Les apprentis d’Auteuil.

La fondation d’Auteuil (nommée les Orphelins apprentis d’Auteuil jusqu’en 2009, se faisant appeler Apprentis d’Auteuil depuis 2010 et également connue sous le sigle OAA), créée en 1866 par l’abbé Louis Roussel, est une œuvre sociale qui se consacre à l’accueil, la formation et l’aide à l’insertion des jeunes en difficulté sociale. Depuis le milieu des années 2000, Apprentis d’Auteuil accompagne également les familles dans le cadre d’une démarche préventive. C’est une fondation catholique sous tutelle du ministère de l’Intérieur, de l’archevêché de Paris et de la congrégation du Saint-Esprit (Spiritains).

En 2016, la fondation gère plus de 200 établissements qui accueillent plus de 31 000 jeunes et familles en France. Hors de France, la fondation accompagne avec ses partenaires locaux 22 000 jeunes et familles dans plus de 50 pays.


La fondation d’Auteuil a été fondée en 1866 par l’abbé Louis Roussel (1825-1897) et le père Daniel Brottier (1876-1936) qui se plaçaient sous la protection de Thérèse de Lisieux et entendaient « créer, agir et innover pour le service des enfants les plus pauvres et les plus démunis ». Dédiée à l’origine aux orphelins auxquels elle voulait donner une bonne éducation, ainsi qu’un métier leur permettant de gagner leur vie, la fondation d’Auteuil entend s’adapter aux nouvelles problématiques sociales liées à la protection de l’enfance et se consacre aux jeunes en difficulté.

Apprentis d’Auteuil, carte maximum, 18/03/2016.

Préoccupé par le sort des orphelins à Paris, l’abbé Roussel fonde le 19 mars 1866 l’Œuvre de la Première Communion avec ses six premiers enfants des rues. Il s’installe le jour même dans une maison abandonnée au 40 rue Jean de La Fontaine, dans le quartier d’Auteuil à Paris, qu’il achète avec les 2 000 francs donnés par l’archevêque de Paris, Mgr Darboy. Il souhaite que chaque enfant soit accueilli, soigné, apprenne à lire et à écrire, reçoive une formation chrétienne et un métier.

Le nombre des orphelins augmente rapidement. Dix ans après la création de l’Œuvre, ce sont 200 enfants qui sont instruits chaque année. La guerre de 1870 triple le nombre d’orphelins ; à Paris, la situation économique est dure et il est difficile de placer les jeunes d’Auteuil en apprentissage. En juillet 1871, Louis Roussel décide d’ouvrir ses propres ateliers pour former les orphelins et leur apprendre un métier. Les Orphelins apprentis d’Auteuil sont nés. Ils s’illustreront particulièrement dans le métier de l’imprimerie avec un journal hebdomadaire, La France Illustrée.

En juillet 1878, l’orphelinat connaît de graves problèmes de trésorerie. Il est alors sauvé grâce à une souscription organisée par Saint-Genest, journaliste au Figaro.

L’abbé Roussel se retire en mai 95 et meurt le 11 janvier 1897.

Vers 1890, la fondation rencontre à nouveau de gros problèmes financiers. Le 1er mai 1895, l’abbé Daniel Fontaine arrive à Auteuil et succède à l’abbé Roussel. Il réussit à résoudre les problèmes financiers et trouve des solutions pour rentabiliser l’école professionnelle. Sous son impulsion, l’œuvre accueille de très jeunes enfants de 2 à 6 ans, les « Petits Jésus ». L’abbé Fontaine fut directeur des revues La France Illustrée et L’Ami des Enfants imprimées et publiées par l’imprimerie des orphelins-apprentis. Il quittera la fondation en 1901 et sera remplacé par l’abbé François-Edouard Blétit.

La Première Guerre mondiale et les années suivantes ont été surmontées avec difficulté par l’institution. En 1923, très endettée, elle ne compte plus que 170 orphelins.

Le père Brottier reprend l’institution qui rencontre alors dans de grandes difficultés. Il réussit à redresser la barre en déployant un plan de collecte plus important. Il entreprend la construction de la chapelle Sainte-Thérèse sur le site. Elle est inaugurée en 1925. Il reçoit le prix Niobé de l’Académie française et obtient la reconnaissance « d’utilité publique » pour l’Œuvre en 1929.  En 1931, les premières annexes voient le jour en périphérie de Paris puis en province. Au décès du père Brottier en 1936, l’œuvre d’Auteuil accueille 1 400 enfants et compte 14 annexes.

Malgré la période difficile de la guerre et de l’occupation allemande, l’Œuvre continue tant bien que mal à vivre et à se développer : en 1940, lorsque les Allemands entrent dans Paris, elle compte 2 150 orphelins. Sous l’impulsion du père Marc Duval, à la tête de l‘œuvre à partir de 1942, les Orphelins apprentis d’Auteuil connaissent une période d’expansion importante due en partie aux nombreux orphelins à accueillir après la fin des combats.

En 1949, l’œuvre ouvre un orphelinat à la Martinique. À partir de 1954, les écoles professionnelles deviennent des écoles techniques. La fondation intègre le système de l’éducation nationale. En 1962, on compte 3 500 jeunes. Le père Duval est contraint de quitter ses fonctions pour raison de santé, il est remplacé par le père Bœgly. Sa priorité est d’apporter aux jeunes une formation professionnelle. Il s’attache à l’agrandissement des maisons existantes pour leur permettre d’accroître leur capacité d’accueil et de diversifier les métiers enseignés. Il quitte l’institution en 1972. Le père Le Gall lui succède, mais ne reste que huit mois à la tête de l’œuvre qu’il quitte malade, très ébranlé par une campagne de presse qui accusait la Fondation de faire des tests de médicaments sur certains jeunes.

Apprentis d’Auteuil, carte maximum, Bouguenais, 12/04/2013.

En 1973, Jean Gosselin devient le premier directeur général laïque. La direction générale devient tripartite (2 laïcs et 1 spiritain). Il s’attache à perpétuer les missions de l’Œuvre tout en les ancrant dans l’air du temps.

En 1975, le premier centre à la Réunion voit le jour, il accueille 71 garçons. Les orphelinats deviennent des maisons de vie plus adaptées aux mutations sociales des années 1970. Les contrats avec l’Éducation nationale et les services sociaux se développent.

L’institution s’ouvre aux fillettes en 1978 puis aux jeunes filles en 1986.

En 1979, la fondation accueille 3 000 jeunes, compte 22 maisons et forme à 25 métiers.

En 1980, elle élargit son champ d’accueil avec la création d’un CAT (centre d’aide par le travail) pour les personnes handicapées mentales, l’ouverture de classes adaptées aux trisomiques et un service d’aide de jour pour les sans-abris. À cette époque également, elle accueille de nombreux enfants étrangers issus des boat-people vietnamiens.

Le 25 novembre 1984, le père Brottier est béatifié par Jean-Paul II.

En 1985, la fondation actualise son projet éducatif. Le chômage qui s’intensifie conduit à se pencher davantage sur la question de l’insertion.

En 1988 est créée AFJM, Aide et formation des jeunes du monde, qui propose assistance pédagogique, technique et logistique et échanges culturels avec les pays en voie de développement.

En 1991, Jean Gosselin quitte la direction générale de la fondation ; il est remplacé par Hugues Renaudin, assisté du père Jean Savoie et d’Albert Chilou.

Apprentis d’Auteuil, prêt^-à-poster-réponse.

En 1993, la fondation propose la création d’entreprises d’insertion et l’objectif « garantie du premier emploi ». Le père Savoie prend la direction de la fondation.

En 1994, l’ONG Auteuil International est créée, elle permet une collaboration et des initiatives pédagogiques avec les pays du Sud.

En 1997, François Content, diplômé d’HEC, ancien cadre du Crédit commercial de France, puis directeur d’un centre caritatif présent dans 35 pays, proche du Parti socialiste, devient directeur général. La fondation compte 4 400 jeunes.

En 1999, enquête IGAS (Inspection générale des affaires sociales).

En 2000, la fondation accueille une nouvelle catégorie de jeunes, les mineurs isolés étrangers (MIE) venus principalement d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Asie.

En 2001, l’observatoire des violences, accidents et infractions graves est mis en place à la suite de l’affaire Daheron.

2002 : la fondation des Orphelins apprentis d’Auteuil devient la fondation d’Auteuil.

2003 : contrôle de la cour des comptes sur les dons de 1998 à 2002.

2004 : La fondation met en place un premier centre maternel, destiné à l’accueil des mineures enceintes.

2008 : lors de la visite de Benoît XVI en France, les élèves de la fondation d’Auteuil réalisent la décoration florale et le mobilier pour la cérémonie qui se déroulait aux Invalides (Paris).

2010 : la fondation d’Auteuil devient les Apprentis d’Auteuil.

En novembre 2011, Apprentis d’Auteuil publient le Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté.

En 2015, Nicolas Truelle est nommé directeur général de la fondation le 1er juillet. Il succède à François Content parti à la retraite. Polytechnicien et diplômé de l’école des Mines, il a fait une grande partie de sa carrière dans l’industrie pharmaceutique. Aux côtés d’associations de la jeunesse et du groupe Bayard, Apprentis d’Auteuil est à l’origine de la création du think tank Vers le haut, consacré aux jeunes et à l’éducation.

En 2016, Apprentis d’Auteuil fête ses 150 ans [archive] le 19 mars. Le 7 décembre, ils publient leur manifeste Prendre le parti des jeunes, proposant 20 mesures fortes et concrètes, pour soutenir les jeunes et les familles en difficulté. Ce manifeste est l’occasion d’interpeller tous les candidats de l’élection présidentielle et de les questionner sur leur programme pour la jeunesse et les familles. Cet appel est relayé dans de nombreux magazines dont le Huffington Post.

Le 30 mai 2018, Jean-Marc Sauvé est nommé président du conseil d’administration ; il remplace Bernard Prévost arrivé à la fin de son mandat.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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