L’ébénisterie.

L’ébénisterie est un art qui transforme des bois, plus ou moins précieux, pour créer du mobilier fonctionnel ou décoratif.

Le mot « ébénisterie » apparaît dans le dictionnaire de l’Académie en 1732. Il est tiré du mot ébène, racine probablement nubienne (Égypte), désignant le bois de l’ébénier, de couleur noire. Le travail de cette essence précieuse a donné son nom au métier chargé d’ouvrage à caractère décoratif.

Les commodes, encoignures, secrétaires, cabinets, bureaux et autres meubles recouverts d’écailles, de marqueterie, de laque, de vernis, de porcelaine sont des meubles d’ébénisterie.

Un meuble d’ébéniste peut être de style ancien ou de création contemporaine.


Ebénisterie, carte maximum, Paris, 12/11/2017.

En Europe, les plus anciennes techniques relevant de l’ébénisterie ne remontent pas plus loin que le Moyen Âge, même si on ne lui donnait pas encore ce nom, avec l’apparition du point de Hongrie (parquetage en damier appliqué aux grandes surfaces sur certains meubles précieux).

Au XVe siècle en Italie apparaît la marqueterie. Elle connaît une grande renommée dans toute l’Europe, bien qu’elle n’y soit diffusée qu’au XVIIe siècle.

Au XVIe siècle en Italie apparaît une nouvelle catégorie d’artisans qui travaillent les essences rares et en particulier l’ébène. Ils créent de nouveaux procédés appelés l’intarsio et l’impasto. Avant cela, l’ébène n’était utilisée que pour de petits objets (échiquiers, coffrets …).
Sous le règne de Louis XIV le mouvement artistique est dirigé par le peintre Charles Le Brun et, sous sa direction, Charles Boulle (ébéniste du roi) innove le plaquage de marqueterie en utilisant la feuille d’ébène, le cuivre, l’étain et l’écaille pour ornementer ses créations.

En France, c’est au milieu du XVIIe siècle que la vieille corporation des menuisiers accueille cette nouvelle catégorie d’artisans initialement « menuisier en ébène » et crée la Jurande des maîtres ébénistes.
Désormais, et jusqu’à la suppression des corporations en 1791, une distinction très nette s’établit entre ces deux métiers qu’il ne faut pas confondre.

Les ébénistes sont représentés au concours des meilleurs ouvriers de France (ayant lieu tous les trois ans) depuis le début du XXe siècle. Aujourd’hui, le métier est en constante évolution avec l’emploi de nouveaux matériaux, ainsi que l’utilisation de machines de plus en plus performantes, et notamment les machines à commandes numériques.

Une différence reste floue entre le métier de menuisier et celui d’ébéniste pourtant cette confusion est liée à un fait relativement simple.

Durant des centaines d’années le menuisier est installé dans un commerce de proximité, ayant pignon sur rue, tout comme le cordonnier, le serruriers ou le couturier. Il est très souvent stipulé sur l’enseigne « menuiserie ébénisterie » et l’association de ces deux compétences a fini par créer, dans les esprits, un métier à part entière. Ces artisans-commerçants avaient comme service un domaine d’application très large propre aux métiers du bois (menuisier, parqueteur, escaliéteur, boisselier, ébéniste voire charpentier chez les plus hardis). Même si ces métiers sont étroitement liés par le travail du bois sur des ouvrages de taille modeste ce sont pourtant deux spécialités à part entière. Il ne faut pas comprendre qu’un menuisier est incapable de faire de l’ébénisterie ou vice-versa mais une différence subsiste et elle se fait déjà au niveau de la formation.

En complément de la maîtrise du bois, la formation au métier d’ébéniste (quelquefois complémentaire à une formation en menuiserie) comprend la connaissance de l’histoire, des styles et des arts dans le mobilier ainsi que la transformation de matières autres que le bois, tel que la nacre, le laiton, l’étain, l’os, l’écaille ou la coquille d’œuf souvent utilisés pour ornementer des marqueteries. La sculpture fait partie des compétences que doit acquérir un ébéniste, l’incrustation d’un bas-relief en feuilles d’acanthe, plumes d’oiseaux, motifs géométriques ou autres furent chose courante dans le mobilier et demeure, aujourd’hui, un atout non négligeable pour des créations contemporaines.

Il faut aussi noter que les connaissances de la dorure, du laquage, du tournage, des vernis anciens et des méthodes de vieillissement font partie de son savoir-faire. De nos jours, les ébénistes se sont adaptés aux nouveaux matériaux et l’utilisation des stratifiés, des plastiques, des résines de synthèse voire quelquefois d’objets hétéroclites (cartes de crédit, circuits électroniques, caisse à vin) viennent enrichir le métier repoussant sans arrêt les limites de l’art.

L’ébéniste est souvent assimilé à quelqu’un qui fabrique des meubles qu’il recouvre de plaquages, c’est une simplification bien dommage car il suffit de regarder des réalisations d’ébénistes notoires tel que Charles Boulle ou de Louis Majorelle pour observer que leur savoir faire en marqueterie n’est pas le seul atout de leurs créations.

La restauration de mobilier est une branche particulière de l’ébénisterie qui consiste à restaurer des meubles anciens. Elle requiert à la fois une bonne maîtrise de la fabrication des meubles, mais aussi une bonne connaissance des styles et l’utilisation de techniques propres à la restauration.

Elle doit être réservée à des ébénistes formés à cette pratique (certaines restaurations réclament une formation spécifique parallèlement à la formation classique d’ébéniste) car on a vu trop souvent des meubles massacrés par l’ignorance, ou pire, la cupidité de certains professionnels du meuble. Pour éviter cela, une charte, dite de Venise, et d’autres recommandations internationales ont été instaurées2, qui préconisent entre autres : l’utilisation des produits anciens, des bois et matières utilisés à l’époque de la fabrication du meuble, d’avoir toutes les connaissances et aptitudes artistiques et techniques qui permettent d’analyser l’objet créé, le comprendre, saisir la pensée de l’ébéniste qui l’a conçu pour le restaurer en respectant les règles de l’art et pour le sauvegarder dans son intégralité, de manière que chaque restauration soit réversible.

La restauration ne doit pas être confondue avec la conservation qui a pour but de maintenir le meuble en état, de faire en sorte qu’il fonctionne, sans camoufler les ajouts et en retirant le minimum de matière. Elle est utilisée notamment par les musées et doit permettre une étude historique et archéologique ultérieure du meuble. C’est pour cela que seul le « minimum vital » doit être fait sur les meubles conservés pour ne pas masquer les traces du temps.

Le surcyclage ou upcycling de mobilier consiste à rénover des éléments récupérés afin de les transformer en produits d’utilité supérieure. La transition écologique, comme toute évolution, a été responsable de la création d’une toute nouvelle toile de métiers autour de l’ébéniste.

L’un de ces métiers est l’ébéniste recycleur, qui récupère du bois de meubles abîmés ou de palettes, et s’en sert pour créer du mobilier neuf. La demande pour un mobilier responsable et solidaire augmente à travers les foyers, et c’est ainsi que l’ébéniste recycleur utilise le caractère du bois recyclé pour lui donner une toute nouvelle vie.

Le surcyclage est différent de la rénovation, dans le sens où l’ébéniste ne cherche pas à conserver l’identité initiale du meuble.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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