L’émeraude.

L’émeraude est un minéral, du groupe des silicates, sous-groupe des cyclosilicates, variété de béryl, dont la couleur verte provient de traces de chrome, de vanadium et parfois de fer. L’émeraude est, avec le diamant, le saphir et le rubis, l’un des quatre gemmes qualifiés de pierres précieuses.


Le mot émeraude proviendrait du grec σμάραγδος, déformation du mot perse zamarat qui veut dire « cœur de pierre ». Comme pour d’autres métaux et pierres précieuses, mythes et légendes se mêlent à la réalité historique lorsqu’on parle d’émeraude. On en évoque déjà la présence à Babylone, au IIe millénaire av. J.‑C., où elle servait de monnaie  d’échange. À la période antique de l’Égypte, près de la mer Rouge, se trouvaient des mines d’émeraude, dont on a fabriqué des bijoux pour les grands de l’empire. Ces mines de Djebel Zabarah, redécouvertes en 1816 par l’explorateur français Frédéric Cailliaud, ont été abusivement surnommées mines de Cléopâtre. Elles étaient déjà épuisées, mais elles ne contenaient probablement que des gemmes de piètre qualité.

Dans l’Antiquité, des auteurs comme Théophraste, Hérodote ou Pline l’Ancien mentionnent la présence d’émeraudes et décrivent parfois des statues, voire des colonnes ou obélisques taillées dans cette pierre. On sait maintenant qu’il ne s’agissait pas de véritables émeraudes. À ces époques reculées, d’autres pierres aux reflets verts pouvaient facilement donner le change, et il existait déjà des imitations, notamment en verre. En revanche, il est concevable que des statuettes aient été taillées dans des blocs de minéraux à l’état brut, de moindre qualité.

À l’époque romaine, on évoque une lame d’émeraude utilisée comme instrument optique par l’empereur Néron, qui s’en serait servi pour corriger sa myopie lorsqu’il regardait les combats de gladiateurs. À cette époque, on connaissait principalement une mine en Europe, celle d’Habachtal (de) en Autriche. Découverte par des tribus celtes, elle a également été exploitée par les Romains.

Au XVIe siècle, les Espagnols découvrent en Amérique du Sud de nouveaux gisements, principalement en Colombie. La mine de Chivor sera exploitée à partir de 1545 et celle de Muzo, en 1594.

En Inde, la pierre du « Grand Moghol », découverte en 1695, pèse 217,80 carats et mesure environ 10 cm. Elle porte des inscriptions religieuses. Elle a été achetée pour 2,2 millions de dollars par un anonyme.

Jusqu’au début du XXe siècle, on appelait également « émeraude orientale » une pierre radicalement différente : le corindon vert, dont la composition s’apparente à celle du rubis et du saphir.

L’émeraude est composée de silicate d’aluminium et de béryllium, auquel s’ajoutent du chrome, du vanadium et du fer. Sa dureté varie entre 7,5 et 8 sur l’échelle de Mohs. L’émeraude est légèrement dichroïque (vert-jaune ou vert-bleu). Sa cassure est conchoïdale et son trait est blanc. Sa densité varie de 2,7 à 2,9.

L’identification des émeraudes, notamment pour établir les liens entre les gisements connus (62 gisements dans 19 pays) et les anciennes pierres, se fait par spectrométrie de masse, en mesurant la proportion de ses isotopes d’oxygène. Le rapport 18O/16O varie de 7 à 25 selon les gisements.

L’émeraude est soluble dans l’acide fluorhydrique. Elle donne une perle vert clair quand on la chauffe.

Le système cristallin de l’émeraude est hexagonal, son groupe d’espace est P6/mmc. Sa structure est très similaire à celle du béryl, les atomes Al et M (M = Cr, Fe, V) étant situés sur les sites d’occupation mixte octaédriques reliant les anneaux Si6O18.

En joaillerie, on la taille principalement en « émeraude » (rectangle à pans coupés), en « cabochon », en « poire » ou en « ovale ». L’émeraude est une des pierres précieuses les plus chères. La présence très fréquente  d’inclusions, gracieusement appelées « givres » ou poétiquement « jardin », n’est pas un handicap, car elle peut attester de l’origine de la pierre ; certaines originalités cristallographiques sont très recherchées par des collectionneurs (étoile à six branches, appelée émeraude trapiche).

La plupart des émeraudes sont traitées avec des huiles ou des résines, c’est pourquoi il est déconseillé de les nettoyer par la technique des ultrasons, surtout aussi à cause de leur fragilité (inclusions ou fractures).

La Colombie est le plus important producteur mondial (60 % de la production mondiale, 6 millions de carats pour l’année 1995)  : mines de Chivor, Muzo, Peñas Blancas et de Coscuez appelées le triangle d’or. Non seulement la Colombie est championne de la quantité, mais également de la qualité. Ses émeraudes sont généralement plus pures que celles ayant d’autres provenances. La banque de la République de Colombie possède une collection de magnifiques pierres.

Le plus important centre de taille est situé en Inde, à Jaipur, où le nombre de lapidaires est estimé à 100 000. La taille d’émeraudes s’y est développée du fait de la grande prédilection du maharadjah pour les pierres précieuses et notamment les émeraudes provenant du monde entier. La taille est

pratiquée en recherchant le minimum de pertes, comme au Brésil. Les pierres taillées en Colombie étaient taillées suivant le même principe jusqu’à ce que les principes de taille européens, favorisant la qualité plutôt que le rendement, soient adoptés par les tailleries de Bogota. Les plus belles pierres sont généralement retaillées à Paris. En outre, Israël a développé un centre de taille ultra-moderne à Ramat Gan.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.