Le Yoga.

Le yoga (sanskrit devanāgarī : योग ; « union, joug, méthode», « mise au repos ») est l’une des six écoles orthodoxes de la philosophie indienne āstika dont le but est la libération (moksha). C’est une discipline ou pratique commune à plusieurs époques et courants, visant, par la méditation, l’ascèse et les exercices corporels, à réaliser l’unification de l’être humain dans ses aspects physique, psychique et spirituel.

Les quatre voies (mārga) traditionnelles majeures de yoga sont le jnana yoga, bhakti yoga, karma yoga et raja yoga. Elles sont exposées dans des textes tels que la Bhagavad-Gita. C’est entre le iie siècle av. J.-C. et le ve siècle qu’est codifiée la philosophie du yoga dans les Yoga-sûtra, texte de référence attribué à Patañjali, et synthèse de toutes les théories existantes.

Le terme yoga est communément utilisé aujourd’hui, surtout en Occident, pour désigner des formes de yoga postural plus ou moins dérivées du hatha yoga, et de création contemporaine. Mais le hatha yoga, dont un des textes classiques, écrit au XVe siècle, est la Haṭha Yoga Pradīpikā, n’est qu’une branche du yoga.

Yoga, carte maximum, Inde.

En 2014, l’ONU décrète le 21 juin « Journée internationale du yoga », sous l’impulsion du Premier ministre indien nationaliste Narendra Modi.

Ces pratiques font l’objet de diverses critiques, portant principalement sur leur exploitation commerciale dans le monde occidental et le risque de dévoiement sectaire.


Dans les années 1920, une équipe d’archéologues dirigée par John Marshall découvre des ruines sur les bords de l’Indus (Pakistan actuel) de la cité de Mohenjo-Daro qui aurait été fondée trois mille ans avant notre ère. Parmi les objets mis au jour lors de ces fouilles, des sceaux illustrés d’un personnage assis en tailleur laissant songer à une posture (asana) du hatha-yoga ont provoqué un débat, sans qu’il y ait la moindre certitude à ce sujet, sur la possibilité que le yoga ait existé à une époque très reculée bien antérieure à ce que l’on croyait, dans la civilisation de l’Indus-Sarasvati.

Selon la thèse de l’invasion aryenne, vers le XVIIe siècle av. J.-C.,  les Aryens auraient envahi le Penjab, amenant avec eux leur civilisation codifiée dans les Veda, racine de l’Hindouisme auquel se rattachera le yoga. Ils s’imprègnent des traditions autochtones du Nord de l’Inde, notamment les pratiques yogiques, qui selon certains auraient existé originellement chez les Induséens. Les archéologues et historiens actuels considèrent que l’assèchement de la Sarasvati, dû à des raisons climatiques, a obligé les populations de la civilisation de l’Indus à se déplacer vers l’Est.
Pour les rituels de l’époque, « Prononcer la formule, consiste plus à déclencher une sorte de magie vocale, plutôt qu’à énoncer une forme de vérité absolue ». Cette incantation très attentive se retrouve dans le mantra-yoga, et l’attention au geste se retrouve dans les mudrâ, positions codifiées et symboliques des mains. L’immense majorité des indianistes considère toutefois que le Véda date du XVe siècle av. J.-C.

Yoga, entier postal, Inde.

Vers le VIIe siècle av. J.-C., les Upaniṣad forment le troisième et dernier groupe scripturaire de la révélation védique. L’élan métaphysique franchit ici le cercle restreint de la liturgie et, d’équivalences en équivalences, s’élève jusqu’à la vérité suprême : l’identité de l’âme individuelle (ātman) et de l’âme universelle (brahman), thème qui sera repris un millénaire plus tard dans l’acception védantique du yoga.

Vers les IVe siècle av. J.-C. les Yoga Sūtra (Y.S.) et la Bhagavad-Gītā sont rédigés, ils deviendront les textes de référence du yoga.

Au milieu du xixe siècle, certains ouvrages occidentaux érudits en langue française commencent à utiliser le mot yoga.

En 1851, le médecin N. C. Paul publie en langue anglaise Treatise on Yoga Philosophy comme une tentative d’approche scientifique du sujet.

En 1893, le yoga se fait particulièrement connaître aux États-Unis à l’occasion du Parlement des religions de l’Exposition universelle à Chicago, première fois que l’Occident reçoit un « moine hindou », Vivekananda, disciple de Râmakrishna, un des principaux maîtres spirituels de l’Inde du XIXe siècle. Il fera grande impression et sera ovationné. En 1896, il publie le livre Raja Yoga, son interprétation du Yoga sūtra de Patañjali adaptée aux occidentaux, qui sera un succès immédiat et peut être considéré, selon Elizabeth De Michelis, comme l’origine du yoga moderne.

Au XXe siècle, le yoga tel qu’il est surtout connu de nos jours en Occident se développe sous différentes formes de yoga postural. Ainsi, selon la journaliste Marie Kock, vulgarisant des travaux d’historiens, le yoga « tel que nous le connaissons – le cours collectif de yoga postural, avec son enseignement de maître à élèves, et non de maître à disciple –, il n’a pas plus d’un siècle. […] Les premières postures dynamiques ne datent en fait que du XVe siècle. Quant à la salutation au soleil, l’enchaînement de postures par excellence, elle n’apparaît vraiment qu’au XVIIIe siècle. »

En 1924, Sri Tirumalai Krishnamacharia fonde une école de yoga qui va modéliser le hatha-yoga tel qu’il est connu en Occident et renverse la façon d’entrer dans la pratique en la présentant comme un moyen de parvenir aux dispositions spirituelles qui, auparavant, étaient conçues comme un préalable. Krishnamacharia ouvre une école à Mysore en 1924, influencée par la culture physique britannique et la gymnastique suédoise : l’ambition est de créer un « art du corps » indien, qui puisse rivaliser avec ce qui existe alors en Occident. B. K. S. Iyengar, un de ses élèves, créera son propre style, le Yoga Iyengar, et publiera en 1966 le livre Light on Yoga qui aura une influence importante dans la diffusion du yoga postural. Un autre élève, Pattabhi Jois, va développer le style physique et dynamique Ashtanga Vinyasa Yoga qui sera largement pratiqué en Occident.

En 1924, un autre maître, Paramahansa Yogananda, s’installe à Los Angeles, après avoir donné des conférences dans plusieurs villes des États-Unis depuis son arrivée à Boston en 1920. Il fonde l’organisation Self-Realization Fellowship. L’enseignement qu’il promeut, le kriya yoga, ainsi que celui d’autres yogis, aura un retentissement conséquent à l’occasion du mouvement hippie dans les années 1960. Le yoga s’est alors américanisé, et l’idée philosophique de « délivrance » a été remplacée par celles, plus consuméristes, de « guérison » et de « bien-être ». L’Autobiographie d’un Yogi de Yogananda sera un best-seller de l’après-guerre, influençant notamment George Harrison, et déterminant le séjour des Beatles en Inde en 1968 pendant leur période hippie, entraînant une curiosité pour l’Inde des yogi dans tout l’Occident. Ce nouveau succès va s’accompagner de dérives autour du phénomène yoga : gourous sans réelle formation traditionnelle, discours pseudoscientifiques et New Age, pratiques de plus en plus éloignées de la mystique indienne ou caricaturées dans le cadre de dérives sectaires ou sexuelles, marchandisation, tourisme de masse.

Selon l’historienne Meera Nanda, « le yoga contemporain est un exemple unique en son genre de création véritablement mondiale, dans laquelle des pratiques orientales et occidentales ont fusionné pour produire une discipline estimée dans le monde entier. L’hindouisme, antique, médiéval ou moderne, n’a aucun droit de propriété particulier sur le yoga postural du XXIe siècle. Affirmer le contraire serait une erreur grossière. » D’autres estiment que le yoga tel qu’il est majoritairement pratiqué dans certains pays est devenu un patchwork de ces disciplines orientales avec des courants occidentaux comme la gymnastique ou le bodybuilding dès la fin du XIXe siècle.

En décembre 2014, l’assemblée générale des Nations unies adopte à 177 voix une résolution initiée par le Premier ministre indien Narendra Modi, (suivant l’inspiration de Sri Sri Ravi Shankar), invitant les pays membres à soutenir l’idée d’une « Journée internationale du yoga », le 21 juin, afin de « faire connaître les bienfaits de la pratique du yoga ». Selon la journaliste Marie Kock, cette initiative permet au pouvoir indien, dans une approche nationaliste, de se réapproprier une pratique désormais mondialisée, mais surtout, en valorisant une pratique prétendument immémoriale, de « glorifier la composante hindoue de l’Inde ». Le mois précédent Modi crée un ministère du Yoga en Inde (dont les prérogatives s’étendent aussi aux médecines traditionnelles indiennes : ayurveda, unani et siddha, incluant aussi l’homéopathie et la naturopathie). Cette récupération du yoga par Modi est dénoncée par l’opposition qui y voit une utilisation politique de propagande.

En France, l’Unadfi publie fin 2017 un numéro de son journal BulleS consacré au yoga et la méditation, indiquant que « même si ces deux pratiques sont indubitablement inoffensives en elles-mêmes et exercées, la plupart du temps, dans de bonnes conditions, force est de constater qu’elles peuvent aussi être des portes d’entrée efficaces vers des mouvements à caractère sectaire. Ceci tient entre autres à une surmédiatisation et à une « sur-appréciation » de ces disciplines qui sous-entend une totale innocuité. »

Le yoga est l’un des six points de vue (darśana) des philosophies indiennes āstika (qui reconnaissent l’autorité du veda). Ils fonctionnent par paires : nyāya et vaiśeṣika, sāṃkhya et yoga, mīmāṃsā et vedānta. Ces darśana sont considérés comme essentiels pour obtenir une vue complète de la réalité. C’est en effet la juxtaposition de ces six voies de la connaissance qui permettrait de saisir l’ensemble « comme nous regardons une statue sous des angles différents avant de pouvoir nous en former une idée d’ensemble ».

Au Sāṃkhya, système dualiste et athée, le yoga emprunte de nombreux éléments théoriques dont : le Puruṣa, la Prakṛti et les guṇa.

« Celui qui demeure dans le champ de l’ignorance, est victime des cinq obstacles que sont l’ignorance, l’ego, l’attachement tout autant matériel qu’à ses propres idées, la répulsion et la peur de la mort. ».

Il existe de nombreuses voies et styles de yoga liés aux différentes  aspirations individuelles et aux divers aspects de notre nature. Quatre voies traditionnelles majeures résument ces directions.

Au sein d’une même voie (मार्ग, mārga), il peut exister des courants  différents. Un yogi reconnu comme maîtrisant parfaitement un mode d’enseignement peut décider de fonder une école de yoga. Cette diversité n’est pas un signe de faiblesse ou de dissension, mais plutôt une réponse à l’extrême diversité des attentes de chacun.

Le yoga n’est pas une pratique élitiste et s’adapte à chaque pratiquant. Dénué de tout esprit de compétition et d’objectif à atteindre, n’importe qui peut s’y adonner, quel que soit l’âge, l’état, la religion, malade ou bien portant , etc.

En 2017, la France compte ainsi près de 2,5 millions de pratiquants. Longtemps considérée comme une discipline féminine et pratiquée essentiellement par les seniors, le yoga se démocratise et attire de nouveaux pratiquants chaque année. On voit ainsi apparaître des cours de yoga pour de nouveaux publics comme les enfants ou les femmes enceintes.

Source : Wikipédia.

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