L’écureuil roux.

L’Écureuil d’Eurasie ou Écureuil roux a pour nom scientifique Sciurus vulgaris. Cette espèce d’écureuils est un petit rongeur arboricole et diurne de la famille des Sciuridés.

L’Écureuil d’Eurasie pèse en moyenne 600 grammes pour une taille (sans la queue) de 18 à 25 cm, plus 16 à 20 cm pour sa queue aussi longue que le corps.

Son pelage s’épaissit et s’allonge en hiver, ce qui rend les « pinceaux » des oreilles plus visibles.

Sa couleur varie du roux clair au brun-noir selon les individus, le ventre est toujours blanc.

Une longue queue « en panache » lui sert de balancier et de gouvernail lorsqu’il grimpe ou bondit, mais aussi de signal optique en période d’accouplement ou pour exprimer certaines émotions.

Ecureuil roux, carte maximum, Andorre, 2001.

Il ne faut pas le confondre avec une autre espèce européenne dont l’aspect est très proche, l’Écureuil persan (Sciurus anomalus), qui vit dans l’île grecque de Lesbos et dans le Caucase.

L’Écureuil roux est arboricole. On le trouve donc à proximité des bois et dans les forêts, notamment dans les forêts anciennes où il mène une vie individualiste, marquant ses itinéraires de repères olfactifs qu’il semble être seul à reconnaître, et cachant des stocks de graines ici et là. Il ne perd son aversion pour ses congénères que lorsque la nourriture abonde, comme dans certains parcs.

Il pratique régulièrement le toilettage pour éliminer les parasites qui peuvent coloniser son pelage. Il pratique pour cela les bains de poussière ou d’herbes, amassant aussi à cet effet des herbes, des mousses et des lichens dans des trous ou dans des souches d’arbres. Son activité physique en toute saison, même en hiver est très impressionnante : il court littéralement sur les branches dans des arbres de plus de 30 mètres de haut, descendant ou montant les branches sautant d’un arbre à l’autre avec une agilité et une facilité déconcertantes. C’est une activité si intense pour un si petit animal qu’on a peine à réaliser l’effort qu’il produit alors qu’il le fait sans répit et sans fatigue apparente pendant de nombreuses minutes. Sans doute son régime à base de graines, glands, noisettes…et une température qui dépasse les 39° (normale pour lui) permettent-ils de telles performances physiques.

En hiver, l’Écureuil roux ralentit simplement son activité. Il n’hiberne pas, et les grands froids peuvent lui être fatals. Dans ce cas, il peut migrer massivement vers des régions où les températures sont plus clémentes.

La longévité, en liberté, est au maximum de six à sept ans et dix ans et cinq mois en captivité. Les causes de mortalité sont la famine, le trafic routier et les prédateurs (martres, rapaces diurnes et nocturnes, pies, chiens et chats domestiques). Une des raisons de sa mortalité est dû à l’introduction de l’Écureuil gris, envahisseur venu d’Amérique du Nord, qui détourne à son profit les ressources alimentaires et est vecteur d’une maladie, la coccidiose, due à un parasite inoffensif pour lui, mais mortel pour l’espèce rousse5. Dans une population, la mortalité est estimée à 70 % avant un an. La survie est meilleure par la suite (74 % de survie annuelle chez les adultes).

Plusieurs espèces d’écureuils enterrent ou cachent des graines de conifères, des noix, des noisettes, ou des glands, etc. dans des arbres ou dans le sol. Ils jouent ainsi un rôle important de dissémination des graines et gènes, et enrichissent les forêts en plantes épiphytes.


L’Écureuil d’Eurasie cherche sa nourriture d’abord en haut des arbres, surtout en début et en fin de journée. Il consomme préférentiellement les graines contenues dans les cônes des conifères, qu’il décortique efficacement en arrachant chaque écaille. Il consomme aussi des noix, des noisettes, des faines, des châtaignes, mais aussi, en période de moindre abondance, des bourgeons, des fleurs d’arbres, des graines d’arbres précoces ou encore vertes (ormes, frênes, érables, tilleuls, charme, etc), quelques baies et fruits à pulpe et de l’écorce. Très occasionnellement, il peut aussi consommer des insectes, des œufs et des jeunes oiseaux encore au nid.

Il peut descendre s’installer sur une souche d’arbre pour y ouvrir plus aisément les graines récoltées. Parfois, on le surprend même à explorer garages et greniers. N’ayant pas de garde-manger dans son nid, l’écureuil aménage des caches sans logique apparente, soit au sol, souvent près du pied des arbres, soit dans les arbres, par exemple à la fourche de branches.

On a récemment montré chez d’autres écureuils aux États-Unis et chez l’Écureuil roux en Europe qu’il consomme aussi d’importantes quantités de champignons souterrains (notamment des truffes du cerf).

En Europe, jusqu’à 80 % du contenu de ses crottes étaient des spores de ces champignons dont la fructification se fait sous le sol. Il est possible qu’on puisse ainsi expliquer la bonne germination des glands ou noisettes qu’il enterre et oublie, ces espèces vivant en symbiose avec de tels champignons. L’écureuil, en oubliant certaines de ses caches de nourriture pourrait ainsi contribuer, non seulement à la germination de nombreux arbres, et à leur bonne mycorhization, mais aussi à la dispersion des truffes. De manière générale, ces champignons contiennent en grande partie des spores non digestibles par l’écureuil, et sont donc peu nutritifs, mais ils sont abondants et facilement détectables pour l’odorat de l’écureuil.

L’Écureuil roux se construit plusieurs nids (appelés « hottes ») avec des branchettes et des brindilles, de forme ronde, d’un diamètre externe de 50 cm, et dont l’intérieur est tapissé de mousse et d’herbe. L’entrée du nid est positionnée vers le bas. Ils protègent l’animal, en particulier lors du repos hivernal : Sciurus vulgaris ne fait pas d’hibernation complète, il visite ses cachettes pour y prendre sa nourriture, en cas de mauvais temps, il peut tenir plusieurs jours sans sortir. Il occupe volontiers les nichoirs qu’on lui offre, s’il y a de la nourriture à proximité. Il peut alors devenir assez familier.

Ecureuil roux, épreuve de luxe, Andorre.

La maturité sexuelle est atteinte vers un an, à la fin de l’hiver, entre 10 et 12 mois. En moyenne, 296 jours pour les femelles et 320 pour les mâles (parfois 6 mois pour les mâles nés au printemps). Les copulations ont lieu de décembre à juillet, mais surtout de janvier à mars. Le mâle se met en chasse et entre dans le territoire des femelles. Celles-ci sont réceptives pendant 1 seul jour et, une fois fécondées, bannissent le mâle du nid. Seule la femelle s’occupe des petits : elle les transporte ailleurs en cas de dérangement.

Le plus souvent, l’Écureuil roux n’a qu’une seule portée par an, mais il peut en avoir deux, entre février et mars, puis entre mai et août. La gestation dure 38 ou 39 jours environ (de 36 à 46 jours). Chaque portée peut être composée de 1 à 10 petits, 5 en moyenne, mais en général la mère met bas seulement 3 ou 4 petits. Elle en élèvera sept au maximum car elle ne possède que 8 mamelles. Ils sont sevrés à 7 à 10 semaines et indépendants à 8 ou 10 semaines.

Eureuil roux, carte maximum, Andorre espagnol, 1954.

Les petits naissent dans le nid, aveugles et dépourvus de poils qui apparaissent au bout de deux semaines. Vers 4 semaines, leurs yeux s’ouvrent et les incisives sortent. ils commencent à quitter le nid vers 8 semaines, mais la mère reste vigilante et les prend dans sa gueule pour les mettre en sécurité au premier danger. Lors des premières sorties, divers signaux sonores permettent de garder le contact, ce qui n’empêche pas 80 % des jeunes de mourir avant un an.

L’Écureuil d’Eurasie a depuis la fin de la dernière glaciation recolonisé presque toute l’Europe, du cercle polaire à la Méditerranée, ainsi que l’Asie du Nord à l’est de l’Oural à travers toute la Sibérie, jusqu’au nord de la Chine, la Corée et l’île d’ Hokkaido au Japon.

L’Écureuil roux est d’abord une espèce inféodée aux forêts de conifères et mixtes. Il est ainsi bien présent dans les forêts boréales d’Europe septentrionale et de Sibérie, et dans les forêts montagnardes d’Europe plus méridionale, mais aussi dans les plantations sylvicoles de résineux. Il est associé notamment aux épicéas et aux pins qui lui fournissent une nourriture abondante toute l’année. Dans les forêts de conifères les densités de population d’Écureuils roux atteignent des niveaux élevés (variant de 0,5 et 1,5 ind./ha selon les années). Mais dans la majeure partie de l’Europe l’Écureuil roux peuple également les forêts de feuillus de basse altitude, ainsi que les forêts méditerranéennes, probablement du fait de l’absence actuelle d’autre espèce autochtone d’écureuil qui y serait plus adaptée (tel Sciurus anomalus aujourd’hui confiné au Caucase et au Proche-Orient, mais possiblement plus répandu avant les dernières glaciations, ou d’autres espèces disparues). Dans les forêts de feuillus ses densités de population sont cependant bien plus faibles (variant de 0,02 à 0,2 ind./ha) car il en exploite moins bien les principales ressources, notamment les glands des chênes qu’il assimile mal et qu’il consomme donc très peu8. De manière opportuniste, il habite assez fréquemment les agglomérations urbaines, notamment les parcs boisés et les quartiers dotés de nombreux jardins et espaces verts, où il est souvent nourri par les habitants et le public et atteint alors des densités élevées (plus de 2 voire 3 ind./ha dans certains grands parcs urbains en banlieue parisienne). On peut aussi le rencontrer dans les campagnes suffisamment arborées comme les bocages.

S’il est encore très présent en Europe centrale, il a presque disparu en Angleterre et de la majeure partie de l’Irlande. Il est également en recul, voire a localement disparu, dans de nombreuses régions de son aire de distribution, soit en raison de la dégradation de son habitat, soit des suites du braconnage. Dans les îles Britanniques, c’est la concurrence alimentaire avec l’Écureuil gris, originaire d’Amérique du Nord, une espèce beaucoup plus adaptée aux forêts de feuillus, qui constitue la principale cause de disparition. L’Écureuil gris se répand aussi en Italie, et on peut s’attendre à ce que les Alpes soient franchies prochainement.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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