L’entrée en guerre des Etats-unis dans la 1ère guerre mondiale (1917).

Les États-Unis sont impliqués dans la Première Guerre mondiale avant leur entrée en guerre. Lors du vote de la déclaration de guerre officielle, le 6 avril 1917, par le Congrès des États-Unis aux côtés — mais non au sein — de la Triple-Entente (France, Royaume-Uni et Russie), ceux-ci sont déjà engagés aux côtés des démocraties et de nombreux citoyens américains combattent comme volontaires dans les forces alliées.

Alors que le traité de Brest-Litovsk sur le front de l’Est permit aux Empires centraux de concentrer leurs forces sur un seul front et de disposer d’une supériorité numérique temporaire grâce à laquelle ils purent lancer des offensives importantes en France au printemps 1918, l’arrivée de l’American Expeditionary Force sur le terrain fut l’une des clés de la victoire de la Triple-Entente. Lors de l’armistice, le 11 novembre 1918, environ 2 millions de soldats américains étaient en France répartis dans 42 divisions, dont 1 million déjà engagé dans les combats. Deux autres millions étaient aux États-Unis dans les camps d’entraînement. Les plans prévus par Foch, Pétain et Pershing pour 1919 prévoyaient l’engagement de 4,5 millions de soldats américains dans les offensives de la victoire qui les mèneraient au cœur de l’Allemagne.

Entrée en guerre des USA, carte maximum, Saint-Nazaire, 23/06/2017.

À la suite de la déclaration par l’Allemagne, en janvier 1917, de la « guerre sous-marine à outrance », qui étendait la guerre sous-marine aux navires neutres commerçant avec l’Entente et achevait de compromettre la liberté des mers ; et, dans une moindre mesure, de l’interception par les services de renseignements britanniques du « télégramme Zimmermann», un télégramme adressé par le ministre allemand des Affaires étrangères, Arthur Zimmermann, à son ambassadeur à Mexico, qui lui demandait de négocier une alliance avec le Mexique tournée contre les États-Unis : « Une alliance sur les bases suivantes : faire la guerre ensemble, faire la paix ensemble, large soutien financier et accord de notre part pour la reconquête par le Mexique des territoires perdus du Texas, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona ». Le 23 février 1917, alors que la guerre sous-marine a débuté depuis près d’un mois, le ministre des Affaires étrangères britannique, lord Balfour, communique le contenu du télégramme à l’ambassade des États-Unis. Le lendemain, le président des États-Unis, Woodrow Wilson, en prend connaissance et décide d’en informer son opinion publique par voie de presse. Le 1er mars, le télégramme fait la une de tous les quotidiens américains. L’émotion est alors immense. L’Amérique décide de défendre ses principes.

Woodrow Wilson demande au Congrès le 2 avril 1917 de déclarer officiellement la guerre à l’Empire allemand. Le 6 avril 1917, le Congrès américain vote « la reconnaissance de l’état de guerre entre les États-Unis et l’Allemagne ». Lorsqu’il dit dans le même discours : « L’Amérique doit donner son sang pour les principes qui l’ont fait naître… », c’est aux idéaux défendus par les Pères fondateurs des États-Unis, ceux qui sont écrits dans la Déclaration d’indépendance et dans la Constitution, qu’il fait référence.

André Kaspi rapporte qu’en outre, les États-Unis étaient réticents à s’engager aux côtés de l’Entente car si celle-ci regroupait les démocraties occidentales (France et Grande-Bretagne), elle y associait l’Empire russe qui, au niveau institutionnel, ne différait pas de l’Empire allemand. Il aurait organisé des pogroms contre les Juifs, opprimé les Polonais (au point qu’en 1908, avec l’émigration, Chicago soit la troisième ville polonaise du monde, après Varsovie et Lodz), et de façon générale était jugé autoritaire et théocratique. Or, la Révolution russe encourage le rapprochement des États-Unis.

2 et 3 novembre 1917 : premier engagement de troupes américaines, un bataillon combat à Bathelémont-lès-Bauzemont (région de Lunéville) ; trois soldats sont tués (les premiers de l’AEF).
À partir du 15 janvier, une brigade (2 régiments) et la totalité de l’artillerie de la 1re DIUS sont intégrées à la 1re armée française. Elle relève la division marocaine dans le secteur de Ménil-la-Tour, Royaumeix. Le premier tué est enregistré le 19, les pertes vont devenir quasi quotidiennes à partir de fin janvier et augmenteront progressivement avec l’intensification de l’activité ennemie jusque fin février, se montant à 24 tués, 30 blessés, 2 intoxiqués (gaz) et 13 disparus pour la seule journée du 28, 17 tués et 19 blessés le lendemain. À partir du 1er mars, la 42e DIUS rattachée au 7e CA de la 7e armée essuie ses premières pertes dans le secteur de Badonviller, 19 tués et 38 blessés le 5 à la suite d’un violent coup de main allemand venant tester la résistance des troupes américaines.
À l’occasion de la grande offensive allemande de mars 1918, le Général Pershing déclare au général Foch, lors d’une réunion sur le front, le 28 mars :

« Je viens pour vous dire que le peuple américain tiendrait à grand honneur que nos troupes fussent engagées dans la présente bataille. Je vous le demande en mon nom et au sien. Il n’y a pas en ce moment d’autres questions que de combattre. Infanterie, artillerie, aviation, tout ce que nous avons est à vous. Disposez-en comme il vous plaira. Il en viendra encore d’autres, aussi nombreux qu’il sera nécessaire. Je suis venu tout exprès pour vous dire que le peuple américain sera fier d’être engagé dans la plus belle bataille de l’histoire. »

14 – 23 avril 1918 : combats de Seicheprey (près de Saint-Mihiel).
28 mai 1918 : un régiment de la 1re DIUS est engagé dans la bataille de Cantigny (région de Montdidier). Au prix de lourdes pertes il tient le village de Cantigny conquis sur la 18e armée allemande. C’est une première consécration de la valeur des troupes américaines et de bon augure pour l’avenir. Lors des offensives allemandes du printemps 1918, rendues possibles par le retour d’unités du front Russe, les premières unités américaines disponibles sont engagées. À l’occasion de la seconde bataille de la Marne, l’armée des États-Unis va s’illustrer.

3 – 4 juin 1918 : combats victorieux de Château-Thierry, puis du 6 au 22 juin bataille du bois Belleau. Les Américains réussissent à arrêter l’avance allemande au prix de lourdes pertes qui sont commémorées par le cimetière Aisne-Marne. Du 10 au 29 juin, la 2e division d’infanterie des États-Unis (2e DIUS), qui comprend la brigade des Marines reprennent le Bois Belleau. Le 1er juillet, les Américains reconquièrent le village de Vaux, puis, le 9, la cote 204.
15 juillet 1918 : la 3e DIUS qui gagne son surnom de « Rock of the Marne » (« le rocher de la Marne ») en conservant sa position sur la Marne face aux assauts allemands à l’est de Château-Thierry lors de la bataille de Château-Thierry (1918).

Le 10 août 1918, la 1re armée américaine est créée. Deux autres armées sont créées par la suite. En octobre 1918, les forces américaines sont composées de 42 divisions réparties en 3 armées, soit 1 894 000 hommes. Pershing installe le Grand quartier général de sa 1re armée à Chaumont en Haute-Marne. L’engagement des unités américaines dans des opérations indépendantes est désormais scellé, les États-Unis acquièrent le rang de grande puissance.

Un certain nombre d’hommes devenus célèbres par la suite firent partie de l’AEF, on peut citer : George Patton, commandant des chars de l’AEF et futur général de la Seconde Guerre mondiale, George Marshall, l’un des principaux planificateurs de l’état-major de l’AEF et futur chef de l’état-major de l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale ou Harry S. Truman, futur président américain.

Pour gérer les transports de marchandises a travers les États-Unis, les chemins de fer sont nationalisé et modernisés dans le cadre de l’Administration des chemins de fer des États-Unis entre le 26 décembre 1917 et 1920.

Pour transporter l’ensemble des troupes et des approvisionnements débarqués dans les bases maritimes par, entre autres, la Cruiser and Transport Force, et amener en moins de 18 mois plus de deux millions de soldats, des dizaines milliers de tonnes de matériels, de munitions, d’armes, de ravitaillement de toutes sortes, les Américains vont créer en France des camps, des ports et des gares.

Les forces armées des États-Unis se veulent à la pointe du progrès, elles utilisent les technologies les plus modernes concernant l’artillerie, l’aviation, les soins de santé ou la motorisation. Beaucoup d’innovations apportées par les soldats du Nouveau Monde vont être des petites révolutions pour les Français. Leur influence se fait sentir dans tous les domaines, on peut citer les progrès réalisés dans les soins des animaux grâce au concours des vétérinaires américains ou l’utilisation du macadam qui vient améliorer l’état des routes françaises avant qu’elles accueillent les convois américains.

Les Américains relient chacun de leurs ports et de leurs camps par des voies ferrées. Au printemps 1918, 5 000 hommes et 10 000 tonnes de matériel empruntent chaque jour ces lignes.

Une ligne nord part de Saint-Nazaire, passe par Nantes, Tours, Vierzon, Bourges, Cosne, Clamecy, Auxerre, pour aboutir à Saint-Dizier, puis vers le front. La ligne Brest, Le Mans, Tours, et celle partant de La Rochelle et Rochefort, pour aller à Niort et Saumur rejoignent la première à Tours et après Vierzon respectivement. En 2008, les lignes SNCF empruntent le même trajet.

Entre Tours et Vierzon, un peu avant cette ville, un immense camp est implanté à Gièvres (Loir-et-Cher), c’est à la fois une immense gare régulatrice et le plus grand dépôt installé par l’AEF. Elle comprend deux gares de triage, avec 145 hectares de stockage, un dépôt pétrolier, un arsenal pour les munitions, un atelier de 200 locomotives… Le General Intermediate Supply Depot (dépôt de soutien général intermédiaire) formait un losange de 13 km de long sur 3 de large, il comprenait 213 km de voies ferrées, 555 aiguillages, plus de 200 hangars d’une superficie totale de 36 ha couverts, une usine frigorifique pouvant contenir 8 000 tonnes de viande, 400 baraques de cantonnement où logeaient entre 20 000 et 30 000 hommes.

Entrée en guerre des USA, vignette Lisa.

Une ligne sud, relie Bordeaux, Périgueux, Limoges, Issoudun, Bourges, puis Nevers, Chagny, Dijon, Is-sur-Tille, à la région de Nancy, Lunéville, Saint-Dié, Belfort. Cette ligne utilise la gare de triage d’Is-sur-Tille33 qui est une partie de la base avancée no 1 où près de deux millions de soldats américains et environ quatre millions de tonnes d’approvisionnements sont passés entre l’automne 1917 et le printemps 1920.

En novembre 1918, le personnel américain du chemin de fer s’élève à plus de 30 400 agents pour un parc de 14 000 wagons et de 1 380 locomotives.

Le 28 septembre 1918, Erich Ludendorff annonce à Paul von Hindenburg qu’il doit demander la paix au président américain Wilson, jugé plus accommodant que les dirigeants franco-britanniques. Les politiques tergiversent, mais une note est finalement envoyée dans la nuit du 3 au 4 octobre. Sans consulter ses partenaires, Wilson répond le 8 octobre par un questionnaire sur les intentions allemandes. Un certain flottement règne parmi les alliés, partagés entre l’inquiétude et la colère devant l’initiative américaine. Le président de la République française Raymond Poincaré craint « qu’on ne coupe les jarrets de nos troupes par un armistice, si court soit-il ». Il ne croit pas à ces « fausses négociations ».

Le 12 octobre, le gouvernement allemand de Max von Baden répond favorablement à Wilson. Le 14, sans doute encouragé par cette prise de contact, le président américain envoie une seconde note, toujours sans consulter quiconque. Les exigences de Wilson sont très floues, il n’est pas fait mention de l’Alsace-Lorraine. Chez ses alliés, c’est la consternation, mais Ludendorff reprend espoir : peut-être tout n’est-il pas perdu pour l’Allemagne ? Une vague réponse est envoyée le 20, mais, le 23, l’Américain se montre soudain d’une fermeté inattendue. Hindenburg juge que les conditions qu’il propose sont « inacceptables ». Désormais persuadé que tout est perdu, Ludendorff démissionne dans l’indifférence.

Pendant ce temps, Foch prépare une offensive contre le Sud de l’Allemagne pour le début 1919 dont l’objectif pour l’armée américaine est Metz et la Lorraine. Mais l’agitation révolutionnaire qui a gagné l’intérieur du pays effraie les officiers impériaux : tous redoutent de voir leur pays subir le même sort que la Russie en pleine révolution. La défaite semble finalement moins grave que le bolchevisme d’autant que, le 5 novembre, un mémorandum, cette fois-ci rédigé par tous les alliés, parvient à Berlin. Les conditions en sont jugées acceptables et, le 7, des émissaires allemands se présentent devant les lignes françaises. Le délai pour l’acceptation étant de trois jours, et Foch ayant refusé un cessez-le-feu immédiat, les combats continuent jusqu’au 11 novembre.

Enfin, l’armistice est signée à 5 h 15 et à 11 heures, les clairons sonnent officiellement la fin de la Grande Guerre.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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