Les automobiles Delage.

Delage est une marque automobile française, fondée en 1905 par Louis Delâge à Levallois-Perret, rachetée par Delahaye en 1935 et disparue en 1953.

En novembre 2019, l’association « Les Amis de Delage », créée en 1956 et propriétaire de la marque Delage, annonce la refondation de la société Delage Automobiles.


D’abord située rue Cormeilles à Levallois-Perret, l’entreprise fut d’abord juste une usine d’assemblage, achetant des moteurs et des châssis à d’autres constructeurs pour les habiller avec des éléments de carrosserie. Le premier modèle est une voiturette type A de 1905 à moteur monocylindre De Dion-Bouton de 9 HP.

En 1907, le succès oblige l’usine à déménager dans la rue Baudin, toujours à Levallois-Perret pour s’agrandir (4 000 m2 d’atelier) et permet l’entrée en compétition dans la Coupe des Voiturettes de L’Auto.

En 1912, les usines déménagent à nouveau boulevard de Verdun à Courbevoie dans des locaux plus vastes. Le moteur monocylindre a disparu et le 6 cylindres « maison » apparaît grâce à François Repusseau.

L’année suivante, des grands modèles sont lancés. La marque commence alors à remporter des courses importantes jusqu’au début de la Première Guerre mondiale.

Automobile Delage, carte maximum, Saint-Thomas.

En 1914, avec la guerre, la production des châssis avec moteurs pour voitures de tourisme est quasiment stoppée, à l’exception de quelques fabrications pour l’armée. La nouvelle usine de Courbevoie est transformée pour une utilisation militaire va soutenir l’effort de guerre en produisant des obus, des camionnettes et des camions.

La qualité des obus reste fort éloignée de celle appliquée à la production automobile, on verra beaucoup de ces obus éclater à la figure des artilleurs qui tentaient de les tirer sur l’ennemi. Après la guerre Louis se verra décerner la légion d’honneur, sans qu’il se soit réellement distingué tandis que l’ingénieur Gaultier, responsable de la production des obus défectueux, écopera de cinq années de prison.

Après la Première Guerre mondiale, la marque Delage prospère, produisant des véhicules de tourisme et de luxe de grande qualité.

En 1918, Delage commercialise la splendide CO étudiée pendant le conflit et fabriquée pour l’armée à partir de 1916 : c’est la première voiture de tourisme avec des freins avant. Grâce à ceux-ci et à son moteur 20 HP à 6 cylindres de 4 524 cm3, Louis Delâge fait Paris-Nice en 16 heures à 67 km/h de moyenne. Quatre autres raids suivront.

Les années 1920 sont véritablement le premier « Âge d’Or » de Delage.

Les Delage les plus abordables, sont la DE et la DI. Toutes deux sont des 11 CV équipées de moteur 4 cylindres d’environ 2 litres de cylindrée. La réputée DI apporte un moteur à cinq paliers avec une distribution à soupapes en tête.

Louis Delâge tente aussi de rivaliser avec les Farman 40 CV, Gnome et Rhône 40 CV, Hispano-Suiza H6 et Renault 40 CV en sortant la GL (Grand Luxe) de 30 CV avec une certaine réussite. Le moteur de 5 954 cm3 est équipé d’un arbre à cames en tête. Puis vient une nouvelle génération de moteur 6 cylindres sur la DM de 3 174 cm3 et la DR de 2 516 cm3. Ce châssis conçu par l’ingénieur Gautier, est le plus vendu de l’histoire de la marque. En 1923, Louis Delâge veut revenir à la compétition à son plus haut niveau et innove en construisant (ingénieur Charles Planchon) une fabuleuse 12 cylindres en V de 2 litres : la 2 LCV.

Après des débuts prometteurs, grâce à l’évolution de cette voiture (ingénieur Albert Lory), la marque va se couvrir de gloire en 1924 (Grand Prix d’Europe à Lyon) et 1925 (Grand prix de l’ACF à Montlhéry).

Parallèlement, pour renforcer une stratégie de communication basée sur le principe « la course automobile améliorant la technique et la production industrielle », il fait étudier (ingénieurs Toutée et Planchon) trois voitures de courses de côte et de records à 6 cylindres et 12 cylindres.

L’une d’elles, la 12 cylindres en V DH de 10,5 litres va battre en 1924, le record du Monde de vitesse sur route et établit un nouveau record de vitesse terrestre à 230 km/h.

La production des véhicules de tourisme continue avec les versions S et SS de la DI. La DM s’adjoint la DM S et la DM L, toutes deux équipées du très beau 6 cylindres de 3 litres conçu par Maurice Gaultier.

Toujours passionné de compétition, Louis Delâge poursuit son programme et grâce au travail acharné de l’ingénieur Lory et aux moyens techniques colossaux engagés par l’usine pour concevoir une voiture de 8 cylindres avec un moteur en ligne de 1 500 cm3.

Cette 15.S.8 fiable et performante, menée par les Français Louis Wagner et Robert Sénéchal, remporte dès 1926 le premier Grand Prix de Grande-Bretagne. En 1927, la 15.S.8 pilotée par Robert Benoist va remporter les quatre Grands Prix européens de l’année, condition nécessaire pour que Delage devienne « Champion du Monde des Constructeurs ». De 1929 à 1932, John Cobb s’impose également près d’une dizaine de fois sur le circuit de Brooklands avec sa V12.

En 1930, Louis Delâge est toujours attiré par le luxe et la « belle voiture ». Maurice Gaultier conçoit une 8 cylindres en ligne de 4 061 cm3, la D8 qui évoluera en D8 S (Sport). C’est-elle qui restera dans l’esprit de beaucoup, comme LA Delage… Les plus belles carrosseries habilleront ce châssis et Delage remportera la première place dans la plupart des concours d’élégance.

À la suite du contrecoup de la crise économique de 1929, les difficultés dues aux mévente s’accumulent pour les fabricants de voitures de luxe. Louis Delâge entreprend néanmoins un vaste effort de renouveau technique, aidé par un groupe de concessionnaires et de banquiers. Rien n’y fait : la situation commerciale et financière de la firme est durement ébranlée.

Au Salon de l’auto 1932, arrive la D6-11, une 11 CV avec un petit 6 cylindres de 2 101 cm3, et un an plus tard, la nouvelle Delage huit cylindres : la D8-15 de 2 660 cm3.

Ces deux modèles, équipés de roues avant indépendantes et d’un moteur à la technique innovante ne suffiront pas à freiner la chute des ventes. Les derniers modèles qui voient le jour à Courbevoie sont les D6-65, D8-85 et D8-105, eux aussi techniquement très intéressants (freins hydrauliques), et conçus par le brillant ingénieur Michelat. Rien n’y fera et les appuis de Louis Delâge se dérobent un à un. La mise en liquidation volontaire de l’usine de Courbevoie est décidée le 20 avril 1935.

En 1935, Louis Delâge ne voulant pas s’avouer vaincu, avait envisagé nombre de solutions pour sauver sa société, un nom qui s’était si brillamment illustré sur les circuits, et par la réputation de qualité de ses fabrications. Celles-ci vont reprendre grâce à l’homme d’affaires Walter Watney. Ainsi vont être créées par la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » à partir de la production Delahaye, des automobiles parmi les plus réussies de la marque, une sorte de second « Âge d’or »…

Les Delage fabriquées chez Delahaye vont donner naissance au Salon 1935 à une gamme allant de la 4 cylindres DI-12 à la majestueuse D8-120 en passant par la 6 cylindres D6-70, voiture qui remportera un grand succès.

Toutes ces voitures, comme leurs devancières, vont porter la « touche Delage » et celles qui seront habillées par les plus grands carrossiers glaneront toutes les premières places dans les concours d’élégance.

La D6-70 sera déclinée en version « course » et l’on verra à nouveau briller le nom de Delage sur les circuits avec un certain succès.

Louis Delâge meurt en 1947. Après la Seconde Guerre mondiale, un modèle six cylindres 3 litres va être produit au sein du groupe Delage Delahaye, mais finalement le nom disparaît après le Salon 1953.

Après la faillite de 1935, l’usine Delage de Courbevoie est fermée et son matériel vendu. Walter Watney, proche de Louis Delâge, créée la « Société Nouvelle des Automobiles Delage» ensuite appelée « Delage France », il négocie une licence pour la marque avec Delahaye qui produit les modèles Delage jusqu’à leur disparition fin 1953.

Walter Watney garde les droits sur la Marque Delage jusqu’à sa mort en 1970. En 1995, sa petite fille Christina-May Botteril, étend son enregistrement dans les classes des produits de luxe, en particulier la maroquinerie et les accessoires. La Société Denty a racheté ces droits de la marque Delage en 2011 et les a enregistrés dans tous les pays importants dans le monde pour devenir une véritable Maison de luxe de notoriété mondiale.

En 1956, un club est créé pour perpétuer le souvenir de Louis Delâge, l’image de la marque et fournir aux propriétaires de Delage un soutien logistique. En 1985 l’association « Les Amis de Delage » enregistre la marque dans la classe des automobiles en France.

Le 7 novembre 2019, au salon Époqu’auto de Lyon, Les Amis de Delage et l’entrepreneur Laurent Tapie, fils de Bernard Tapie, annoncent avoir signé un accord pour relancer la marque Delage Automobiles. Laurent Tapie devient le président de Delage Automobiles.

La nouvelle Delage prévue dans ce projet se nomme Delage D12. Il s’agit d’une supercar hybride motorisée par un V12 atmosphérique de 990 ch, couplé à un électromoteur de 110 ch, pour une puissance cumulée de 1 100 ch4. Elle sera produite en France comme toutes les Delage. Delage Automobiles s’est associé au pilote automobile Jacques Villeneuve comme pilote de développement du futur modèle de série.

La voiture est présentée lors d’événements privés à Los Angeles et Orange County en Californie en décembre 2019, puis a Monaco en Septembre 2020, Genève en Novembre 2020, et Dubaï en Décembre 2020.

En décembre 2020 la D12 est élue plus belle voiture du monde (Best design) aux Automobile Awards 2020/2021.

30 exemplaires de ce modèle ultra-rapide seront commercialisés dès 2022 pour la somme de deux millions d’euros.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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