national de Yellowstone ; les chevaux sont souvent confisqués, exterminés ou croisés avec des chevaux de bât. Afin de veiller à l’extinction des vieilles coutumes tribales une police indienne est créée dans les réserves. De nombreux jeunes hommes s’engagent et y voient une nouvelle source de prestige.  L’alcoolisme, la misère, la faim et les maladies ravagent les populations. L’hécatombe démographique se poursuit.

La Grande Réserve sioux est éclatée et séparée en six petites réserves. En 1887, c’est le General Allotment Act, qui autorise le président des États-Unis à morceler les réserves : chaque célibataire reçoit 37 hectares et chaque famille 75 hectares, le reste étant ouvert à la colonisation.

Dans les années 1880, William Cody, dit Buffalo Bill, lance le Buffalo Bill’s Wild West Show. Il s’agit de spectacles dans lesquels il présente la Conquête de l’Ouest et fonde le mythe de Custer. Ses représentations mettent en scène des Amérindiens et des blancs, qui jouent les thèmes fondateurs du western : l’attaque de la diligence ou de la cabane de colon… et bien sûr la dernière résistance de Custer. Il engage de nombreux Indiens dont Sitting Bull avec qui il fait une tournée dans l’Est en 1885. À partir de 1887, il fait plusieurs tournées en Europe accompagné d’Amérindiens. L’Oglala Black Elk participe à ces tournées et se rend à Londres en 1887.

Corps de Big Foot dans la neige après le massacre de Wounded Knee.
Articles détaillés : Danse des Esprits et Massacre de Wounded Knee.
Dans ce climat de misère et de désespoir, les Amérindiens adhèrent massivement à un nouveau mouvement : la Danse des Esprits. Un pasteur païute, Wovoka, annonce que les Blancs vont partir, le retour des bisons et de ceux qui sont morts. Les Danseurs de l’esprit revêtissent des chemises sacrées qui sont censées arrêter les balles et ne cessent de danser pour que la prophétie se réalise.

Bien que le mouvement soit pacifique, les Américains voient d’un mauvais œil cette agitation et craignent de nouveaux troubles. La Danse est rendue illégale mais rien n’y fait : les Amérindiens y adhèrent massivement. Le 15 décembre 1890, 43 policiers Sioux agissant sous les ordres du  gouvernement encerclent la maison de Sitting Bull à Standing Rock pour l’arrêter. Le chef soutient en effet la Danse des Esprits. Ce dernier résiste et est abattu avec son fils et six de ses partisans, ainsi que six policiers amérindiens.

Le 29 décembre 1890, une bande de danseurs de l’Esprit Minneconjous dirigés par le chef Big Foot est encerclée par le 7e de cavalerie dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Les guerriers sont désarmés mais certains résistent, persuadés que les chemises qu’ils portent les protégeront des balles. Un coup de feu est tiré. Les soldats ouvrent le feu. Trois cents hommes, femmes et enfants sont massacrés, dont le chef Big Foot. Le massacre de Wounded Knee met un terme sanglant à la Danse des Esprits et aux guerres indiennes. Dans les jours qui suivent, des bandes de guerriers se révoltent et attaquent les soldats dans la réserve pour venger les morts de Wounded Knee. Le 15 janvier 1891, les derniers combattants déposent les armes.

Le 20 décembre 2007, un groupe d’activistes, la Lakota Freedom  Delegation, a déclaré rompre officiellement les traités signés avec les États-Unis, les considérant sans valeur pour avoir été violés maintes fois par les États-Unis. Il a affirmé ainsi sa souveraineté sur les cinq États du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, du Montana, du Nebraska et du Wyoming pour former la République Lakota35. Son meneur, Russell Means, est décédé en 2012, après avoir été battu aux élections tribales et sans avoir autrement concrétisé ses revendications.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.